mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2200263 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DIALLO MAMADOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 janvier 2022, la société Operantic, représentée par Me Diallo, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 octobre 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à sa charge la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail à raison de l'emploi d'étrangers en situation irrégulière, pour un montant de 51 100 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision en litige :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 8253-1 du code du travail.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2022, l'OFII, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Binet, premier conseiller,
- les conclusions de M. Dayon, rapporteur public,
- les observations de Me Diallo.
Considérant ce qui suit :
1. Le 9 juillet 2020, à l'occasion d'un contrôle de la situation de la société Operantic, les services de l'inspection du travail ont constaté que sept salariés embauchés par cette dernière étaient démunis de titre les autorisant à travailler en France pour la société requérante. Un procès-verbal d'infraction a été établi et transmis à l'OFII en application de l'article L. 8271-17 du code du travail. Par une décision du 6 octobre 2021, le directeur général de l'OFII a mis à la charge de la société Operantic la contribution spéciale mentionnée à l'article L. 8253-1 du code du travail. Ladite société demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " () doivent être motivées les décisions qui () infligent une sanction ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Il résulte de ces dispositions qu'une décision qui met à la charge d'un employeur la contribution spéciale doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui fondent cette sanction.
3. Après avoir fait mention des dispositions applicables du code du travail et
du procès-verbal d'infraction établi à la suite du contrôle du 9 juillet 2020, la décision en litige expose le calcul de la contribution spéciale mise à la charge de la requérante et renvoie à une annexe comportant la liste nominative des travailleurs concernées. Par suite, cette décision comporte les considérations de droit et de fait et est ainsi suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que le directeur général de l'OFII n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de la société requérante.
5. En troisième et dernier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France. () ". L'article L. 5221-8 du même code dispose que : " L'employeur s'assure auprès des administrations territorialement compétentes de l'existence du titre autorisant l'étranger à exercer une activité salariée en France, sauf si cet étranger est inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi tenue par l'institution mentionnée à l'article
L. 5312-1 ". Aux termes de l'article L. 8253-1 du même code : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale () ".
6. Il résulte de l'instruction, notamment du procès-verbal du 9 juillet 2020, que sept salariés ont été recrutés par la société Operantic alors qu'ils étaient dépourvus de titre les autorisant à travailler à son service. Si ladite société fait valoir que ces salariés disposaient d'un visa long séjour et justifiaient de leur présence régulière sur le territoire national, ces sept salariés n'étaient autorisés à exercer une activité professionnelle salariée que dans le respect des termes de leur autorisation de travail. Or la société Operantic n'établit pas ni même n'allègue que les salariés concernés auraient été autorisés à travailler en vertu d'un contrat passé avec elle, alors que les autorisations dont il est fait état concernent d'autres employeurs. Dans ces conditions, le directeur général de l'OFII n'a pas fait une inexacte application de l'article L. 8253-1 du code du travail.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de la société Operantic doit être rejetée, y compris les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de la société Operantic est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Operantic, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 12 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère,
M. Dominique Binet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
Le rapporteur,
D. Binet
Le président,
T. Gallaud
La greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026