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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2200478

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2200478

mardi 7 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2200478
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantSEMAK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 janvier 2022, Mme C B agissant tant en son nom propre qu'en qualité de représentante légale de son fils mineur, M. A D, représentée par Me Semak, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 8 février 2021 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, en tant que demandeur d'asile et en tant que représentante légale de son enfant, M. D, demandeur d'asile ;

2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de leur accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de leur verser l'allocation de demandeur d'asile à titre rétroactif, à compter du 8 février 2021 dans un délai de dix jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'examiner sa demande d'admission dans un lieu prévu à l'article L. 744-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder à une évaluation de sa vulnérabilité conformément aux dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros hors taxes, soit 2 400 euros toutes taxes comprises, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour son conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'État.

Ils soutiennent que :

- la décision est entachée d'une insuffisance de motivation, d'un défaut d'examen de leur situation personnelle et d'une erreur de fait ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article 20 de la directive n° 2013/33/UE du

26 juin 2013 et de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle n'a pas été prise au terme d'une procédure contradictoire préalable ;

- elle méconnaît le champ d'application de la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 dès lors que la décision est fondée sur les dispositions de l'article L. 744-8 dans sa rédaction issue de la loi du 10 septembre 2018 qui n'était pas applicable à leur situation, Mme B ayant accepté les conditions matérielles d'accueil antérieurement au 1er janvier 2019 ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction résultant de la loi du

10 septembre 2018 est incompatible avec les objectifs de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;

- elle méconnaît les dispositions relatives au droit à des conditions matérielles d'accueil, les dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle est dans une situation d'extrême vulnérabilité ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 744-6 et R. 744-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle n'a bénéficié d'aucun entretien individuel destiné à évaluer sa vulnérabilité ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que M. D, fils de Mme B, lui-même demandeur d'asile, a un droit aux conditions matérielles d'accueil et qu'il a enregistré une première demande d'asile le 4 janvier 2021.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 janvier 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration demande au tribunal de procéder à une substitution de base légale, en faisant valoir que la décision serait tout aussi légalement fondée sur le 3° de l'article L. 744-8 dans sa version en vigueur entre le 12 septembre 2018 et le 21 décembre 2018, et conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les autres moyens soulevés ne sont pas fondés.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 novembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision du Conseil d'Etat du 27 novembre 2023, n° 472147, et la décision du Conseil d'Etat du

27 janvier 2021, n° 445958 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Darracq-Ghitalla-Ciock, conseillère,

- les conclusions de Mme Leboeuf, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante guinéenne née le 1er janvier 1993, a présenté une première demande d'asile le 22 novembre 2018, qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 11 février 2019 et par sla Cour nationale du droit d'asile le 14 octobre 2020. Mme B a sollicité, le 4 janvier 2021, le réexamen de sa demande d'asile et a également déposé, le même jour, une première demande d'asile au nom de son fils mineur,

M. A D né le 11 janvier 2020. L'Office français de protection des réfugiés et des apatrides a jugé irrecevable la demande de réexamen de Mme B et a rejeté la demande d'asile de son fils mineur par deux décisions du 18 janvier 2021. Par une décision du 8 février 2021, le directeur territorial de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à Mme B. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision.

Sur le droit applicable à la décision attaquée :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction antérieure à la loi du 10 septembre 2018 : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / / 3° Refusé si le demandeur présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ou s'il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° du III de l'article L. 723-2. () ". Si les termes de cet article ont été modifiés par différentes dispositions du I de l'article 13 de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, il résulte du III de l'article 71 de cette loi que ces modifications, compte tenu de leur portée et du lien qui les unit, ne sont entrées en vigueur ensemble qu'à compter du 1er janvier 2019 et ne s'appliquent qu'aux décisions initiales, prises à compter de cette date, relatives au bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées et acceptées après l'enregistrement de la demande d'asile. Les décisions relatives à la suspension et au rétablissement de conditions matérielles d'accueil accordées avant le

1er janvier 2019 restent régies par les dispositions antérieures à la loi du 10 septembre 2018.

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction issue de la loi du 10 septembre 2018 : " Outre les cas, mentionnés à l'article L. 744-7, dans lesquels il est immédiatement mis fin de plein droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, le bénéfice de celles-ci peut être : / / 2° Refusé si le demandeur présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ou s'il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° du III de l'article L. 723-2. () ".

4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme B a présenté une première demande d'asile le 22 novembre 2018 et a accepté le même jour le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 14 octobre 2020 de la Cour nationale du droit d'asile. Mme B a ensuite sollicité, le 4 janvier 2021, le réexamen de sa demande d'asile et a également déposé, le même jour, une première demande d'asile au nom de son fils mineur, M. A D né le 11 janvier 2020. L'OFPRA a jugé irrecevable la demande de réexamen de Mme B et a rejeté la demande d'asile de son fils mineur par deux décisions du 18 janvier 2021. Par une décision du 8 février 2021, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à Mme B. Cette décision est une décision initiale relative au bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées et acceptées après l'enregistrement de sa demande de réexamen postérieurement au 1er janvier 2019, de sorte qu'elle est soumise aux dispositions de l'article L. 744-8 dans sa rédaction issue de la loi du 10 septembre 2018. La circonstance que la requérante ait bénéficié des conditions matérielles d'accueil antérieurement au 1er janvier 2019, alors que le bénéfice de ces conditions a pris fin du fait du rejet définitif de sa demande d'asile, est sans incidence sur le droit applicable à la présente décision attaquée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

5. En premier lieu, la décision comporte les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré du défaut de motivation doit donc être écarté.

6. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée aurait été prise sans qu'il n'ait été procédé à un examen particulier de sa situation, alors que l'autorité administrative disposait des éléments à cet effet, notamment, de la fiche d'évaluation de vulnérabilité établie lors d'un entretien tenu le 4 janvier 2021.

7. En troisième lieu, si la décision est entachée d'une erreur de fait, en ce qu'elle omet de mentionner le fils de Mme B dans la composition de la famille décrite dans la décision, il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle ne s'était pas fondée sur cette erreur, dès lors, que comme il a été dit, l'enfant de la requérante a été pris en compte pour l'examen de sa vulnérabilité. Par ailleurs, il ne résulte pas des pièces du dossier que l'administration ait commis une erreur de fait en ce qui concerne la situation de grossesse de l'intéressée, qui n'a pas modifié la composition de la famille mentionnée dans la décision et, n'était, au demeurant, pas encore médicalement constatée.

8. En quatrième lieu, il résulte des termes mêmes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration que la procédure contradictoire préalable prévue à cet article ne s'applique pas dans les " cas où il est statué sur une demande ". En outre, le paragraphe 5 de l'article 20 de la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 ne prévoit aucune procédure contradictoire spécifique devant l'administration examinant la demande. Par suite, Mme B ne peut utilement faire valoir qu'elle n'a pas été en mesure de présenter des observations après avoir présenté sa demande de conditions matérielles d'accueil.

9. En cinquième lieu, contrairement à ce que soutient Mme B, il ressort des pièces du dossier que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a procédé à un entretien de vulnérabilité le 4 janvier 2021, avant de lui refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

10. En sixième lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 4 du jugement, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'Office français de l'immigration et de l'intégration aurait méconnu le champ d'application de la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 ou aurait entaché sa décision d'une erreur de droit en fondant sa décision de refus d'attribution des conditions matérielles d'accueil sur les dispositions de l'article L. 744-8 dans sa rédaction issue de la loi du

10 septembre 2018.

11. En septième lieu, si la requérante soutient que les dispositions du 2° de l'article L. 744-8 précité sont manifestement contraires à l'article 20 de la directive précitée, ces dispositions n'ouvrent à l'Office français de l'immigration et de l'intégration qu'une faculté de refus, laquelle ne saurait être automatique et doit être justifiée, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir. Par suite, le moyen tiré de l'inconventionnalité des dispositions du 2° de l'article L. 744-8 doit être écarté.

12. En huitième lieu, Mme B soutient être mère d'un enfant de 13 mois à la date de la décision attaquée et était enceinte d'un deuxième enfant. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'elle était hébergée avec son conjoint, que sa grossesse n'a été médicalement constatée que le 5 avril 2021, postérieurement à la date de la décision attaquée et qu'elle n'a déclaré aucune condition médicale particulière dans le cadre de l'entretien de vulnérabilité. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.

13. En dernier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction alors applicable : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile () sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile par l'autorité administrative compétente, en application du présent chapitre. Les conditions matérielles d'accueil comprennent les prestations et l'allocation prévues au présent

chapitre. / () ". Aux termes de l'article L. 744-9 du même code : " Le demandeur d'asile qui a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées en application de l'article L. 744-1 bénéficie d'une allocation pour demandeur d'asile () / Un décret définit le barème de l'allocation pour demandeur d'asile (). Le barème de l'allocation pour demandeur d'asile prend en compte le nombre d'adultes et d'enfants composant la famille du demandeur d'asile et accompagnant celui-ci. () ". Aux termes de l'article D. 744-18 du même code : " Pour bénéficier de l'allocation pour demandeur d'asile, les personnes mentionnées aux 1° et 2° de l'article D. 744-17 doivent être âgées de dix-huit ans révolus ". Aux termes de l'article D. 744-25 du même code : " Au sein du foyer, le bénéficiaire de l'allocation est celui qui a déposé la demande. Toutefois, le bénéficiaire peut être désigné d'un commun accord () ". L'article

D. 744-26 du même code dispose : " () l'allocation pour demandeur d'asile est composée d'un montant forfaitaire, dont le niveau varie en fonction du nombre de personnes composant le

foyer () ". L'article L. 744-8 du même code prévoit, par ailleurs, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être refusé, notamment, " si le demandeur présente une demande de réexamen de sa demande d'asile () ".

14. D'autre part, aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 741-1 du même code dans sa rédaction alors applicable, désormais codifié aux articles L. 521-3 et L. 531-23 : " Lorsque la demande d'asile est présentée par un étranger qui se trouve en France accompagné de ses enfants mineurs, la demande est regardée comme présentée en son nom et en celui de ses enfants. Lorsqu'il est statué sur la demande de chacun des parents, la décision accordant la protection la plus étendue est réputée prise également au bénéfice des enfants. Cette décision n'est pas opposable aux enfants qui établissent que la personne qui a présenté la demande n'était pas en droit de le faire ". Selon le quatrième alinéa de ce même article L. 741-1, alinéa quant à lui désormais codifié à l'article L. 521-13 : " L'étranger est tenu de coopérer avec l'autorité administrative compétente en vue d'établir son identité, sa ou ses nationalités, sa situation familiale, son parcours depuis son pays d'origine ainsi que, le cas échéant, ses demandes d'asile antérieures. Il présente tous documents d'identité ou de voyage dont il dispose ".

15. L 'article L. 723-15 du même code, dans sa rédaction alors applicable, et désormais codifiée notamment à l'article L. 531-9, dispose en outre : " Constitue une demande de réexamen une demande d'asile présentée après qu'une décision définitive a été prise sur une demande antérieure, y compris lorsque le demandeur avait explicitement retiré sa demande antérieure, lorsque l'office a pris une décision définitive de clôture en application de l'article L. 723-13 ou lorsque le demandeur a quitté le territoire, même pour rejoindre son pays d'origine. () / Si des éléments nouveaux sont présentés par le demandeur d'asile alors que la procédure concernant sa demande est en cours, ils sont examinés, dans le cadre de cette procédure, par l'office si celui-ci n'a pas encore statué ou par la Cour nationale du droit d'asile si celle-ci est saisie ".

16. Enfin, aux termes de l'article L. 723-6 du même code dans sa rédaction alors applicable, désormais codifiée à l'article L. 531-12 : " L'office convoque, par tout moyen garantissant la confidentialité et la réception personnelle par le demandeur, le demandeur à un entretien personnel. Il peut s'en dispenser s'il apparaît que : / 1° L'office s'apprête à prendre une décision reconnaissant la qualité de réfugié à partir des éléments en sa possession ; / 2° Des raisons médicales, durables et indépendantes de la volonté de l'intéressé interdisent de procéder à l'entretien ".

17. Il résulte de la combinaison de ces différentes dispositions qu'il appartient à l'étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile de présenter une demande en son nom et, le cas échéant, en celui de ses enfants mineurs qui l'accompagnent et de faire valoir, s'il y a lieu, les craintes propres de persécution de ses enfants lors de l'entretien prévu à l'article L. 531-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il en va également ainsi en cas de naissance ou d'entrée en France d'un enfant mineur après l'enregistrement de sa demande, l'étranger étant tenu d'informer dans les meilleurs délais l'OFPRA de cette naissance ou entrée, y compris lorsque l'OFPRA a déjà statué sur sa demande. La décision rendue par l'OFPRA ou, en cas de recours, par la Cour nationale du droit d'asile, est réputée l'être à l'égard du demandeur et de ses enfants mineurs, sauf dans le cas où le mineur établit que la personne qui a présenté la demande n'était pas en droit de le faire. Il en va ainsi même lorsque l'OFPRA n'a pas procédé à un examen individuel des craintes propres de l'enfant ou s'est abstenu de convoquer l'étranger à un nouvel entretien, sans préjudice de la faculté pour l'étranger de former un recours contre la décision de l'OFPRA ou contre celle que la Cour aurait rendue en méconnaissance de son obligation d'annuler la décision de l'OFPRA pour défaut d'examen individuel des craintes propres de l'enfant.

18. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme B a présenté une demande d'asile enregistrée le 22 novembre 2018, qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 11 février 2019 et la Cour nationale du droit d'asile le 14 octobre 2020. En application de ce qui a été dit au point 17 du présent jugement, la décision prise par la Cour nationale du droit d'asile le 14 octobre 2020 doit être réputée prise à l'égard de son fils,

A D, né le 11 janvier 2020. Dans ces conditions, la demande présentée au nom de celui-ci doit être regardée comme une demande de réexamen. Dès lors, c'est par une exacte application des dispositions précitées que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rejeté la demande tendant au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentée par Mme B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Semak.

Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Xavier Pottier, président,

Mme Andreea Avirvarei, conseillère,

Mme Jeanne Darracq-Ghitalla-Ciock, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.

La rapporteure,

J. Darracq-Ghitalla-Ciock

Le président,

X. Pottier La greffière,

C. Mahieu

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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