mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2111771 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | KUCHARZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 décembre 2021, Mme A D C, représentée par Me Kucharz, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 aout 2021 par lequel le maire de Pontault-Combault a règlementé le stationnement et la circulation des véhicules rue Lucien Brunet du 30 août 2021 au 31 janvier 2022 ainsi que le courrier du 18 octobre 2021 du maire de la commune, adressé aux commerçant du " Vieux Pontault " en réponse aux griefs exposés par ces derniers ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Pontault-Combault une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que, d'une part, elle dispose notamment de la qualité et d'un intérêt à agir en tant que gérant du bar-tabac " L'Eclipse ", établissement installé au 87, rue Lucien Brunet à Pontault-Combault et que, d'autre part, elle a été enregistrée dans le délai de recours contentieux suite au rejet, par une décision du 18 octobre 2021 du maire de la commune, de son recours gracieux valant demande indemnitaire déposé le 2 septembre 2021 ;
- la compétence du signataire de l'arrêté contesté et des signataires de la décision de rejet de son recours gracieux n'est pas établie ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un vice de procédure en l'absence de demande préalable de l'entreprise en charge des travaux de voirie ;
- les mesures prescrites sont disproportionnées pour prévoir un détour excessivement long pour les usagers de son commerce entrainant une baisse de son chiffre d'affaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2023, la commune de Pontault-Combault, représentée par Me Garrigues conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête. Elle demande en outre à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive et qu'elle n'est pas dirigée contre une décision qui fait grief ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Duhamel,
- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,
- les observations de Me Kucharz, représentant Mme C,
- et les observations de Me Heral, substituant Me Garrigues, représentant la commune de Pontault-Combault.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 17 août 2021, le maire de Pontault-Combault a temporairement règlementé le stationnement et la circulation des véhicules rue Lucien Brunet du 30 août 2021 au 31 janvier 2022 dans le cadre de travaux de voirie et de rénovation du pont situés sur cette voie. Mme C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 17 août 2021 ainsi que le courrier de l'adjoint au maire du 18 octobre 2021
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Pontault-Combault tirée de la tardiveté de la requête :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. D'une part, si Mme C se prévaut d'un courrier qu'elle allègue avoir adressé au maire de Pontault-Combault le 2 septembre 2021 qui aurait, selon elle, le caractère d'un recours gracieux contre l'arrêté du 17 août 2021 et aurait, par suite interrompu le délai de recours contentieux, il ressort toutefois de cette lettre que Mme C y " fait part de [son] mécontentement concernant les travaux qui se déroulent actuellement rue Lucien Brunet" tout en admettant explicitement la nécessité des travaux de voirie envisagés et en invitant le maire de la commune à modifier le sens de circulation de la voie qui génère une perte d'activité pour les commerces du secteur. Un tel courrier, qui ne mentionne même pas explicitement l'arrêté du 17 août 2021 ne peut être regardé comme un recours gracieux dirigé contre cet arrêté. Au surplus, et ainsi que le fait valoir la commune de Pontault-Combault qui conteste avoir reçu ce courrier du 2 septembre 2021, Mme C ne justifie pas l'avoir adressé à l'autorité administrative.
4. D'autre part, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le courrier du 18 octobre 2021 par lequel l'adjoint au maire chargé du patrimoine commun et le conseiller municipal à la vitalité du commerce local de Pontault-Combault ont informé les commerçants du " Vieux Pontault " de l'impossibilité de modifier le sens de circulation de la rue Lucien Brunet durant les travaux envisagés constituerait une décision de rejet de son recours gracieux, alors qu'il ressort des pièces du dossier, comme le fait valoir la commune, que ce courrier est adressé de façon impersonnelle aux commerçants concernés. Par suite, ce courrier ne saurait être regardé comme une décision de rejet du prétendu recours gracieux du 2 septembre 2021.
5. Ainsi, et alors que la requérante admet elle-même dans sa requête que l'arrêté du 17 août 2021 a été affiché le même jour, le délai de recours contentieux a donc commencé à courir le 17 août 2021 et était expiré le 18 décembre 2021, date à laquelle a été enregistrée au greffe du tribunal administratif de Melun la requête de Mme C. La fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête opposée par la commune de Pontault-Combault doit par conséquent être accueillie.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre fin de non-recevoir opposée par la commune, les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C sont tardives et ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Pontault-Combault, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme C demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme C, les sommes demandées par la commune de Pontault-Combault au même titre.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Pontault-Combault présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D C et à la commune de Pontault-Combault.
Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gougot, présidente,
M. Duhamel, premier conseiller,
M. Combier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
Le rapporteur,
B. DUHAMEL
La présidente,
I. GOUGOT
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026