mercredi 1 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2201440 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MATOUANDOU MASSENGO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 février 2022 sous le n° 2201440, M. H F, incarcéré au centre pénitentiaire de Fresnes, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 3 février 2022 par lequel la préfète du Val-de-Marne :
- l'a obligé à quitter le territoire français ;
- lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire ;
- a fixé le pays de destination ;
- l'a interdit de circuler sur le territoire français pour une durée de 3 ans ;
2°) d'être assisté d'un avocat au titre de l'aide juridictionnelle ainsi que d'un interprète en langue roumaine.
M. F soutient que :
- l'arrêté viole l'article L. 614-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il viole les dispositions combinées des articles R. 776-19 et R. 776-34 du code de justice administrative ;
- il est entaché d'un défaut de motivation ;
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'erreur de droit en ce que la préfète ne peut tirer de sa situation pénale le fait qu'il constituerait une menace pour l'ordre public ;
- l'arrêté contesté est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de la menace qu'il représente pour l'ordre public ;
- il viole le paragraphe 1er de l'article 45 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
Vu :
- l'arrêté litigieux de la préfète du Val-de-Marne en date du 3 février 2022 ;
- les pièces, enregistrées le 17 février 2023, présentées pour la préfète du Val-de-Marne par Me Termeau ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. G pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-10 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique tenue le 20 février 2023 en présence de Mme Darnal, greffière d'audience :
- M. Freydefont, magistrat désigné, qui a présenté son rapport ;
- les observations de Me Duquesne, représentant M. F, requérant absent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en soutenant, de plus, qu'il a fait état dans sa requête de sa présence en France depuis 2017, d'une proche parente vivant avec lui en France et qu'il a produit une attestation d'hébergement, tous éléments qui ne figurent pas dans l'arrêté contesté ; par suite, celui-ci est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation et viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
- les observations de Me Benzina, représentant la préfète du Val-de-Marne, défendeur, qui conclut au rejet de la requête en faisant valoir que le comportement de M. F représente une menace à l'ordre public ; de plus, sa période passée en détention se déduit de sa durée de présence en France depuis 2017, laquelle n'est au demeurant pas démontrée par des éléments probants ; il en est de même pour la proche parente censée vivre avec lui dont l'identité n'est même pas fournie ; par suite, il n'y a aucune violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 10 heures 30.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : () / 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société () " ; aux termes de l'article L. 251-7 du même code : " Les décisions portant obligation de quitter le territoire français et les interdictions de circulation sur le territoire français prises en application du présent chapitre peuvent être contestées devant le tribunal administratif dans les conditions prévues au chapitre IV du titre I du livre VI. L'article L. 614-5 n'est toutefois pas applicable. " ; aux termes de l'article L. 614-1 dudit code : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. " ; aux termes de l'article L. 614-6 dudit code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. "
2. Par un arrêté en date du 3 février 2022 notifié le 7 février à 9 heures 30, la préfète du Val-de-Marne a, sur le fondement du 2° de l'article L. 251-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, obligé M. H F, ressortissant roumain né le 12 janvier 1985 à Bacau, à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et l'a interdit de circulation sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par la requête susvisée, enregistrée le 8 février 2022, M. F demande l'annulation des décisions contenues dans cet arrêté préfectoral.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 62 du décret n°91-1266 du 19 décembre 1991 pris pour l'application de ces dispositions : " L'admission provisoire est demandée sans forme au président du bureau ou de la section ou au président de la juridiction saisie () / L'admission provisoire peut être prononcée d'office si l'intéressé a formé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été définitivement statué. ". M. F ayant bénéficié de l'assistance d'un avocat commis d'office lors de l'audience du 20 février 2023 en la personne de Me Duquesne, il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce, de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 614-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En cas de détention de l'étranger, celui-ci est informé dans une langue qu'il comprend, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, qu'il peut, avant même l'introduction de sa requête, demander au président du tribunal administratif l'assistance d'un interprète ainsi que d'un conseil ". M. F ne peut utilement se prévaloir de la circonstance que la notification de l'arrêté attaqué a été faite sans qu'il soit assisté d'un interprète et sans que les dispositions de l'article L. 614-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aient été respectées, circonstances liées aux modalités de notification de l'arrêté et qui sont sans incidence sur la légalité des décisions qu'il contient.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 776-19 du code de justice administrative : " Si, au moment de la notification d'une décision mentionnée à l'article R. 776-1, l'étranger est retenu par l'autorité administrative, sa requête peut valablement être déposée, dans le délai de recours contentieux, auprès de ladite autorité administrative ". De plus, il résulte des dispositions combinées des articles R. 776-29 et R. 776-31 du même code, issues du décret du 28 octobre 2016 pris pour l'application du titre II de la loi du 7 mars 2016 relative au droit des étrangers en France, que les étrangers ayant reçu notification d'une décision mentionnée à l'article R. 776-1 du code alors qu'ils sont en détention ont la faculté de déposer leur requête, dans le délai de recours contentieux, auprès du chef de l'établissement pénitentiaire. Depuis l'entrée en vigueur notamment, pour les étrangers détenus, des dispositions du décret du 28 octobre 2016 précité, il incombe à l'administration, pour les décisions présentant les caractéristiques mentionnées ci-dessus, de faire figurer, dans leur notification à un étranger retenu ou détenu, la possibilité de déposer sa requête dans le délai de recours contentieux auprès de l'administration chargée de la rétention ou du chef de l'établissement pénitentiaire.
6. M. F ne peut utilement se prévaloir de la circonstance qu'il n'a pas été informé de la faculté qui lui est reconnue de déposer son recours auprès du directeur du centre pénitentiaire, cette circonstance étant sans incidence sur la légalité des décisions contenues dans l'arrêté attaqué. Au demeurant, malgré cette absence d'information, la requête de l'intéressé a pu être déposée dans les délais de recours contentieux.
7. En troisième lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Or, par un arrêté n° 2021/663 du 1er mars 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour, la préfète du Val-de-Marne a donné à M. B E, adjoint à la cheffe du bureau de l'éloignement et du contentieux, délégation pour signer notamment les décisions litigieuses en cas d'absence ou d'empêchement de Mme D, cheffe de la direction des migrations et de l'intégration, et de Mme C A, cheffe du bureau de l'éloignement et du contentieux. Il n'est en l'espèce ni établi ni même allégué que Mmes D et A n'auraient, à la date de l'arrêté attaqué, pas été absentes ou empêchées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de l'arrêté attaqué doit être écarté.
8. En quatrième lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait de l'obligation faite à M. F de quitter le territoire français puisqu'il vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et le 2° de l'article L. 251-1 précité et mentionne que le comportement personnel du requérant constitue du point de vue de l'ordre public et de la sécurité publique une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société française puisqu'il a été condamné à une peine de 12 mois d'emprisonnement pour violences sur personne dépositaire de l'autorité publique suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours, escroquerie en récidive et tentative de vol en récidive. L'arrêté précise également qu'eu égard à sa date d'entrée en France en 2017, les liens personnels et familiaux de M. F ne sont pas intenses et stables. La préfète en déduit que la décision opposée au requérant ne contrevient pas aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales puisqu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à sa situation personnelle et familiale. Il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français est suffisamment motivée en droit comme en fait conformément à l'obligation prévue à l'article L. 613-1 précité.
9. D'autre part, aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. / L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel. " En plus de ce qui a été développé au point précédent, l'arrêté vise également l'article L. 251-3 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise qu'eu égard à la nature des faits commis en récidive, il y a urgence à éloigner sans délai M. F du territoire français. Par suite, la décision de refus de délai de départ volontaire est suffisamment motivée en droit comme en fait.
10. De plus, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait de la décision fixant le pays de destination puisqu'il vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, précise la nationalité de M. F, en l'espèce roumaine, et indique que la décision fixant le pays de destination ne viole pas les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays. Ces considérations suffisent à établir une décision fixant le pays de destination motivée en droit comme en fait.
11. Enfin, aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans. " Il résulte des dispositions précitées que, si une décision d'interdiction de circulation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des éléments relatifs à cette situation, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque élément.
12. Il résulte des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait fondement de l'interdiction faite à M. F de circuler sur le territoire français pour une durée de 3 ans puisqu'il vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 251-4 du code, rappelle sa date d'entrée en France en 2017, précise sa situation personnelle et familiale telle que décrite au point 8 et indique qu'il a été interpellé pour les faits mentionnés au même point. Si le requérant fait plus particulièrement valoir que la préfète n'a pas motivé son interdiction de circulation au regard de l'ensemble des éléments propres à sa situation, en n'indiquant pas s'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement, cette prise en compte n'est pas obligatoire ainsi qu'il a été dit au point précédent. Par suite, l'interdiction de retour sur le territoire français est suffisamment motivée conformément aux dispositions de l'article L. 613-2.
13. En cinquième lieu, il résulte de ce qui précède sur la motivation de l'arrêté litigieux ainsi que de la situation personnelle et familiale de M. F que la préfète a suffisamment examiné cette situation avant de prendre l'arrêté contesté.
14. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales relatif au droit au respect de la vie privée et familiale : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () " M. F soulève la violation de ces stipulations ; toutefois, si le requérant soutient être entré en France en 2017, il est de jurisprudence constante que les périodes passées en détention au titre d'une peine privative de liberté ne peuvent s'imputer dans le calcul des durées de résidence habituelle en France, soit en ce qui concerne l'intéressé douze mois entre mars 2021 et mars 2022. Au demeurant, le requérant n'apporte aucun élément probant quant à sa durée alléguée de présence en France depuis 2017. De plus, si l'intéressé se prévaut de la présence à ses côtés d'une proche parente, il n'en justifie pas et n'apporte aucun élément quant à l'identité de cette personne ou quant à sa situation administrative en France. En outre, il n'est pas contesté que M. F ne travaille pas et qu'il a été condamné à 12 mois d'emprisonnement pour violences sur personne dépositaire de l'autorité publique suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours, escroquerie en récidive et tentative de vol en récidive, ce qui n'est pas la meilleure preuve d'intégration en France. Enfin, M. F n'établit pas être isolé dans son pays d'origine qu'il a quitté à l'âge de 32 ans. Il résulte de ce qui précède que la préfète n'a porté aucune atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale et que, par suite, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté comme infondé.
15. Pour les mêmes raisons M. F n'est pas davantage fondé à soutenir que les différentes décisions contenues dans l'arrêté préfectoral litigieux seraient entachées d'erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.
En ce qui concerne les moyens spécifiques à l'obligation de quitter le territoire français :
16. En premier lieu, le conseil de M. F soutient, lors de l'audience publique du 20 février 2023, que l'obligation de quitter le territoire français, qui date de plus d'un an, est désormais caduque. Toutefois, d'une part, le conseil de M. F ne précise pas le fondement légal ou réglementaire d'un tel moyen. D'autre part, s'il résulte des articles L. 731-1 et suivants et L. 741-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur nomenclature en vigueur depuis le 1er mai 2021, que le préfet ne pouvait plus assigner à résidence le requérant ou le placer dans un centre de rétention pour l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français prononcée le 3 février 2022, soit il y a plus d'un an, il ne résulte toutefois ni de ces textes, ni d'aucun autre, que cette obligation de quitter le territoire français est caduque. En tout état de cause, un tel moyen, qui se rapporte aux conditions d'exécution de la mesure d'éloignement, est donc sans incidence sur sa légalité ; par suite, il doit être écarté comme inopérant.
17. En deuxième lieu, M. F soutient que l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'erreur de droit en ce que la préfète ne peut tirer de sa situation pénale le fait qu'il constituerait une menace pour l'ordre public ; il fait également valoir que la mesure d'éloignement le concernant est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de la menace qu'il représente pour l'ordre public. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. F a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris le 30 juillet 2021 à une peine de 12 mois d'emprisonnement pour violences sur personne dépositaire de l'autorité publique suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours, escroquerie en récidive et tentative de vol en récidive. Le caractère récent de cette condamnation, la multiplicité des faits de nature pénale qui ont valu à M. F cette peine d'emprisonnement, dont certains en récidive, enfin la lourdeur de la peine infligée, tous ces éléments caractérisent bien de la part du requérant une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société française que représente son comportement personnel du point de vue de l'ordre public et de la sécurité publique. Par suite, le moyen susanalysé sera écarté comme infondé.
18. En troisième lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment sur la situation personnelle de M. F, ainsi que sur la menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société française que représente son comportement personnel du point de vue de l'ordre public et de la sécurité publique, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la préfète du Val-de-Marne a commis une erreur d'appréciation en lui interdisant de circuler sur le territoire français pour une durée de 3 ans, ni que celle-ci porterait atteinte à son droit à la libre circulation en qualité de ressortissant communautaire ou à l'article 45 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne. Au demeurant, M. F ne conteste pas que le droit à la libre circulation des citoyens européens peut connaître des restrictions législatives du type de celles prévues aux articles L. 251-1 à L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté préfectoral du 3 février 2022 doivent être rejetées.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. H F et à la préfète du Val-de-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er mars 2023.
Le magistrat désigné,
Signé : C. GLa greffière,
Signé : L. Darnal
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2201440
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026