mercredi 26 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2111986 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | CERF |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 décembre 2021, M. F A, représenté par Me Cerf, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 novembre 2021 par lequel la préfète du Val-de-Marne lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et lui a interdit de revenir sur le territoire français pendant une durée de 24 mois ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir, en cas d'annulation de la décision pour un motif de fond ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, en cas d'annulation de la décision pour un motif de forme ;
4°) de mettre à la charge de l'État (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
La décision de refus de titre de séjour :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- est illégale faute pour le préfet d'avoir saisi la commission du titre de séjour ;
- méconnaît l'article 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale sur les droits de l'enfant ;
- méconnaît l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est insuffisamment motivée ;
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- méconnaît l'article 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- méconnait l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision portant interdiction de retour :
- est illégale au regard de son caractère disproportionné par rapport au but recherché.
La décision fixant le pays de destination :
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La procédure a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit d'observations.
Par ordonnance du 4 novembre 2022 la clôture d'instruction a été fixée au 5 décembre 2022 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Bourdin, conseillère rapporteure.
Considérant ce qui suit :
1. M. E A, ressortissant ivoirien né le 26 décembre 1986 à Divo (Côte d'Ivoire), déclarant être entré régulièrement en France en septembre 2009, a obtenu une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " valable du 12 mai 2015 au 11 mai 2016 et renouvelée en dernier lieu jusqu'au 23 juillet 2021. Le requérant a sollicité le 19 juillet 2021 le renouvellement de son titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 23 novembre 2021, la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai 30 jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et lui a fait interdiction de revenir sur le territoire national pendant une durée de 24 mois.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions de refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire national tiré du défaut de motivation :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes du I de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " I. - L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ". Aux termes de l'article L. 613-1 de ce code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués ".
3. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la décision portant refus de titre de séjour de M. A comporte l'indication suffisante des éléments de droit et de fait qui la fondent. D'autre part, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que l'obligation de quitter le territoire français vise les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à son fondement et n'avait pas à faire l'objet d'une motivation de fait distincte que la décision refusant à M. A la délivrance d'un titre de séjour. Dès lors, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées seraient entachées d'un défaut de motivation, qui manque en fait, doit être écarté.
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, par un arrêté n° 2021/656 du 1er mars 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-de-Marne du même jour, la préfète du Val-de-Marne a donné délégation à Mme D C, signataire des décisions contestées et secrétaire générale de la préfecture, pour signer " tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances, requêtes juridictionnelles, décisions engageant les crédits de l'Etat et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département du Val-de-Marne " à l'exclusion de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions contenues dans l'arrêté attaqué. Par ailleurs, si le caractère contradictoire de la procédure fait en principe obstacle à ce que le juge se fonde sur des pièces qui n'auraient pas été préalablement communiquées à chacune des parties, le tribunal peut toutefois en l'espèce se fonder régulièrement sur l'arrêté précité du 1er mars 2021, bien qu'il n'ait ni été produit par la défense, ni été communiqué aux parties, dès lors qu'il s'agit d'un acte réglementaire et régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-de-Marne le 1er mars 2021 et qu'il est librement accessible et consultable, notamment sur le site Internet de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté contesté, qui manque en fait, doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1,
L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
6. M. A se prévaut de sa présence régulière en France depuis 2009 et de la carte de séjour mention " vie privée et familiale " régulièrement renouvelée et dont la dernière expirait le 23 juillet 2021, du fait qu'il réside auprès de ses deux enfants nés en France, a la garde de son aîné et contribue à l'entretien et à l'éducation de ses deux enfants. Il invoque également avoir de la famille proche en France, notamment son père, qui a acquis la nationalité française en 2002, ainsi que ses demi-frère et sœur, nés respectivement en France en 2010 et 2018 et justifier d'une insertion professionnelle. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A ne justifie pas d'une présence régulière en France depuis plus de douze ans, les éléments du dossier ne permettant de retenir une présence continue en France que depuis le courant de l'année 2014. En effet s'il produit quelques documents datant de 2010 et qu'il ne conteste pas avoir été condamné par le juge pénal en 2010 et en 2011, pour des faits d'escroquerie survenus entre avril et octobre 2009 et de mars 2010 pour des faits de conduite d'un véhicule sans permis et circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance, il ne justifie pas de sa présence effective en France entre la fin de l'année 2010 et le printemps de l'année 2014. De même, s'il est le père de deux enfants nés en France, respectivement les 14 mars 2014 et 12 septembre 2020, les éléments produits, qui concernent son seul fils aîné, à savoir les certificats de scolarité des années scolaires 2019/2020 et 2020/2021, le livret scolaire du deuxième semestre de l'année scolaire 2020/2021, une facture pour les dépenses extra-scolaires non acquittées, ainsi qu'une ordonnance d'août 2016 sans mention du parent accompagnant, sont insuffisants pour établir que le requérant contribue à l'entretien et l'éducation de ses deux enfants ou que M. A a effectivement la garde de ce fils aîné, étant relevé qu'aucun autre élément que l'acte de naissance n'est produit pour sa fille cadette, de sorte que l'intensité des liens avec cette enfant n'est pas établie. En tout état de cause, si M. A invoque avoir la garde de son fils aîné, il ne justifie pas de sa nationalité, ni des liens entretenus entre l'enfant et sa mère de sorte qu'il n'est pas établi, alors que l'enfant n'était âgé que de 7 ans à la date de la décision attaquée, que la cellule familiale ne pourrait se reconstituer dans le pays d'origine de M. A. De même, le requérant ne justifie pas de l'intensité des liens avec la personne qu'il présente comme son père et ses demi-frère et sœur et il n'établit ni n'allègue être dépourvu d'attache dans son pays d'origine qu'il a quitté à l'âge de 24 ans. Par ailleurs, il ne justifie pas d'une insertion professionnelle en produisant un contrat de travail à durée indéterminée prenant effet à compter du 8 juillet 2021 en qualité de chauffeur livreur sans produire les bulletins de salaires correspondants et alors qu'il ne justifie par ailleurs que d'emplois pour des missions d'intérim de courte durée ou dans le cadre de contrat de travail à durée indéterminée à temps partiel ou à temps complet mais auquel il a été mis un terme après quelques mois seulement et pour des emplois soit de préparateur de commande, soit de chauffeur livreur, soit d'agent de service ou d'extra dans un restaurant. En outre, il sera relevé que la préfète mentionne sans être contestée que l'intéressé a été condamné pour cinq infractions pénales, les deux dernières datant des 8 janvier 2018 et 13 février 2019 et portant condamnation respectivement, au paiement d'un amende de 700 euros avec interdiction de conduire un véhicule terrestre à moteur pendant 8 mois pour des faits de conduite de véhicule sans permis et circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance commis le 4 août 2017 et à une peine de 600 euros d'amende pour des faits de conduite d'un véhicule sans permis, commis le 11 mai 2017 alors qu'il exerçait les fonctions de chauffeur livreur notamment au cours de cette même année 2017. Par suite, et quand bien même il n'est pas contesté que M. A a bénéficié d'un titre de séjour avec la mention " vie privée et familiale " du 12 mai 2015 au 23 juillet 2021, la préfète du Val-de-Marne n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a pris la décision attaquée et n'a, dès lors, pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : /1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; /2° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer la carte de résident prévue aux articles L. 423-11, L. 423-12, L. 424-1, L. 424-3, L. 424-13, L. 424-21, L. 425-3, L. 426-1, L. 426-2, L. 426-3, L. 426-6, L. 426-7 ou L. 426-10 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; /3° Lorsqu'elle envisage de retirer le titre de séjour dans le cas prévu à l'article L. 423-19 ; /4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1. "
8. Il résulte de ces dispositions que si le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues par ces textes auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité et non de celui de tous les étrangers qui s'en prévalent, la circonstance que la présence de l'étranger constituerait une menace à l'ordre public ne le dispense pas de son obligation de saisine de la commission.
9. Il résulte de ce qui est dit au point 6 que M. A ne justifie pas remplir les conditions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de sorte que les moyens tirés du vice de procédure ou de l'erreur de droit du fait de l'absence de consultation de la commission du titre de séjour ne sont pas fondés.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
11. M. A fait valoir qu'un retour en Côte d'Ivoire serait contraire à l'intérêt de son fils aîné, B, qui est scolarisé en cours préparatoire. Toutefois, ainsi qu'évoqué au point 6, les éléments produits sont insuffisants pour établir la réalité de la contribution à l'entretien et à l'éducation de ses deux enfants et en tout état de cause, il n'est pas établi que le fils aîné ne pourrait rejoindre son père et suivre une scolarité dans le pays d'origine de son père. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écartée.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui a repris à compter du 1er mai 2021 les dispositions de l'article L.313-14 de ce code : " " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 () ".
13. En l'espèce, M. A qui n'établit, ni n'allègue avoir sollicité le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut invoquer utilement la méconnaissance de ces dispositions. En outre, il résulte des mentions de l'arrêté contesté que la préfète n'a pas à apprécier d'office la situation de M. A au regard de ces dispositions. Par suite, il ne peut utilement invoquer l'application de cet article et le moyen doit être écarté comme étant inopérant.
14. En sixième lieu, M. A ne saurait invoquer le fait que son métier de chauffeur livreur l'expose particulièrement à commettre des infractions au code de la route ou que le refus de renouvellement d'un titre de séjour en raison de condamnations pénales violerait le principe " non bis in idem " qui sont inopposables devant le juge administratif appelé à statuer sur la légalité d'une décision administrative. Il résulte de ce qui précède que l'erreur manifeste d'appréciation évoquée n'est pas établie.
15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A dirigées contre la décision portant refus de titre de séjour doivent être rejetées.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
16. En premier lieu, la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas annulée, M. A n'est pas fondé à invoquer la nullité de la décision portant obligation de quitter le territoire en raison de l'illégalité de la première décision.
17. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus concernant le refus de titre de séjour que les moyens tirés de la violation des articles L. 313-11 7° et L 314-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, remplacés à compter du 1er mai 2021 par les articles L. 423-23 et L. 435-1 du même code, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent, pour les motifs précédemment exposés, être écartés.
18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour en France :
19. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français./ Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612 10 du même code, " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
20. M. A soutient que l'interdiction de retour prononcée pour une durée de deux ans est disproportionnée compte tenu de sa situation familiale. Toutefois, eu égard aux circonstances indiquées au point 6 du présent jugement et dont il résulte que M. A ne peut se prévaloir d'attaches privées ou familiales d'une intensité particulière en France et alors qu'il résulte du dossier que M. A a été condamné pénalement à cinq reprises, les deux dernières datant des mois de janvier 2018 et février 2019 notamment pour des faits de conduite de véhicules sans permis commis courant 2017, la préfète du Val-de-Marne, en fixant à deux années la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français infligée au requérant, n'a, en dépit de sa durée de présence sur le territoire, méconnu ni le droit de celui-ci au respect de sa vie privée et familiale, ni les dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et n'a pas davantage entaché cette décision d'une erreur d'appréciation au regard de ces dispositions.
21. Il résulte de cela que les conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour pendant une durée de deux ans doivent être rejetées.
En ce qui concerne le pays de destination :
22. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est pas établi.
23. Il résulte ce de qui précède que les conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.
24. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 23 novembre 2021, par lequel la préfète du Val-de-Marne a refusé le renouvellement de son titre de séjour, assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français, fixé le pays de destination et prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans.
25. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F A et à la préfète du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dewailly, président,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Lacote, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2023.
La rapporteure,
S. BOURDIN
Le président,
S. DEWAILLY La greffière,
Y. SADLI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026