lundi 13 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2202483 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 mars 2022, M. D B, représenté par Me Hug, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 février 2022 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil a refusé de lui rétablir les conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui rétablir le versement de l'allocation de demandeur d'asile dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
La requérante soutient que :
- la décision contestée est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle n'a pas pris en compte sa vulnérabilité ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- elle porte atteinte à sa dignité humaine ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 20 de la directive du 26 juin 2013.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 janvier 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens développés ne sont pas fondés.
Par décision du 20 avril 2022, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu :
- la décision contestée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la décision contestée ;
- les pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapporteur public ayant été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
A été entendu au cours de l'audience publique du 30 janvier 2023 le rapport de M. E, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant afghan née en 1976, est entré sur le territoire français pour y solliciter l'asile. Sa demande d'asile a été enregistrée le 11 décembre 2018 en procédure Dublin et des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile lui ont été octroyées le même jour. Il a été transféré auprès des autorités espagnoles chargées de l'examen de sa demande d'asile le 3 mai 2019. L'intéressé est revenu en France le 16 mars 2021 pour y solliciter l'asile et sa demande a de nouveau été placée en procédure Dublin le 22 mars suivant. Par décision du 3 mai 2021, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil a prononcé la suspension des conditions matérielles d'accueil dont l'intéressé bénéficiait. Après l'expiration du délai de transfert, M. B a sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil, ce qui a été refusé par décision du 24 février 2022. Par la requête précitée, l'intéressé demande l'annulation de cette dernière décision.
2. En premier lieu, par une décision du 10 septembre 2021, régulièrement publiée sur le site internet de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, le directeur général de cet Office a donné délégation à Mme A C pour signer tous les actes se rapportant aux missions dévolues à la direction territoriale de Créteil. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte qui manque en fait, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée mentionne les textes dont elle fait application, et notamment l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que la demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil est rejetée au motif que l'intéressé n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en présentant une nouvelle demande d'asile en France après avoir été transféré vers l'Etat membre responsable de l'instruction de sa demande d'asile. Elle comporte ainsi l'énoncé des éléments de fait et de droit qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit, par suite, être écarté.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. B, au regard notamment des informations dont elle avait connaissance résultant de la fiche d'évaluation de la vulnérabilité de l'intéressé réalisée le 2 février 2022.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 551- 16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes (). Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil ".
6. Il résulte de ces dispositions que les conditions matérielles d'accueil sont proposées au demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile. Si, par la suite, les conditions matérielles proposées et acceptées initialement peuvent être modifiées, en fonction notamment de l'évolution de la situation du demandeur ou de son comportement, la circonstance que, postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'examen de celle-ci devienne de la compétence de la France n'emporte pas l'obligation pour l'Office de réexaminer, d'office et de plein droit, les conditions matérielles d'accueil qui avaient été proposées et acceptées initialement par le demandeur. Dans le cas où les conditions matérielles d'accueil ont été suspendues sur le fondement du 3° de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le demandeur peut, notamment dans l'hypothèse où la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile, en demander le rétablissement. Il appartient alors à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, pour statuer sur une telle demande de rétablissement, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
7. En l'espèce, la seule circonstance que M. B, qui a fait l'objet d'une décision définitive de suspension des conditions matérielles d'accueil le 3 mai 2021, ait ultérieurement été autorisé à déposer une demande d'asile en France en procédure normale, n'a pas pour conséquence le rétablissement de plein droit du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. L'intéressé, célibataire et né en 1976, n'établit pas être dans une situation de vulnérabilité particulière dès lors qu'il se borne seulement à indiquer qu'il est sans ressources, alors qu'il a attendu sept mois entre la décision de suspension du bénéfice des conditions matérielles d'accueil et l'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale, période pendant laquelle les autorités espagnoles étaient au demeurant responsables de la délivrance des conditions matérielles d'accueil. Par ailleurs, M. B n'apporte aucune explication quant aux raisons l'ayant amené à déposer une nouvelle demande d'asile en France en mars 2021 alors qu'il avait été transféré en Espagne deux ans auparavant. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée aurait méconnu les dispositions de l'article L. 551- 16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni que cette décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Les États membres peuvent limiter ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lorsqu'un demandeur : () c) a introduit une demande ultérieure () 5. Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou les sanctions visées aux paragraphes 1, 2, 3 et 4 du présent article sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivés () ".
9. Si le requérant invoque ces dispositions en soutenant qu'elles ont été méconnues dès lors que la décision contestée a eu pour effet de porter atteinte à sa dignité humaine, il résulte des termes de ces dispositions qu'elles portent sur les décisions portant retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil, et non, comme en l'espèce, sur celles portant refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil, après une décision de retrait antérieure. Dans ces conditions, il ne saurait se prévaloir des dispositions de cette directive pour contester la décision contestée.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision contestée doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles au titre des frais de justice doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Me Hug et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Copie en sera adressée à la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Van Daële, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2023.
Le rapporteur,
P. E La présidente,
I. BILLANDON
Le greffier,
G. NGASSAKI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026