mardi 30 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2200730 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GALL |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 6 janvier 2022, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal la requête présentée par M. B A.
Par une requête, enregistrée le 27 décembre 2021, M. A, représenté par Me Gall, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 octobre 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil qui lui avaient été accordées en qualité de demandeur d'asile ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de le rétablir dans ses conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile à titre rétroactif, à compter du 28 octobre 2021 ;
3°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
4°) en cas d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil, de la somme de 1 400 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
5°) à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 400 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est irrégulière en ce que l'OFII ne démontre pas avoir respecté la procédure préalable prévue par l'article D. 551-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en ce que l'OFII ne démontre pas avoir informé les autorités roumaines de la prolongation de la décision de transfert :
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation de vulnérabilité ;
- l'OFII ne rapporte pas la preuve qu'il ne s'est pas présenté aux convocations au cours de sa procédure d'asile ;
- l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lequel est fondé la décision est incompatible avec l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et avec le paragraphe 5 de l'article 20 de la directive 2013/33/UE ;
- le retrait des conditions matérielles d'accueil constitue un traitement inhumain et dégradant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Versailles n° 2021/19510 du 19 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 du Parlement européen et du Conseil établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Félicie Bouchet, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant afghan, a présenté une demande d'asile et a accepté, le 5 février 2021, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil qui lui ont été proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Par une décision du 28 octobre 2021 dont M. A demande l'annulation, le directeur général de l'OFII a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Si M. A sollicite, dans le cadre de sa requête, son admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle, il ressort des pièces du dossier que son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale a été prononcée par une décision du président du bureau de l'aide juridictionnelle en date du 19 janvier 2022. Dès lors, ses conclusions tendant à ce que le tribunal l'admette à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet et il n'y a, par suite, pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; ().Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil ". Aux termes de l'article D. 551-18 du même code : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Cette décision prend effet à compter de sa signature. "
4. Il ressort des pièces du dossier que par une lettre du 29 septembre 2021, reçue le 30 octobre 2021 par M. A, le directeur général de l'OFII l'a informé de son intention de mettre totalement fin aux conditions matérielles d'accueils dont il bénéficiait et l'a invité à présenter ses observations dans un délai de 15 jours. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que le directeur général de l'OFII a méconnu les dispositions de l'article D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. En deuxième lieu, M. A ne peut se prévaloir utilement de ce que les autorités roumaines n'auraient pas été informées de la prolongation de la décision de transfert. En tout état de cause, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a produit la notification aux autorités roumaines de la prolongation de son délai de transfert datée du 7 septembre 2021.
6. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le directeur général de l'OFII n'ait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant ainsi qu'à l'évaluation de sa vulnérabilité alors qu'il disposait du compte rendu de l'entretien organisé lors de l'enregistrement de la demande d'asile de M. A le 5 février 2021 et que ce dernier ne lui a communiqué aucune observation à la suite du courrier précédemment mentionné du 29 septembre 2021. Au demeurant, si aux termes des dispositions de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'OFII est tenu de réaliser un entretien tendant à évaluer la vulnérabilité des demandeurs d'asile lors de la présentation de leur première demande, aucune disposition ni aucun principe n'impose qu'un nouvel entretien soit réalisé avant l'édiction d'une décision mettant fin au bénéfice des conditions matérielles.
7. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que le 2 septembre 2021, M. A a fait l'objet d'un placement dans un centre de rétention administrative en vue de son transfert aux autorités roumaines, que le même jour, il a été informé que l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile requérait obligatoirement la réalisation d'un test sérologique en vue de s'assurer qu'il n'était pas atteint du covid-19 avant le transfert, qu'en cas de refus de se présenter pour la réalisation de ce test, il serait regardé comme n'ayant pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile et ayant pris la fuite et que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lui serait retiré en application de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. A a refusé, les 3 et 5 septembre 2021, de déférer à sa convocation en vue de réaliser un test et il ne fait état d'aucune raison médicale ou de toute autre nature justifiant un tel refus. Dans ces conditions, le directeur général de l'OFII a considéré à bon droit que l'intéressé n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile au sens de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En cinquième lieu, aux termes du paragraphe 5 de l'article 20 de la directive 2013/33/UE : " Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou les sanctions visées aux paragraphes 1, 2, 3 et 4 du présent article sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivées. Elles sont fondées sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier dans le cas des personnes visées à l'article 21, compte tenu du principe de proportionnalité. Les Etats membres assurent en toutes circonstances l'accès aux soins médicaux conformément à l'article 19 et garantissent un niveau de vie digne à tous les demandeurs ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
9. D'une part, la circonstance qu'un demandeur d'asile puisse être privé du bénéfice des conditions matérielles d'accueil, du fait d'une décision prise dans les hypothèses et conditions rappelées au point 3, n'est pas incompatible avec les dispositions précitées qui prévoient une telle limitation des conditions matérielles d'accueil, sous réserve d'un accès aux soins médicaux et de la garantie d'un niveau de vie digne.
10. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A a été placé dans l'impossibilité de solliciter le bénéficie des dispositifs de soutien prévus en droit interne, notamment les dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'action sociale et des familles relatives à l'aide médical d'état et de l'article L. 345-2-2 du même code relatif à l'hébergement d'urgence.
11. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont incompatibles avec l'article 20 de la directive 2013/33/UE et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni que la décision en litige le soumet à des traitements inhumains et dégradants.
12. Il résulte de l'ensemble ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles qui tendent à l'application des dispositions de des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E:
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère,
M. Dominique Binet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2024.
La rapporteure,
F. BouchetLe président,
T. Gallaud
La greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026