mercredi 22 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2201208 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | RAPOPORT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 février 2022, complétée les 6 et 7 février 2023, M. B A E, représenté par Me Rapoport, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 4 janvier 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne territorialement compétent de procéder au réexamen de sa situation administrative et de lui délivrer sans délai à une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat (préfet de Seine-et-Marne) une somme de 1.200 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée, qu'elle a été prise sans qu'il ait été entendu et qu'elle est entachée d'une erreur de droit car il était autorisé à résider en France et à travailler.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 juin 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- l'arrêté attaqué ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-13-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 7 février 2023, en présence de Mme Riellant, greffière d'audience, présenté son rapport, et entendu les observations de Me Rapoport, représentant M. A E, requérant, absent, qui indique qu'il est entré en France en qualité de travailleur saisonnier avec un titre de séjour, que le retour au Maroc n'a pas été possible en raison de la fermeture des frontières consécutives à la pandémie, qu'il n'a pas pu déposer de demande de titre de séjour en raison de son activité itinérante et que la décision est ainsi entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation.
Le préfet de Seine-et-Marne, dûment convoqué, n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A E, ressortissant marocain né le 17 août 1987 à El Ksabi (province de Beni Mellal - Khenifra) entré en juin 2021 en France muni d'un visa de long séjour en qualité de travailleur saisonnier délivré par les autorités consulaires françaises à Casablanca, n'a pas été en mesure de déposer le titre de séjour prévu à l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il travaille en qualité d'ouvrier bûcheron pour la société " Belhassam " de Paris (75008). A l'issue de sa période d'emploi, il n'a pu retourner au Maroc en raison de la fermeture des frontières décrétée par ce pays en raison de la pandémie de la Covid 19. Le 4 janvier 2022, il a été interpellé lors d'un contrôle routier au péage de l'autoroute A5 à Coutevroult (Seine-et-Marne). Par un arrêté du 4 janvier 2022, le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par une requête enregistrée le 3 février 2022, il demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation
2. Aux termes de l'article L. 423-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce un emploi à caractère saisonnier, tel que défini au 3° de l'article L. 1242-2 du code du travail, et qui s'engage à maintenir sa résidence habituelle hors de France, se voit délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention "travailleur saisonnier" d'une durée maximale de trois ans. Cette carte peut être délivrée dès la première admission au séjour de l'étranger. Elle autorise l'exercice d'une activité professionnelle et donne à son titulaire le droit de séjourner et de travailler en France pendant la ou les périodes qu'elle fixe et qui ne peuvent dépasser une durée cumulée de six mois par an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A E est entré en France en mai 2021 muni d'un visa régulier délivré sur le fondement des dispositions précitées, dans leur version applicable à l'époque, en vue d'exercer un emploi de travailleur saisonnier auprès de la société " Belhassam " de Paris (75008) qui avait obtenu le 28 octobre 2020 une autorisation de travail à son profit en qualité d'ouvrier agricole polyvalent. Le contrat dont il disposait à l'époque était d'une durée de six mois avec une échéance au 25 novembre 2021. Toutefois, il n'avait pas été en mesure de retourner au Maroc à l'expiration de celui-ci, les frontières ayant été fermées le 29 novembre 2021 et n'ayant été rouvertes qu'en février 2022.
4. Dans ces conditions, M. A E est fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et à demander son annulation, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions aux fins d'injonction
5. Aux termes d'une part de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. "
6. Aux termes d'autre part de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".
7. Compte tenu du motif d'annulation retenu ci-dessus, il y a lieu d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de procéder au réexamen de la situation de M. A E et de prendre une nouvelle décision, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de lui remettre sans délai une autorisation provisoire de séjour.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État (préfet de Seine-et-Marne) le versement d'une somme de 1.000 euros à M. A E au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er L'arrêté en date du 4 janvier 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation à M. A E de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Seine-et-Marne de procéder au réexamen de la situation de M. A E et de prendre une nouvelle décision, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de lui remettre sans délai une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. B A E et au préfet de Seine-et-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mars 2023.
Le magistrat désigné, La greffière,
C : M. D C : N. Riellant
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N. Riellant
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026