jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2202884 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET LAURANT ET MICHAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 mars 2022, M. C A, représenté par Mes Michaud et Chabane, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux mis à sa charge au titre de l'année 2013 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- l'administration n'apporte pas la preuve de l'appréhension des revenus de la société, dès lors qu'elle ne démontre pas qu'il disposait du pouvoir exclusif de gestion de la société ou aurait effectivement perçu les revenus distribués ;
- l'administration ne produit pas le courrier justifiant l'évaluation de l'avantage en nature pour un montant de 1 200 euros par mois.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2022, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens développés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Meyrignac ;
- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de la procédure de vérification de comptabilité de la société civile immobilière (SCI) Bonheur portant sur la période du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2013, M. A a été rendu destinataire, le 5 novembre 2014, d'une proposition de rectification de ses revenus de l'année 2013. Une cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux au titre de l'année 2013 ont été mis en recouvrement à son encontre le 31 décembre 2017. La réclamation d'assiette présentée par M. A le 24 janvier 2018 a été partiellement rejetée par décision du directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne du 10 mars 2020. Par la requête précitée, l'intéressé demande la décharge des impositions laissées à sa charge.
En ce qui concerne les revenus réputés distribués :
2. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital () ". Aux termes de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109, les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés ". En cas de refus des propositions de rectifications par le contribuable qu'elle entend imposer comme bénéficiaire de sommes regardées comme distribuées, il incombe à l'administration d'apporter la preuve que celui-ci en a effectivement disposé. Toutefois, le contribuable qui, disposant seul des pouvoirs les plus étendus au sein de la société, est en mesure d'user sans contrôle de ses biens comme de biens qui lui sont propres et doit ainsi être regardé comme le seul maître de l'affaire, est présumé avoir appréhendé les distributions effectuées par la société qu'il contrôle.
3. L'administration a considéré que M. A était le seul maître de l'affaire dès lors qu'il détenait 53 % du capital social de la SCI Bonheur, le surplus étant détenu par M. B qui réside en province et exerce la profession de praticien hospitalier, qu'il est gérant de la société depuis sa création en 2005, que la société a toujours été domiciliée à ses différentes adresses personnelles, que sa signature apparaît sur les déclarations 2072 déposées pour les exercices clos au 31 décembre des années 2006, 2007 et 2008, qu'une grande partie des travaux de la SCI ont été effectués par la SARL Sambat dont il est également gérant, qu'il s'est octroyé la jouissance d'un appartement de 58 m² au sein de l'immeuble sans contrepartie ni décision lors d'une assemblée générale, qu'il est l'unique interlocuteur constaté sur l'ensemble des documents liés à la SCI, à savoir les actes de vente, les démarches d'urbanisme et celles auprès de l'architecte, que la totalité des emprunts a été portée à son compte courant d'associé et qu'il détient la carte bleue au nom de la société qu'il a utilisée à des fins personnelles. Si le requérant soutient que l'administration n'apporte pas la preuve de l'appréhension de ces revenus distribués, il se borne à faire état de ce qu'il ne détenait pas la totalité du capital social et que l'administration ne démontre pas qu'il était le seul interlocuteur des tiers et qu'il disposait seul de la signature sociale. Toutefois, M. A n'apporte aucun élément concret de nature à contredire les constatations précitées de l'administration qui constituent un faisceau d'indices suffisant à établir que M. A était le seul maître de l'affaire et qu'il était donc présumé avoir appréhendé les distributions effectuées par la société qu'il contrôle.
En ce qui concerne l'avantage en nature :
4. Le service a considéré que M. A s'était réservé un appartement de trois pièces et de 58 m² dans l'immeuble construit par la SCI Bonheur et a fixé l'avantage en nature correspondant à 1 200 euros ainsi qu'il ressortait de plusieurs courriers adressés par M. A à l'administration. Le requérant conteste le montant de cet avantage en nature en demandant à l'administration de produire les courriers dont elle fait état. A l'appui de son mémoire en défense, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne a produit une demande de recours gracieux et d'échéancier provisoire de paiement remplie par M. A le 24 septembre 2013 et reçue par le service des impôts des particuliers le 26 septembre suivant, mentionnant un montant mensuel de loyer de 1 200 euros. L'intéressé, qui n'a pas présenté de mémoire en réplique et qui ne produit aucune pièce de nature à remettre en cause le montant de cet avantage en nature qu'il a lui-même évalué, n'est dès lors pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration a rehaussé son revenu de l'année 2013 du montant correspondant.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge des impositions en cause doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions au titre des frais de justice doivent être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Le Broussois, président,
M. Freydefont, premier conseiller,
M. Meyrignac, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
Le rapporteur,
Signé : P. Meyrignac Le président,
Signé : N. Le Broussois
Le greffier,
Signé : G. Ngassaki
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026