lundi 3 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2202454 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | LAROSE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance datée du 9 mars 2022, le président du tribunal administratif de Paris a transmis le dossier de la requête de M. F B A au tribunal administratif de Melun.
Par cette requête, enregistrée le 8 mars 2022 au greffe du tribunal administratif de Paris, M. B A, détenu au centre pénitentiaire de Fresnes, demande au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés en date du 7 mars 2022 par lesquels le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois, l'a signalé aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen (SIS) pour la durée de l'interdiction de retour ;
2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B A soutient que :
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'erreur de droit en ce que le préfet s'est senti en situation de compétence liée ;
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mars 2022, le préfet de police de Paris, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique tenue le 21 mars 2023 en présence de Mme Riellant, greffière d'audience :
- le rapport de Mme E ;
- les observations de Me Larose, représentant M. B A, absent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en faisant plus particulièrement valoir que le préfet considère que le requérant constitue une menace pour l'ordre public alors qu'il n'a jamais été condamné et qu'il ne reconnaît pas les faits qu'on lui reproche qui ne consistent au demeurant qu'en une simple tentative d'agression ; le préfet ne s'est par ailleurs pas interrogé sur les raisons de la venue de M. B A en France, que l'on peut implicitement percevoir à travers les procès-verbaux d'audition, où l'on comprend qu'il a fait des démarches en France en vue de présenter une demande d'asile ; or, il n'a pas pu présenter d'observations préalable sur ce sujet.
- le préfet de police de Paris n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que M. B A, ressortissant soudanais, serait entré en France au début de l'année 2022. Le 5 mars 2022 il a été interpellé pour des faits de tentative d'agression sexuelle et rébellion. Par deux arrêtés en date du 7 mars 2022 le préfet de police de Paris, sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1, les 1° et 3° de l'article L. 612-2 , les 1° et 8° de l'article L. 612-3, ainsi que des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a obligé M. F B A à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois et l'a signalé aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen (SIS) pour la durée de l'interdiction de retour. Par la requête susvisée, M. B A demande l'annulation de ces décisions.
2. En premier lieu, Mme D C, adjointe au chef de section des reconduites à la frontière, a valablement pu signer les arrêtés contestés en vertu d'une délégation de signature que le préfet de police lui a consentie par un arrêté n° 2021-00991 du 27 septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, les arrêtés litigieux énoncent les considérations de droit et de fait qui fondent les décisions contestées, qui sont, par suite, suffisamment motivées.
4. En troisième lieu, il résulte des termes mêmes de l'arrêté portant interdiction de retour sur le territoire français que le préfet de police a rappelé que le requérant faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délais de départ volontaire, a examiné la situation du requérant au regard des critères définis par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a constaté que, compte tenu des circonstances propres au cas d'espèce, il n'était pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet de police se serait à tort cru en situation de compétence liée ne peut qu'être écarté.
5. En quatrième lieu, il résulte du procès-verbal d'audition que le requérant a été interrogé sur les raisons de sa venue en France, sur des éventuelles menaces ou recherches dont il ferait l'objet de la part des autorités de son pays d'origine, sur ses conditions de séjour en France, sur sa situation personnelle et familiale. Il a ainsi été mis à même de présenter toutes observations utiles qu'il jugeait pertinentes avant l'édiction des mesures attaquées. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier ni de la situation personnelle du requérant qu'il aurait été à même de présenter des observations qui auraient été de nature à changer le sens des décisions contestées.
6. En dernier lieu, si le requérant fait valoir que le préfet de police ne pouvait retenir à son encontre le motif tiré d'une menace à l'ordre public, il ressort des termes des arrêtés litigieux que l'obligation de quitter le territoire français n'est pas fondée sur un tel motif mais sur la circonstance que le requérant est entré irrégulièrement en France et s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour, que la décision de refus d'un délai de départ volontaire repose également sur l'existence d'un risque que l'intéressé se soustraie à l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre, qui n'est pas contestée et qui suffit à fonder légalement ce refus. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police n'aurait pas pris l'interdiction de retour sur le territoire français litigieuse ou en aurait réduit la durée s'il n'avait pris en compte que les autres motifs retenus par la décision litigieuse, tirés du très bref séjour en France du requérant, qui est entré sur le territoire national seulement quatre mois avant la décision litigieuse, de la circonstance que l'intéressé s'est déclaré célibataire et sans enfant à charge et ne peut se prévaloir de lien suffisamment anciens, forts et caractérisés avec la France, et de ce qu'il n'était pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Dans ces conditions, la circonstance que le préfet de police aurait à tort considéré le comportement du requérant comme constitutif d'une menace pour l'ordre public est sans incidence sur la légalité des décisions attaquées et ne peut qu'être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des arrêtés préfectoraux du 7 mars 2022 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F B A et au préfet de police de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2023.
La présidente
Signé : C. ELa greffière,
Signé : N. Riellant
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N. Riellant
N°2202454
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026