mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2200781 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | GERME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 29 septembre 2021 et le 27 août 2024, M. B A, représenté par Me Germe, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 juillet 2021, par laquelle la Ministre des Armées l'a radié des cadres de la Gendarmerie Nationale ;
2°) d'enjoindre à la Ministre des Armées de le réintégrer dans ses précédentes fonctions dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre à la Ministre des Armées de procéder à la reconstitution de sa carrière dans un délai de deux mois suivant le jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision attaquée :
- est entachée d'un vice de procédure en l'absence d'un avis du ministre de l'intérieur conformément à l'article R. 4137-41 du code de la défense ;
- est fondée sur des faits qui ne sont pas matériellement établis ;
- est manifestement disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2024, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience publique du 10 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la défense ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rehman-Fawcett,
- les conclusions de Mme Deleplancque, rapporteure publique,
- et les observations de M. B A.
Une note en délibéré présentée par M. B A, a été enregistrée le 16 septembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a intégré l'école de gendarmerie de Châtellerault le 2 novembre 2004, en qualité d'élève sous-officier. A compter du 29 août 2005, il a été affecté à l'escadron de gendarmerie mobile 31/7 de Reims. A compter du 1er septembre 2018, il a été affecté à la brigade de gendarmerie de l'armement de Saint-Louis. Le 1er juillet 2020, il a été promu au grade d'adjudant. A la suite d'un signalement le 3 août 2020, d'une gendarme adjointe volontaire, il a fait l'objet d'une enquête administrative et d'un rapport, le 13 novembre 2020, concluant que les faits de harcèlement et de menace étaient établis. Le 1er mars 2021, il a fait l'objet d'une mutation d'office à la brigade de gendarmerie de l'armement d'Arcueil. Par une décision du 7 juillet 2021, notifiée le 29 juillet 2021, la sanction disciplinaire de radiation des cadres a été prise à son encontre, avec prise d'effet au lendemain de la notification. M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 4137-41 du code de la défense : " Les sanctions du troisième groupe sont prononcées par le ministre de la défense ou les autorités militaires qu'il désigne par arrêté, à l'exception du retrait d'emploi par mise en non-activité ou de la radiation des cadres qui, pour les officiers, sont prononcées par décret du Président de la République. La radiation des cadres des sous-officiers de carrière de la gendarmerie nationale est prononcée par le ministre de la défense, après avis du ministre de l'intérieur ".
3. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
4. Il est constant que l'avis du ministre de l'intérieur n'a pas été recueilli préalablement à l'édiction de la décision attaquée, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 4137-41 du code de la défense. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette absence de consultation aurait privé l'intéressé d'une garantie ou aurait pu avoir une quelconque incidence sur le sens de la décision en litige. Dès lors, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
5. En deuxième lieu, M. A conteste la matérialité des faits, soutenant ne pas avoir contraint la victime de son harcèlement à déposer une fiche de vœux en décembre 2019 ni avoir exercé son autorité hiérarchique de manière excessive à son encontre. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, lors d'une audition, il a reconnu avoir manœuvré pour pousser la victime de son harcèlement à demander sa mutation en exerçant des pressions à son encontre et sur d'autres membres du service pour l'isoler et précipiter son départ. Le requérant allègue que ces manœuvres auraient commencé en octobre 2019 et cessé en novembre 2019, or en tout état de cause, la demande de mutation a été déposée par l'intéressée le 4 décembre 2019, soit dans un contexte de harcèlement du requérant à l'égard de l'intéressée. Par ailleurs, il ressort également des pièces du dossier et de témoignages de membres du service que le requérant faisait preuve d'une attention disproportionnée à l'égard de l'intéressée, une gendarme adjointe volontaire de 18 ans, et notamment qu'à la suite de leur première rupture il la dénigrait publiquement ou lui imposait des tâches humiliantes, surveillant ses faits et gestes, se rendait de manière inopinée dans son logement ou encore lui demandait de rendre compte sur ses relations personnelles avec des membres du service, ce qui ne pouvait se justifier même par l'attitude de cette dernière. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'erreur de fait.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 4137-2 du code de la défense que : " Les sanctions disciplinaires applicables aux militaires sont réparties en trois groupes : () 3° Les sanctions du troisième groupe sont : a) Le retrait d'emploi, défini par les dispositions de l'article L.4138-15 ; b) La radiation des cadres ou la résiliation du contrat. () ". Aux termes R. 434-10 du code de la sécurité intérieure : " Le policier ou le gendarme fait, dans l'exercice de ses fonctions, preuve de discernement. Il tient compte en toutes circonstances de la nature des risques et menaces de chaque situation à laquelle il est confronté et des délais qu'il a pour agir, pour choisir la meilleure réponse légale à lui apporter. " Aux termes de l'article R. 434-14 du même code : " Le policier ou le gendarme est au service de la population. Sa relation avec celle-ci est empreinte de courtoisie et requiert l'usage du vouvoiement. Respectueux de la dignité des personnes, il veille à se comporter en toute circonstance d'une manière exemplaire, propre à inspirer en retour respect et considération. " Aux termes de l'article 14 de code de procédure pénale : " Elle [la police judiciaire] est chargée, suivant les distinctions établies au présent titre, de constater les infractions à la loi pénale, d'en rassembler les preuves et d'en rechercher les auteurs tant qu'une information n'est pas ouverte. () ".
7. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
8. La sanction disciplinaire de radiation des cadres se fonde sur le harcèlement qu'a fait subir le requérant sur une gendarme adjointe volontaire, âgée de 18 ans lors de sa prise de fonctions au sein de la brigade de gendarmerie de l'armement de Saint-Louis en janvier 2019. Il ressort des pièces du dossier, qu'à la suite d'une première rupture sentimentale en septembre 2019, le requérant a harcelé l'intéressé par l'envoi de multiples messages, des appels à répétition, des tentatives de dénigrement, des intrusions régulières et inopinées dans son logement, alors qu'elle vivait dans l'appartement au-dessous du sien. Consécutivement à cette première rupture, il a menacé l'intéressée de dévoiler une photo intime la concernant afin de la pousser à demander sa mutation. Le requérant a également envoyé des messages à la mère de l'intéressée ainsi qu'à son compagnon avec une intention malveillante. Il reconnaît également avoir consulté le logiciel de traitement des antécédents judiciaires de membres de l'entourage de l'intéressée. A la suite d'une seconde rupture sentimentale, en mai 2020, le requérant a réitéré ses agissements à l'égard de l'intéressée, abusant de son autorité hiérarchique, tant par des intrusions régulières dans son logement, que par un comportement jaloux et possessif, de nature à empêcher l'intéressée de nouer d'autres relations. Dans ces conditions, eu égard à la nature et à la gravité des manquements commis par M. A et aux exigences d'exemplarité qui pèsent sur la gendarmerie et dont les règles ont été rappelées ci-dessus, quelle que soit l'attitude de cette dernière, la sanction de radiation des cadres prise par le ministre des armées n'est pas disproportionnée par rapport aux manquements graves ainsi commis par l'intéressé, lesquels sont incompatibles avec la qualité de gendarme.
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles qui tendent à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dewailly, président,
M. Rehman-Fawcett, conseiller,
Mme Iffli, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
Le rapporteur,
C. Rehman-Fawcett
Le président,
S. DewaillyLa greffière,
L. Sueur
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision ;
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026