mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2201293 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | STOYANOVA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 février 2022, compléter le 9 février 2023, M. F E A, représenté par Me Stoyanova, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 7 février 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français et a prononcé une interdiction de retour pour une durée de un an ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète de Seine-et-Marne) une somme de 3.000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision contestée a été signée par une personne ne disposant pas d'une délégation régulière, qu'elle est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle, qu'elle a été prise sans qu'il ait été entendu et qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales car il vit en France avec une compatriote avec qui il a eu un enfant, et que les décisions lui refusant un délai de départ volontaire et prononçant une interdiction de retour sont également insuffisamment motivées.
Par un mémoire enregistré le 9 mars 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- l'arrêté attaqué ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (CE) n° 539/2001 du Conseil du 15 mars 2001 fixant la liste des pays tiers dont les ressortissants sont soumis à l'obligation de visa pour franchir les frontières extérieures des États membres et la liste de ceux dont les ressortissants sont exemptés de cette obligation ;
-le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-13-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 23 février 2023, en présence de
Mme Aït Moussa, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu les observations de Me Grangeon, représentant M. E A, requérant, absent, qui rappelle qu'il est entré en France en 2017, qu'il a toujours travaillé depuis cette date, qu'il était en train de constituer son dossier de régularisation lorsqu'il a été interpellé pour défaut de permis de conduire français.
Le préfet de Seine-et-Marne dûment convoqué, n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. F E A, ressortissant brésilien né le 21 mars 1995 à Patos de Minas (Etat du Mato Grosso), est entré en France le 3 mars 2017. Il y a rejoint sa compagne, entrée le 20 juin 2016. Le couple a eu un enfant né le 28 avril 2020 à Jossigny (Seine-et-Marne). Le 6 juin 2020, M. E A a fait l'objet, par le préfet de Seine-et-Marne d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, non contesté et non exécuté. Interpellé lors d'un contrôle routier le 6 février 2022 à Pontault-Combault (Seine-et-Marne), il a été placé en retenue administrative à l'issue de laquelle le préfet de Seine-et-Marne a prononcé à son encontre une nouvelle obligation de quitter le territoire français, cette fois sans délai, le 7 février 2022. Par une requête enregistrée le 8 février 2022, après octroi de l'aide juridictionnelle, il a demandé l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ()." et de l'article L. 612-1 du même code : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. (.).
3. Aux termes par ailleurs de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ", et l'article L. 612-3 du même code précise : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : ( 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () ".
4. Enfin, aux termes de l'article L. 612-6 du même code : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".
5. En premier lieu, par un arrêté n° 21/BC/136 du 10 septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour, le préfet de Seine-et-Marne a donné à Mme D C, adjointe à la cheffe du bureau de l'éloignement, délégation de signature aux fins de signer la décision litigieuse. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : - restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
7. La décision contestée du 7 février 2022 du préfet de Seine-et-Marne mentionne de façon suffisamment précise les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement et notamment que l'intéressée avait déjà fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en juin 2020, qu'il travaillait sans disposer d'une autorisation et que la décision prise ne portait pas une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale. L'autorité préfectorale n'étant pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments de la situation de l'intéressé, mais seulement ceux sur lesquels elle fonde sa décision, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté en litige, en toutes ses décisions, doit être écarté.
8. En troisième lieu, le moyen tiré de ce que la décision contestée aurait été prise sans qu'il ait été mis à même de présenter ses observations ne pourra qu'être écarté comme manquant en fait, l'intéressé ayant été auditionné par les forces de police du commissariat de Noisiel (Seine-et-Marne) le 7 février 2022, audition au cours de laquelle il a déclaré ne pas vouloir retourner au Brésil.
9. En quatrième lieu, aux termes d'une part de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter tout élément permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
10. Si le requérant soutient qu'il vit en France depuis cinq ans avec sa compagne et leur enfant et qu'il travaille comme cariste pour la société " Barillet Falguier " de Crosne (Essonne), il est constant qu'il ne dispose d'aucune autorisation de travail et que rien ne s'oppose à ce qu'il poursuive sa vie privée et familiale dans son pays d'origine avec la mère de son enfant et ce dernier, dans leur pays de nationalité commune. Par suite, c'est sans erreur manifeste d'appréciation, au regard des stipulations rappelées au point précédent, que le préfet de Seine-et-Marne, le 7 février 202, lui fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
11. En dernier lieu, ainsi qu'il l'a été dit plus haut, M. E A, ressortissant d'un pays pour lequel un visa n'était pas nécessaire pour pénétrer dans l'espace Schengen, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai de trois mois après son entrée en France sans jamais avoir demandé de titre de séjour, a fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français et a indiqué qu'il n'avait pas l'intention de quitter le territoire français. Dans ces conditions, c'est sans erreur manifeste d'appréciation que le préfet de Seine-et-Marne lui a refusé un délai de départ volontaire et a prononcé contre lui une interdiction de retour pour une durée d'un an.
12. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. E A formée contre la décision par laquelle le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français et a prononcé une interdiction de retour pour une durée d'un an ne pourra qu'être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E A est rejetée
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. F E A et au préfet de Seine-et-Marne.
Le magistrat désigné,
Signé : M. B
La greffière,
Signé : S. Aït Moussa
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
S. Aït Moussa
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026