vendredi 31 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2202838 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | RAVEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 mars 2022, M. A C, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfète du Val-de-Marne sur la demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour qu'il a présentée le 10 septembre 2021 ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une carte de résident ou, à défaut, un titre de séjour correspondant à sa situation, dans le délai de 5 jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de condamner l'Etat à lui payer la somme de 3 000 euros en réparation du préjudice subi.
Il soutient que :
- il aurait dû se voir délivrer en 2001, lorsqu'il est devenu majeur, une carte de résident ;
- il n'a jamais obtenu ce titre de séjour entre les années 2003 et 2020, en violation des dispositions alors applicables du 1° de l'article L. 313-11 et des articles L. 314-9 et L. 431-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- de ce fait, il n'aurait pas dû être astreint à signer un contrat d'accueil et d'intégration au cours de l'année 2014 ;
- il a droit à la délivrance d'une carte de résident en vertu des accords bilatéraux passés entre la France et la Centrafrique ;
- il est en toute hypothèse fondé à se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des articles L. 423-7 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
M. C a présenté un nouveau mémoire, enregistré le 30 avril 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne, qui n'a pas produit de mémoire en défense malgré la mise en demeure qui lui a été adressée en ce sens le 1er mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République centrafricaine relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Bangui le 26 septembre 1994 ;
- la convention d'établissement entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République centrafricaine, signée à Bangui le 26 septembre 1994 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Timothée Gallaud, président, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant centrafricain, demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir la décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfète du Val-de-Marne sur la demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour qu'il a présentée le 10 septembre 2021 et de condamner l'Etat à lui verser une indemnité en réparation des conséquences dommageables de la gestion de sa situation administrative depuis l'année 2001.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, si M. C se prévaut d'un droit à la délivrance d'une carte de résident, il se borne à se prévaloir des conventions, visées ci-dessus, passées entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République centrafricaine et signées à Bangui le 26 septembre 1994. Si la première de ces conventions prévoit, en son article 11, que : " Après trois années de résidence régulière et non interrompue, les ressortissants de chacune des parties contractantes établis sur le territoire de l'autre partie peuvent obtenir un titre de séjour de dix ans, dans les conditions prévues par la législation de l'État d'accueil ", M. C ne démontre pas que, à la date de la décision en litige, il remplissait les conditions pour obtenir un titre de séjour d'une durée de dix ans en application des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La seconde de ces conventions ne contient quant à elle aucune stipulation prévoyant un droit à bénéficier d'un titre de séjour de dix ans. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision implicite de rejet qui lui a été opposée est entachée d'illégalité en ce qu'elle refuse de lui délivrer une carte de résident.
3. En second lieu et en revanche, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
4. Il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté par la préfète du Val-de-Marne, qui n'a pas produit de mémoire en défense dans la présente instance malgré la mise en demeure qui lui a été adressée en ce sens, que M. C est entré en France au cours de l'année 1992, alors qu'il était âgé de 8 ans, qu'il y a suivi toute sa scolarité et qu'il s'y maintient depuis lors, ayant été en situation régulière jusqu'au cours de l'année 2020. Dans ces conditions, l'intéressé est fondé à soutenir que le refus d'autoriser son séjour porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise et que, par suite, cette décision fait une inexacte application des dispositions citées au point 3 en tant qu'elle lui refuse la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ".
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. Le présent jugement n'implique pas nécessairement, compte tenu de ce qui a été dit ci-dessus, que le requérant soit muni d'une carte de résident. En revanche, ce jugement implique nécessairement, compte tenu du motif retenu au point 4, qu'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " soit délivrée au requérant sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative. Il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de délivrer cette carte de séjour temporaire dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée par M. C.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
6. Aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".
7. Malgré la demande de régularisation qui lui a été adressée en ce sens, M. C n'a pas justifié d'une décision prise par l'administration sur une demande présentée par lui et tendant à lui verser une indemnité en réparation des conséquences dommageables de la gestion de sa situation administrative. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'indemnisation présentées par le requérant ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfète du Val-de-Marne sur la demande présentée le 10 septembre 2021 par M. C est annulée en tant qu'elle refuse à ce dernier la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ".
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de délivrer à M. C une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la préfète du Val-de-Marne.
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 3 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère,
M. Dominique Binet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2024.
Le président-rapporteur,
T. GallaudL'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,
F. BouchetLa greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026