mardi 13 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2202654 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | IRGUEDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 mars 2022, M. A D, représenté par Me Irguedi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 janvier 2021 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat au profit de son conseil une somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle compte tenu de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et des risques qu'il encourt en cas de retour dans son pays ;
- il méconnaît les stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale de New-York du 26 janvier 1990 relative aux droits de l'enfant dès lors qu'il est le père d'un enfant résidant en France dont il s'occupe ;
- il méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte tenu des risques qu'il encourt en cas de retour dans son pays d'origine.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable pour être tardive ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 mars 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention internationale de New-York du 26 janvier 1990 relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A D, né le 25 mai 1975 et de nationalité congolaise, a sollicité, le 28 septembre 2020, auprès du préfet de Seine-et-Marne, la délivrance d'un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". Par l'arrêté attaqué du 15 janvier 2021, dont M. D demande l'annulation, le préfet de Seine-et-Marne a rejeté sa demande tendant à l'obtention de ce titre, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () / 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ; () ".
3. Par ailleurs, aux termes du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
4. M. D fait valoir qu'il résidait, à la date de l'arrêté contesté, depuis plus de sept ans en France pour y être arrivé le 30 juin 2014, sauf en juillet 2015 au cours duquel il est retourné dans son pays. Il s'est maintenu en France en raison des menaces qui pèsent sur lui dans son pays d'origine. Il est, par ailleurs, le père d'un enfant né le 6 mars 2012 à Blois auquel il contribue aux frais d'entretien et à l'éducation en versant mensuellement depuis plusieurs années à la mère de l'enfant, qui réside en France sous le statut de réfugié une somme oscillant entre 30 et 50 euros, ainsi qu'en procédant à des achats alimentaires et vestimentaires dès que sa situation financière le lui permet. Il est, en outre, en relation avec l'école de son enfant pour suivre l'évolution scolaire de son fils.
5. Toutefois, il est constant que M. D est entré irrégulièrement en France en 2002 à l'âge de 39 ans et a sollicité, à trois reprises, la reconnaissance du statut de réfugiés. Ses demandes ont été rejetée par des décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) des 28 janvier 2015, 7 mars 2018 et 4 janvier 2019, confirmées par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) les 23 juillet 2015, 12 juin 2018 et 5 avril 2019. Le 5 avril 2018, s'il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cette demande a été refusée par le préfet de Seine-et-Marne qui a pris à l'encontre de l'intéressé, le 17 janvier 2019, un arrêté portant refus de délivrance d'un titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français. Le recours formé par M. D contre cet arrêté a été rejeté par le présent tribunal suivant un jugement devenu définitif du 25 septembre 2019. L'intéressé n'a pas déféré à cette décision et s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français. S'il prétend contribuer aux frais d'entretien et à l'éducation de son fils, né à Blois en 2012, il n'apporte aucun élément au tribunal permettant d'apprécier la régularité de la contribution, la décision contestée ne faisant état que de onze versements de trente euros entre 2018 et 2020, ni des liens qu'il a gardés avec son enfant qui vit avec sa mère à Serris alors que le requérant, qui n'a reconnu l'enfant qu'en 2016, réside à la Croix-Rouge à Dammarie-les-Lys et est sans emploi, ni ressources légales. Enfin, M. D a toujours vécu, jusqu'à son arrivée en France à l'âge de 39 ans, dans son pays d'origine où il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales. Par suite, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions d'entrée et de séjour de M. D en France sus rappelées, la décision contestée n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Elle n'a pas ainsi méconnu les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant. Pour les mêmes motifs, elle n'a pas davantage méconnu les stipulations du premier paragraphe de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990.
6. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
7. Si M. D soutient qu'il serait exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour en République démocratique du Congo, il n'établit pas, alors que de plus ses demandes de reconnaissance de statut de réfugié ont été rejetées à trois reprises par l'OFPRA puis la CNDA, qu'il serait susceptible d'être personnellement exposé à des traitements attentatoires aux droits garantis par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou à des discriminations en cas de retour dans son pays. Il suit de là que l'arrêté contesté en fixant la République démocratique du Congo comme pays de destination n'a pas porté une atteinte illégale aux droits que l'intéressé tient des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
16. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'en examiner la recevabilité, que les conclusions afin d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées. Doivent être rejetées par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant ainsi que celles tendant au bénéfice des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. D et au préfet de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. C, président,
Mme Morisset, conseillère,
M. Cabal, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2022.
La rapporteure,
A. B
Le président,
M. CLa greffière,
L. DARNAL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026