jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2200028 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | BERNARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 janvier 2022, M. A B, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 3 novembre 2021 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a maintenu son refus de lui communiquer les documents sollicités ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui communiquer les documents sollicités dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les documents sollicités sont des documents administratifs communicables en application de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration.
La requête a été communiquée au préfet de Seine-et-Marne, qui n'a pas produit en défense malgré une mise en demeure du 29 avril 2022.
Les parties ont été informées en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision du préfet de
Seine-et-Marne refusant la communication des documents dont la liste suit, dès lors qu'ils doivent être regardés comme ayant été communiqués par la communication le 23 novembre 2021 à
M. B de son relevé d'information intégral :
* document attestant qu'il disposait d'un permis de conduire français valide le 1er août 2013,
* tout document sur lequel repose la date d'un échange de permis de conduire effectué le 24 février 2014,
* tout document détenu par la préfecture ou toute autre administration relatif à l'échange de son permis français pour un permis portugais réalisé auprès des autorités portugaises en 2013 ou 2014,
* tout document établissant que l'échange de l'ancien permis de conduire français pour un permis de conduire portugais réalisé en 2013 ou 2014 serait " invalide ", l'intégralité des éventuelles décisions de retrait de point ou d'annulation de permis de conduire prononcées à son encontre depuis l'année 2013 inclue, l'intégralité des éventuelles lettre " 48SI " qui lui auraient été adressées depuis l'année 2013 inclue,
* toute interdiction de circuler sur le territoire national qui lui aurait été notifiée sur le fondement de l'article L. 223-10 II alinéa 3 du code de la route,
* son ancien permis de conduire français ou une copie de celui-ci détenu par les autorités françaises.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées :
- le rapport de M. Gracia, président-rapporteur,
- les conclusions de Mme Salenne-Bellet, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par courrier du 2 juin 2021, M. B a sollicité du préfet de Seine-et-Marne la communication de son relevé d'information intégral à jour, de tout document attestant qu'il disposait d'un permis de conduire français valide au 1er août 2013, de tout document sur lequel repose la date d'un échange de permis de conduire effectué le 24 février 2014, de tout document détenu par la préfecture ou toute autre administration relatif à l'échange de son permis français pour un permis portugais réalisé auprès des autorités portugaises en 2013 ou 2014, de son ancien permis de conduire français ou une copie de celui-ci détenu par les autorités françaises à la suite de l'envoi de ce permis par les autorités portugaises, de tout document établissant que l'échange de l'ancien permis de conduire français pour un permis de conduire portugais réalisé en 2013 ou 2014 serait " invalide ", l'intégralité des éventuelles décisions de retrait de point ou d'annulation de permis de conduire prononcées à son encontre depuis l'année 2013 inclue, l'intégralité des éventuelles lettres " 48SI " qui lui auraient été adressées depuis l'année 2013 inclue, et toute interdiction de circuler sur le territoire national qui lui aurait été notifiée sur le fondement de l'article L. 223-10 II alinéa 3 du code de la route et toute affectation de points effectuée conformément au même article, depuis l'année 2013 inclue. A la suite du silence gardé par l'administration, M. B a saisi la commission d'accès aux documents administratifs (" CADA "), le 3 septembre 2021, d'une demande d'avis sur le caractère communicable des documents sollicités. Le 4 novembre 2021, cette commission a émis un avis favorable à leur communication. Le 23 novembre 2021, le préfet de Seine-et-Marne a communiqué à l'intéressé son relevé d'information intégral. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision du 23 novembre 2021 par laquelle le préfet de
Seine-et-Marne a maintenu son refus de lui communiquer les documents sollicités à l'exception de son relevé d'information intégral à jour.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision du 23 novembre 2021 en tant que le préfet a maintenu son refus de communiquer les documents cités au point 1 :
2. Aux termes de l'article L. 225-1 du code de la route : " I.- Il est procédé, dans les services de l'Etat et sous l'autorité et le contrôle du ministre de l'intérieur, à l'enregistrement :
/ 1° De toutes informations relatives aux permis de conduire dont la délivrance est sollicitée ou qui sont délivrés en application du présent code, ainsi qu'aux permis de conduire délivrés par les autorités étrangères et reconnus valables sur le territoire national ; / 2° De toutes décisions administratives dûment notifiées portant restriction de validité, retrait, suspension, annulation et restriction de délivrance du permis de conduire ou interdiction de se présenter à l'examen du permis de conduire, ainsi que des avertissements prévus par le présent code ; / 3° De toutes mesures de retrait du droit de faire usage du permis de conduire qui seraient communiquées par les autorités compétentes des territoires et collectivités territoriales d'outre-mer ; / 4° De toutes mesures de retrait du droit de faire usage du permis de conduire prises par une autorité étrangère et communiquées aux autorités françaises conformément aux accords internationaux en vigueur ; / 5° Des procès-verbaux des infractions entraînant retrait de points et ayant donné lieu au paiement d'une amende forfaitaire ou à l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée ;/ 6° De toutes décisions judiciaires à caractère définitif en tant qu'elles portent restriction de validité, suspension, annulation et interdiction de délivrance du permis de conduire ou interdiction de se présenter à l'examen du permis de conduire, ou qu'elles emportent réduction du nombre de points du permis de conduire ainsi que de l'exécution d'une composition pénale ; / 7° De toute modification du nombre de points affectant un permis de conduire dans les conditions définies aux articles L. 223-1 à L. 223-8 ; / 8° Du nombre de points affectés au conducteur mentionné au I de l'article L. 223-10 lorsque ce conducteur a commis une infraction entraînant un retrait de points, de toute modification de ce nombre et des décisions administratives dûment notifiées portant interdiction de conduire sur le territoire national ". Aux termes L. 223-5 du code précité : " I- En cas de retrait de la totalité des points, l'intéressé reçoit de l'autorité administrative l'injonction de remettre son permis de conduire au préfet du département de résidence et perd le droit de conduire un véhicule () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de Seine-et-Marne a communiqué au requérant le 23 novembre 2021, soit antérieurement à la date d'enregistrement de sa requête, le
3 janvier 2022, son relevé d'information intégral en date du 22 novembre 2021, précisant que :
- l'intéressé s'est vu délivrer un permis de conduire par le préfet de Seine-et-Marne le 1er août 2013, qui a été échangé le 24 février 2014 auprès des autorités portugaises ;
- l'échange du permis français, dont le numéro, la date de délivrance et la catégorie de permis sont mentionnés, pour un permis portugais est invalide ;
- l'intéressé s'est vu retirer la totalité des points de son permis de conduire à la suite des infractions routières commises les 5 octobre 2012, 20 août 2013, 15 et 29 septembre 2014, à la suite de quoi il s'est vu notifier une lettre " 48SI " le 12 mai 2015 portant retrait de son permis de conduire ;
- un récépissé de remise du titre de conduite suite à ce retrait, valant également interdiction de conduire en application de l'article L. 223-5 du code de la route, cité au point précédent.
4. Il résulte de ce qui précède qu'en communiquant à M. B, le 23 novembre 2021, son relevé d'information intégral mentionnant les éléments précisés au point précédent, le préfet de Seine-et-Marne a implicitement mais nécessairement retiré la décision implicite du
3 novembre 2021 par laquelle il a maintenu son refus de communiquer ces éléments, sauf en ce qui concerne le document faisant état de toute affectation de points depuis 2013. Par suite, la décision du 23 novembre 2021 ne présente pas le caractère d'une décision maintien de refus des documents cités au point 1. Les conclusions à fin d'annulation de cette décision en tant qu'elle concerne ces documents sont donc irrecevables et doivent, dans cette mesure, être, comme telles, rejetées.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation, concernant le document faisant état de toute affectation de points depuis 2013 :
5. Aux termes de l'article L. 300-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le droit de toute personne à l'information est précisé et garanti par les dispositions des titres Ier, III et IV du présent livre en ce qui concerne la liberté d'accès aux documents administratifs ". Aux termes de l'article L. 300-2 du code précité : " Sont considérés comme documents administratifs () les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, (). Constituent de tels documents notamment les dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, prévisions, codes sources et décisions ". Selon l'article L. 311-1 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et
L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre ". Enfin, selon l'article L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration : " Ne sont communicables qu'à l'intéressé les documents administratifs : / 1° Dont la communication porterait atteinte à la protection de la vie privée, () ".
6. D'une part, il résulte des dispositions citées au point 5 que la décision concernant toute affectation de points sur un permis de conduire constitue un document administratif communicable à la personne qui en fait la demande.
7. D'autre part, il résulte des dispositions de l'article L. 225-1 du code de la route, citées au point 2, que le relevé d'information intégral mentionne toute décision relative aux points du permis de conduire de l'intéressé, y compris toute décision relative à l'affectation de points.
8. En précisant dans la décision attaquée du 23 novembre 2021, que le relevé d'information intégral transmis à M. B devrait lui apporter toutes informations nécessaires, le préfet de Seine-et-Marne doit être regardé comme ayant entendu faire valoir qu'il ne détient pas d'élément supplémentaire concernant les informations susceptibles d'être contenues dans ce relevé. En l'espèce, le relevé d'information intégral transmis à l'intéressé, qui ne mentionne aucune attribution de points et fait état d'un solde de points nul, corrobore l'inexistence du document sollicité par ce dernier. Par suite, c'est à bon droit que le préfet de Seine-et-Marne a maintenu son refus de communiquer à M. B le document faisant état de toute affectation de points depuis 2013.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 23 novembre 2021 en tant qu'elle concerne le document relatif à toute affectation de points depuis 2013, doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction et d'astreinte de la requête.
Sur la répartition des frais du litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante à l'instance, la somme que
M. B demande à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gracia, président-rapporteur,
M. Israël, premier conseiller,
Mme Potin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 24 novembre 2022.
Le président-rapporteur,
J-Ch. Gracia L'assesseur le plus ancien,
D. Israël
La greffière,
C. Mahieu
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026