jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2111565 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SAS ITRA CONSULTING |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 13 et 21 décembre 2021 et 27 juin 2022, M. C A, représenté par Me Traore, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 26 novembre 2021 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer le titre de séjour qu'il sollicitait et l'a obligé à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer une carte de séjour temporaire en qualité de parent d'enfant français ou, à défaut, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat au profit de son conseil la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
S'agissant de la décision de refus de séjour :
- le préfet s'est cru à tort lié par l'avis rendu par la commission du titre de séjour ;
- la décision est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elles est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- son comportement n'est pas constitutif d'une menace à l'ordre public ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 3-1 et 16 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 janvier 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens développés ne sont pas fondés.
Vu :
- les décisions contestées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 décembre 2022 :
- le rapport de M. D ;
- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant congolais né en 1981, est entré en France, selon ses déclarations, en juin 2008. Il a bénéficié, de 2013 à 2021, d'une carte de séjour temporaire en qualité de parent d'enfants français dont il a sollicité le renouvellement. Par arrêté du 26 novembre 2021, le préfet de Seine-et-Marne a rejeté cette demande et l'a obligé à quitter le territoire français. Par la requête précitée, l'intéressé demande l'annulation de ces décisions.
Sur la légalité des décisions contestées :
S'agissant de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour,
2. En premier lieu, la décision contestée comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, en particulier les éléments ayant trait à la situation personnelle et familiale de M. A, ainsi que la mention des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions des articles L. 423-7, L. 435-1 et L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La circonstance que l'arrêté ne vise pas l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Congo relatif à la gestion concertée des flux migratoires et au codéveloppement, signé à Brazzaville le 25 octobre 2007, alors qu'une omission ou une erreur dans les visas d'un acte administratif n'est pas de nature à en affecter la légalité, est en tout état de cause sans incidence sur le caractère suffisant de cette motivation. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision contestée manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que, pour prendre la décision contestée, le préfet de Seine-et-Marne se serait estimé lié par l'avis défavorable rendu le 28 octobre 2021 par la commission du titre de séjour.
4. En troisième lieu, il ressort des mentions de l'arrêté contesté que le préfet de Seine-et-Marne a refusé de renouveler la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " de M. A aux motifs que sa présence en France constituait une menace à l'ordre public et qu'il n'établissait pas contribuer à l'entretien et l'éducation de ses deux enfants de nationalité française.
5. D'une part, le requérant soutient que les faits auxquels fait référence le préfet ne sont pas constitutifs de menace à l'ordre public. Toutefois, il est constant que M. A a été condamné le 21 avril 2015 à 750 euros d'amende pour conduite d'un véhicule sans permis, puis par jugement du tribunal correctionnel de Melun en date du 22 septembre 2020 à six mois d'emprisonnement avec sursis pour violence suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité. Eu égard à la gravité des faits pour lesquels il a été condamné, et sans que le requérant puisse en minorer la portée en se bornant à faire état de ce que la seconde condamnation n'a été prononcée qu'avec sursis et qu'il a participé les 3 et 4 mai 2021 à un stage intitulé " violence au sein du couple ", le préfet de Seine-et-Marne n'a commis aucune erreur de droit, ni d'appréciation en indiquant que son comportement constituait une menace à l'ordre public.
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
7. M. A soutient contribuer à l'entretien et l'éducation de ses deux fils de nationalité française nés en janvier 2013. Toutefois, il résulte des mentions du jugement en assistance éducative rendu le 30 août 2020 par le tribunal pour enfants de B que " les enfants avaient été repris par leur mère alors qu'ils étaient confiés à leur père suite à une altercation violente entre eux et à des traces de violence commises par le père sur les enfants ", que ces deux enfants ont fait l'objet d'un placement auprès de la direction de solidarité départementale de la Marne et qu'un droit de visite en lieu neutre avec présence d'un tiers au moins une fois par mois, à raison de 2 heures, a été accordé à l'intéressé. Si le requérant indique participer à leur entretien, il se borne à produire des factures d'achat de jouets postérieures à la date de la décision attaquée. Dans ces conditions, faute pour le requérant de justifier de sa participation à l'entretien et à l'éducation des enfants précités, c'est sans méconnaître les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni entacher sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation, que le préfet de Seine-et-Marne a rejeté la demande de renouvellement de titre de séjour en qualité de parent d'enfants français.
8. En quatrième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales prévoit que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. M. A soutient qu'il est le père de deux enfants de nationalité française et de deux autres enfants nés sur le territoire français, qu'il est nécessaire de maintenir le lien familial établi et qu'il est inséré professionnellement en tant qu'agent de gardiennage. Toutefois, il est célibataire, n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à, au moins, l'âge de vingt-sept ans et ne justifie pas de liens privés et familiaux sur le territoire français inscrits dans la durée et la stabilité, et notamment contribuer à l'entretien et à l'éducation de ses quatre enfants qui ne vivent pas avec lui. Par ailleurs, comme indiqué au point 5, sa présence en France constitue une menace à l'ordre public. Ainsi et compte tenu des conditions de son séjour sur le territoire national, la décision contestée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Cette décision n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
10. En cinquième lieu, si le requérant soutient que la décision contestée méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, un tel moyen est inopérant à l'appui de la contestation de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour.
11. En sixième lieu, si M. A soutient que la décision contestée méconnaît les stipulations de l'article 16 de la convention relative aux droits de l'enfant, ces stipulations créent seulement des obligations entre Etats sans ouvrir de droits aux intéressés. Elles ne peuvent donc être utilement invoquées à l'encontre d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre une décision individuelle.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français,
12. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans () ".
13. Si M. A soutient qu'il ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire en vertu des dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il résulte de ce qui a été dit au point 7 qu'il ne justifie pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de ses deux fils de nationalité française. Ce moyen ne peut dès lors qu'être écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation des décisions contenues dans l'arrêté du préfet de Seine-et-Marne en date du 26 novembre 2021 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles au titre des frais de justice, doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de Seine-et-Marne.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Van Daële, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
Le rapporteur,
P. D La présidente,
I. BILLANDON
Le greffier,
G. NGASSAKI
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026