LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2202779

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2202779

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2202779
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7ème chambre
Avocat requérantSTUART

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 mars 2022 et le 11 août 2023, M. B C et Mme D E C, représentés par Me Stuart, dans le dernier état de leurs écritures, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° DP 094 017 21 N0364 du 18 novembre 2021 par lequel le maire de Champigny-sur-Marne s'est opposé à leur déclaration préalable ;

2°) d'enjoindre à la commune, à titre principal, de leur délivrer " un arrêté de non-opposition ", et à titre subsidiaire, de réexaminer leur demande, en toute hypothèse dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la décision attaquée est entachée de vices de légalités externe :

* à titre principal, elle méconnait les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle ne comporte aucune précision sur la qualité du signataire ;

* à titre subsidiaire, elle est entachée d'incompétence ;

* elle est insuffisamment motivée ;

- la décision attaquée est entachée de vices de légalité interne :

* elle méconnait les dispositions de l'article III.1 du règlement du PLU :

° l'impasse des courtilles n'est pas une voie au sens du PLU ;

° subsidiairement, les dispositions relatives à l'aménagement des voies sont inopposables à l'impasse qui existait antérieurement à l'entrée en vigueur du PLU ;

° à titre infiniment subsidiaire, les dispositions du PLU n'imposent aucune largeur minimale aux voies existantes et la configuration actuelle de l'impasse des Courtilles est proportionnée aux besoins des riverains ;

* à titre principal, elle méconnait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, à titre subsidiaire l'arrêté aurait dû être assorti de prescriptions spéciales ;

- il ne saurait être fait droit à la substitution de motif sollicitée en défense, dès lors, d'une part, que la décision attaquée est insuffisamment motivée, et d'autre part, que le motif substitué méconnait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

Par des mémoires enregistrés le 9 mai 2023 et le 29 septembre 2023, la commune de Champigny-sur-Marne, représentée par la SCP Lonqueue-Sagalovitsch-Eglie-Richters et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- il y a lieu de procéder à une substitution de motifs ;

- les moyens de la requête sont infondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Combier,

- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,

- et les observations de Me Richardeau, représentant la commune de Champigny-sur-Marne.

Considérant ce qui suit :

1. Le 4 novembre 2021, M. B C et Mme D E C ont déposé auprès de la commune de Champigny-sur-Marne un dossier de déclaration préalable portant division en vue de bâtir sur des parcelles cadastrées section U numéros 241, 272, 273, 276 et 280 situées au 12-14-15 impasse des Courtilles. Par un arrêté du 18 novembre 2021 le maire de Champigny-sur-Marne s'est opposée à cette déclaration préalable. Les requérants ont formé un recours gracieux reçu le 10 janvier 2022 et une décision implicite de rejet est née le 10 mars 2022. Les époux C demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 novembre 2021.

Sur les conclusions en annulation :

Sur la légalité externe :

2. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ".

3. A titre principal les requérants soutiennent que la décision attaquée méconnaitrait les dispositions précitées dès lors qu'elle ne mentionne pas la qualité de son signataire. Toutefois il ressort de la décision attaquée que la signature de l'auteur de l'acte est précédée de la mention " Pour le maire / l'adjoint délégué ". Par suite le moyen doit être écarté comme manquant en fait.

4. A titre subsidiaire, les requérants soutiennent que la décision est entachée d'incompétence. Toutefois la commune produit en défense l'arrêté n° 20-297 du 8 décembre 2020 par lequel le maire de la commune de Champigny-sur-Marne donne notamment délégation de signature au signataire notamment en matière d'urbanisme pour édicter les décisions sur déclaration préalable. Par suite ce moyen doit également être écarté.

5. Enfin, les requérants soutiennent que la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation. Toutefois il ressort de cette décision qu'elle mentionne d'une part, les articles R. 111-2 du code de l'urbanisme et III.1 du règlement général du PLU, et d'autre part la circonstance que la voie d'accès au fonds des requérants ne dispose pas d'une aire permettant aux véhicules de secours de faire demi-tour, et qu'elle ne permet pas de garantir un passage aisé des véhicules. L'arrêté est donc motivé en droit et en fait et le moyen ne peut qu'être écarté.

Sur la légalité interne :

6. La décision attaquée se fonde, au visa de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme et de l'article III.1 du règlement du PLU relatif aux conditions de desserte des terrains sur le fait que l'impasse des Courtilles qui est une voie à sens unique qui ne dispose d'aucune aire de retournement pour permettre aux véhicules de protection incendie de faire demi-tour ne permettrait pas un accès aisé des véhicules de secours.

7. En premier lieu, aux termes de l'article III.1 du PLU : " () / Voies existantes et voies nouvelles / Pour être constructible, un terrain doit être desservi par une voie carrossable publique ou privée en bon état de viabilité et présentant des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité, de la défense contre l'incendie et de la protection civile. () / Les voies en impasse doivent être aménagées de telle sorte que les véhicules de protection incendie puissent faire demi-tour. " Aux termes du lexique annexé au PLU " Constitue une voie au sens de la présente définition, tout espace à usage public affecté à la circulation générale par un aménagement spécial et à tous modes de déplacement (automobile, modes " doux ", transports collectifs) permettant la desserte de l'espace naturel ou urbain ".

8. Il appartient à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité ou de s'opposer à la déclaration préalable notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, une division parcellaire permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.

9. A titre principal, les requérants soutiennent que l'impasse des Courtilles n'est pas une voie au sens du PLU dès lors qu'il ne s'agit pas d'un espace à usage public, qu'elle n'est pas affectée à la circulation générale et qu'elle ne supporte pas d'aménagement spécial, et qu'ainsi les dispositions précitées ne sont pas opposables à leur projet.

10. Il est constant que l'impasse des Courtilles constitue la seule desserte du projet. S'il ressort des pièces du dossier que cette impasse est située sur les fonds des propriétés privés riveraines, il ne ressort pas des dispositions du PLU précitées que le caractère privé de la propriété de l'impasse ferait obstacle à la qualification de voie. Il résulte par ailleurs des dispositions des articles L. 1424-2 à L. 1424-4 du code général des collectivités territoriales que les services publics d'incendie et de secours sont, dans le cadre de leurs missions de protection et de secours, en droit d'intervenir sur tout le territoire de la commune, sans que puisse leur être opposé le caractère privé des voies qu'ils doivent emprunter. Dès lors, pour apprécier les possibilités d'accès de ces services au terrain d'assiette, il appartient seulement à l'autorité compétente et au juge de s'assurer que les caractéristiques physiques d'une voie d'accès permettent l'intervention de leurs engins, la circonstance que cette voie ne serait pas ouverte à la circulation publique ou grevée d'une servitude de passage étant sans incidence. En l'espèce il ressort des pièces du dossier que l'impasse des Courtilles, qui est longue de 150 mètres, n'est large que de 2,95 mètres à son débouché sur le boulevard Stalingrad, et ne comporte aucune aire de retournement. Dans ces conditions les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la commune aurait méconnu les dispositions précitées.

11. À titre subsidiaire, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les dispositions du PLU ultérieures à la création de la voie leur seraient inapplicables alors qu'ainsi qu'il a été rappelé au point 7, le dernier alinéa de l'article III.1 du règlement du PLU s'applique aux voies existantes comme aux voies nouvelles.

12. À titre infiniment subsidiaire, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le PLU n'impose aucune largeur minimale de voie alors que la décision attaquée ne se fonde pas sur le fait que la voie de desserte ne comporterait pas de largeur minimale mais se fonde seulement sur l'absence d'aire de retournement pour permettre aux véhicules de protection incendie de faire demi-tour ce qui ne permet pas de garantir un passage aisé des véhicules.

13. La circonstance qu'un permis de construire a été délivré le 29 août 2018, sur un terrain situé 16-18 impasse des Courtilles, sous l'empire du PLU dans une version antérieure, demeure par ailleurs sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, le maire a pu légalement se fonder sur un tel motif pour s'opposer au projet.

14. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. " Il résulte de ces dispositions que lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.

15. Il résulte de ce qui vient d'être dit, notamment au point 10, que le projet des époux C est de nature à porter atteinte à la sécurité publique. En se bornant à alléguer que des prescriptions spéciales auraient été suffisantes à rendre le projet conforme aux dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, sans préciser quelles prescriptions auraient été envisageables les requérants ne démontrent pas qu'en refusant de délivrer l'autorisation, le maire aurait commis une erreur d'appréciation, alors notamment qu'au regard des caractéristiques et dimensions de la voie d'accès qui se trouve sur les fonds des propriétés privées riveraines les prescriptions envisageables ne sauraient être regardées comme précises et limitées. Le maire a donc pu également se fonder sur le motif tiré de la méconnaissance de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme C ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision attaquée. Leurs conclusions à fin d'injonction doivent, par voie de conséquence, être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de la commune de Champigny-sur-Marne, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.

18. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme C une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Champigny-sur-Marne et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.

Article 2 : M. et Mme C verseront à la commune de Champigny-sur-Marne une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Mme D E C et à la commune de Champigny-sur-Marne.

Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Gougot, présidente,

M. Duhamel, premier conseiller,

M. Combier, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.

Le rapporteur,

D. COMBIER

La présidente,

I. GOUGOT

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions