lundi 30 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2200801 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BILLEBAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance datée du 25 janvier 2022, le président du tribunal administratif de Grenoble a transmis au greffe du tribunal administratif de Melun le dossier de la requête, enregistrée le 5 janvier 2022, par laquelle Mme B A, demeurant, 30 rue Dajot à Melun (77000) et représentée par Me Billebault, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 janvier 2022 par lequel le préfet de la Savoie :
- l'a obligée à quitter le territoire français ;
- a décidé de ne pas lui accorder un délai de départ volontaire ;
- et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Savoie de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions contestées :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de sa signataire faute de justifier d'une délégation de signature du préfet régulière ;
- l'obligation de quitter le territoire français viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur de fait en ce qu'elle est entrée régulièrement sur le territoire français le 14 octobre 2018, sous couvert d'un visa délivré par le consulat général d'Espagne au Maroc ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de son insertion sociale et professionnelle ;
- le refus de lui accorder un délai de départ volontaire est entaché d'erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle est entrée régulièrement sur le territoire français ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle viole les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile par voie de conséquence de l'illégalité du refus de délai de départ volontaire.
Vu :
- l'arrêté litigieux du préfet de la Savoie en date du 4 janvier 2022 ;
- les pièces, enregistrées le 29 juin 2022, présentées par le préfet de la Savoie ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-10 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique tenue le 16 janvier 2023 en présence de Mme Aït Moussa, greffière d'audience :
* M. Freydefont, magistrat désigné, qui a présenté son rapport ;
* les observations de Me Billebault, représentant Mme A, requérante présente, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en soutenant, de plus, qu'elle est entrée régulièrement en France le 14 octobre 2018 sous couvert d'un visa valable du 1er octobre au 14 novembre 2018 ; par suite, l'obligation de quitter le territoire français qui est fondée sur la circonstance qu'elle est entrée irrégulièrement en France est entachée d'erreur de fait ; de plus, son insertion professionnelle est démontrée par les pièces jointes à sa requête puisqu'elle d'abord travaillé dans une boulangerie comme vendeuse et a d'ailleurs été citée comme modèle des employés de la première ligne pendant la crise du covid-19 dans un article du quotidien Libération avant de décrocher un poste d'assistante dentaire ; en outre, sa mère, dont elle s'occupe, réside en France et son père était un ancien combattant, ainsi qu'en atteste sa carte d'ancien combattant délivrée en 1989; enfin, elle a le 5 janvier 2023 déposé sur le site " Démarches simplifiées " de la préfecture de Seine-et-Marne une demande de rendez-vous pour déposer son dossier de régularisation.
Le préfet de la Savoie, défendeur, n'est ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 10 heures 40.
Connaissance prise de la note en délibéré, présentée le 16 janvier à 16 heures 15, après la clôture d'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () " ; aux termes de l'article L. 614-1 du même code : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. " ; aux termes de l'article L. 614-6 dudit code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. "
2. Par un arrêté en date du 4 janvier 2022 notifié le même jour, le préfet de la Savoie a, sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, obligé Mme B A, ressortissante marocaine née le 29 janvier 1998, à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par la requête susvisée, enregistrée le 5 janvier 2022, Mme A demande l'annulation des décisions contenues dans cet arrêté préfectoral.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête :
3. D'une part, il ressort des pièces du dossier que Mme A est entrée régulièrement sur le territoire français le 14 octobre 2018 en provenance de Girone en Espagne, sous couvert d'un visa délivré par le consulat général d'Espagne au Maroc ; elle produit à cette fin copie de son ancien passeport supportant son visa Schengen valable du 1er octobre au 14 novembre 2018 ainsi que le tampon horodateur montrant qu'elle arrivée à Algésiras le 6 octobre 2018, ainsi qu'un billet Flixbus daté du 14 octobre 2018 pour un trajet Girone-Toulouse. Par suite, en fondant l'obligation faite à Mme A de quitter le territoire français sur le 1° de l'article L. 611-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, c'est-à-dire sur la circonstance selon laquelle la requérante ne peut justifier être entrée régulièrement sur le territoire français, le préfet de la Savoie a entaché cette mesure d'éloignement d'erreur de droit.
4. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que Mme A justifie d'une intégration professionnelle en France puisqu'elle établit avoir travaillé à partir d'avril 2020 comme vendeuse dans la boulangerie Blé et Miel sise rue de la Roquette à Paris (75011) puis à partir de novembre 2020 comme assistante dentaire au centre médico-dentaire Boissenart situé à Cesson ; elle justifie d'ailleurs d'un contrat de professionnalisation en date du 17 novembre 2020, ainsi que d'une demande d'autorisation de travail, même si celle-ci, datée du 22 décembre 2022, est postérieure à la date de l'arrêté contesté . Par suite, en indiquant dans son arrêté du 4 janvier 2022 que Mme A ne démontre aucune insertion sociale ou professionnelle ou particulière, le préfet de la Savoir a mal apprécié la situation de la requérante sur ce point.
5. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté litigieux du 4 janvier 2022 est entaché d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation ; par suit, il encourt l'annulation, ainsi que par voie de conséquence la décision de refus d'un délai de départ volontaire, la décision fixant le pays de destination et celle prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur les conclusions accessoires :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. " Dans les circonstances de l'espèce, l'annulation prononcée au point précédent n'implique de la part de l'administration aucune mesure particulière d'exécution ; si la requérante demande notamment d'enjoindre au préfet de la Savoie de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, la requérante réside maintenant dans le département de Seine-et-Marne.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. " Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en mettant à la charge de l'Etat la somme de 600 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E
Article 1er : L'arrêté en date du 4 janvier 2022 par lequel le préfet de la Savoie a obligé Mme A à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est annulé.
Article 2 : L'Etat versera à Mme A la somme de 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de la Savoie.
Lu en audience publique le 30 janvier 2023.
Le magistrat désigné,
Signé : C. CLa greffière,
Signé : S. Aït Moussa
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
S. Aït Moussa
N°2200801
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026