jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2201512 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BOUKHELOUA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 février 2022 et le 4 mars 2024, M. A Banbuck demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler la délibération n°2021-115 du 16 décembre 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune du Kremlin-Bicêtre a adopté son budget primitif pour l'année 2022.
Il soutient que :
- la délibération attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que la note de synthèse, qui lui a été communiquée en application de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales, ne comportait pas une information préalable suffisante ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tenant à la méconnaissance de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales relatif au droit à l'information des élus municipaux en ce qu'un refus a été opposé à sa demande d'informations complémentaires ;
- elle méconnaît le principe de sincérité budgétaire dès lors d'une part, que les cessions immobilières projetées ne présentent pas une probabilité de réalisation suffisante et d'autre part, que les produits de ces cessions sont surévalués.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 décembre 2023, le 29 avril 2024 et le
13 mai 2024, la commune du Kremlin-Bicêtre, représentée par Me Boukheloua, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 500 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés à l'appui de la requête sont infondés.
Par ordonnance du 30 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 15 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fanjaud,
- les conclusions de M. Allègre, rapporteur public,
- et les observations de Me Boukheloua, représentant la commune du Kremlin-Bicêtre.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 16 décembre 2021, le conseil municipal de la commune du Kremlin-Bicêtre a adopté son budget primitif pour l'année 2022. Dans la présente instance,
M. Banbuck, conseiller municipal, demande au tribunal d'annuler cette délibération.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
S'agissant de la légalité externe de la délibération :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales : "Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal () ". Il résulte de ces dispositions que, dans les communes de 3 500 habitants et plus, la convocation aux réunions du conseil municipal doit être accompagnée d'une note explicative de synthèse portant sur chacun des points de l'ordre du jour. Cette obligation, qui doit être adaptée à la nature et à l'importance des affaires, doit permettre aux intéressés d'appréhender le contexte ainsi que de comprendre les motifs de fait et de droit des mesures envisagées et de mesurer les implications de leurs décisions. Elle n'impose toutefois pas de joindre à la convocation adressée aux intéressés, à qui il est au demeurant loisible de solliciter des précisions ou explications conformément à l'article L. 2121-13 du même code, une justification détaillée du bien-fondé des propositions qui leur sont soumises.
3. D'autre part, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
4. Le requérant soutient que la note de synthèse explicative adressée aux conseillers municipaux de la commune du Kremlin-Bicêtre afin de présenter le projet de budget serait insuffisamment détaillée s'agissant des recettes d'investissement tirées des cessions immobilières prévues. Il ressort des pièces du dossier que la convocation adressée à M. Banbuck en vue de la réunion du conseil municipal du 16 décembre 2021 comprenait un projet de délibération comportant 22 pages d'explications littérales et chiffrées et la présentation du budget primitif de la commune au titre de l'année 2022, dans lequel il était mentionné, parmi les recettes d'investissement, le produit des cessions de plusieurs immeubles appartenant à la commune au titre de l'année 2022 pour un montant estimatif total de 2 960 000 euros. Si le requérant soutient que cette seule mention peut apparaître insuffisante pour permettre aux conseillers municipaux d'être informés, il ressort toutefois des pièces du dossier que M. Banbuck a été mis en mesure, à plusieurs reprises, de comprendre les projections de recettes découlant de la cession des immeubles appartenant à la commune. D'une part, il ressort du relevé des avis de la commission municipale du 6 décembre 2021, ayant notamment pour point à l'ordre du jour le budget primitif 2022, que M. Banbuck n'était pas présent et n'a ainsi pas pu poser les questions qu'il estimait alors légitimes. D'autre part, M. Banbuck avait la possibilité, en tant que conseiller municipal, soit de participer aux conseils municipaux portant autorisation des cessions immobilières prévues, soit de consulter les procès-verbaux retranscrivant les échanges tenus lors de chaque réunion de cette assemblée. Enfin, il ressort du procès-verbal du conseil municipal du 16 décembre 2021 qui a adopté la délibération attaquée, que chaque groupe politique a été en mis en mesure de s'exprimer préalablement à l'adoption du budget primitif et de formuler des questions ou observations. La délibération a ensuite été adoptée à 21 voix contre 5, en l'absence de M. Banbuck. Dans ces conditions, l'insuffisance alléguée de précisions des recettes d'investissement tirées des cessions immobilières dans la note de synthèse explicative n'a ni privé l'intéressé d'une garantie, ni été, en l'espèce, susceptible d'exercer une influence sur le sens de la délibération. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales : "Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération". En application de ces dispositions, le maire est tenu de communiquer aux membres du conseil municipal les documents nécessaires pour qu'ils puissent se prononcer utilement sur les affaires de la commune soumises à leur délibération. Lorsqu'un membre du conseil municipal demande, sur le fondement de ces dispositions du code général des collectivités territoriales, la communication de documents, il appartient au maire sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, d'une part, d'apprécier si cette communication se rattache à une affaire de la commune qui fait l'objet d'une délibération du conseil municipal et, d'autre part, de s'assurer qu'aucun motif d'intérêt général n'y fait obstacle, avant de procéder, le cas échéant, à cette communication selon des modalités appropriées.
6. Si le requérant fait valoir que le conseil municipal de la commune du Kremlin-Bicêtre n'aurait pas été suffisamment informé préalablement au vote de la délibération n°2021-115 du 16 décembre 2021, il n'apporte pas d'éléments suffisants au soutien de son moyen, et ne précise notamment pas si une demande de communication d'un document a été présentée. Dès lors ce moyen doit également être écarté.
S'agissant de la légalité interne de la délibération :
7. Aux termes de l'article L. 1612-4 du code général des collectivités territoriales : "Le budget de la collectivité territoriale est en équilibre réel lorsque la section de fonctionnement et la section d'investissement sont respectivement votées en équilibre, les recettes et les dépenses ayant été évaluées de façon sincère, et lorsque le prélèvement sur les recettes de la section de fonctionnement au profit de la section d'investissement, ajouté aux recettes propres de cette section, à l'exclusion du produit des emprunts, et éventuellement aux dotations des comptes d'amortissements et de provisions, fournit des ressources suffisantes pour couvrir le remboursement en capital des annuités d'emprunt à échoir au cours de l'exercice". Aux termes de l'article L. 1612-11 du même code : " Sous réserve du respect des dispositions des articles L. 1612-1, L. 1612-9 et L. 1612-10, des modifications peuvent être apportées au budget par l'organe délibérant, jusqu'au terme de l'exercice auquel elles s'appliquent () ". L'équilibre réel du budget constitue une condition de légalité des délibérations budgétaires.
8. Le requérant soutient que la délibération attaquée adoptant le budget de la commune au titre de l'année 2022 méconnait le principe de sincérité budgétaire en ce que d'une part, les cessions immobilières projetées ne présentent pas une probabilité de réalisation suffisante et d'autre part, que les produits de ces cessions sont surévalués. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, d'une part, le projet de budget primitif au titre de l'année 2022, s'agissant des recettes d'investissement tirées des cessions immobilières prévues, s'appuyait sur les délibérations du conseil municipal d'autorisation de cession des biens de la commune qui ont toutes été prises antérieurement à la tenue du conseil municipal du 16 décembre 2021. D'autre part, la circonstance alléguée que les produits de cessions auraient été volontairement surévalués n'est pas établie dès lors que le budget primitif adopté se borne à reprendre la somme des autorisations de cessions adoptées antérieurement par le conseil municipal. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance du principe de sincérité budgétaire doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que M. Banbuck n'est pas fondé à soutenir que la délibération n°2021-115 du 16 décembre 2021 du conseil municipal du Kremlin-Bicêtre est illégale et à en demander l'annulation.
Sur les frais liés au litige :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de
M. Banbuck la somme que lui réclame la commune du Kremlin-Bicêtre, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A Banbuck est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune du Kremlin-Bicêtre au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A Banbuck et à la commune du Kremlin-Bicêtre.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
M. Pradalié, premier conseiller,
M. Fanjaud, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
Le rapporteur,
C. FANJAUD
Le président,
D. LALANDELa greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026