jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2111959 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | DAVID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 décembre 2021, M. A B, représenté par Me David, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 12 octobre 2021 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Melun lui a notifié la cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir les conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile à compter de l'arrêt des versements, dans un délai de trois jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en cas d'admission à l'aide juridictionnelle, la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il ne pouvait être considéré par l'Office français de l'immigration et de l'intégration comme étant en fuite dès lors qu'il a manqué les convocations à la préfecture pour des raisons indépendantes de sa volonté ; assigné à résidence puis placé en rétention administrative, il était à disposition de l'administration, qui n'établit pas avoir accompli toutes les diligences pour exécuter la décision de transfert ;
- l'Office français de l'immigration et de l'intégration a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation de vulnérabilité dans laquelle il est placé, liée à l'absence de ressources et à son isolement sur le territoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2023,
l'Office français de l'immigration et de l'intégration, représenté par son directeur général en exercice, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 15 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 2 mars 2023 à 12 heures.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun du 20 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien, né le 31 décembre 1994 à Kayes (Mali), qui a déposé une demande d'asile en France, enregistrée le 8 mars 2021 selon la procédure dite " Dublin ", a accepté l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et a bénéficié des conditions matérielles d'accueil. Le préfet de Seine-et-Marne a pris un arrêté de transfert vers l'Espagne le 18 mars 2021, date à laquelle il a été assigné à résidence. Il n'a pas honoré la convocation du 2 juin 2021 devant les services en charge de l'asile. Il a ensuite été placé en rétention administrative par un arrêté du préfet de Seine-et-Marne du 11 août 2021, placement prolongé par ordonnance du juge des libertés et de la détention de Paris du 13 août 2021. Il a été laissé libre le 25 août 2021 après avoir été testé positif au covid 19 et avoir refusé d'être transféré au centre ARS. A cette date, il a été convoqué le 17 septembre 2021 devant les services de la préfecture de Melun, par convocation remise en mains propres. A défaut d'avoir honoré cette convocation, l'intéressé a été placé en fuite par les services préfectoraux. Par un courrier
du 20 septembre 2021, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a notifié son intention de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil. Le conseil de M. B a formulé des observations le 6 octobre 2021. Par une décision du 12 octobre 2021 dont le requérant demande l'annulation, la directrice territoriale de l'OFII de Melun a notifié à M. B la cessation des conditions matérielles d'accueil.
Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Par une décision du 20 avril 2022, le président du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun a accordé l'aide juridictionnelle totale à M. B. Dès lors, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à son admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle, lesquelles sont devenues sans objet.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 : " 1. Les États membres peuvent limiter ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lorsqu'un demandeur: / a) abandonne le lieu de résidence fixé par l'autorité compétente sans en avoir informé ladite autorité ou, si une autorisation est nécessaire à cet effet, sans l'avoir obtenue; ou / b) ne respecte pas l'obligation de se présenter aux autorités, ne répond pas aux demandes d'information ou ne se rend pas aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile dans un délai raisonnable fixé par le droit national; ou / c) a introduit une demande ultérieure telle que définie à l'article 2, point q), de la directive 2013/32/UE () 5. Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou les sanctions visées aux paragraphes 1, 2, 3 et 4 du présent article sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivées. Elles sont fondées sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier dans le cas des personnes visées à
l'article 21, compte tenu du principe de proportionnalité. Les Etats membres assurent en toutes circonstances l'accès aux soins médicaux conformément à l'article 19 et garantissent un niveau de vie digne à tous les demandeurs. " Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () / La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. () ".
4. En premier lieu, pour mettre fin aux conditions matérielles d'accueil de M. B, la directrice territoriale de l'OFII de Melun s'est fondée sur le motif tiré de ce que l'intéressé s'est abstenu de se présenter aux autorités chargées de l'asile. Il ressort des pièces du dossier que le requérant n'ayant pas honoré les convocations en préfecture des 2 juin et 17 septembre 2021, il a été placé en fuite. L'intéressé, qui ne conteste pas n'avoir pas honoré ces convocations, fait valoir qu'il ne pouvait être considéré comme étant en fuite dès lors qu'il ne s'était pas volontairement soustrait à celles-ci. D'une part, s'il fait valoir avoir été médicalement empêché de se présenter à la convocation du 2 juin 2021 en raison d'un problème de santé, le courriel que son avocate a adressé la veille de la convocation à la préfecture de Seine-et-Marne, assorti d'un certificat médical établi le 28 mai 2021 faisant état d'une " douleur et [d'un] dérobement persistant post traumatique " du genou droit, n'est pas de nature à justifier son absence à la convocation
du 2 juin 2021. D'autre part, en se bornant à produire le courriel que son avocate a adressé à la préfecture le 17 septembre 2021 à 8 h 45 afin de prévenir de son absence à la convocation du même jour à 9 h 00 en raison d'une difficulté dans les transports en commun, le requérant ne justifie pas d'une raison légitime qu'aurait dû prendre en compte l'OFII et dont le défaut de prise en compte entacherait sa décision d'illégalité. Dans ces conditions, alors que M. B ne justifie pas des manquements qui lui sont reprochés, l'OFII a pu, à bon droit, lui notifier la cessation des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il s'était abstenu de se présenter aux autorités. Par suite, le moyen doit être écarté.
5. En second lieu, M. B se prévaut de ce que la directrice territoriale de l'OFII de Melun aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation de vulnérabilité liée à l'absence de ressources et à son isolement sur le territoire français. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant a fait l'objet d'un entretien de vulnérabilité au jour de l'enregistrement de sa demande d'asile, à l'occasion duquel n'ont pas été relevés d'éléments particuliers de vulnérabilité, et au terme duquel sa vulnérabilité a été estimée à 1 sur une échelle de 0 à 3. En outre, s'il appartenait à l'OFII de prendre en considération l'éventuel état de vulnérabilité de M. B avant de prendre la décision en litige, le requérant, qui se borne à affirmer être sans ressources et sans famille, ne rapporte pas la preuve de sa particulière vulnérabilité, alors qu'au surplus, il ressort de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention de Paris du 13 août 2021 qu'il produit qu'il avait déclaré résider chez son oncle à Paris et que son frère vivait également en France. Par suite, le moyen invoqué doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 12 octobre 2021 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Melun a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil. Il y a donc lieu de rejeter ses conclusions aux fins d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et les conclusions qu'il a présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de
l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à ce qu'il soit admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Réchard, première conseillère,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
La rapporteure,
J. RECHARD
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,
C. RICHEFEU
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2111959
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026