mardi 13 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2111203 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | ESTELLON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 décembre 2021 et 30 septembre 2022, M. et Mme J et N A M, M. et Mme D et I C et M. et Mme G et F H, représentés par Me Estellon, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 juin 2021 par lequel le maire de Fontenay-sous-Bois a délivré à M. E K un permis de construire une maison individuelle sur un terrain situé 5 rue de Neuilly ainsi que les décisions implicites rejetant leurs recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Fontenay-sous-Bois une somme de 4 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ; en particulier, ils ne sont pas constitués en association de fait, leur requête n'est pas tardive, ils justifient de l'accomplissement des formalités prévues par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et ils disposent d'un intérêt pour agir ;
- l'arrêté contesté délivrant le permis de construire a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme dès lors que les prescriptions de l'architectes des bâtiments de France n'ont pas été reprises dans l'arrêté, ni y ont été annexées ;
- il méconnaît l'article 4 du titre II " Règles communes applicables à toutes les zones " du règlement du plan local d'urbanisme en tant qu'il concerne les eaux pluviales dès lors que ni la notice ni aucune autre pièce du dossier ne justifie d'une impossibilité technique à traiter les eaux pluviales à la parcelle et que le raccordement au réseau public n'est précisé par aucune pièce ;
- le projet méconnaît les dispositions de l'article 6 du titre II " Règles communes applicables à toutes les zones " du règlement du plan local d'urbanisme : relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques ou voies privées dès lors, d'une part, que le pan coupé ne présente pas une longueur de cinq mètres mais de 2,50 mètres et, d'autre part, que le pétitionnaire ne peut pas se prévaloir des dispositions de l'article L. 152-3 du code de l'urbanisme dès lors qu'il ne s'agit pas d'une adaptation mineure puisqu'elle porte sur 50 % de la longueur du pan coupé ;
- le projet méconnaît les dispositions de l'article 12 des règles générales et UA12 du règlement du PLU relatives au stationnement dès lors que l'aménagement d'un espace vert en pleine terre aura pour effet de supprimer les deux places de stationnement ;
- le projet méconnaît le règlement du site patrimonial remarquable, notamment son article 1.1.1 applicable à l'aire AP1 en ce qu'il n'y aura pas de clôture le long de l'impasse Desmarets, et son article 1.1.3 en ce que le projet n'a pas de soubassement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2022, la commune de Fontenay-sous-Bois, représentée par Me Eglie-Richters, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que le tribunal mette en œuvre les dispositions prévues aux articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable pour avoir été déposée par une association de fait qui ne démontre pas sa qualité pour agir ;
- la requête est également irrecevable pour être tardive alors que les requérants n'ont pas accompli les formalités prévues à l'article R.600-1 du code de l'urbanisme ;
- la requête est, enfin, irrecevable dès lors que les requérants ne démontrent pas leur intérêt pour agir alors qu'ils n'avaient formulé aucune observation lors de l'enquête publique ayant précédé l'approbation du plan local d'urbanisme ;
- les moyens soulevés par M. et Mme A M et autres ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 10 janvier 2022, M. E K conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable pour avoir été déposée par une association de fait qui ne démontre pas sa qualité pour agir ;
- la requête est également irrecevable pour être tardive alors que les requérants n'ont pas accompli les formalités prévues à l'article R.600-1 du code de l'urbanisme ;
- les requérants n'avaient formulé aucune observation lors de l'enquête publique ayant précédé l'approbation du plan local d'urbanisme ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, le 17 mai 2023, qu'en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, le tribunal est susceptible de surseoir à statuer sur la demande tendant à l'annulation du permis de construire délivré le 7 juin 2021 pour les motifs tenant à la méconnaissance de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme dès lors que les prescriptions de l'architecte des bâtiments de France n'ont pas été reprises ou annexées à l'arrêté de permis de construire, à la méconnaissance des dispositions générales de l'article 4 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'il n'est pas établi, à supposer l'existence d'une impossibilité technique, que le règlement d'assainissement serait respecté, à la méconnaissance des dispositions de l'article 1.1.1 du règlement du site patrimonial remarquable applicable à l'aire AP1 de Fontenay-sous-Bois, en l'absence de clôture le long de l'impasse Desmarets, à partir de la fin de la façade jusqu'au fond de la parcelle et à la méconnaissance des dispositions de l'article 1.1.3 du règlement du site patrimonial remarquable applicable à l'aire AP1 de Fontenay-sous-Bois en l'absence de soubassement sur le projet.
Des observations enregistrées le 23 mai 2023 ont été présentées par M. K
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Morisset,
- les conclusions de M. Zanella, rapporteur public,
- et les observations de Me Estellon, représentant M. et Mme A M et autres, de Me Krasniqi, représentant la commune de Fontenay-sous-Bois et de M. K.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 7 juin 2021, le maire de Fontenay-sous-Bois a délivré, à M. K un permis de construire une maison individuelle sur une parcelle cadastrée section AU n° 18, située 5 rue de Neuilly, classée en zone UA par le plan local d'urbanisme et en zone AP1, secteur AP1a, par l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine (AVAP) de Fontenay-sous-Bois. M. et Mme J et N A M, M. et Mme D et I C et M. et Mme G et F H ont saisi le maire de Fontenay-sous-Bois de recours gracieux tendant au retrait de cet arrêté. Par la requête susvisée, M. et Mme A M et autres demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 7 juin 2021 ainsi que les décisions de rejet de leurs recours gracieux.
Sur les fins de non-recevoir soulevées en défense :
2. En premier lieu, il ressort clairement des énonciations de la requête qu'elle a été présentée aux noms personnels de M. et Mme J et N A M, de M. et Mme D et I C et de M. et Mme G et F H. Elle présente ainsi le caractère d'une requête collective. Dans ces conditions, les défendeurs ne sont pas fondés à soutenir que la requête serait irrecevable pour avoir été déposée par une association de fait qui ne démontrerait pas sa qualité pour agir.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / () "
4. Il ressort des pièces du dossier, contrairement à ce que soutiennent les défendeurs, que les requérants ont notifié leur recours contentieux à la commune de Fontenay-sous-Bois et à M. K les 11 et 13 décembre 2021. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de ce que la requête serait irrecevable en l'absence d'accomplissement des formalités prévues à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ne saurait être accueillie.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ".
6. Si la commune de Fontenay-sous-Bois soutient que la requête est tardive, il résulte des propres écritures du bénéficiaire du permis de construire qu'il a été affiché sur le terrain à compter du 28 juin 2021. Le recours gracieux exercé par M. et Mme A M, dont il ressort des pièces du dossier qu'il a été reçu en mairie de Fontenay-sous-Bois le 5 août 2021, soit dans le délai de recours contentieux, et qu'il a été notifié à M. K le 17 août 2021, a eu pour effet, au moins en ce qui concerne ces derniers, de proroger le délai de recours contentieux. En l'absence de réponse à ce recours, une décision implicite de rejet est née le 5 octobre 2021. Dans ces conditions, la requête enregistrée au greffe du tribunal le 3 décembre 2021, dans le délai de deux mois à compter de l'intervention de cette décision implicite de rejet, n'est pas tardive au moins en tant qu'elle est présentée par M. et Mme A M. Il suit de là que la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête doit être écartée.
7. En quatrième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
8. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous les éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat, justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
9. En l'espèce, M. et Mme A M et M. et Mme H, propriétaires respectivement au n° 3 de l'impasse Desmarets et au n° 1 de cette même impasse, qui borde l'un des côtés du terrain d'assiette du projet en litige, présentent la qualité de voisins immédiats et justifient qu'en raison de la nature du projet de construction en cause, en particulier par la dimension du bâtiment qui doit s'implanter à l'entrée de l'impasse dans laquelle ils résident, l'immeuble projeté aura nécessairement une incidence dans les conditions de jouissance de leurs biens. Par suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir ne peut qu'être écartée.
10. En cinquième lieu, la circonstance que les requérants n'auraient présenté aucune observation lors des enquêtes publiques ayant précédé l'approbation du plan local d'urbanisme de Fontenay-sous-Bois en 2015 puis la modification de ce plan en 2020 est sans incidence sur la recevabilité de leur requête.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme dans sa rédaction alors applicable : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables ".
12. Il résulte des énonciations de l'arrêté attaqué, que le maire de Fontenay-sous-Bois a assorti son arrêté délivrant le permis de construire en litige d'une prescription tenant à ce que celles émises par l'architecte des bâtiments de France soient impérativement respectées. Dans son arrêté, le maire n'a ni repris ces prescriptions assorties d'une motivation, ni n'a annexé l'avis de l'architecte des bâtiments de France à l'arrêté litigieux. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que l'arrêté en litige méconnaît les dispositions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme en l'absence de motivation de cette prescription.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4 du titre II " Règles communes applicables à toutes les zones " du règlement du plan local d'urbanisme en tant qu'il concerne les eaux pluviales : " Les eaux pluviales en provenance des parcelles privatives doivent être traitées prioritairement sur l'unité foncière, sauf impossibilité technique. La qualité des eaux non rejetées dans le réseau collecteur doit être compatible avec le milieu naturel. / Les rejets dans le réseau collecteur, lorsqu'il existe, ne doivent pas excéder le débit maximal fixé par les règlements d'assainissement, annexés au présent Plan Local d'Urbanisme. Ces rejets doivent être compatibles avec les normes de rejets en vigueur. / Des solutions alternatives durables et intégrées de gestion des eaux pluviales (rétention, récupération, infiltration dès lors que la nature du sol est adaptée ne s'y oppose pas) doivent être privilégiées, afin de limiter et d'étaler les apports au réseau collecteur. Ces solutions alternatives devront être conformes aux prescriptions des règlements d'assainissement, annexés au présent Plan Local d'Urbanisme ".
14. Il ressort du plan de masse et de toiture " PCMI 2 et PCMI 5 " contenu dans la demande de permis de construire que le raccordement aux réseaux existants doit s'effectuer au nord de la construction projetée, ce plan portant la mention " branchements à tous les réseaux existants : électricité, courants faibles, adduction d'eau, assainissement ". La notice précise, par ailleurs, qu'" en ce qui concerne les accès aux réseaux divers, tous les réseaux sont existants tant pour les alimentations électrique, téléphonique, adduction d'eau que pour les réseaux d'eau pluviales et eaux usées auxquelles le projet se raccordera ". Alors que ni les dispositions de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme, ni aucune autre disposition législative ou réglementaire applicable n'exigent que soient jointes au dossier de demande de permis de construire, une étude ou des pièces justifiant le traitement des eaux pluviales et que le projet prévoit, au surplus, une surface d'espaces verts de pleine terre de 18 m², ce qui est de nature à permettre, au moins en partie, l'infiltration des eaux pluviales, il ne ressort pas des pièces du dossier que les prescriptions précitées de l'article 4 du titre II " Règles communes applicables à toutes les zones ", qui n'interdisent pas au demeurant le rejet des eaux pluviales dans le réseau collecteur, seraient méconnues. Par suite, le moyen tiré de la violation de ces dispositions doit être écarté.
15. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 du titre II " Règles communes applicables à toutes les zones " du règlement du plan local d'urbanisme : " 1 - Les propriétés situées à l'angle de deux voies supporteront un alignement nouveau constitué par un segment de droite de 5 mètres de longueur, formant des angles égaux avec chacun des alignements des voies adjacentes. Toutefois, des dispositions différentes pourront être appliquées si ce recul ne se justifie ni par des considérations d'harmonisation avec les autres angles du carrefour, ni par des considérations de visibilité. () ". Il résulte de ces dispositions que le principe selon lequel " les propriétés situées à l'angle de deux voies supporteront un alignement nouveau constitué par un segment de droite de 5 mètres de longueur, formant des angles égaux avec chacun des alignements des voies adjacentes " ne trouvent impérativement à s'appliquer que si le recul est justifié par des considérations d'harmonisation avec les autres angles du carrefour ou par des considérations de visibilité.
16. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet en litige se situe à l'un des deux angles formés par la rue de Neuilly avec l'impasse Desmarets. Il n'est pas contesté qu'aucune considération d'harmonisation avec l'autre de ces deux angles, ni aucune considération de visibilité justifierait d'imposer l'alignement nouveau selon le principe fixé à l'article 6 du règlement du plan local d'urbanisme. Il s'ensuit que le permis de construire en litige a pu, sans méconnaître ces dispositions, autoriser un alignement nouveau constitué d'un segment d'une longueur de seulement 2,50 mètres. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 6 du titre II du règlement du plan local d'urbanisme ne peut dès lors qu'être écarté.
17. En quatrième lieu, les dispositions de l'article 12 du titre II " Règles communes applicables à toutes les zones " du règlement du plan local d'urbanisme disposent que " Dispositions générales / () le stationnement des véhicules correspondants aux besoins des constructions et installations nouvelles doit être assuré en dehors des voies publiques. () / En cas de division foncière : / () la superficie de stationnement existante et/ou déjà prise en compte dans le cadre d'une autorisation d'urbanisme doit être maintenue ".
18. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, ces dispositions ne sont pas applicables aux terrains issus d'une division foncière mais seulement à ceux devant faire l'objet d'une telle division. Dans ces conditions, la méconnaissance de ces dispositions ne peut être, en l'espèce, utilement soutenue dès lors que le projet en litige ne prévoit pas, ni n'implique, la division de son terrain d'assiette.
19. En cinquième lieu, aux termes du point 1.1.1 du paragraphe 1 du C du titre III du règlement de l'AVAP de Fontenay-sous-Bois : " () La limite d'emprise publique sera toujours matérialisée, soit : / - Par une construction édifiée à l'alignement de la voie ; / - Par un mur de clôture réalisé selon les modalités définies au point 2.1.4 Clôtures. () ".
20. Il ressort de la demande de permis de construire, notamment du plan de masse, que si le projet prévoit une de clôture le long de l'impasse Desmarets, elle s'arrête à partir de la fin de la façade, de sorte qu'elle est inexistante de ce point jusqu'au fond de la parcelle. Dès lors, et dans cette mesure, les requérants sont fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît le point 1.1.1 du C du titre III du règlement de l'AVAP.
21. En sixième lieu, aux termes du point 1.1.3 du paragraphe 1 du C du titre III du règlement de l'AVAP de Fontenay-sous-Bois : " () Les constructions seront conçues en respectant les trois éléments de composition suivants, dans la logique de l'architecture dominante de l'aire patrimoniale : / - Un soubassement pour asseoir le bâtiment ; / - Un corps de façade [] ; - Un couronnement, venant achever le bâtiment sur sa partie supérieure. / () Le soubassement pourra se développer dans la hauteur du rez-de-chaussée et sera au moins constitué d'une saillie en maçonnerie de quelques décimètres, servant visuellement de support aux fenêtres. () "
22. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des plans de façade, que la construction projetée ne comporte aucun soubassement, même " léger ". Dès lors, les requérants sont fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît le point 1.1.3 du paragraphe 1 du C du titre III du règlement de l'AVAP.
Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
23. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".
24. Il résulte de ce qui précède les requérants sont seulement fondés à soutenir que le projet autorisé est entaché des vices relevés aux points 12, 20 et 22 portant sur le défaut de motivation de l'arrêté, et sur le non-respect des dispositions des points 1.1.1 et 1.1.3 du paragraphe 1 du C du titre III du règlement de l'AVAP de Fontenay-sous-Bois. Les décisions rejetant les recours gracieux sont irrégulières dans la même mesure. Ces vices sont toutefois susceptibles de régularisation par un permis de construire modificatif. Les parties ont été avisées de cette possibilité et invitées à présenter leurs observations. Dès lors, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de surseoir à statuer et d'impartir à M. K un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement aux fins d'obtenir la régularisation de l'arrêté du 7 juin 2021 sur ces points.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la légalité de l'arrêté du maire de Fontenay-sous-Bois du 7 juin 2021 jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement pour permettre à M. E K de notifier au tribunal un permis de construire modificatif régularisant les vices relevés aux points 12, 20 et 22.
Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par la présente décision sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme J et N A M, à M. et Mme D et I C, à M. et Mme G et F H, à la commune de Fontenay-sous-Bois et à M. E K .
Délibéré après l'audience du 23 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. L, président,
Mme Morisset, première conseillère,
M. Cabal, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2023
La rapporteure,
A. MORISSET
Le président,
M. LLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026