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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2200447

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2200447

mardi 27 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2200447
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7ème chambre
Avocat requérantSCP GILLES THOUVENIN - OLIVIER COUDRAY - MANUELA GREVY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête sommaire et des mémoires, enregistrés les 17 janvier 2022, 25 janvier 2022 et 1er mars 2022, M. C B, représenté par Me Coudray , demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 novembre 2021 par lequel le maire d'Alfortville a délivré à la SCI Sérénité un permis de construire un immeuble à usage d'habitation comprenant 45 logements sur les parcelles cadastrées section G n°s 28 et 29 situées 32-33 chemin Latéral ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Alfortville et de la SCI Sérénité une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il dispose d'un intérêt à agir pour contester le permis de construire en litige ;

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé à défaut d'expliciter les prescriptions dont le permis est assorti ;

- le dossier de permis de construire est incomplet faute de comporter une étude d'impact ;

- l'arrêté de permis de construire a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière en méconnaissance de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme dès lors que l'autorité gestionnaire de la voie publique n'a pas été consultée quant à la création et à la modification des accès à la voie publique alors que cette absence de consultation a exercé une influence sur le sens de la décision en litige ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article 1.11 de la partie 1 du règlement du plan local d'urbanisme en raison du défaut d'isolement acoustique de la construction projetée, le dossier de permis de construire ne comportant aucun élément permettant de s'assurer du respect de ces prescriptions ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article 2.1 du règlement de la zone du plan local d'urbanisme de la commune dès lors que le bâtiment n'est pas réalisé à l'alignement de la voie publique ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article 2.5 du règlement de la zone du plan local d'urbanisme de la commune dès lors que la hauteur du projet est supérieure à celle que permet la distance entre le projet et l'alignement opposé ;

- le projet méconnaît les dispositions du paragraphe 4.2 de la partie 1 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'il ne comporte pas de réalisation en pleine terre de l'intégralité des espaces verts compris dans la marge de recul ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article 5.1 du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone UA dès lors qu'il autorise la réalisation d'un nombre de logements qui induira une circulation que la voie d'accès ne peut supporter sans qu'il en résulte un danger pour le public ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article 5.5 du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone dès lors que seules cinquante-cinq places de stationnement ont été prévues alors que compte tenu de la taille de l'immeuble et du nombre de logements que comporte celui-ci, soixante places auraient été nécessaires.

Par des mémoires enregistrés les 2 mars 2022 et 23 juin 2022, la SCI Sérénité, représentée par la SCP Hepta, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. B la somme de 4 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors, d'une part, que le recours contentieux n' a pas été notifié conformément aux dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et d'autre part, que M. B ne justifie pas de son intérêt à agir ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée à la commune d'Alfortville qui n'a pas produit de mémoire.

Par un courrier du 31 mai 2023, les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible de faire application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et de surseoir à statuer sur la requête de M. B dans l'attente de la régularisation de l'illégalité tenant à l'absence de motivations des prescriptions dont est assorti le permis de construire en litige.

Un mémoire a été enregistré, le 2 juin 2023, pour la SCI Sérénité, en réponse à ce courrier.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Morisset,

- les conclusions de M. Zanella, rapporteur public ;

- et les observations de Me Le Pallec, représentant la SCI Sérénité.

Une note en délibéré présentée par la SCI Sérénité a été enregistrée le 8 juin 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 15 novembre 2021, le maire d'Alfortville a délivré, à la SCI Sérénité un permis de construire un immeuble à usage d'habitation comprenant 45 logements sur les parcelles cadastrées section G n°s 28 et 29 situées 32-33 chemin Latéral en secteur UAb de la zone UA du plan local d'urbanisme. M. C B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les fins de non-recevoir opposées par la SCI Sérénité :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que M. B a notifié son recours contentieux à la commune d'Alfortville et à la SCI Serenité le 20 janvier 2022, soit dans le délai de quinze jours à compter de l'introduction de sa requête enregistrée le 17 janvier 2022.

4. En second lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".

5. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous les éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat, justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

6. En l'espèce, M. C B justifie être propriétaire de la parcelle jouxtant le terrain d'assiette du projet en litige et, par suite, de sa qualité de voisin immédiat. Il fait valoir, alors que sa maison est de type R+2, que le bâtiment litigieux, de type R+4, aura pour effet de priver sa propriété d'ensoleillement pendant la majeure partie de la journée et qu'il subira également diverses nuisances, notamment sonores, résultant d'une augmentation du trafic, des lors que le projet prévoit la création de quarante-cinq logements. Dans ces conditions, le requérant justifie de son intérêt à agir.

7. Il résulte de ce qui précède que les fins de non-recevoir opposées par la SCI Sérénité et tirées de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et du défaut d'intérêt à agir du requérant ne sauraient être accueillies.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

8. En premier lieu, si le requérant soutient qu'en l'absence de réalisation d'une étude d'impact, l'arrêté querellé est illégal, il n'établit pas que la construction projetée était soumise à la réalisation d'une telle étude. Par suite, le moyen qui n'est pas assorti de précision suffisante pour en apprécier le bien-fondé ne peut qu'être écarté.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme dans sa rédaction alors applicable : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables ".

10. Les motifs d'une décision, accordant un permis de construire assortie de prescriptions, peuvent résulter directement du contenu même des prescriptions qu'elle contient. Il résulte de l'arrêté attaqué, qu'il a assorti, en son article 2, le permis de construire de prescriptions résultant des avis émis par les services consultés. Alors même que ces avis seraient suffisamment motivés, le maire d'Alfortville n'a pas repris, dans son arrêté, ces prescriptions ou annexé les avis à sa décision. Par suite, M. B est fondé à soutenir que l'arrêté en litige a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme précitées.

11. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet aurait pour effet la création ou la modification d'un accès à une voie publique dont la gestion ne relève pas de l'autorité compétente pour délivrer le permis, celle-ci consulte l'autorité ou le service gestionnaire de cette voie, sauf lorsque le plan local d'urbanisme ou le document d'urbanisme en tenant lieu réglemente de façon particulière les conditions d'accès à ladite voie ".

12. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

13. Il ressort des pièces du dossier, notamment des plans de masse " Existant " et " Projet " contenus dans la demande de permis de construire, que l'accès projeté se fera à partir du chemin Latéral à l'emplacement d'un ancien garage, nécessitant la réalisation d'un " bateau " au niveau du trottoir. Il ressort de ces mêmes pièces que la commune d'Alfortville, gestionnaire de la voie publique, a été consultée et a émis le 12 juillet 2021 un avis favorable au projet en soulignant notamment que la création du bateau d'accès devra faire l'objet d'une demande particulière d'autorisation auprès du service Planification Infrastructures de la commune et que le niveau du seuil du parking devra impérativement se raccorder sur le niveau du trottoir actuel. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme précitées ne peut qu'être écarté.

14. En quatrième lieu, aux termes paragraphe 1.11 du chapitre 1 de la partie 1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Secteurs soumis à des nuisances sonores : / Dans les secteurs affectés par le bruit d'une infrastructure de transport terrestre classée par arrêté préfectoral, les constructions nouvelles à destination d'habitation et d'enseignement doivent faire l'objet d'un isolement acoustique particulier selon les dispositions fixées par Décret (cf annexes du PLU : notice explicative n°5-1, plan n°5.5)

15. Ni les dispositions de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme, ni aucune autre disposition législative ou réglementaire applicable n'exigent que soit jointe au dossier de demande de permis de construire une étude justifiant de ce que la construction fera l'objet d'un isolement acoustique. Par ailleurs, un permis de construire n'a pas d'autre objet que d'autoriser des constructions conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire. La circonstance que ces plans et indications pourraient ne pas être respectés ou que ces constructions risqueraient d'être ultérieurement transformées ou affectées à un usage non-conforme aux documents et aux règles générales d'urbanisme n'est pas par elle-même, sauf le cas d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date de la délivrance du permis, de nature à affecter la légalité de celui-ci. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, que le pétitionnaire a précisé, dans la notice sécurité que l'" isolation des murs se fera par l'intérieur et répondra à la réglementation en vigueur ". Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du paragraphe 1.11 précité ne peut qu'être écarté.

16. En cinquième lieu, aux termes du paragraphe 2.1 du chapitre 2 de la partie 1 du règlement du plan local d'urbanisme : " 2.1 L'implantation des constructions par rapport aux voies / Alignement / L'alignement désigne, dans le présent règlement : / la limite entre de domaine public et le domaine privé actuel ou futur, déterminé ou non par un plan général d'alignement ; / la limite d'emprise d'une voie privée ; / la limite d'un emplacement réservé ou d'une localisation, figurant au plan de zonage, prévus pour la création d'une voie, d'une place, d'un cheminement ou d'un élargissement. () / La marge de recul est une disposition graphique qui figure au plan de zonage (plan n° 4.2). Elle constitue l'espace situé entre l'alignement, tel qu'il est défini ci-dessus, et la limite de la marge figurant au plan de zonage. Les constructions, à l'exception des parties en sous-sol, doivent être implantées à l'aplomb ou au-delà de la limite de cette marge de recul. Des éléments architecturaux peuvent être autorisés en saillie sur la marge de recul dans les conditions habituelles de permission de voirie (gouttières, débords de toit, auvents, éléments décoratifs, ) y compris pour les balcons et les oriels. () ". Aux termes du paragraphe 2.1 du chapitre 2 de la partie 2 de ce règlement applicable à la zone UA : " L'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques ou privées. / Les constructions doivent être implantées à l'alignement ou avec un recul minimal de 3 mètres. () ".

17. Il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de masse " Projet ", que la construction autorisée n'est pas réalisée à l'alignement de la voie publique, mais avec un recul qui est supérieur à trois mètres, ce qui respecte les dispositions précitées du paragraphe 2.1. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.

18. En sixième lieu, aux termes du paragraphe 2.5 du chapitre 2 de la partie 2 du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone UA : " () 2.5.1. Règle générale dans la zone et ses secteurs / La règle de hauteur des constructions est définie d'une part par des hauteurs absolues et d'autre part par un gabarit d'ilot. / Hauteur absolue : / La hauteur des constructions est définie par trois dispositions qui doivent être appliquées simultanément : / une hauteur plafond (Hp) ; / une hauteur de façade (Hf) ; / une oblique inclinée selon un angle maximal de 70° partant du sommet de la hauteur de façade (Hf) indiquée ci-dessous, jusqu'à l'horizontale formée par la hauteur plafond (Hp). Aucune partie des constructions ne doit s'inscrire à l'extérieur de cette oblique, à l'exception des lucarnes qui doivent être en retrait du plan de façade. () ".

19. Il ressort du plan de coupe PC 3 contenu dans la demande de permis de construire que le pétitionnaire, pour justifier la conformité du projet à ces dispositions, notamment s'agissant de la hauteur, a matérialisé le gabarit de la construction, en faisant apparaître l'oblique de pente, la hauteur plafond maximale et la hauteur maximale de façade. Par suite, en se bornant à soutenir que le projet méconnaît ces dispositions au motif que la hauteur du projet est supérieure à celle que permet la distance entre le projet et l'alignement opposé, le requérant n'apporte au soutien de son allégation aucun élément de nature à en établir le bien-fondé. Par suite, le moyen doit être écarté.

20. En septième lieu, aux termes du paragraphe 4.2 du chapitre 4 de la partie 1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les espaces verts doivent prioritairement être réalisés en pleine terre et recevoir un traitement paysager végétalisé de qualité et être, de préférence, d'un seul tenant. / () L'espace compris dans la marge de recul doit être réalisé en pleine terre et faire l'objet d'un aménagement paysager végétale de qualité en utilisant la palette des trois strates végétales : herbacée, arbustive et arborée. () " Aux termes du paragraphe 4.2 du chapitre 4 du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone UA : " La surface dédiée aux espaces verts doit être réalisée selon les modalités suivantes. / Une surface correspondant à 70 % des espaces libres doit être aménagée en espace vert de la façon suivante : / La moitié, au minimum, de la surface des espaces verts, soit 35 % des espaces libres, doit être obligatoirement réalisée sur les espaces de pleine terre. / () La surface des espaces verts non réalisée en pleine terre, soit 35 % maximum des espaces libres, ou plus dans le cas d'une impossibilité technique, est remplacée par des surfaces végétalisées de valeur équivalente en application des coefficients pondérés () ".

21. Le plan de zonage du plan local d'urbanisme ne prévoit au droit de la construction projetée, chemin Latéral, aucune marge de recul. Dans ces conditions, le requérant ne saurait utilement soutenir que le projet autorisé méconnaît les dispositions précitées au motif que l'intégralité des espaces verts compris dans la marge de recul n'est pas réalisée en pleine terre.

22. En huitième lieu, aux termes du paragraphe 5.1 du chapitre 5 de la partie II du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone UA : " Les dispositions applicables figurent dans la partie 1 du règlement, chapitre 5.1 ". Selon ce dernier chapitre : " 5.1 Bonne desserte des terrains par les voies publiques ou privées et leur accessibilité / Tout terrain doit être desservi par une voie publique ou privée dans des conditions répondant à l'importance ou à la destination de l'immeuble ou de l'ensemble d'immeuble envisagé, et dont les caractéristiques permettent la circulation ou l'utilisation aisée des engins de lutte contre l'incendie. / Les accès ne doivent présenter le moindre risque pour la sécurité des usagers des voies ouvertes à la circulation publique ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. / Cette sécurité peut nécessiter : / - la réalisation d'installations propres à assurer le stationnement hors des voies ouvertes à la circulation publique des véhicules correspondant aux besoins du projet ; / - la réalisation de voies privées ou de tous autres aménagements particuliers nécessaires au respect des conditions de sécurité mentionnées au deuxième alinéa ci-dessus. / Les accès sur les voies ouvertes à la circulation publique doivent être limités dans l'intérêt de la sécurité. En outre, seul un accès est autorisé pour les terrains ayant une façade sur voie inférieure à 25 mètres de linéaire. / Lorsque le terrain est desservi par plusieurs voies, les accès doivent être établis sur la voie où la gêne pour la circulation sera la moindre. "

23. M. B soutient que le projet, compte tenu du nombre de logements prévus, induira une circulation que la voie d'accès ne pourra supporter sans qu'il en résulte un danger pour le public. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le projet se situe dans l'environnement immédiat de nombreux immeubles collectifs. Il n'est pas établi, ni même allégué que le chemin Latéral connaîtrait des difficultés de circulation. Dans ces conditions, il ne ressort pas de ces mêmes pièces que le chemin Latéral ne serait pas d'une largeur suffisante pour absorber le surplus de circulation induit par le projet, ni que l'accroissement du trafic serait de nature à entraîner un risque avéré pour la sécurité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du paragraphe 5.1 doit être écarté.

24. En neuvième lieu aux termes du paragraphe 5.5 du chapitre 5 de la partie I du règlement du plan local d'urbanisme : " Normes générales / Les normes de stationnement peuvent être différenciées selon que le terrain d'assiette de la construction est ou non localisé, entièrement ou partiellement, dans un " périmètre de bonne desserte en transport en commun ", c'est-à-dire, dans un rayon de 500 m autour d'une station de métro ou de RER. Ces périmètres sont reportés au plan de zonage (plan n° 4.2). / Dès lors que la destination de la construction projetée n'est pas expressément prévue par les dispositions ci-dessous, il y a lieu de retenir les normes applicables à la destination la plus proche de celle de la construction projetée ". Ces dispositions prévoient pour les constructions neuves à destination d'habitation, sous-destination logement : 1 place minimum par logement dans le périmètre de bonne desserte en transport en commun et 1,1 place minimum par logement en dehors de ce périmètre.

25. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la notice de présentation du projet, que ce dernier est situé dans un périmètre de bonne desserte en transport en commun. Le projet prévoit la création de quarante-cinq logements et non, comme le soutient à tort le requérant, soixante. Par suite, en prévoyant quarante-cinq places de stationnement, M. B n'est pas fondé à soutenir que le projet autorisé méconnaît les dispositions précitées du paragraphe 5.5.

Sur l'application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

26. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".

27. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 15 novembre 2021par lequel le maire d'Alfortville a délivré à la SCI Sérénité un permis de construire est entaché d'un vice tenant à l'absence de motivation des prescriptions assortissant ce permis. Ce vice est susceptible de régularisation. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de surseoir à statuer et d'impartir à la SCI Sérénité un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement aux fins d'obtenir sa régularisation.

D E C I D E :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 15 novembre 2021 par lequel le maire d'Alfortville a accordé un permis de construire à la SCI Sérénité jusqu'à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement pour permettre à la SCI Sérénité de notifier au tribunal une mesure de régularisation de l'illégalité mentionnée au point 10 du présent jugement.

Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la commune d'Alfortville et à la SCI Sérénité.

Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. D, président,

Mme Morisset, première conseillère,

M. Cabal, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023

La rapporteure,

A. MORISSET

Le président,

M. DLa greffière,

M. A

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

.

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