LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2111592

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2111592

mardi 6 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2111592
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7ème chambre
Avocat requérantSARL CAZIN MARCEAU AVOCATS ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 14 décembre 2021 et 16 mai 2022, Mme H M, Mme F R, Mme J Le Sergent, M. E B, M. D L, Mme A T et M. N T, Mme P G, Mme K I et M. O S, représentés par la SARL Cazin Marceau avocats, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 juillet 2021 par lequel le maire de Chennevières-sur- Marne a délivré à la SCCV European Homes 78 un permis de construire valant permis de démolir en vue de la réalisation de deux immeubles à usage d'habitation comprenant trente-quatre logements sur un terrain situé 18 rue Jacques Doré à Chennevières-sur-Marne (94430), ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux du 20 novembre 2021 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Chennevières-sur-Marne une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable ; en particulier, ils ont un intérêt à agir contre l'arrêté en litige dès lors qu'ils sont voisins immédiats de la construction projetée et que celle-ci nuira à la vue depuis leurs propriétés ainsi qu'à leur tranquillité ;

- le dossier de demande de permis de construire était incomplet au regard du c) de l'article R. 431-10 de ce code dès lors que le document d'insertion graphique représente uniquement le bâtiment A, de sorte qu'il n'est pas permis d'apprécier l'impact de l'insertion du bâtiment B dans son environnement ;

- les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme sont méconnues dès lors que les engins de lutte contre l'incendie peuvent seulement accéder au bâtiment A mais pas au bâtiment B implanté en fond de parcelle ;

- le projet méconnaît les dispositions du point 3.2.2 de l'article 3 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de Chennevières-sur-Marne applicable à la zone UA dès lors que, ainsi qu'il résulte du panneau d'affichage de ce permis, la hauteur de la construction projetée est de 12,89 mètres, ce qui est supérieure à celle de 12 mètres autorisée par le règlement du PLU ;

- le projet méconnaît l'article 4 du règlement du plan local d'urbanisme applicable aux zones urbaines dès lors qu'il prévoit d'implanter deux bâtiments collectifs composés de toitures terrasses, en lieu et place d'un pavillon d'habitation composé d'une toiture à deux pans ;

- l'accès piéton reliant l'immeuble A à l'immeuble B, qui a une largeur de 1, 92 m, ne respecte pas les conditions posées au point 7.1 de l'article 7 du règlement du plan local d'urbanisme applicable aux zones urbaines qui prescrit que les accès aux constructions en second rang, depuis les voies d'accès, doivent avoir une largeur minimale de 3,5 mètres pour les constructions de plus de trois logements ;

- le point 7.2 de ce même article est méconnu dès lors qu'il ne prévoit pas de local destiné à la collecte des déchets ménagers pour le bâtiment B et que l'unique local prévu n'est pas d'une surface suffisamment importante ;

- le bâtiment B projeté méconnaît les dispositions du point 3.3.1 du paragraphe 3.3 de l'article 3 du règlement du PLU applicable en zone UA dès lors qu'il n'est implanté ni à l'alignement de la rue Jacques Doré, ni en retrait de quatre mètres par rapport à l'alignement ;

- le projet méconnait les dispositions du point 3.3.2 du même article dès lors que les implantations de constructions de deuxième front sont autorisées exclusivement lorsque le terrain n'a que son accès comme façade sur voirie ou lorsque, sur le terrain, une construction implantée à l'alignement est déjà édifiée ou en cours de réalisation, ce qui n'est pas le cas en l'espèce ;

- le bâtiment A comportant des vues directes par sa façade ouest, son implantation ne respecte pas la distance de huit mètres imposée par le règlement du plan local d'urbanisme et les dispositifs formant écran mentionnés sur le projet n'apparaissent pas sur les plans joints.

Par des mémoires en défense enregistrés les 1er août 2022 et 13 janvier 2023, la commune de Chennevières-sur-Marne, représentée par Me Chaignet, conclut, dans le dernier état de ses écritures, à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce qu'il soit sursis à statuer sur le fondement des dispositions de l'article L.600-5-1 du code de l'urbanisme pour une durée de cinq mois à compter du jugement avant dire droit à intervenir et, en tout état de cause, à ce qu'une somme de 4 500 euros soit mise à la charge de Mme M et autres au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le moyen tiré de l'insuffisance du document d'insertion graphique est irrecevable ;

- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par des mémoires enregistrés les 4 mars 2022, 25 mars 2022, 27 juillet 2022 et 8 décembre 2022, la SCCV European homes 78, représentée par la SELARL Soler-Couteaux et associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme M et autres au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne produisent pas la décision attaquée dans le cadre de l'instance et qu'ils ne disposent d'aucun intérêt à agir à l'encontre de l'arrêté en litige ;

- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 20 octobre 2022, Mme J Le Sergent déclare se désister purement et simplement de son instance et de l'action.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Duhamel,

- les conclusions de M. Zanella, rapporteur public,

- et les observations de Me Maallem, représentant Mme M et autres, de Me Chaignet, représentant la commune de Chennevières-sur-Marne, et de Me Erkel, représentant la SCCV European Homes 78.

Une note en délibéré produite par Mme M et autres a été enregistrée le 24 mai 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 22 juillet 2021, le maire de Chennevières-sur-Marne a délivré à la SCCV European Homes 78, sur injonction prononcée par le tribunal administratif de Melun suivant un jugement du 24 juin 2021, un permis de construire en vue de la réalisation de deux immeubles à usage d'habitation comportant trente-quatre logements sur un terrain situé 18, rue Jacques Doré à Chennevières-sur-Marne (94430). Par un recours gracieux du 17 septembre 2021 reçu le 20 septembre suivant, Mme H M et autres ont sollicité le retrait de cet arrêté. Du silence gardé par le maire de Chennevières-sur-Marne, une décision implicite de rejet de leur recours gracieux est née le 20 novembre 2021. Mme M et autres demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du maire de Chennevières-sur-Marne du 22 juillet 2021 ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux née le 20 novembre 2021.

Sur le désistement de Madame J Le Sergent :

2. Par un mémoire enregistré le 20 octobre 2022, Mme J Le Sergent déclare se désister de l'instance et de l'action. Ce désistement étant pur et simple rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les conclusions à fins d'annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de demande de permis de construire :

3. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; ".

4. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

5. Il ressort du document graphique contenu dans le dossier de demande de permis de construire, dont l'objet est de permettre d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement, que seul le bâtiment A, qui comprend trois étages, est représenté à deux distances différentes. Si le bâtiment B n'apparaît pas sur ce document, il est toutefois situé en retrait de la rue et est d'une hauteur moindre que le bâtiment A, pour ne comporter que deux étages, ce qui tend à limiter son impact au plan visuel à partir de la voie publique. Par ailleurs, la notice décrit de manière détaillée l'environnement proche et comporte des photographies qui le représentent. Dans ces conditions, l'absence d'insertion du bâtiment B dans le document graphique n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'administration sur la conformité du projet quant à son insertion dans son environnement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance du document d'insertion figurant dans le dossier de demande de permis de construire ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du point 3.2.2 de l'article 3 du règlement du PLU de Chennevières-sur-Marne applicable à la zone UA :

6. Aux termes du point 3.2.2 de l'article 3 du règlement du plan local d'urbanisme de Chennevières-sur-Marne applicable à la zone UA dans sa rédaction alors applicable : " Dans la zone UA, hors secteurs / Dans une bande de 15 m à partir de l'alignement, la hauteur des constructions principales ne doit pas excéder 12 m. () ".

7. Si les requérants soutiennent, en se référant au seul panneau d'affichage du permis de construire qui mentionne une hauteur de 12,89 mètres, que la construction projetée méconnaît les dispositions citées au point précédent pour être d'une hauteur supérieure à celle des douze mètres autorisés, il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire, notamment des plans PC3 - coupe AA', que la hauteur maximale du projet est en réalité de 11,65 mètres. Par suite, alors que le permis de construire n'a d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, les requérants ne sauraient utilement se prévaloir de l'inscription erronée figurant sur le panneau d'affichage, laquelle a été, au demeurant, rectifiée ainsi qu'il résulte du procès-verbal d'huissier établi le 30 septembre 2021.

En ce qui concerne le moyen tiré de la violation des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et du point 7.1 de l'article 7 du règlement du plan local d'urbanisme applicable aux zones urbaines :

8. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Par ailleurs, selon le point 7.1 de l'article 7 du règlement du plan local d'urbanisme applicable aux zones urbaines : " Conditions de desserte par les voies publiques et privées et accès aux voies ouvertes au public / Pour être constructible, un terrain doit avoir un accès direct à une voie publique ou privée ouverte à la circulation automobile, et en bon état de viabilité, ou bénéficier d'un passage privé ou d'une servitude de passage suffisant. / Les accès et voiries doivent être adaptés à l'opération. Ils doivent présenter des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité, de la défense contre l'incendie et de la protection civile. () ".

9. Pour l'application de ces dispositions, les voies d'accès doivent s'entendre de celles qui permettent d'atteindre le terrain d'assiette des constructions et non des voies internes à ce terrain. Il s'ensuit qu'en cas de construction d'un immeuble implanté en fond de parcelle, ces dispositions exigent seulement que l'approche de l'ensemble des bâtiments par les services de secours soit rendue possible par la configuration des lieux.

10. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris du 4 juillet 2018, lequel émet un avis favorable au projet en ce qui concerne les conditions de desserte des engins de lutte contre l'incendie et de défense extérieure contre l'incendie, que le bâtiment B est accessible depuis un passage sous porche. Les requérants n'apportent aucun élément de nature à contredire cette appréciation et par suite, n'établissent pas que la configuration des lieux ferait obstacle à ce que les services de secours puissent intervenir au niveau du bâtiment B. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et du point 7.1 de l'article 7 du règlement du plan local d'urbanisme applicable aux zones urbaines ne peut qu'être écarté.

Sur le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 du règlement du plan local d'urbanisme applicable aux zones urbaines :

11. Aux termes du point 4.1 de l'article 4 du règlement du plan local d'urbanisme applicable aux zones urbaines dans sa rédaction alors applicable : " Caractéristiques des façades, des toitures et des clôtures / Les terrains non bâtis et les constructions de toute nature doivent être aménagés et entretenus de façon à ne porter atteinte ni à l'hygiène, ni à la bonne tenue de l'agglomération, ni à l'harmonie des paysages ou de l'architecture régionale, locale, ou de la zone ou du secteur. / L'autorisation de construire sera refusée si les constructions par leur architecture, leurs dimensions ou leur aspect extérieur sont de nature à porter atteinte au caractère local. / Toute nouvelle construction devra conserver le rythme architectural des bâtiments existants dans le secteur. Pour les constructions existantes, en cas d'agrandissement, de confortation ou de surélévation, les parties ajoutées devront s'intégrer de façon harmonieuse au bâtiment d'origine tout en respectant le rythme architectural des bâtiments environnants. / () Toitures / Les couvertures apparentes en tôle ondulée ou en papier goudronné sont interdites. / Les ouvrages d'antennes ou paraboles, interdites en façade, seront intégrés dans la silhouette de la toiture de manière à être peu visibles depuis les espaces publics. () ".

12. Il ressort des pièces du dossier que le projet autorisé a pour objet de construire deux bâtiments de volume rectangulaire, l'un dit bâtiment A, de type R+3 d'une hauteur maximale de façade de 11,65 m, l'autre, dit bâtiment B, de type R+2, d'une hauteur de façade de 8,71 m. Les façades sont de style contemporain et alternent les enduits grattés, de ton pierre et les plaquettes de parement, de ton pierre. Les garde-corps sont de couleur gris anthracite. Le dernier étage est recouvert de bardage en zinc brun avec des menuiseries aluminium gris anthracite. Si l'environnement immédiat est constitué de pavillons, l'environnement proche se caractérise par un tissu urbain hétérogène et des façades de factures diversifiées ainsi que par la cohabitation entre constructions d'époque et de style différents, notamment le long de la rue Jacques Doré. En particulier, deux immeubles collectifs de trois étages se situent à faible distance du projet. En outre, les toitures sont de composition diverse, pour les unes en zinc et pour les autres en ardoise et en zinc. Une construction de trois étages composée de larges balcons et d'une toiture-terrasse est, enfin, érigée à proximité de l'implantation du projet, au 15, rue Jacques Doré. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 du règlement du plan local d'urbanisme applicable aux zones urbaines doit être écarté.

Sur le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 7 du règlement du plan local d'urbanisme applicable aux zones urbaines :

13. D'une part, aux termes du point 7.1 de l'article 7 du règlement du plan local d'urbanisme dans sa rédaction alors applicable : " Conditions de desserte par les voies publiques ou privées et accès aux voies ouvertes au public / () Les accès aux constructions en second rang, depuis les voies d'accès, doivent avoir une largeur minimale de 3,5 m jusqu'à la construction. Pour les constructions de plus de 3 logements, l'accès doit avoir une largeur de 5 m jusqu'à la construction en cas de double sens. En cas de division de terrain en second rang, les mêmes règles s'appliquent ".

14. Ainsi qu'il a été dit au point 9, les voies d'accès doivent s'entendre de celles qui permettent d'atteindre le terrain d'assiette des constructions et non des voies internes à ce terrain. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'accès piéton reliant l'immeuble A à l'immeuble B, d'une largeur de 1, 92 mètres, ne respecte pas les conditions posées par les dispositions précitées.

15. D'autre part, aux termes du point 7.2 de l'article 7 du règlement du plan local d'urbanisme applicable aux zones urbaines dans sa rédaction applicable : " Conditions de bonne desserte par les services publics de collecte des déchets / Les occupations et utilisations du sol doivent prévoir les réaménagements nécessaires à la collecte des déchets urbains. / Une aire de stockage et un abri réservé aux containers d'ordures ménagères pourront être exigés. Ils devront figurer au plan masse et s'intégrer au paysage dans les meilleures conditions. ".

16. Il ressort des pièces du dossier que le projet a prévu, pour une population future estimée à 85 habitants, un local destiné à la collecte des déchets ménagers d'une surface de 15,35 m2. Il ne ressort pas des pièces du dossier que cette surface serait insuffisante. En particulier, les requérants ne sauraient utilement se prévaloir du guide pratique pour le dimensionnement des locaux propreté pour les nouvelles constructions de la communauté d'agglomération du Haut Val-de-Marne, mis en annexe du plan local d'urbanisme, dès lors qu'il est dépourvu de toute valeur réglementaire alors qu'au surplus, la surface retenue est proche de celle recommandée par ce guide qui préconise de consacrer une surface de 15 à 18 m² pour une population de 80 habitants. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du point 7.2 de l'article 7 du règlement du plan local d'urbanisme applicable aux zones urbaines ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la violation des dispositions de l'article 3 du règlement du plan local d'urbanisme applicable en zone UA :

17. En premier lieu, aux termes du point 3.3.1 du paragraphe 3.3 de l'article 3 du règlement du PLU applicable en zone UA dans sa rédaction alors applicable : " Dans la zone UA, les constructions doivent être implantées : / soit à l'alignement actuel ou futur, / soit selon les limites d'alignement indiquées au document graphique, / soit en retrait de 4m, pour tenir compte de l'implantation des constructions sur le parcellaire voisin () ". Les dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme alors applicable définissent le " retrait " comme " l'espace situé entre une construction et une limite séparative " et précisent que la largeur de ce retrait est " constituée par la mesure horizontale, normale au nu de la façade du bâtiment considéré jusqu'à sa rencontre avec la limite de propriété ". Enfin, selon le point 3.3.2 du même paragraphe applicable en zone UAa et UAb, consacré aux installations de second front : " une implantation différente de celle autorisée à l'article 3.3.1 est admise - lorsque le terrain n'a que son accès comme façade sur voie - ou lorsque sur le terrain, une construction implantée à l'alignement est déjà édifiée ou en cours de réalisation. ".

18. D'une part, il ressort du rapport de présentation du plan local d'urbanisme que les auteurs de ce plan ont entendu, en zone UA, prévoir un retrait des constructions de quatre mètres par rapport à l'alignement " afin de préserver le contexte urbain environnant ". Il ressort des pièces du dossier que le bâtiment A est destiné à être implanté entre des constructions situées à 4,5 et 5 mètres de l'alignement de la rue Jacques Doré sur les parcelles cadastrées section AT n°s 362 et 376. Dans ces conditions, la distance de retrait évaluée entre 4,06 mètres et 4,43 mètres est de nature à préserver le contexte urbain. D'autre part, les terrasses prévues en rez-de-chaussée, qui ne constituent pas des éléments de la construction et sont par nature dépourvues de façade, n'ont pas à être prises en compte pour l'application des règles d'implantation par rapport aux limites séparatives alors qu'au surplus elles s'intègrent dans l'espace vert sous dalle. Enfin, dès lors que les dispositions du point 3.3.2 du règlement du plan local d'urbanisme alors applicable s'appliquent seulement dans les secteurs UAa et UAb, où l'implantation des constructions à l'alignement est exigée et où, par conséquent, l'implantation en retrait de l'alignement est interdite, les requérants ne peuvent utilement invoquer ces dispositions dès lors que le terrain d'assiette du projet ne se situe pas dans l'un de ces secteurs. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des points 3.3.1 et 3.3.2. du paragraphe 3.3 de l'article 3 du règlement du PLU applicable en zone UA ne peut ainsi qu'être écarté en toutes ses branches.

19. En second lieu, aux termes du point 3.5.1 du paragraphe 3.5 de l'article 3 du règlement du PLU applicable en zone UA dans sa rédaction alors applicable : " La distance comptée horizontalement, entre les constructions non contigües, doit être au moins égale à : / - 8 m en cas de vue directe () ". Selon le lexique joint à ce règlement, " la vue directe est constituée : () par un rectangle qui doit être laissé libre de toute construction, dont la largeur est parallèle à la façade où se trouve la baie, la fenêtre ou l'ouverture. Sa largeur ne peut être inférieure à celle de la baie, la fenêtre ou l'ouverture, majorée de 0,60 m de part et d'autre de ses montants. Sa longueur est prise par rapport au nu de la baie, de la fenêtre ou l'ouverture en tenant lieu (cf. croquis ci-dessous). / a) Sous réserve du b) ci-après sont considérées comme créant des vues directes les baies, fenêtres ou ouvertures situées sur les façades, les pignons ou les toitures des constructions. / b) Ne sont pas considérées comme créant des vues directes : - les ouvertures situées en rez-de-chaussée dans la mesure où elles font face, sur la totalité de leur hauteur, à un dispositif formant écran implanté en limite séparative (mur, pignon), - les baies et fenêtres des pièces telles que, WC, Salle d'eau, Cuisine, Cage d'escalier à condition que la surface totale vitrée de chacune de ces pièces n'excède pas 1 m², / - les ouvertures dont l'allège inférieure se situe à plus de 1,90 m du plancher au-dessus duquel elles sont situées, pour les châssis en toiture cette hauteur est ramenée à 1,70 m, / - les portes et les châssis fixes, équipés de panneaux opaques ou translucides, les portes pleines et autres percements factices. ".

20. Il résulte de ces dispositions que, contrairement à ce qui est soutenu par les requérants, la distance à respecter entre deux constructions implantées sur une même propriété doit se mesurer à partir du nu des façades comportant des baies, fenêtres et autres ouvertures créant une vue directe. Compte tenu de la définition résultant du b) du lexique sur les vues directes, les terrasses et balcons situés en rez-de-chaussée et comportant un dispositif écran, ne peuvent être regardés comme créant des vues directes Il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire et notamment du plan de masse fourni par le pétitionnaire que les deux bâtiments à construire sont bien distants de huit mètres sans qu'il faille tenir compte, contrairement à ce que soutiennent les requérants, des balcons et terrasses. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que lorsque des terrasses ou des balcons sont prévus, un dispositif fixe de 1,90 mètres destiné à faire écran sera néanmoins installé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du point 3.5.1 du paragraphe 3.5 de l'article 3 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme H M et autres doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

22. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Chennevières-sur-Marne, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme M et autres la somme que ceux-ci réclament au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme M et autres le versement d'une somme de 1 500 euros au profit de la commune de Chennevières-sur-Marne et une autre somme de 1 500 euros au profit de la société SCCV European homes 78.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement d'instance et d'action de Madame J Le Sergent.

Article 2 : La requête de Mme M et autres est rejetée.

Article 3 : Mme M et autres verseront ensemble une somme globale de 1 500 euros à la commune de Chennevieres-sur-Marne et une autre somme globale de 1 500 euros à la SCCV European homes 78 au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme H M, Mme F R, Mme J Le Sergent, M. E B, M. D L, Mme A T et M. N T, Mme P G, Mme K I et M. O S, à la commune de Chennevières-sur-Marne et à la société SCCV European homes 78.

Délibéré après l'audience du 23 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Q, président,

M. Duhamel, premier conseiller,

Mme Morisset, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.

Le rapporteur,

B. DUHAMEL

Le président,

M. Q La greffière,

M. C

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions