jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2201926 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BOUKHELOUA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 février 2022, M. P F, Mme C I, Mme A N, M. K H, M. G L, M. Q M, M. B J, M. E D et M. O demandent au tribunal d'annuler la délibération n°2022-009 du 17 février 2022 par laquelle le conseil municipal de la commune du Kremlin-Bicêtre a fixé les tarifs applicables au marché forain à partir du
1er mars 2022.
Ils soutiennent que :
- la délibération attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que la note de synthèse, qui a été communiquée aux conseillers municipaux en application de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales, ne comportait pas une information préalable suffisante ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tenant à la méconnaissance de l'article 2 du règlement intérieur du conseil municipal ;
-la délibération attaquée est insincère en ce qu'elle a augmenté, sans le dire, les tarifs de 2% ;
- elle méconnaît le principe d'égalité devant les charges publiques en définissant des tarifications différenciées selon certains critères.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 décembre 2023 et le 29 avril 2024, la commune du Kremlin-Bicêtre, représentée par Me Boukheloua, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés à l'appui de la requête sont infondés.
Par ordonnance du 30 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 15 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fanjaud,
- les conclusions de M. Allègre, rapporteur public,
- et les observations de Me Boukheloua, représentant la commune du Kremlin-Bicêtre.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 17 février 2022, le conseil municipal de la commune du Kremlin-Bicêtre a fixé les tarifs applicables au marché forain à partir du 1er mars 2022. Dans la présente instance, M. F, Mme I, Mme N, M. H, M. L, M. M, M. J, M. D et M. Khiar, conseillers municipaux, demandent au tribunal d'annuler cette délibération.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
S'agissant de la légalité externe de la délibération :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal () ".
3. Si les requérants invoquent la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales préalablement à l'adoption de la délibération attaquée, ils exposent toutefois, au soutien de leur moyen, que la note de présentation du budget prévisionnel au titre de l'année 2022 aurait dû contenir les impacts en termes de recettes et de dépenses et auraient dû être explicités en détails au conseil municipal, et non de manière allusive. Or, la délibération du 16 décembre 2021 relative au budget de la commune ne constitue pas la base légale de la délibération litigieuse, et n'a pas été prise pour son application. Dès lors, le moyen tiré d'un vice de procédure doit être écarté.
4. En second lieu, l'article 2 du règlement intérieur du conseil municipal du Kremlin-Bicêtre, dans sa version du 26 novembre 2020, dispose que " () Les rapports et projets de délibérations sont transmis aux conseillers municipaux treize jours avant la tenue du conseil municipal. Les avis rendus par les commissions, qui donnent lieu à un relevé de décisions, sont adressés aux conseillers municipaux avec les rapports et délibérations modifiés dans un délai qui ne peut être inférieur à cinq jours francs. () ".
5. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
6. Les requérants soutiennent que la délibération attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière en raison de la méconnaissance de l'article 2 du règlement intérieur du conseil municipal du Kremlin-Bicêtre. S'il est constant que la commune a reconnu avoir transmis des modifications aux rapports et délibérations moins de cinq jours avant la réunion du conseil municipal en méconnaissance des dispositions précitées, il ressort des pièces du dossier que, d'une part, seuls les montants des tarifs ont fait l'objet d'une modification entre le projet initial et le projet rectificatif, en proposant une tarification au mètre linéaire hors taxe plutôt qu'une tarification incluant la taxe sur la valeur ajoutée, et ce après que la commune a constaté que la reprise en régie autonome impliquait que les tarifs ne soient plus assujettis à cette taxe. D'autre part, la tarification devant entrer en vigueur au plus tard le 1er mars 2022, concomitamment au changement de mode de gestion, la commune a communiqué dans l'urgence aux conseillers municipaux le compte-rendu de la commission municipale qui s'est tenue le 14 février 2022 et a émis un avis favorable à la nouvelle tarification du mètre linéaire hors taxe applicable aux marchés forains, de sorte que les conseillers municipaux ont pu prendre connaissance du projet rectificatif de délibération préalablement à la réunion du conseil municipal le 17 février 2022. Dans ces conditions, eu égard à la nature et à la portée des modifications apportées, leur transmission tardive n'a pas été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise, et n'a pas privé les intéressés d'une garantie. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure tenant à une adoption irrégulière de la délibération doit être écarté.
S'agissant de la légalité interne de la délibération :
7. En premier lieu, les requérants soutiennent que la délibération attaquée serait insincère en en ce qu'elle a augmenté, sans le dire, les tarifs du marché de 2 % à partir du
1er mars 2022. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la tarification adoptée par le conseil municipal du Kremlin-Bicêtre par la délibération du 17 février 2022 reprend la même tarification que celle appliquée par la société délégataire au titre de l'année 2021, en montants hors taxe. Au demeurant, le principe de libre administration des collectivités territoriales ne s'oppose pas à ce que les communes puissent fixer librement les tarifs qu'elles souhaitent appliquer conformément aux dispositions du code général des collectivités territoriales et dans les limites fixées par les lois et les règlements. Il s'ensuit que ce moyen n'est pas fondé et doit être écarté.
8. En second lieu, le principe d'égalité ne s'oppose pas à ce que l'autorité investie du pouvoir réglementaire règle de façon différente des situations différentes ni à ce qu'elle déroge à l'égalité pour des raisons d'intérêt général, pourvu que la différence de traitement qui en résulte soit, dans l'un comme l'autre cas, en rapport avec l'objet de la norme qui l'établit et ne soit pas manifestement disproportionnée au regard des différences de situation susceptibles de la justifier.
9. Les requérants soutiennent que la délibération attaquée méconnaitrait le principe d'égalité dès lors qu'elle définit des tarifs de droits de place et de collecte différents selon que le commerçant soit abonné ou non abonné et selon que la nature du produit vendu soit alimentaire ou manufacturé. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la commune défenderesse justifie la double distinction de tarification opérée par plusieurs considérations. D'une part, s'agissant de la distinction opérée entre les commerçants abonnés et de ceux qui ne le sont pas, la commune indique que les commerçants abonnés s'engagent sur une durée fixée au préalable de trois à six mois et à utiliser un emplacement qui leur est réservé, contrairement aux commerçants non abonnés dont la présence est ponctuelle et qui ne disposent d'aucune garantie de pouvoir en bénéficier à l'avance. Dans ces conditions et notamment en contrepartie de leur engagement, la délibération attaquée a pu, au regard de la différence de situation, et sans méconnaitre le principe d'égalité, maintenir une tarification préférentielle au profit des commerçants abonnés. D'autre part, s'agissant de la distinction opérée entre les commerçants alimentaires et les commerçants manufacturés, la commune la justifie par des considérations liées à la nature même des produits vendus, ces deux catégories étant installées sur des emplacements géographiquement distincts. La commune ajoute en outre que le métrage utilisé par les commerçants alimentaires est généralement beaucoup plus important que le métrage des commerçants manufacturés, de sorte que le tarif étant facturé au mètre linéaire, celui des commerçants alimentaires est moins onéreux que celui des commerçants non alimentaires, et que la distinction se justifie dans l'objectif que le cout total du droit de place puisse s'équilibrer de manière proportionnée entre ces catégories de commerçants. Il en va de même s'agissant de la collecte des déchets. Enfin, la commune motive la différenciation tarifaire retenue par une tendance naturelle à la surreprésentation des produits manufacturés compensée, dans un objectif d'intérêt général, par une tarification préférentielle mais non disproportionnée en faveur des commerçants de biens alimentaires. Dans ces circonstances, le dispositif de tarification différenciée retenu et reconduit par la commune, puis adopté par la délibération du conseil municipal, n'apparait pas disproportionné et n'est pas contraire au principe d'égalité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe d'égalité doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. F, Mme I, Mme N, M. H, M. L, M. M, M. J, M. D et M. Khiar doit être rejetée en toutes leurs conclusions.
Sur les frais liés au litige :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des requérants la somme que leur réclame la commune du Kremlin-Bicêtre, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F, Mme I, Mme N, M. H,
M. L, M. M, M. J, M. D et M. Khiar est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune du Kremlin-Bicêtre au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. P F, Mme C I, Mme A N, M. K H, M. G L, M. Q M,
M. B J, M. E D et M. O et à la commune du Kremlin-Bicêtre.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
M. Pradalié, premier conseiller,
M. Fanjaud, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
Le rapporteur,
C. FANJAUD
Le président,
D. LALANDELa greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026