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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2202550

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2202550

mardi 2 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2202550
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7ème chambre
Avocat requérantLEICK RAYNALDY & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 mars 2022, la société No Ma, représentée par la SCP Leick-Raynaldy et associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler le rapport de visite du 24 février 2022 par lequel la commission de sécurité pour l'arrondissement de Meaux a émis un avis défavorable à la poursuite des activités de l'hôtel qu'elle exploite ;

2°) d'annuler le courrier du 8 mars 2022 par lequel le maire de Claye-Souilly l'a mis en demeure de se conformer aux aménagements et travaux prescrits par cet avis ;

3°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne et au maire de Claye-Souilly d'émettre un avis favorable à la poursuite de ses activités ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat et de la commune de Claye-Souilly une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions en litige ont été signées par des autorités incompétentes ;

- elles méconnaissent le principe du contradictoire ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.

La requête a été communiquée au préfet de Seine-et-Marne qui n'a pas présenté de mémoire en défense.

La requête a été communiquée la commune de Claye-Souilly qui n'a pas présenté de mémoire en défense.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de la requête qui est dirigé contre des décisions insusceptibles de recours, dès lors que l'avis défavorable de la commission de sécurité, ainsi que la mise en demeure de l'adjoint au maire en charge de l'urbanisme constituent des actes préparatoires de l'arrêté de fermeture de l'établissement que, le cas échéant, le maire de la commune pourrait prendre.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cabal,

- et les conclusions de M. Grand, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La commission de sécurité pour l'arrondissement de Meaux a émis, le 24 février 2022, un avis défavorable à la poursuite de l'activité de l'hôtel " Mot'hôtel " exploité par la société No Ma sur le territoire de la commune de Claye-Souilly. Par un courrier du 8 mars suivant, le maire de Claye-Souilly a transmis cet avis à la société No Ma et l'a mise en demeure de se conformer aux aménagements et travaux qu'il prescrit. La société No Ma demande au tribunal d'annuler ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 143-3 du code de la construction et de l'habitation : " I. - Sans préjudice de l'exercice par les autorités de police de leurs pouvoirs généraux et dans le cadre de leurs compétences respectives, le maire ou le représentant de l'Etat dans le département peuvent par arrêté, pris après avis de la commission de sécurité compétente, ordonner la fermeture des établissements recevant du public en infraction avec les règles de sécurité propres à ce type d'établissement, jusqu'à la réalisation des travaux de mise en conformité. / L'arrêté de fermeture est pris après mise en demeure restée sans effet de l'exploitant ou du propriétaire de se conformer aux aménagements et travaux prescrits ou de fermer son établissement dans le délai imparti. ".

3. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 8 mars 2022, le maire de Claye-Souilly a mis en demeure la société No Ma de se conformer aux aménagements et travaux prescrits par la commission de sécurité pour l'arrondissement de Meaux dans son avis défavorable du 24 février 2022. Tant cet avis de la commission de sécurité que la mise en demeure préalable constituent des actes préparatoires d'un éventuel arrêté de fermeture et ne sont pas susceptibles d'être déférés au juge de l'excès de pouvoir.

4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la société No-Ma sont irrecevables et doivent être rejetées. Doivent également être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société No Ma est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société No Ma, au préfet de Seine-et-Marne et à la commune de Claye-Souilly.

Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. B, président,

M. Duhamel, premier conseiller,

M. Cabal, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.

Le rapporteur,

P.Y. CABAL

Le président,

M. B La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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