mardi 5 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2203025 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | BELKORA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 mars 2022, M. B A C, représenté par Me Belkora, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 janvier 2022 par lequel le garde des sceaux, ministre de la justice a prononcé sa radiation des cadres ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence de son signataire ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- il est entaché d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 mai 2023, le Garde des Sceaux, ministre de justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Seignat ;
- et les conclusions de Mme Deleplancque, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A C, surveillant pénitentiaire affecté au centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin-Neufmontiers, a été mis à disposition de la direction interrégionale des services pénitentiaires de Paris du 12 août 2019 au 30 septembre 2021. Il a été réintégré au centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin-Neufmontiers le 1er octobre 2021. Par lettre recommandée du 18 octobre, notifiée le 27 octobre 2021, puis par lettre recommandée du 25 novembre 2021, notifiée le 3 décembre suivant, l'administration a mis M. A C en demeure de rejoindre son poste ou de justifier d'une cause sérieuse d'empêchement dans un délai de quarante-huit heures, à défaut de quoi il serait réputé avoir rompu son lien statutaire avec l'administration. Par arrêté du 14 janvier 2022, notifié le 12 février suivant, le garde des sceaux, ministre de la justice, a procédé à sa radiation des cadres de l'administration pénitentiaire. Par la présente requête, M. A C sollicite l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, en vertu du décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005, le directeur de l'administration pénitentiaire a reçu délégation à l'effet de signer, au nom du garde des sceaux, ministre de la justice, dans la limite de ses attributions, tous actes, arrêtés et décisions, à l'exclusion des décrets. Par un arrêté n° JUSK2106467A du 8 mars 2021, régulièrement publié au Journal officiel de la République française le 10 mars 2021, le directeur de l'administration pénitentiaire a donné délégation à Mme D, attachée principale d'administration, cheffe du bureau de la gestion des personnels et signataire de l'arrêté du 14 janvier 2022, pour signer tous actes, arrêtés et décisions, à l'exclusion des décrets, dans la limite de ses attributions. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté litigieux doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise notamment les dispositions de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, du décret du 14 avril 2006 modifié relatif au statut particulier des corps du personnel de surveillance de l'administration pénitentiaire et de la circulaire du 11 février 1960 relative à l'abandon de poste par un fonctionnaire, dont le ministre de la justice a fait application pour procéder à la radiation des cadres de l'administration pénitentiaire de M. A C. Il indique également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles le ministre de la justice s'est fondé. L'arrêté, qui n'a pas à mentionner tous les éléments caractérisant la situation personnelle et professionnelle de l'intéressé, lui permet de comprendre les motifs de la radiation de cadres dont il fait l'objet. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaire un traitement et des soins prolongés et qu'elle présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. () ". Aux termes de l'article 7 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires : " Les comités médicaux () / sont consultés obligatoirement en ce qui concerne : () / 2. L'octroi des congés de longue maladie et de longue durée ; / 3. Le renouvellement des congés de longue maladie et de longue durée () ".
5. Une mesure de radiation des cadres pour abandon de poste ne peut être régulièrement prononcée que si l'agent concerné a, préalablement à cette décision, été mis en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service dans un délai qu'il appartient à l'administration de fixer. Une telle mise en demeure doit prendre la forme d'un document écrit, notifié à l'intéressé et l'informant du risque qu'il encourt une radiation des cadres sans procédure disciplinaire préalable. Lorsque l'agent ne s'est pas présenté et n'a fait connaître à l'administration aucune intention avant l'expiration du délai fixé par la mise en demeure, et en l'absence de toute justification d'ordre matériel ou médical, présentée par l'agent, de nature à expliquer le retard qu'il aurait eu à manifester un lien avec le service, cette administration est en droit d'estimer que le lien avec le service a été rompu du fait de l'intéressé. Enfin, l'agent qui se trouve en position de congé de maladie est regardé comme n'ayant pas cessé d'exercer ses fonctions. Par suite, il ne peut en principe faire l'objet d'une mise en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service à la suite de laquelle l'autorité administrative serait susceptible de prononcer, sa radiation des cadres pour abandon de poste.
6. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la première lettre recommandée du 18 octobre 2021 a été notifiée à M. A C le 27 octobre suivant, tandis que la deuxième lettre recommandée du 25 novembre 2021 lui a été notifiée le 3 décembre suivant et que ces deux courriers mettaient l'intéressé en demeure de reprendre son poste ou de fournir des explications quant à son absence dans un délai de quarante-huit heures, en l'informant qu'à défaut d'une telle reprise ou explication, il s'exposerait à une mesure de radiation des cadres sans procédure disciplinaire.
7. D'autre part, si le requérant allègue avoir été placé en congé de longue maladie, il n'apporte aucun élément au soutien de cette assertion. Il ne produit notamment pas l'arrêté portant placement en congé de longue maladie ou l'avis du comité médical, pièces que l'administration sollicitait dans son courriel du 7 décembre 2021. Par suite, alors qu'il n'est pas établi que l'intéressé était en congé de longue maladie lors de la notification des courriers de mise en demeure, et que ces derniers comportaient les mentions obligatoires nécessaires, le moyen tiré de ce que la décision aurait été prise à l'issue d'une procédure irrégulière doit être écarté.
8. En dernier lieu, M. A C soutient que l'administration a entaché sa décision d'erreur d'appréciation, dès lors qu'il était temporairement dans l'incapacité d'exercer ses fonctions du fait de son état de santé et qu'il avait communiqué des certificats médicaux justifiant de la prolongation de son congé de longue maladie. Si l'intéressé produit deux certificats médicaux en date du 26 août 2021 et du 3 septembre 2021 faisant état de la prolongation du congé de longue maladie et de la nécessité d'une reprise des fonctions en temps partiel thérapeutique, il ne démontre pas avoir communiqué ces certificats médicaux dans le délai de quarante-huit heures indiqué dans les courriers de mise en demeure. En tout état de cause, et tel qu'il a été dit au point précédent, M. A C ne justifie pas avoir été régulièrement placé en congé de longue maladie. Par suite, l'administration n'a pas commis d'erreur d'appréciation en considérant qu'il n'avait pas fourni de justification à son absence et en procédant à sa radiation des cadres.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 14 janvier 2022, présentées par M. A C, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A C demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et au Garde des Sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 22 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Freydefont, président,
M. Rehman-Fawcett, conseiller,
Mme Seignat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 novembre 2024.
La rapporteure,
D. Seignat
Le président,
C. FreydefontLa greffière,
L. Sueur
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026