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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2202759

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2202759

vendredi 28 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2202759
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCABINET ARCO-LEGAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 mars 2022, M. C B, représenté par Me Goeau-Brissonnière demande au tribunal :

1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 18 mars 2022 par lequel le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français et a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire ;

3°) d'annuler l'arrêté du 18 mars 2022 par lequel le préfet de police de Paris a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- l'auteur de cette décision n'a pas justifié de sa compétence ;

- cette décision méconnaît le droit à être entendu au sens des droits de la défense consacrée à l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ; il n'a jamais été mis à même de présenter de manière utile et effective son point de vue sur l'irrégularité de son séjour et sur les motifs susceptibles d'être retenus par le préfet ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et familiale du requérant ;

- elle est entachée d'une erreur de fait, car la décision en litige lui reproche de s'être soustrait à une mesure d'éloignement en date du 4 novembre 2020, alors que l'arrêté du 3 novembre 2020 a été annulé par le tribunal administratif de Melun par un jugement du 18 mai 2021 ; il n'a jamais explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à une obligation de quitter le territoire français ;

-elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et familiale ; les éventuelles circonstances faisant obstacle à son éloignement n'ont pas été analysées ;

En ce qui concerne la décision portant refus de départ volontaire :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation des garanties de représentation de l'intéressé, dès lors qu'il justifie de la possession d'un passeport en cours de validité et qu'il a communiqué son adresse à Vitry-sur-Seine où il réside depuis le 25 novembre 2019 ; il ne s'est jamais soustrait à la moindre mesure d'éloignement ;

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision lui refusant un délai de départ volontaire ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il ne s'est jamais soustrait à une mesure d'éloignement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mars 2022, le préfet de police de Paris représenté par Me Fergon conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.

Par une décision du 19 octobre 2022, le président du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun a accordé à M. B le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné M. A pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, M. A a lu son rapport en l'absence des parties qui n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant guinéen né le 1er juillet 1986 à Bamako (Mali) est entré sur le territoire français le 15 juin 2019 selon ses déclarations pour y solliciter l'asile. Le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande par une décision du 31 octobre 2019. Par une décision du 9 octobre 2020, la Cour nationale du droit d'asile a rejeté son recours. M. B a présenté une demande de réexamen de sa demande d'asile. Par une décision du 31 octobre 2019, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande pour irrecevabilité. Par une ordonnance du 29 juin 2021, la Cour nationale du droit d'asile a confirmé ce rejet. M. B a été interpellé le 17 mars 2022, et placé en retenue administrative aux fins de vérification de son droit de séjour et de circulation. Par un premier arrêté du 18 mars 2022, le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office. Par un second arrêté du 18 mars 2022, ce préfet a prononcé à son égard une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Si M. B sollicite, dans le cadre de sa requête, son admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle, il ressort des pièces du dossier que son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale a été prononcée par une décision du président du Bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal administratif de Melun en date du 19 octobre 2022. Dès lors ses conclusions tendant à ce que le tribunal l'admette à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet et il n'y a, par suite, pas lieu de statuer dessus.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, l'arrêté contentant la décision en litige a été signé par Mme D, attachée de l'administration de l'Etat, adjointe au chef de la division des reconduites à la frontière, qui disposait d'une délégation de signature, consentie par un arrêté n° 2021-00991 du 27 septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 75-2021-505 le 27 septembre 2021, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'auraient pas été absentes ou empêchées, pour signer toutes obligations de quitter le territoire français avec ou sans délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'auteure de la décision en litige ne peut qu'être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre (). ". Aux termes de l'article 51 de la Charte : " 1. Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux États membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union (). ".

5. D'une part, lorsqu'il oblige un étranger à quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet se situe dans le champ d'application de la directive susvisée du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier. Il lui appartient de faire application des principes fondamentaux du droit de l'Union européenne, dont celui du droit à une bonne administration. Parmi les principes que sous-tend ce dernier, figure le principe du droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement soit prise à son encontre, tel qu'il est énoncé notamment au 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé dans ses arrêts C-166/13 et C-249/13 des 5 novembre et 11 décembre 2014, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français ni sur chacune des décisions qui l'assortissent dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement. En outre, ainsi que l'a jugé la Cour de justice de l'Union européenne dans son arrêt C-383/13 du 10 septembre 2013, selon le droit de l'Union européenne, une violation des droits de la défense, en particulier du droit d'être entendu, n'entraîne l'annulation de la décision prise au terme de la procédure administrative en cause que si, en l'absence de cette irrégularité, cette procédure pouvait aboutir à un résultat différent.

6. D'autre part, l'étranger qui présente une demande d'asile ne saurait ignorer qu'en cas de rejet de sa demande, il pourra, si la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire lui a été définitivement refusé et qu'il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, faire l'objet d'une mesure d'éloignement du territoire français prise, comme en l'espèce, sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 de ce code. Il lui appartient, lors du dépôt de sa demande d'asile, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur à la préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles, et notamment celles de nature à permettre à l'administration d'apprécier son droit au séjour au regard d'autres fondements que celui de l'asile. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de la reconnaissance de la qualité de réfugié, n'impose pas à l'autorité administrative de le mettre à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique sur l'obligation de quitter le territoire français qui est pris en conséquence du refus définitif de reconnaissance de la qualité de réfugié ou de l'octroi du bénéfice de la protection subsidiaire.

7. Si M. B soutient qu'il n'a pas été mis en mesure de présenter ses observations avant l'intervention de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français, cette mesure, prise sur le fondement des dispositions susmentionnées, fait suite au rejet par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides puis la Cour nationale du droit d'asile de sa demande d'asile, et de sa demande de réexamen de sa demande d'asile. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que, dans un tel cas, aucune obligation d'information préalable ne pèse sur l'autorité administrative. Il ne ressort pas d'ailleurs des pièces du dossier et des écritures du requérant qu'un changement avéré de circonstances aurait à cet égard affecté sa situation personnelle depuis l'enregistrement de sa demande d'asile, ni que l'intéressé aurait postérieurement sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux sur ce point, ni qu'il aurait été empêché de présenter ses observations, s'il elle l'avait souhaité, avant que ne soit prise la décision litigieuse. En tout état de cause, il ressort du procès-verbal établi le 18 mars 2022 à 1h14 par l'agent de police judiciaire en poste à la direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne que M. B a été avisé de la possibilité d'une mesure d'éloignement et qu'il a précisé à son interrogateur qu'il ne voulait pas rentrer dans son pays d'origine car il ne s'y sentait pas en sécurité et qu'il avait engagé une démarche pour obtenir un titre de séjour qui était en instance. Dès lors, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait été privé du droit d'être entendu garanti par le principe général du droit de l'union européenne tiré des dispositions de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, ni que la décision aurait été prise en méconnaissance du principe du contradictoire.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 de ce code prévoit que " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; (). ".

9. Il ressort des pièces du dossier qu'un précédent arrêté du 3 novembre 2020 du préfet du Val-de-Marne faisant obligation à M. B de quitter le territoire français, édicté sur le fondement des anciennes dispositions du 6° du paragraphe I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a été annulé par le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Melun par un jugement n° 2009718 du 18 mai 2021 en raison de ce que l'administration n'avait pas établi la preuve de la notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile au requérant. Toutefois, cette seule circonstance n'interdit au préfet de police de Paris de prendre un nouvel arrêté faisant obligation à M. B de quitter le territoire français sur le fondement des nouvelles dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que cette autorité s'est assurée de ce que l'intéressé n'avait plus de droit au maintien sur le territoire français au titre de l'asile. En l'espèce, il ressort de l'arrêté en litige que le préfet de police de Paris a retenu que la demande de réexamen de la demande d'asile de l'intéressé a été rejeté par une décision d'irrecevabilité du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 31 octobre 2019 qui a été notifiée au requérant le 16 mars 2020, et que ce rejet a été confirmé par la Cour nationale du droit d'asile par une décision du 29 juin 2021 qui été notifiée au requérant le 15 juillet 2021. En outre, il ne ressort ni des termes de l'arrêté en litige, ni des autres pièces versées au dossier, que le préfet de police de Paris n'aurait pas procédé, compte tenu des informations en sa possession à la date de sa décision, à un examen particulier de la situation personnelle de M. B. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation personnelle doit être écarté comme manquant en fait.

10. En quatrième lieu, il ressort de l'arrêté en litige que le préfet de police de Paris reproche à M. B de s'être soustrait à une mesure d'éloignement en date du 4 novembre 2020. Toutefois, le requérant s'en défend en versant aux débats un jugement n° 2009718 du 18 mai 2021 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Melun annule un arrêté édicté le 3 novembre 2020 qui lui faisait obligation de quitter le territoire français. Or, le préfet en défense n'établit pas l'existence d'un autre arrêté en date du 4 novembre 2020 faisant obligation au requérant de quitter le territoire français. Ainsi, la mesure d'éloignement que le préfet reproche au requérant de n'avoir pas exécuté ne doit être regardé comme étant un arrêté du 4 novembre 2020, mais elle doit être regardée comme étant l'arrêté du 3 novembre 2020. Or, cet arrêté du 3 novembre 2020 a été annulé par le jugement précité qui est devenu définitif. Par suite, le préfet ne pouvait légalement reprocher à M. B de ne pas avoir exécuté un tel arrêté qui n'avait plus d'existence juridique à la date de l'édiction de la décision en litige. Cependant, pour faire obligation à M. B de quitter le territoire français, le préfet de police de Paris ne s'est pas fondé sur la méconnaissance d'une précédente mesure d'éloignement mais sur la fin de son droit à se maintenir sur le territoire français. Par suite, l'erreur de fait commise par le préfet de police de Paris doit être regardée comme étant sans incidence sur la décision en litige. De même, la circonstance, à la supposer même établie, que l'intéressé n'aurait pas explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à une future mesure d'éloignement est sans incidence sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Dès lors, les deux moyens tirés de ce que la décision en litige serait entachée d'erreur de fait sont inopérants contre une telle décision.

11. En cinquième lieu, s'il ressort du procès-verbal d'audition du 18 mars 2022 à 1h14 que M. B exerce des " petits boulots au black " et qu'il " travaille de temps en temps ", il n'établit pas disposer d'une véritable insertion professionnelle en France. En outre, le requérant, célibataire et sans charge de famille, n'établit pas être dépourvu de toute attache familiale ou privée dans son pays d'origine, où il n'est pas contesté qu'il a vécu jusqu'à son départ pour la France à l'âge de 32 ans. Par suite, en lui faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet de police de Paris n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle et familiale.

12. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 18 mars 2022 lui faisant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la légalité de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

13. Aux termes des dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

14. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

15. En second lieu, il ressort du procès-verbal établi le 18 mars 2022 à 1h14 que M. B a été interrogé par l'agent de police judiciaire en poste à la direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne sur son adhésion à une éventuelle mesure d'éloignement, et qu'il a expressément répondu par la négative. Ainsi, le risque de fuite peut être regardé comme établi par cette seule circonstance, en vertu des dispositions précitées du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, en ne retenant pas de circonstances particulières de nature à renverser cette présomption, le préfet de police de Paris n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation eu égard aux considérations précitées sur la durée et les conditions de séjour en France de M. B, ainsi que sur la situation familiale de l'intéressée.

16. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 18 mars 2022 lui accordant un délai de départ volontaire de trente jours.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

17. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-7 du même code : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

18. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ne peut qu'être écarté.

19. En second lieu, s'il ressort des pièces du dossier que M. B ne s'est jamais soustrait à une mesure d'éloignement, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que la situation de l'intéressé révélerait l'existence de circonstances humanitaires justifiant que le préfet de police de Paris ne prononce pas d'interdiction de retour à l'encontre du requérant. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision en litige serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.

20. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 18 mars 2022 portant interdiction de retour sur le territoire français.

21. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 18 mars 2022 par lequel le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français et a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire. M. B n'est pas davantage fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 18 mars 2022 par lequel le préfet de police de Paris a prononcé à son égard une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à ce qu'elle soit admise à titre exceptionnel au bénéfice de l'aide juridictionnelle

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au le préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 2023.

Le magistrat désigné,

Signé : S. ALa greffière,

Signé : L. DARNAL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N° 2202759

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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