lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2200335 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 15ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS IOSCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 janvier 2022 sous le n° 2200335, Mme B A, représentée par Me Iosca, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 décembre 2021 du préfet d'Eure-et-Loir portant suspension de son permis de conduire pour une durée de 5 mois à la suite d'une infraction routière commise le 11 novembre 2021 ;
2°) enjoindre au préfet d'Eure-et-Loir de lui restituer son permis de conduire dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Mme A soutient que :
- l'arrêté attaqué viole les dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration en ce qu'il est insuffisamment motivé en droit comme en fait ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 121-1 du même code puisque le préfet d'Eure-et-Loir a utilisé la procédure prévue à l'article L. 235-2 du code de la route et qu'elle a donc été privée de la possibilité de faire valoir ses observations avant que la décision litigieuse ne soit prise ;
- l'arrêté litigieux méconnait les dispositions de l'article R. 221-13 du code de la route en ce que la nature des examens médicaux prévus par ces dispositions n'est pas mentionnée sur l'arrêté préfectoral de suspension ;
- il viole les dispositions de l'article R. 235-3 du code de la route et des articles 7 et 14 de l'arrêté du 5 septembre 2001 dès lors qu'il est impossible d'identifier les personnes qui ont procédé au dépistage de produits stupéfiants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mars 2022, le préfet d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu :
- l'arrêté querellé du 21 décembre 2021 du préfet de Seine-et-Marne ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la route ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative ;
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Freydefont, magistrat désigné, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Mme Van Daele, rapporteure publique, a été, sur sa proposition, dispensée de conclure dans cette affaire en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique du 23 septembre 2024, en présence de Mme Darnal, greffière d'audience, M. Freydefont, magistrat désigné, qui a présenté son rapport.
Ni la requérante, ni le défendeur, ne sont présents ou représentés.
1. Il ressort des pièces du dossier que le préfet d'Eure-et-Loir a, par arrêté du 21 décembre 2021, décidé de la suspension provisoire et immédiate du permis de conduire de Mme B A, née le 30 mai 1975, pour une durée de 5 mois suite à l'infraction routière constatée le 11 novembre 2021 à 16 heures 35 sur la commune d'Orgères-en-Beauce (28140). Par la requête susvisée, Mme A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () " ; aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. " L'arrêté litigieux vise les articles applicables du code de la route et indique l'infraction relevée à l'encontre de Mme A, ainsi que la date, l'heure et le lieu où elle a été constatée ; il satisfait ainsi aux dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration relatives à l'obligation de motivation des actes administratifs.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. " Il ressort des pièces du dossier, et plus précisément des pièces produites en défense, que, par courrier du 22 novembre 2021, reçu le 24 par Mme A, les services de la préfecture d'Eure-et-Loir ont mis en œuvre la procédure contradictoire en informant la requérante de la nature de la mesure envisagée à son encontre et de ses motifs et en l'invitant à présenter ses observations écrites, ce qu'elle a fait par courrier reçu le 6 décembre 2021 en préfecture. Par conséquent, la procédure contradictoire a été respectée ; il s'ensuit que le moyen tiré de la violation des dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté comme manquant en fait.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 221-13 du code de la route : " Le préfet soumet au contrôle médical de l'aptitude à la conduite : () / 3° Tout conducteur qui fait l'objet d'une mesure portant suspension du droit de conduire d'une durée supérieure à un mois pour l'une des infractions prévues au présent code, autres que celles mentionnées au 1° ci-dessus. " Si, pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'autorité préfectorale de préciser au conducteur le délai dans lequel cette visite doit être effectuée et la nature des examens auxquels il est tenu de se soumettre, leur méconnaissance a seulement pour conséquence de faire obstacle à ce que l'autorité préfectorale refuse la restitution du permis de conduire à l'expiration de la période de sa suspension. En revanche, la circonstance que le préfet ne précise pas la nature de l'examen médical requis est sans incidence sur la légalité de la mesure de suspension du permis de conduire prononcée en application des articles L. 224-7 à L. 224-9 du code de la route. Par suite, Mme A ne peut utilement invoquer la méconnaissance des dispositions de l'article R. 221-13 du code de la route. Ce moyen doit, par suite, être écarté comme inopérant.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 235-3 du code de la route : " Les épreuves de dépistage prévues par l'article L. 235-2 sont effectuées par un médecin, un biologiste, ou un étudiant en médecine autorisé à exercer à titre de remplaçant, dans les conditions fixées à l'article L. 4131-2 du code de la santé publique, requis à cet effet soit par un officier ou agent de police judiciaire soit par un agent de police judiciaire adjoint ou par un garde champêtre, sur l'ordre et sous la responsabilité d'un officier de police judiciaire, qui leur fournit les matériels nécessaires au dépistage lorsqu'il s'agit d'un recueil urinaire./ Ces épreuves sont effectuées par un officier ou agent de police judiciaire, par un agent de police judiciaire adjoint ou par un garde champêtre dans les conditions prévues à l'alinéa précédent, lorsqu'il s'agit d'un recueil salivaire ".
6. En l'espèce, Mme A soutient qu'il lui est impossible d'identifier les personnes qui ont procédé au dépistage de produits stupéfiants. Toutefois, ni les dispositions précitées, ni celles des articles 7 et 14 de l'arrêté du 5 septembre 2001, qui ont au surplus été abrogées par l'arrêté du 13 décembre 2016 et n'étaient plus en vigueur à la date de la décision attaquée, n'imposent que la décision de suspension du permis de conduire mentionne l'identité des personnes intervenues à l'occasion du prélèvement, le matériel et la méthode utilisés. Par suite, le moyen inopérant ne peut qu'être écarté comme inopérant.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté préfectoral du 21 décembre 2021 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, seront également rejetées les conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet d'Eure-et-Loir.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2024.
Rendu public après mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé : C. FreydefontLa greffière,
Signé : L. Darnal
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026