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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2201668

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2201668

vendredi 31 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2201668
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantDALMAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 février 2022 et le 10 février 2023, M. H D, représenté par Me Dalmas, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 février 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions contenues dans l'arrêté en litige :

- l'arrêté en litige a été pris par un auteur incompétent ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée en droit et en fait ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ; il séjourne en France depuis plus de 11 ans ; il a un domicile chez sa mère et son beau-père français, et un domicile plusieurs mois chez la mère de son fils A, ; il contribution à l'éducation et à l'entretien de son enfant français ;

- il méconnaît les dispositions du 10ème alinéa du préambule de la constitution de 1946 concernant le droit des étrangers à mener comme les nationaux une vie familiale normale ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il est le père d'enfant français dont il s'occupe de manière régulière ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne pour la sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il réside sur le territoire français de manière continue depuis plus de 12 ans et vit avec son enfant et la mère de celui-ci;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, ainsi que l'article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa vie privée et familiale et sa vie personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'une erreur de droit, en ce que l'arrêté indique que son entrée en France est récente alors qu'il justifie d'une présence continue en France depuis 2011 ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa vie privée et familiale et sa vie personnelle ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Par une ordonnance n° 2201586 du 23 mars 2022, le juge des référés du tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. D tendant à la suspension des effets de l'arrêté du 14 février 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui fa fait obligation de quitter le territoire français sans délai et lui a interdit de revenir sur le territoire français pendant un an sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative pour irrecevabilité.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné M. B pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, M. B a lu son rapport en l'absence des parties qui n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. M'Ahmed Zaki D., ressortissant algérien né le 12 avril 1993 à El Harrach (Algérie) déclare être entré sur le territoire italien en 2011 en qualité d'étudient, avant d'entrer sur le territoire français et de s'y maintenir. Le requérant a été interpellé le 14 février 2022 par des agents de la force publique alors qu'il conduisait un véhicule terrestre à moteur sans être titulaire d'un permis de conduire. Par un arrêté du 14 février 2022, le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'un an.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions contestées :

2. Par un arrêté n° 21/BC/136 du 10 septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour, le préfet de Seine-et-Marne a donné à Mme F C, adjointe à la cheffe du bureau de l'éloignement, délégation de signature aux fins de signer la décision faisant obligation à M. D de quitter le territoire français et lui faisant interdiction d'y retourner pendant un an. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. Aux termes de l'article L. 611-1 de ce code prévoit que " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; () ".

4. En premier lieu, le premier alinéa de de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. ". D'une part, M. D ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration à l'appui du moyen tiré du défaut de motivation de la décision litigieuse dès lors que la motivation des obligations de quitter le territoire français est explicitement prévue au premier alinéa de l'article L. 613-1 précité. D'autre part, l'arrêté en litige du 14 février 2022 fait référence aux dispositions du point 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi qu'à celles du point 6° de ce même article. En outre, cet arrêté mentionne que si M. D a déclaré être entré en France en 2011, il s'y maintient sans être en possession des documents exigées à l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si l'arrêté critiqué indique que l'intéressé reconnaît travailler sans autorisation, méconnaissant ainsi les dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail, ce motif, précédé par la locution adverbiale " par ailleurs ", ne constitue pas le motif déterminant de la mesure d'éloignement et, par suite, ne prive pas la motivation de l'arrêté de son intelligibilité. Dans ces conditions, l'arrêté du 14 février 2022 du préfet de Seine-et-Marne doit être regardé comme énonçant de façon suffisamment précise les motifs de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision attaquée. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de la motivation en droit et en fait de la décision attaquée ne peut qu'être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté en litige, ni des autres pièces versées au dossier, que le préfet de Seine-et-Marne n'aurait pas procédé, compte tenu des informations en sa possession à la date de sa décision, à un examen particulier de la situation personnelle, matrimoniale et familiale de M. D. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation personnelle doit être écarté comme manquant en fait.

5. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; () ".

6. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. D a reconnu le 9 décembre 2015 sa paternité à l'égard du jeune A né le 15 avril 2014. Toutefois, si le requérant produit une attestation en date du 7 février 2022 établie par Mme E G, mère du jeune A, indiquant qu'elle reçoit une pension alimentaire de l'intéressé, cette seule attestation ne suffit pas à établir qu'il contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de son enfant. De même, si M. D verse aux débats une attestation en date du 14 mai 2019 de la société d'exercice libéral à responsabilité limitée Aequae Avocats associés indiquant que le requérant a remis à cette société la somme de 500 euros, cette attestation ne permet pas de déduire que cette somme constitue une contribution à l'entretien matériel de l'enfant. De plus, M. D produit au dossier des relevés de compte établis par la société Revolut montrant qu'il a attribué à sept reprises une somme de 100 euros à Mme G du mois de juillet 2021 au mois de janvier 2022, soit une fois par mois sur une période de sept mois. Dans ces conditions, M. D, qui ne démontre pas avoir contribué effectivement à l'entretien du jeune A depuis sa naissance, ne démontre pas non plus avoir contribué effectivement à l'entretien de cet enfant pendant au moins deux ans.

7. D'autre part, M. D soutient dans ses écritures disposer de plusieurs domiciles en France, chez sa mère et chez Mme G. L'intéressé verse aux débats des documents administratifs ou commerciaux qui lui sont adressés et où figurent une adresse au 21 avenue Kennedy au Bourget chez sa mère et son beau-père et au 11 rue Milon à Jouarre chez Mme G. Toutefois, compte tenu de leur faible nombre et de leur faible valeur probante, M. D ne démontre pas par ces pièces qu'il entretiendrait une communauté de vie avec la mère du jeune A. Dans ces conditions, l'absence de communauté de vie entre M. D et Mme G à Jouarre ne permet pas de faire présumer que le requérant exercerait au lieu de résidence de l'enfant des actes éducatifs à l'égard du jeune A au sens de l'article 371-2 du code civil. Par suite, M. D ne saurait être regardé, sur la base des pièces qu'il produit au dossier, comme ayant satisfait à la condition de contribution effective à l'entretien et à l'éducation d'un enfant français depuis sa naissance ou depuis au moins deux ans au sens des dispositions du point 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

9. D'une part, M. D, né le 12 avril 1993, soutient qu'il est présent en France depuis 2011, et que par sa longue présence sur le territoire français, il doit être regardé comme y ayant fixé le centre de ses intérêts privés et qu'il est bien inséré dans la société française. Toutefois, le requérant n'apporte pas suffisamment d'élément de nature à démontrer la continuité de sa présence en France depuis l'année 2011. En outre, les pièces qu'il produit ne justifient pas de son insertion dans la société française. D'autre part, s'il n'est pas contesté que la mère du requérant se serait installée en France, où elle a épousé un ressortissant français, et que sa propre sœur ou demi-sœur résiderait dans ce foyer, M. D n'établit pas qu'il serait dépourvu de toute attache familiale ou privée dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à sa venue en Italie à l'âge de 17 ans selon ses propres déclarations. Enfin, si M. D soutient qu'il contribue à l'éducation et à l'entretien du jeune A né de ses œuvres avec une ressortissante française, il ne l'établit pas pendant une période suffisamment longue permettant d'établir qu'en lui faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet de Seine-et-Marne aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision a été prise. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

10. En cinquième lieu, aux termes du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Aux termes de l'article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Les enfants ont droit à la protection et aux soins nécessaires à leur bien-être. Ils peuvent exprimer leur opinion librement. Celle-ci est prise en considération pour les sujets qui les concernent, en fonction de leur âge et de leur maturité. 2. Dans tous les actes relatifs aux enfants, qu'ils soient accomplis par des autorités publiques ou des institutions privées, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. 3. Tout enfant a le droit d'entretenir régulièrement des relations personnelles et des contacts directs avec ses deux parents, sauf si cela est contraire à son intérêt. ".

11. Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Toutefois, et ainsi qu'il a été dit aux points 6 et 7 du présent jugement, M. D ne démontre pas qu'il contribue effectivement à l'éducation et à l'entretien de son fils depuis sa naissance ou pendant une période substantielle. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait porté une atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant en faisant obligation à M. D de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du paragraphe I de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté. Pour ces mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit également être écarté.

12. En sixième lieu, si M. D produit une promesse d'embauche en qualité de livreur au sein de la société " Le Monastère " dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée à temps complet pour un salaire brut de 1 600 euros, ce seul document, qui n'est corroboré par aucune autre pièces du dossier, ne permet pas d'établir la réalité de son insertion professionnelle. A cet égard et compte tenu énonciations citées aux points 6, 7 et 9 du présent jugement, il n'y pas lieu de considérer qu'en faisant à M. D obligation de quitter le territoire français, le préfet de Seine-et-Marne aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation professionnelle et personnelle.

13. En septième lieu, le principe posé par les dispositions du dixième alinéa du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, auquel se réfère la Constitution du 4 octobre 1958, aux termes desquelles : " La nation assure à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement " ne s'impose à l'autorité administrative, en l'absence de précision suffisante, que dans les conditions et les limites définies par les dispositions contenues dans les lois ou dans les conventions internationales incorporées au droit français. Par suite, M. D ne saurait utilement, pour critiquer la légalité de la décision contestée, invoquer ce principe indépendamment de ces dispositions.

14. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 14 février 2022 lui faisant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

15. En premier lieu, si M. D verse aux débats certaines pages d'un passeport algérien revêtu d'un visa de type D multi-entrée délivré par les autorités italiennes couvrant la période du 19 septembre 2010 au 4 octobre 2011 attestant du franchissement par l'intéressé de frontières internationales les 22 septembre 2010, 23 décembre 2010 et 13 janvier 2011, ce dernier n'établit toutefois pas par les rares pièces qu'il produit la continuité de son séjour en France de 2011 à 2021. Si le requérant établit pas par les factures commerciales, attestations, reconnaissance de paternité et lettre administrative qu'il produit une présence ponctuelle en France de 2012 à 2019, il ne démontre cependant pas avoir fixé une résidence continue sur le territoire français au cours de cette période. Par suite, M. D n'établissant pas, par les seules pièces qu'il produit la continuité de son séjour, le préfet de Seine-et-Marne a pu regarder sa dernière entrée en France, dont la date ne ressort pas des pièces du dossier, comme récente. Dès lors, en estimant pour prononcer l'interdiction de retour de M. D sur le territoire français que son entrée était récente, le préfet de Seine-et-Marne n'a pas commis d'erreur de fait de nature à révéler une erreur de droit.

16. En deuxième lieu, l'arrêté en litige fait référence aux dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que M. D déclare être entré en 2011 sur le territoire français tout en indiquant que son entrée est récente, précise que l'intéressé s'est déclaré célibataire et avoir un enfant qui n'est pas à sa charge, et ajoute qu'il est défavorablement connu des services compte tenu de son identification comme mis en cause lors de la commission d'infraction de violence avec arme, de violence sans incapacité temporaire totale sur conjoint, de recels, de conduite sans permis, de détention de stupéfiants et de revente de stupéfiants et d'usurpation du nom d'un tiers. Si l'arrêté en litige ne se prononce pas sur l'existence d'une mesure d'éloignement antérieure, cette circonstance est sans incidence sur la motivation de la décision en litige, dès lors que le préfet ne s'est pas fondé sur cette considération pour édicter une telle mesure. Par suite, l'arrêté en litige atteste de la prise en compte par l'autorité préfectorale, au vu de la situation de l'intéressé, des quatre critères énoncés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision en litige doit être écarté comme manquant en fait.

17. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ".

18. Ainsi qu'il a été dit aux points 6, 7 et 9, si M. D justifie d'attaches familiales en France ainsi que de l'existence d'un enfant français, il ne démontre toutefois pas être dépourvu de toutes attaches familiales ou privées dans son pays d'origine et il ne démontre pas contribuer à l'entretien matériel ou à l'éducation de son enfant sur une période substantielle. Dans ces conditions, en ne retenant pas de circonstances humanitaires justifiant qu'il ne prononce pas d'interdiction de retour à l'encontre du requérant, le préfet de Seine-et-Marne n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation eu égard aux considérations qui précèdent sur la durée et les conditions de séjour en France, ainsi que sur la situation familiale de l'intéressé. Enfin, en fixant la durée de cette interdiction de retour sur le territoire français à un an, cette autorité n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation eu égard à ces mêmes considérations.

19. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 14 février 2022 portant interdiction de retour sur le territoire français.

20. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 14 février 2022. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

D E C I D E

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. H D et au préfet de Seine-et-Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2023.

Le magistrat désigné,

S. BLa greffière,

L. DARNAL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2201668

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