vendredi 10 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2201515 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | LEVY MARC ANTOINE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 28 janvier 2022 et enregistrée le 31 janvier 2022 au greffe du tribunal, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal la requête présentée par Mme C.
Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Versailles le 19 janvier 2022, Mme B C, représentée par Me Levy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 décembre 2021 par laquelle la directrice de l'institut de formation en soins infirmiers (IFSI) du groupe hospitalier Paul Guiraud a décidé de l'exclure à titre définitif de la formation conduisant à la délivrance du diplôme d'État d'infirmier ;
2°) d'enjoindre à la directrice de l'institut de formation en soins infirmiers du groupe hospitalier Paul Guiraud de la réintégrer dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'institut de formation en soins infirmiers du groupe hospitalier Paul Guiraud une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente dès lors qu'elle a été prise par la directrice de l'institut et non la section compétente ; en outre, il n'est pas établi que les règles relatives à la composition, au délai de convocation et aux conditions de quorum aient été respectées ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle ne caractérise nullement les actes incompatibles avec la sécurité des personnes prises en charge commis par l'intéressée en méconnaissance des dispositions de l'article 15 de l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article 16 de l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux dès lors que la sanction la plus grave a été prononcée sans avertissement préalable et à six mois de la fin de la scolarité ;
- elle est entachée d'erreurs de fait dès lors que les reproches formulés à l'égard de la requérante ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 juin 2022, le groupe hospitalier Paul Guiraud conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une lettre du 25 juillet 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 16 août 2022 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 13 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux ;
- l'arrêté du 31 juillet 2009 relatif au diplôme d'État d'infirmier ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de M. Grand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C était inscrite en 3ème année de formation à l'institut de formation en soins infirmiers du groupe hospitalier Paul Guiraud de Villejuif au titre de l'année 2021/2022. Le stage qu'elle effectuait au sein du service de médecine interne de l'hôpital privé d'Antony a été interrompu en raison des insuffisances professionnelles de l'étudiante. Sa situation a alors été présentée à la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants, laquelle s'est prononcée, lors de sa séance du 1er décembre 2021, en faveur de son exclusion définitive. Cette décision a été notifiée par la directrice de l'institut de formation en soins infirmiers le 2 décembre 2021. Par le présent recours, la requérante demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 12 de l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux : " La section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants est présidée par le directeur de l'institut de formation ou son représentant ". Aux termes de l'article 13 du même arrêté : " La liste des membres est fixée en annexe III du présent arrêté. () ". Aux termes de l'annexe III de l'arrêté précité relatif à la liste des membres de la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants : " Membres de droit : le directeur de l'institut de formation ou son représentant ; / un conseiller scientifique paramédical, ou médical en l'absence de conseiller scientifique paramédical, désigné par le directeur de l'institut ; / pour les instituts de formation rattachés à un établissement public de santé, le directeur des soins, coordonnateur général ou son représentant, directeur des soins, et pour les instituts de formation privés, le responsable de l'organisation des soins, ou son représentant ; / un professionnel diplômé de la filière en exercice, désigné par le directeur de l'institut de formation, exerçant hors d'un établissement public de santé ; / un enseignant de statut universitaire désigné, par le président d'université, lorsque l'institut de formation a conclu une convention avec une université ; / un médecin participant à l'enseignement dans l'institut, désigné par le directeur de l'institut ; / le ou les responsables de la coordination pédagogique des formations concernées ; / deux cadres de santé ou responsables d'encadrement de la filière, désignés par le directeur de l'institut, exerçant depuis au moins trois ans : pour le premier dans un établissement public de santé et pour le second dans un établissement de santé privé. / Membres élus : / 1. Représentants des étudiants : / deux étudiants par promotion. / Ces représentants des étudiants, ainsi que leurs suppléants sont ceux élus au sein de l'instance compétente pour les orientations générales de l'institut. / 2. Représentants des formateurs permanents élus par leurs pairs : / un formateur permanent de l'institut de formation par promotion. / Ces représentants des formateurs permanents, ainsi que leurs suppléants sont ceux élus au sein de l'instance compétente pour les orientations générales de l'institut ". Aux termes de l'article 14 du même arrêté : " Cette section se réunit après convocation par le directeur de l'institut de formation. / Elle ne peut siéger que si la majorité de ses membres est présente. / Si le quorum requis n'est pas atteint, la réunion est reportée. Les membres de la section sont à nouveau convoqués dans un délai maximum de quinze jours calendaires. La section peut alors valablement délibérer, quel que soit le nombre de présents. / Les membres de l'instance sont convoqués dans un délai minimum de quinze jours calendaires ". Enfin, aux termes de l'article 17 du même arrêté : " () Le directeur notifie, par écrit, à l'étudiant la décision prise par la section dans un délai maximal de cinq jours ouvrés après la réunion de la section. Elle figure à son dossier pédagogique () ".
3. Contrairement aux allégations de la requérante, la décision prononçant son exclusion définitive a été prise par la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants qui s'est réunie le 1er décembre 2021 pour délibérer sur sa situation. En effet, la décision du 2 décembre 2021 se borne à notifier à l'intéressée la décision prise par la section conformément aux dispositions de l'article 17 de l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux précité. En outre, sur les dix-huit membres de la section, seize membres ont siégé lors de la séance du 1er décembre 2021. Ainsi, la majorité des membres étant présente, la commission a pu valablement délibérer. Enfin, les membres de la section ont bien été convoqués quinze jours calendaires avant la tenue de la séance. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur et de l'irrégularité de la procédure doivent être écartés.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 15 de l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux : " La section rend, sans préjudice des dispositions spécifiques prévues dans les arrêtés visés par le présent texte, des décisions sur les situations individuelles suivantes : / 1. Etudiants ayant accompli des actes incompatibles avec la sécurité des personnes prises en charge ; / 2. Demandes de redoublement formulées par les étudiants ; / 3. Demandes d'une période de césure formulées par les étudiants. () ". Aux termes de l'article R. 4311-5 du code de la santé publique : " Dans le cadre de son rôle propre, l'infirmier ou l'infirmière accomplit les actes ou dispense les soins suivants visant à identifier les risques et à assurer le confort et la sécurité de la personne et de son environnement et comprenant son information et celle de son entourage : () 22° Prévention et soins d'escarres ; () ".
5. La requérante soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle ne caractérise nullement les actes incompatibles avec la sécurité des personnes prises en charge commis par l'intéressée en méconnaissance des dispositions de l'article 15 de l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux. Toutefois, la décision attaquée précise que la requérante a reporté sur une feuille de surveillance d'un patient atteint de la covid-19 un résultat qu'elle reconnaît erroné et dû à un appareillage défectueux sans en alerter l'équipe soignante alors que le résultat était une urgence absolue à traiter. Elle mentionne également que la requérante sous-estime les risques, qu'elle ne cherche pas à vérifier les paramètres avec un autre appareil, ni à mettre en place des actions non médicamenteuses relevant du rôle propre de l'infirmier sur la prévention du risque d'escarre après avoir identifié l'apparition d'un stade 1 chez un patient, qu'elle ne maîtrise pas la démarche clinique, qu'il n'est pas possible de lui confier la prise en charge d'un patient et que les insuffisances perdurent. En outre, le compte-rendu de stage de l'hôpital privé d'Antony du 25 octobre 2021 fait état d'incapacités à signaler des résultats de paramètres vitaux qui sont le signe d'une aggravation du patient et précise que la sécurité du patient est en jeu. Par ailleurs, la prévention et le soin d'escarres constitue un acte destiné à assurer le confort et la sécurité de la personne conformément aux dispositions du 22° de l'article R. 4311-5 du code de la santé publique. Dans ces conditions, alors que la requérante a accompli des actes incompatibles avec la sécurité des personnes prises en charge, le moyen tiré d'une erreur de droit au regard des dispositions précitées doit être écarté.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article 16 de l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux : " Lorsque l'étudiant a accompli des actes incompatibles avec la sécurité des personnes prises en charge, le directeur de l'institut de formation, en accord avec le responsable du lieu de stage, et le cas échéant la direction des soins, peut décider de la suspension du stage de l'étudiant, dans l'attente de l'examen de sa situation par la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants. Cette section doit se réunir, au maximum, dans un délai d'un mois à compter de la survenue des faits. / Lorsque la section se réunit, en cas de suspension ou non, elle peut proposer une des possibilités suivantes : / soit alerter l'étudiant sur sa situation en lui fournissant des conseils pédagogiques pour y remédier ou proposer un complément de formation théorique et/ ou pratique selon des modalités fixées par la section ; / soit exclure l'étudiant de l'institut de façon temporaire, pour une durée maximale d'un an, ou de façon définitive ".
7. Il ressort des pièces du dossier que la requérante a rencontré des difficultés persistantes tout au long de sa formation sur le plan de l'acquisition et de la mise en pratique des connaissances et compétences professionnelles. Elle n'a atteint la troisième année de formation qu'après avoir redoublé tant la première que la deuxième année, années au titre desquelles il lui reste encore, à la date de la décision attaquée, des crédits ECTS à valider. En outre, elle a échoué à valider des stages chaque année de formation. Son stage de semestre 5 effectué au sein du service de médecine interne de l'hôpital privé d'Antony a été interrompu en raison des insuffisances professionnelles de l'étudiante. Contrairement à ses allégations, la requérante n'établit pas que le service de médecine interne de l'hôpital privé d'Antony ait fait preuve d'une animosité particulière à son égard. En particulier, l'insuffisance de ses connaissances théoriques et ses difficultés dans l'exécution des soins y sont relevées dès les stages effectués au cours de sa première année de formation. Il est également relevé que l'étudiante reporte souvent en première intention ses difficultés sur les autres. La tutrice du stage effectué au SSIAD Saint-Luc a d'ailleurs noté qu'il était nécessaire de revoir l'orientation professionnelle de l'intéressée. Dès lors, eu égard à la persistance des difficultés de la requérante et à la gravité des faits reprochés ainsi qu'il a été exposé au point 5, c'est sans erreur de fait, ni erreur d'appréciation, que la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants a pu, à la suite de l'interruption d'un stage survenue au cours de la cinquième année d'inscription de la requérante au sein de l'établissement, décider son exclusion définitive pour motif pédagogique. Dès lors, les moyens tirés d'erreurs de fait et d'une erreur d'appréciation soulevés par la requérante doivent être écartés.
8. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée par laquelle elle a été exclue à titre définitif de l'institut de formation en soins infirmiers du groupe hospitalier Paul Guiraud. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au directeur du groupe hospitalier Paul Guiraud.
Copie en sera adressée à l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier Paul Guiraud.
Délibéré après l'audience du 17 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Jeannot, première conseillère,
Mme Blanc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mars 2023.
La rapporteure,
F. ALa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026