jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2201755 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ARVIS & KOMLY-NALLIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, respectivement enregistrés les
22 février et 4 novembre 2022, M. A B, représenté par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 octobre 2021 par laquelle le maire de la commune de Boutigny a refusé de lui communiquer les dossiers de demande de permis de construire ou d'aménager, les dossiers de déclaration de travaux, les arrêtés ou décisions d'autorisation ou refus pris sur ces dossiers, relatifs aux parcelles situées à proximité des parcelles ZS23 et ZS24 de la commune de Boutigny, et comportant des constructions ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Boutigny de lui communiquer les documents sollicités, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Boutigny la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les documents sollicités sont des documents administratifs communicables en applications des articles L. 300-2 et L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- dès lors que les documents sollicités étaient clairement identifiés, sa demande était suffisamment précise ;
- la commune a l'obligation de transférer sa demande à l'administration qui détient les documents qu'il sollicite.
Par deux mémoires en défense, respectivement enregistrés les 6 mai et 3 novembre 2022, la commune de Boutigny conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- par courrier du 11 octobre 2021, elle a convenu du caractère communicable des documents sollicités par l'intéressé ;
- la demande de M. B n'est pas suffisamment précise ;
- les documents relatifs aux parcelles ZR8, ZR74, ZR75, ZS3, ZL38, ZL37, ZL35, ZL36 ont été communiqués à l'intéressé ;
- la recherche des pièces relatives aux pièces cadastrées ZU112 à ZU114, ZU55 à ZU60, et ZU60 à ZU66 est en cours ;
- eu égard à de nombreux changements de compétence depuis 1967 relativement aux documents sollicités, et en l'absence d'identification suffisamment précise des documents demandés, il est difficile d'identifier l'administration compétente pour connaître de la demande du requérant ;
- elle n'a pas trouvé les documents relatifs aux parcelles ZU112 à ZU114, ZU55 à ZU60 et ZU66.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gracia, président-rapporteur,
- les conclusions de Mme Salenne-Bellet, rapporteure publique,
- les observations de M. C, maire de Boutigny.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 17 septembre 2021, M. B a sollicité de la commune de Boutigy la communication par courriel, ou à défaut, par voie postale, des copies des dossiers de demande de permis de construire ou d'aménager, des dossiers de déclaration de travaux, arrêtés ou décisions d'autorisation ou refus pris sur ces dossiers, relatifs aux parcelles situées à proximité des parcelles ZS23 et ZS24, notamment aux parcelles ZR8, ZR74, ZR75, ZI5, ZS3, ZU112 à ZU114, ZL35 à ZL38, ZU55 à ZU60, et ZU66 de la commune de Boutigny. Le 11 octobre 2021, le maire de la commune a rejeté la demande de M. B en ce qui concerne les documents antérieurs à 1987, et l'a invité à consulter le surplus des documents en mairie. Le
23 novembre 2021, le requérant a saisi la commission d'accès aux documents administratifs (" CADA ") d'une demande d'avis sur le caractère communicable des documents sollicités le
17 septembre 2021. Le 24 janvier 2022, la CADA a émis un avis favorable sous réserve à leur communication. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision du 23 janvier 2022 par laquelle le maire de la commune de Boutigny a maintenu son refus de lui communiquer les documents sollicités par courrier du
17 septembre 2021.
Sur l'exception de non-lieu opposée par la commune de Boutigny :
2. D'une part, en annexe de son mémoire en défense du 6 mai 2022, la commune de Boutigny a communiqué une décision d'autorisation de permis de construire du 23 septembre 1987 pour la parcelle ZR8, une décision du 31 décembre 1987 accordant un certificat de conformité de travaux pour la parcelle ZS3, une décision du 6 novembre 1992 autorisant le projet de construction sur les parcelles ZL35 à ZL38 et un avis du 8 janvier 1971 sur une demande de permis de construire pour la parcelle ZI5. D'autre part, en annexe de son mémoire du 3 novembre 2022, la commune de Boutigny a communiqué un arrêté d'avis favorable, une demande de permis de construire, l'avis favorable du préfet, un courrier de modification des délais d'instruction et le plan de situation pour la parcelle ZR8, un certificat de conformité des travaux effectués sur la parcelle ZS3, une autorisation de travaux, une déclaration de travaux, un bordereau de transmission et un relevé détaillé des travaux relatifs aux parcelles ZL35 à ZL38, une demande de pièces complémentaires, un avis du marie, une demande de permis de construire, un plan de situation, un certificat de conformité, un arrêté d'autorisation de construction et un descriptif de la construction pour la parcelle ZI5. Ces mémoires et leurs annexes ont été communiqués les 6 mai et 3 novembre 2022, à M. B qui ne conteste pas qu'il s'agit là des documents sollicités. Dès lors, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions relatives à la communication de ces documents.
3. En revanche, il ne ressort pas des pièces du dossier que les documents sollicités relatifs aux parcelles ZR74 et ZR75 auraient été communiqués au requérant. Par suite, l'exception de non-lieu opposée par la commune de Boutigny doit être écartée en ce qui concerne ces documents.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 300-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le droit de toute personne à l'information est précisé et garanti par les dispositions des titres Ier, III et IV du présent livre en ce qui concerne la liberté d'accès aux documents administratifs ". Aux termes de l'article L. 300-2 du code précité : " Sont considérés comme documents administratifs () les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par () les collectivités territoriales (). Constituent de tels documents notamment les dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, prévisions, codes sources et décisions ". Selon l'article L. 311-1 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre ". Aux termes de l'article L. 311-2 du code des relations entre le public et l'administration : " () Lorsqu'une administration mentionnée à l'article L. 300-2 est saisie d'une demande de communication portant sur un document administratif qu'elle ne détient pas mais qui est détenu par une autre administration mentionnée au même article, elle la transmet à cette dernière et en avise
l'intéressé. () ". Selon l'article L. 311-6 du code précité : " Ne sont communicables qu'à l'intéressé les documents administratifs : 1° Dont la communication porterait atteinte à la protection de la vie privée () ".
5. Il résulte de ces dispositions que les dossiers de demande de permis de construire ou d'aménager, les dossiers de déclaration de travaux, les arrêtés ou décisions d'autorisation ou refus pris sur ces dossiers, relatifs aux parcelles d'une commune sont des documents administratifs communicables aux sens des dispositions du code des relations entre le public et l'administration. A cet égard, d'une part, contrairement à ce que fait valoir la commune de Boutigny, la demande de M. B, qui identifie précisément les parcelles concernées ainsi que leur position, est suffisamment précise nonobstant la circonstance que ce dernier n'identifie pas la date des documents dont il sollicite la communication. D'autre part, lorsqu'une administration est saisie d'une demande de communication portant sur un document administratif qu'elle ne détient pas et qu'elle estime être détenue par une autre administration, elle est tenue de la transmettre à cette dernière et d'en aviser l'intéressé. A cet égard, la commune fait valoir, s'agissant des documents sollicités en ce qui concerne les parcelles ZU112 à ZU114, ZU55 à ZU60 et ZU66, qu'il lui est difficile d'identifier l'administration compétente en raison de l'intervention de nombreuses normes entre 1967 et 2020 modifiant l'autorité compétente en matière de document individuel d'urbanisme. Toutefois, la commune précise l'historique des autorités compétentes en la matière depuis 1967, dont font partie la communauté de communes du Pays de Créçois, les services de l'Etat et la communauté d'agglomération du Pays de Meaux. Dans ces conditions, il appartenait à la commune de Boutigny de transmettre la demande de M. B à ces administrations. Par suite, et sans qu'y fassent obstacles les circonstances que la commune ait convenu le 11 octobre 2021 du caractère communicable des documents demandés, et que la recherche de certains de ces documents est en cours, M. B est fondé à soutenir que la décision du 23 janvier 2022 par laquelle le maire de la commune de Boutigny a maintenu son refus de lui communiquer les copies des dossiers de demande de permis de construire ou d'aménager et dossiers de déclaration de travaux, et les arrêtés ou décisions d'autorisation ou refus pris sur ces dossiers pour les parcelles ZU55 à ZU60, ZU66, ZR74, ZR75 et ZU112 à ZU114.
6. Il résulte de ce qui précède que la décision du 23 janvier 2022 cité au point précédent doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement implique qu'il soit enjoint à la commune de Boutigny de communiquer à M. B les copies des dossiers de demande de permis de construire ou d'aménager, dossiers de déclaration de travaux et arrêtés ou décisions d'autorisation ou refus pris sur ces dossiers pour les parcelles ZU55 à ZU60, ZU66, ZR74, ZR75 et ZU112 à ZU114, par courriel ou à défaut par voie postale, sous réserve qu'ils existent, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, ou à défaut de les détenir, de transmettre la demande de M. B aux administrations compétentes dans les mêmes conditions de délai.
Sur les frais liés au litige :
8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Boutigny la somme que réclame M. B au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête en ce qui concerne les demandes de permis de construire ou d'aménager, les dossiers de déclaration de travaux, arrêtés ou décisions d'autorisation ou refus pris sur ces dossiers, relatifs aux parcelles ZR8, ZS3, ZL35 à ZL38 et ZI5.
Article 2 : La décision du 23 janvier 2022 par laquelle le maire de la commune de Boutigny a maintenu son refus de communiquer à M. B la copies des dossiers de demande de permis de construire ou d'aménager, dossiers de déclaration de travaux et des arrêtés ou décisions d'autorisation ou refus pris sur ces dossiers pour les parcelles ZU55 à ZU60, ZU66, ZR74, ZR75, et ZU112 à ZU114, est annulée.
Article 3 : Il est enjoint à la commune de Boutigny de communiquer à M. B les documents visés à l'article 2 dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, et dans les conditions mentionnées au point 7, ou à défaut de les détenir, de transmettre la demande de M. B aux administrations compétentes dans les mêmes conditions de délai.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au maire de la commune de Boutigny.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gracia, président-rapporteur,
M. Israël, premier conseiller,
Mme Potin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 24 novembre 2022.
Le président-rapporteur,
J-Ch. Gracia L'assesseur le plus ancien,
D. Israël
La greffière,
C. Mahieu
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026