mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2111381 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | FLICHY GRANGE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 8 décembre 2021, le 19 avril 2022 et le 2 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Sauvignet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 8 octobre 2021 par laquelle l'inspectrice du travail a autorisé la société Sennheiser France à le licencier pour motif économique ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la qualification du motif de licenciement est imprécise ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit, dès lors que l'inspectrice du travail s'est fondée sur l'existence de difficultés économiques alors que le motif allégué par la société était la nécessité de sauvegarder sa compétitivité ;
- l'inspectrice du travail a inexactement apprécié la réalité du motif économique, en l'absence de menace réelle et sérieuse pesant sur la compétitivité de l'entreprise et de nécessité de procéder à une réorganisation ;
- l'inspectrice du travail a inexactement apprécié le respect par son employeur de son obligation de reclassement, en considérant à tort que la société Sennheiser France était la seule société du groupe Sennheiser sur le territoire national ;
- son employeur n'a pas procédé à une recherche loyale de reclassement ;
- la demande d'autorisation de licenciement présente un lien avec son mandat.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 novembre et 6 décembre 2022, le directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par des mémoires, enregistrés les 17 mars, 9 juin 2022 et 20 décembre 2022, la société Sennheiser France, représentée par Me Scherrmann et Me Emile, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de M. B la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Norval-Grivet, première conseillère ;
- les conclusions Mme Delormas, rapporteure publique ;
- les observations de Me Sauvignet, représentant M. B ;
- et les observations de Me Schermann, représentant la société Sennheiser France.
Considérant ce qui suit :
1. Après avoir obtenu, le 11 mai 2021, la validation d'un accord collectif majoritaire donnant lieu à la mise en œuvre d'un plan de sauvegarde de l'emploi prévoyant notamment la suppression de 28 postes de travail, la société Sennheiser France a sollicité l'autorisation de licencier pour motif économique M. B, salarié protégé. Ce dernier demande au tribunal d'annuler la décision du 8 octobre 2021 par laquelle l'inspectrice du travail a accordé cette autorisation.
2. Aux termes de l'article L. 1233-3 du code du travail : " Constitue un licenciement pour motif économique le licenciement effectué par un employeur pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du salarié résultant d'une suppression ou transformation d'emploi ou d'une modification, refusée par le salarié, d'un élément essentiel du contrat de travail, consécutives notamment : / 1° A des difficultés économiques caractérisées soit par l'évolution significative d'au moins un indicateur économique tel qu'une baisse des commandes ou du chiffre d'affaires, des pertes d'exploitation ou une dégradation de la trésorerie ou de l'excédent brut d'exploitation, soit par tout autre élément de nature à justifier de ces difficultés. () / () 3° A une réorganisation de l'entreprise nécessaire à la sauvegarde de sa compétitivité " La décision de l'inspecteur du travail est motivée () ".
3. Lorsque l'employeur sollicite de l'inspecteur du travail l'autorisation de licencier un salarié protégé, il lui appartient de faire état avec précision, dans sa demande, ou le cas échéant dans un document joint à cet effet auquel renvoie sa demande, de la cause justifiant, selon lui, ce licenciement au regard des catégories énumérées aux dispositions citées au point 2.
4. Il ressort des pièces du dossier que la demande d'autorisation de licenciement présentée le 9 août 2021 par la société Sennheiser France était fondée sur la nécessité de réorganiser de la société afin de sauvegarder sa compétitivité.
5. Pour considérer que le motif économique invoqué par la société Sennheiser France au soutien de sa demande d'autorisation de licenciement était établi, l'inspectrice du travail a notamment relevé que la société Sennheiser France faisait face à un recul de ses parts de marché sur le territoire national, à l'inadaptation technologique de ses produits, à la baisse du chiffre d'affaires de 2019 à 2020 et à des difficultés rencontrées dans le cadre de la crise sanitaire. Elle en a déduit que l'existence de difficultés économiques pesant sur cette société était avérée sans se demander si la nécessité de sauvegarder la compétitivité de l'entreprise justifiait la réorganisation envisagée en l'espèce, alors même que la demande de la société reposait, ainsi qu'il a été dit
ci-dessus, sur ce motif. En faisant porter son contrôle sur le motif, prévu par les dispositions citées ci-dessus du 1° de l'article 1233-3 du code du travail, tiré de l'existence de difficultés économiques et non sur le 3° du même article, l'inspectrice du travail a entaché sa décision d'une erreur de droit.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, M. B est fondé à demander l'annulation de la décision attaquée.
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que demande
8. la société Sennheiser France au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par
M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La décision de l'inspectrice du travail du 8 octobre 2021 est annulée.
Article 2 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 500 euros au titre
de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la société Sennheiser France au titre
de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et à la société Sennheiser France.
Copie en sera adressée au directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités.
Délibéré après l'audience du 10 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Sonia Norval-Grivet, première conseillère,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.
La rapporteure,
S. Norval-Grivet
Le président,
T. GallaudLa greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026