vendredi 31 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2201446 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CASTEJON |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2202418 du 8 février 2022, le président du tribunal administratif de Paris a renvoyé le dossier de la requête de M. E F au tribunal administratif de Melun.
Par la requête enregistrée le 1er février 2022 au greffe du tribunal administratif de Paris et le 9 février 2022 au greffe du tribunal administratif de Melun sous le n° 2201446 et un mémoire du 13 février 2023, M. F, représenté par Me Castejon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 janvier 2022 par lequel le préfet de police de paris lui a fait obligation de quitter le territoire français, lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la notification u jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- La décision attaquée a été édicté par un auteur incompétent ;
- Elle est insuffisamment motivée ;
- Elle est entachée d'un défaut d'examen ;
- Elle méconnaît le principe général du droit de l'Union européenne du droit de la défense et de la bonne administration de la justice tiré de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- Elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne pour la sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office ;
- La décision attaquée a été édicté par un auteur incompétent ;
- La décision fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office est entachée d'illégalité dès lors qu'elle se fonde sur une obligation de quitter le territoire français qui est illégale et elle est dépourvue de base légale ;
- La décision fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office est entachée d'un défaut de motivation ;
- Cette décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne pour la sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- Elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- Elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2022, le préfet de police de paris, représenté par Me Orier conclut au rejet de la requête.
Le préfet de police de Paris fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. A pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Sessou qui substitue Me Castejon, représentant M. F, assisté de Mme D, interprète en langue tamoule, qui reprend les moyens et conclusions développés dans ses écritures, et ajoute que M. F a vécu sept ans en France sous couvert d'une attestation de demande d'asile, qu'il a travaillé et qu'il est diabétique.
- Les observations de M. F, assisté de Mme D, interprète en langue tamoule, qui précise qu'il était assistant d'un des chefs du renseignement des TLET et qu'en cas de retour au Sri-Lanka le risque pour sa vie est grand.
- le préfet de police de Paris n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. E F, ressortissant sri lankais d'origine tamoule, né le 10 novembre 1964 à Idaikurchchi (Sri Lanka) est entré en France le 29 octobre 2009 selon ses déclarations pour y solliciter l'asile. Le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile par une décision du 14 novembre 2012, sur le fondement des stipulations de l'article 1 F alinéas b) et c) de la convention de Genève. Par une décision n° 12033163 du 20 janvier 2014, la Cour nationale du droit d'asile a annulé cette décision et a reconnu la qualité de réfugié à M. F. Par une décision n° 376783 du 5 juin 2015, le Conseil d'Etat a annulé la décision du 20 janvier 2014 et a renvoyé l'affaire devant la Cour nationale du droit d'asile. Par une décision n° 12033163 du 20 avril 2017, la Cour nationale du droit d'asile a rejeté le recours de M. F. L'intéressé a été interpellé le 18 janvier 2022 dans le cadre d'une opération de contrôle d'identité. Par un arrêté du 19 janvier 2022, le préfet de police de paris lui a fait obligation de quitter le territoire français sur le fondement des dispositions du 1° de l'article L. 611-1, lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Or par arrêté n°2021-00991 du 27 septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris, le préfet de police a donné à Mme C B, adjointe au chef de section des reconduites à la frontière, délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il n'est pas établi qu'elles n'auraient pas été absentes ou empêchées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision faisant obligation à M. F de quitter le territoire français manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté du 19 janvier 2022 fait référence aux dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que M. F est entré irrégulièrement sur le territoire français. La seule circonstance que cet arrêté ne fait pas état des démarches entreprises par le requérant pour faire reconnaître sa qualité de réfugié et ne reprend pas l'ensemble des éléments, notamment professionnels, dont il entend se prévaloir, est sans incidence sur la motivation de la décision en litige. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation en droit et en fait de cette décision ne peut qu'être écarté.
4. En troisième lieu, il ressort des énonciations de l'arrêté en litige ainsi que des autres pièces du dossier, et notamment du procès-verbal d'audition établi le 18 janvier 2022 par un agent de la force publique, qu'avant de prendre la décision attaquée, le préfet de police de Paris s'est livré à un examen circonstancié de la situation de M. F à l'aune des informations portées à sa connaissance par ce dernier. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation personnelle et professionnelle de l'intéressé doit être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".
6. Le droit d'être entendu, qui relève des droits de la défense figurant au nombre des droits fondamentaux faisant partie intégrante de l'ordre juridique de l'Union européenne et consacrés par le paragraphe 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Toutefois, dans le cas où la décision faisant obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du refus d'admission au séjour, le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la mesure d'éloignement, ni de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, dès lors qu'il a pu être entendu avant que n'intervienne la décision de refus d'admission au séjour et qu'en outre, il lui était loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux.
7. En l'espèce, il ressort du procès-verbal d'audition établi le 18 janvier 2022 à 15h30 par un agent de police judiciaire en poste à la direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne que M. F a expressément été avisé au cours d'un entretien individuel qu'il pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement du territoire français. Si au cours de cet entretien l'intéressé a répondu qu'il accepterait de quitter le territoire français, il a été invité à formuler ses observations et a alors informé l'autorité de ce qu'il risquait sa vie en cas de retour au Sri Lanka. Par suite, M. F ne saurait être regardé comme ayant été privé de son droit à être entendu. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit être écarté.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
9. Si M. F soutient qu'il est entré en France depuis 2003, à l'âge de 38 ans, et qu'il s'y est maintenu, cette double circonstance, à la supposer établie, ne permet pas, à elle-seule, d'établir qu'il y aurait fixé le centre de ses intérêts privés. En outre, le requérant se prévaut de sa forte intégration dans la communauté tamoule en France. Toutefois, il n'établit pas être bien intégré dans la société française par le seul contrat à durée indéterminée à temps incomplet à raison de cinquante heures par mois en qualité de vendeur qu'il produit et par la seule promesse d'embauche à temps plein datée du 1er février 2022 en qualité de vendeur dont il se prévaut. Enfin, M. F, dont l'épouse et les trois enfants seraient détenus par les forces du gouvernement sri lankais, n'établit ni même n'allègue disposer d'attaches familiales en France. En outre, il n'établit pas être dépourvu d'attache familiale ou personnelle hors de France, et notamment au Canada où réside une de ses sœurs ou en Inde où il a accompli un pèlerinage par le passé. Dans ces conditions, M. F n'est pas fondé à soutenir que le préfet de police de Paris aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision a été prise. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède que M. F n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 19 janvier 2022 lui faisant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant fixation du pays de destination de la reconduite :
11. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".
12. Il ressort des pièces du dossier que par la décision du 14 novembre 2012 de l'office français de protection des réfugiés et apatrides et par la décision du 20 avril 2017 de la cour nationale du droit d'asile, que M. F, officier d'ordonnance du chef du service de renseignement du mouvement indépendantiste des Tigres de Libération de l'Eelam Tamoul (TLET), a été exclu, du bénéfice du statut de réfugié statutaire pour avoir participé à l'enrôlement forcé de mineurs de 15 à 18 ans voués à combattre ou à contribuer à l'effort militaire pour la cause, en application des stipulations du F de l'article 1er de la convention de Genève. En outre, il ressort du point 11 de la décision précitée de la Cour nationale du droit d'asile " qu'eu égard à [un] mandat de recherches [lancé contre lui par les autorités du Sri Lanka suite à l'assassinat d'un dirigeant issu de la majorité cingalaise], des activités exercées durant près de vingt-cinq ans par le requérant pour le compte du TLET et pendant près de vingt ans au sein de son service de renseignement, du niveau auquel il a exercé lesdites activités, à leur nature, et, enfin, à sa proximité avec le chef du service de renseignement de cette organisation, il y a lieu de considérer qu'il craint avec raison, au sens des stipulations précitées de la convention de Genève susvisée, d'être persécuté en cas de retour au Sri Lanka ". Pour ces motifs retenus par la Cour, non contredit par le préfet en défense, le requérant justifie être exposé, en cas de retour au Sri Lanka, à des risques actuels, personnels et réels de traitements inhumains et dégradants au sens de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ainsi, les moyens tirés de la méconnaissance par la décision en litige des stipulations de l'article 3 de la convention européenne pour la sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être retenus. Par suite, la décision fixant le pays à destination duquel M. F pourra être éloigné d'office doit être annulée.
13. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. F est fondé à demander l'annulation de la décision du 19 janvier 2022 lui fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
14. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision. ". Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, () l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. ".
15. Compte tenu du motif d'annulation retenu, le jugement implique seulement que le préfet de police de Paris prenne une décision après une nouvelle instruction s'agissant du pays de destination de l'éloignement de M. F. Il y a lieu, en l'espèce, d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne, de fixer un éventuel pays de destination autre que le Sri Lanka, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, en application des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
16. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante pour l'essentiel, le versement de la somme que M. F demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E
Article 1er : La décision du 19 janvier 2022, par laquelle le préfet de police a fixé le pays à destination duquel M. F est susceptible d'être éloigné, est annulée.
Article 2 : Le préfet de police de Paris prendra une nouvelle décision après une nouvelle instruction en vue de la détermination d'un éventuel pays de destination autre que le Sri Lanka à fin d'exécuter la mesure d'éloignement de M. F du territoire français, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. F est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E F et au préfet de police de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2023.
Le magistrat désigné,
S. ALa greffière,
L. DARNAL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2201446
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026