Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2202252
jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2202252 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 mars 2022, Mme A B, représentée par Me Hug, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 novembre 2021 par laquelle le préfet des Pyrénées Orientales a ordonné sa remise aux autorités espagnoles ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Le préfet des Pyrénées orientales a été mis en demeure de présenter ses observations en défense par un courrier du 22 juin 2023.
Par courrier du 26 avril 2024, Mme B a été invitée à régulariser sa requête dans le délai de quinze jours en adressant au tribunal la décision ou l'acte attaqué ou, si l'administration n'a pas répondu à sa demande, la pièce justifiant de la date du dépôt de cette demande auprès de l'administration, conformément aux dispositions de l'article R. 412-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire, enregistré le 29 avril 2024, Mme B, représentée par Me Hug, indique, en réponse à la demande de régularisation de la requête, qu'elle n'est pas en possession de la décision attaquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 février 2022.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ". Et aux termes de l'article R. 412-1 du même code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. () ".
2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ". Si, lorsque le défendeur n'a produit aucun mémoire, le juge administratif n'est pas tenu de procéder à un telle mise en demeure avant de statuer, il doit, s'il y procède, en tirer toutes les conséquences de droit et il lui appartient seulement, lorsque les dispositions précitées sont applicables, de vérifier que l'inexactitude des faits exposés dans les mémoires du requérant ne ressort d'aucune pièce du dossier.
3. Par courrier du 26 avril 2024 notifié le lendemain, le greffe a invité Mme B à régulariser sa requête en produisant dans un délai de quinze jours la décision attaquée ou la pièce justifiant de la date du dépôt de sa réclamation auprès de l'administration, en lui indiquant que, faute de régularisation dans le délai imparti, sa requête pourrait être rejetée comme irrecevable. En réponse à cette demande, l'intéressée se borne à faire valoir dans son mémoire enregistré le 29 avril 2024 qu'elle n'est pas en possession de la décision attaquée. En s'abstenant de soutenir qu'elle a accompli les diligences nécessaires auprès de l'autorité préfectorale pour se procurer la décision qu'elle conteste, l'intéressée ne peut être regardée comme ayant régularisé sa requête dans le délai imparti. Par suite, et sans qu'un acquiescement aux faits puisse être relevé dans les conditions mentionnées au point 2, la requête de Mme B ne satisfait pas aux exigences posées par les dispositions précitées de l'article R. 412-1 du code de justice administrative et peut, dès lors, être rejetée comme manifestement irrecevable en application du 4° de l'article R. 222-1 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Hug et au préfet des Pyrénées Orientales.
Fait à Melun, le 30 mai 2024.
La présidente de la 5ème chambre,
I. BILLANDON
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,