lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2111794 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre, JU |
| Avocat requérant | SELARL GRIMALDI-MOLINA ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 décembre 2021, M. B D, représenté par la Selarl Grimaldi et associés, agissant par Me Grimaldi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 juillet 2021 par lequel le président du Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (SIAAP) a prononcé à son encontre la sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de trois jours, ensemble la décision du 22 octobre 2021 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (SIAAP) de le rétablir dans ses droits et de reconstituer sa carrière, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (SIAAP) une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. D soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- il n'a jamais désobéi aux ordres de sa hiérarchie, et s'il a par ailleurs pu faire montre d'un comportement inadapté ou maladroit envers une collègue, outre le recours à un langage familier à l'égard de son responsable de secteur, il n'est l'auteur d'aucune violence ni manque de respect ou insolence, en sorte que la sanction infligée est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 août 2022, le Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (SIAAP), représenté par son président en exercice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 15 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 août 2024 à 12 h 00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Leconte, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Leconte, première conseillère,
- et les conclusions de M. Gauthier-Ameil, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Titulaire du grade d'adjoint technique de 2ème classe, M. B D, recruté par le Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (SIAAP), nommé chef d'équipe de stations locales, a été affecté au sein d'un des sites de la Direction du système d'assainissement et du réseau (DSAR) du SIAAP. Par un arrêté du 8 juillet 2021, le président du SIAAP a prononcé à l'encontre de M. D la sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de trois jours. Par un courrier du 6 septembre 2021, M. D a formé un recours gracieux contre cet arrêté, qui a fait l'objet d'une décision explicite de rejet par courrier du 22 octobre 2021. Par la présente requête, M. D demande l'annulation de l'arrêté du 8 juillet 2021, ensemble celle de la décision de rejet de son recours gracieux.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 5421-1 du code général des collectivités territoriales : " () Les institutions ou organismes interdépartementaux sont des établissements publics, investis de la personnalité civile et de l'autonomie financière. Ils sont administrés conformément aux règles édictées pour la gestion départementale. () ". Aux termes de l'article L. 3221-3 du même code : " () Le président du conseil départemental est le chef des services du département. Il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, donner délégation de signature en toute matière aux responsables desdits services ". Enfin, aux termes des dispositions de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, désormais notamment codifiées à l'article L. 532-1 du code général de la fonction publique : " () / Le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité territoriale (). ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. E, alors président du SIAAP, a donné délégation de signature à M. C A, directeur du système d'assainissement et du réseau, par un arrêté du 1er novembre 2020 revêtu d'un tampon justifiant de sa transmission en préfecture le 5 novembre 2020, et dont la publication sur le site Internet du SIAAP, prescrite par l'article 2 de cet arrêté, n'est pas sérieusement contestée. En vertu de cet arrêté, M. A était compétent pour signer, notamment, les actes édictant une sanction disciplinaire du premier groupe, au nombre desquels figure l'arrêté du 8 juillet 2021 contesté, dont il est le signataire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes des dispositions de l'article 28 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, désormais codifiées aux articles L. 121-9 et suivant du code général de la fonction publique : " Tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiérarchie, est responsable de l'exécution des tâches qui lui sont confiées. Il doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l'ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public ". Aux termes des dispositions de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, désormais codifiées à l'article L. 530-1 du code général de la fonction publique : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire () ". En vertu des dispositions de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, désormais codifiées aux articles L. 533-1 et suivants du code général de la fonction publique, les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes. Relève du premier groupe, la sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours.
5. Il incombe à l'autorité investie du pouvoir disciplinaire d'apporter la preuve de l'exactitude matérielle des griefs sur le fondement desquels elle inflige une sanction à un agent public. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
6. Aux termes de l'arrêté attaqué, pour infliger la sanction en litige, le président du SIAAP a retenu un manquement de M. D à son obligation d'obéissance hiérarchique, au regard de consignes données à compter du 3 mai 2021 afin d'organiser l'évacuation de bidons d'huile stockés sur l'un des sites du SIAAP, ainsi que plusieurs manquements comportementaux, tenant en des propos inadaptés envers sa collègue assistante de prévention le 11 juin 2021, en un manque de respect vis-à-vis de son responsable de secteur le 21 juin 2021, et un manque de respect assorti de vulgarité à l'endroit du responsable adjoint d'unité le 22 juin 2021.
7. Premièrement, le requérant conteste avoir manqué à son obligation d'obéissance hiérarchique, et peut être regardé comme invoquant à cet égard une erreur dans la qualification juridique des faits. Cependant, tout d'abord, il n'est pas contesté que la consigne citée au point précédent a été très explicitement donnée à M. D par sa hiérarchie à compter du 3 mai 2021, initialement par son responsable de secteur, puis par la directrice du système d'assainissement et du réseau elle-même, lors d'une réunion du 18 mai 2021, et en dernier lieu par mail du 10 juin 2021, en vue de préparer une opération de maintenance programmée le 11 juin 2021, cependant qu'à cette date, la tâche confiée n'était ni effectuée ni même commencée. Ensuite, alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'il était demandé à M. D d'organiser avec son équipe l'évacuation de plusieurs bidons représentant chacun environ 18 kilos, impliquant un port de charge avec poignée, le cas échéant en procédant par demi bidons soit environ 9 kilos, et en plusieurs opérations étalées dans le temps, le requérant n'étaye par aucun élément probant ses allégations tendant à faire valoir des contraintes techniques, un risque en termes d'hygiène et de sécurité ou encore un " ordre impossible ". Il ne ressort notamment pas de la description de sa mission, ni même n'est distinctement soutenu par le requérant, que nonobstant l'exigence d'éviter le recours à la manutention manuelle de charges, le SIAAP n'aurait pas, au cas particulier, pris les mesures appropriées pour garantir la sécurité de ses agents. A cet égard, dès lors que plus d'un mois avant l'échéance fixée, il a été demandé à M. D d'organiser l'opération en question, ne peuvent être regardées comme sérieuses les allégations de l'intéressé d'un défaut d'outillage approprié, en l'absence notamment de contenant adapté pour répartir la charge par demi bidons, qu'il aurait seulement constaté la veille de l'échéance. Il en est de même s'agissant de sa demande d'une présence de l'agente assistante de prévention, qu'il admet avoir sollicitée seulement le 10 juin 2021 pour le lendemain, en sorte qu'il ne peut raisonnablement se prévaloir de l'indisponibilité de celle-ci pour justifier l'inexécution de sa mission. Dans ces conditions, en l'absence d'obstacle au respect des instructions données, les faits précités caractérisent le manquement reproché à M. D au regard de son obligation d'obéissance hiérarchique.
8. Deuxièmement, tout d'abord, le requérant indique reconnaître " avoir été maladroit dans sa formulation " au cours d'un échange verbal avec l'agente assistante de prévention le 11 juin 2021, admet " avoir eu un comportement inadapté envers celle-ci ", et n'oppose aucune contestation utile à la réalité du manquement reproché, relatif à la tenue de propos inadaptés envers sa collègue. Ensuite, les faits reprochés survenus le 21 juin 2021 font l'objet d'un témoignage direct très circonstancié dressé par un responsable d'unité dans un mail du 24 juin 2021, retraçant des propos de M. D à l'adresse de son responsable de secteur dont les termes ne sont aucunement contestés, et dont il ressort une attitude véhémente et grossière adoptée par l'intéressé pour exprimer son mécontentement quant à l'organisation du service par son supérieur, caractérisant le manque de respect reproché, ainsi que, au demeurant, l'insolence mentionnée dans le mail précité. Enfin, le même mail rapporte avec précision le comportement de M. D à l'égard d'un responsable adjoint d'unité le 22 juin 2021, dont la teneur non contestée traduit une attitude de même nature qu'adoptée la veille. Il a notamment été reproché à l'intéressé d'avoir, à cette occasion, exprimé son opposition aux instructions données par ce supérieur, lui demandant d'intervenir en appui à ses collègues, en recourant à l'énoncé " J'en ai marre de me faire enculer " à deux reprises, ce devant un partenaire extérieur du SIAAP. Ces éléments établissent ainsi le manque de respect assorti de vulgarité retenu à l'encontre de M. D.
9. Troisièmement, il résulte des constatations opérées aux points précédents la réitération par M. D de manquements à ses obligations professionnelles, marqués par un irrespect tant des consignes que des personnes, de nature à porter atteinte au bon fonctionnement du service. A cet égard, l'intéressé ne peut utilement faire valoir un recours habituel dans son milieu professionnel à un langage " familier ", que ne saurait expliquer les comportements reprochés décrits plus haut. Alors qu'en outre, il ressort des pièces du dossier qu'en rappel des exigences de respect et d'obéissance hiérarchique, M. D s'était déjà vu infliger un avertissement le 19 novembre 2020, le choix de la sanction en litige, d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de trois jours, n'est entaché d'aucune disproportion.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du président du Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne du 8 juillet 2021. Les conclusions à fin d'annulation dirigées contre cet arrêté et contre la décision de rejet prise sur recours gracieux ne peuvent, par suite, être accueillies. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions de la requête présentées à fin d'injonction et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 14 octobre 2024.
La magistrate désignée,
S. LECONTELa greffière,
C. TRÉMOUREUX
La République mande et ordonne au préfet de Paris, préfet de la région Ile-de-France, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026