lundi 3 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2202207 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | LAROSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 mars 2022, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 21 février 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office.
M. B soutient que :
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle méconnaît son droit d'être préalablement entendu.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'elle est mal fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique tenue le 21 mars 2023 en présence de Mme Riellant, greffière d'audience :
- le rapport de Mme E ;
- les observations de Me Larose, représentant M. B, absent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en faisant plus particulièrement valoir que M. B n'a pas reçu notification de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et n'a en conséquence pas pu saisir la Cour nationale du droit d'asile dans les délais ; il a appris quelques mois après le rejet de sa demande d'asile qu'il a été définitivement condamné dans son pays d'origine où il est accusé à tort de meurtre ; il y a subi des tortures, ainsi que les membres de sa famille ; il a présenté une demande de réexamen de sa demande d'asile en se prévalant de cet élément nouveau, et l'instruction de cette demande, qui a été enregistrée en procédure accélérée le 20 octobre 2022 et pour lequel il a une attestation valable jusqu'au 19 avril 2023, est toujours en cours ; il encourt donc des risques sérieux en cas de retour dans son pays d'origine.
- le préfet de Seine-et-Marne n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que M. B, ressortissant bangladais, serait entré en France le 23 août 2021 et a sollicité l'asile le 19 septembre 2021. Cette demande a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par une décision du 15 décembre 2021. Par un arrêté en date du 21 février 2022, le préfet de Seine-et-Marne, sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours à compter de la notification de l'arrêté et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office. Par la requête susvisée, M. B demande l'annulation de ces décisions.
2. En premier lieu, M. C D a pu légalement signer l'arrêté contesté en vertu d'une délégation que le préfet de Seine-et-Marne lui a consentie par un arrêté n° 21/BC/062 du 19 juillet 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté contesté énonce les considérations de droit et de fait qui fondent les décisions qu'il comporte et qui sont, par suite, suffisamment motivées.
4. En troisième lieu, si le droit d'être entendu en tant qu'il fait partie intégrante du respect des droits de la défense, lequel constitue un principe général du droit de l'Union européenne, se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts, un tel droit ne saurait toutefois être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente serait tenue, dans tous les cas, d'entendre de façon spécifique l'intéressé. Notamment, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision.
5. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier, pas plus que de la situation personnelle, familiale et professionnelle de M. B, qu'à supposer que celui-ci ait détenu des informations relatives à sa situation personnelle, de telles informations, si elles avaient pu être communiquées à l'autorité préfectorale avant que ne soit pris l'arrêté litigieux, auraient été de nature à faire obstacle à l'édiction des décisions qu'il contient. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté comme infondé.
6. En quatrième lieu, il résulte de la fiche telemofpra que la décision du 15 décembre 2021 par laquelle l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté la demande d'asile de M. B lui a été notifiée le 18 décembre 2021 et que le pli de cette notification est revenu au service. Le requérant n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause l'exactitude des mentions portées dans cette application informatique, qui font foi jusqu'à preuve du contraire en vertu de l'article R. 531-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides était devenue définitive à la date de l'arrêté contesté, en vertu des dispositions combinées de l'article L. 532-1 et du 1er alinéa de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En cinquième lieu, la légalité d'une décision administrative s'apprécie à la date de son édiction. Si le requérant fait valoir à l'audience, par la voie de son conseil, qu'il a présenté une demande de réexamen de sa situation au regard de l'asile, il résulte des pièces qu'il produit à l'audience que cette demande est postérieure à l'arrêté attaqué et ne peut, en conséquence, avoir d'incidence sur sa légalité.
8. En dernier lieu, le requérant n'apporte aucun élément de nature à établir la réalité et l'actualité des risques qu'il déclare encourir en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de Seine-et-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2023.
La présidente
Signé : C. ELa greffière,
Signé : N. Riellant
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026