mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2111143 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SANGARE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 décembre 2021, M. B A, représenté par
Me Sangare, demande au tribunal ;
1°) d'annuler l'arrêté du 29 octobre 2021 par lequel la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 24 mois ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de 30 jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard.
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
la décision de refus de séjour :
- est insuffisamment motivée ;
- a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que la commission du titre de séjour n'a pas été saisie ;
- n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La décision portant interdiction de retour sur le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Dominique Binet, premier conseiller,
- et les observations de Me Sangare, avocat de M. A, et de M. A.
Une note en délibéré présentée par M. A a été enregistrée le 15 septembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant ivoirien né le 18 juillet 1985 à Treichville en Côte d'Ivoire, a sollicité, le 21 juillet 2021, le renouvellement de son titre de séjour et la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle. Par un arrêté du 29 octobre 2021, la préfète du Val-de-Marne a rejeté la demande de M. A, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A demande au tribunal d'annuler ces décisions.
2. Aux termes de l'article L. 423-23 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1,
L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : () Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7,
L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance () ".
3. Il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté par la préfète du Val-de-Marne, qui n'a pas produit de mémoire en défense dans la présente instance, que M. A est entré en France au cours de l'année 1990 alors qu'il était âgé de 5 ans et qu'il y vit habituellement depuis cette date. Par ailleurs, l'intéressé justifie avoir été scolarisé en France à compter du mois de septembre 1990 jusqu'à l'année 2004. Il apparaît en outre que M. A s'est investi dans des activités socio-culturelles et de jeunesse en validant un brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur en 2008 puis un brevet d'aptitude aux fonctions de directeur de centres de vacances et de loisirs en 2010. Il démontre par ailleurs, en produisant un relevé de situation individuelle de retraite, avoir validé 42 trimestres au régime général entre 2006 et 2019. S'il a été détenu entre le le 30 octobre 2014 et le 30 décembre 2020, M. A justifie avoir obtenu un diplôme d'accès aux études supérieures en 2017 à l'université de Marne-la-Vallée et avoir occupé un emploi en contrat à durée déterminée d'insertion de janvier à juin 2021 à sa sortie de détention. S'il est célibataire sans enfant, il ressort des pièces du dossier que la mère, le père, la sœur et les deux frères de M. A sont de nationalité française. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, l'intéressé est fondé à soutenir qu'il remplit les conditions prévues par l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, sans que puisse y faire obstacle la circonstance que la présence de l'intéressé en France constituerait une menace à l'ordre public, il appartenait à la préfète de saisir la commission du titre de séjour avant de statuer sur sa demande. Ayant été effectivement privé de la garantie que constitue la consultation de la commission du titre de séjour, M. A est fondé à soutenir et que la décision de refus de séjour en litige a été prise au terme d'une procédure irrégulière.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 29 octobre 2021 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour. L'annulation de cette décision emporte, par voie de conséquence, l'annulation des décisions du même jour faisant obligation à M. A de quitter le territoire français, fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et prenant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 24 mois.
5. L'annulation de l'arrêté attaqué n'implique pas nécessairement, en raison du motif qui la fonde, que la préfète du Val-de-Marne délivre à M. A une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". En revanche, elle implique nécessairement que la demande de M. A soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de procéder à ce réexamen dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement. En outre, le présent jugement implique nécessairement que M. A soit muni, dans l'attente d'une nouvelle décision, d'une autorisation provisoire de séjour. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer sans délai une telle autorisation. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir l'injonction prononcée d'une astreinte.
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : L'arrêté du 21 octobre 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer la demande de M. A dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à B A et à la préfète du Val-de-Marne.
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
M. Dominique Binet, premier conseiller.
M. Cyril Dayon, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
Le rapporteur,
D. BinetLe président,
T. GallaudLe président,
T. Gallaud
La greffière,
C. Kiffer
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026