vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2203145 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | STEPHAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 mars 2022, M. A B, représenté par Me Stephan, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions des 26 janvier, 31 janvier et 15 mars 2022, par lesquelles le préfet de Seine-et-Marne a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour en qualité de membre de famille d'une citoyenne de l'Union européenne ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre avec autorisation de travail, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les décisions en litige :
- ont été prises en méconnaissance des dispositions de l'article L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- ont été prises en méconnaissance de la liberté de circulation et de séjour des ressortissants de l'Union européenne, garantie par l'article 21 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, l'article 45 de la Charte des droits fondamentaux et l'article 7 de la directive n° 2004/38/CE du 29 avril 2004 ;
- ont été prises en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet de Seine-et-Marne qui n'a pas présenté de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la directive n° 2004/38/CE du 29 avril 2004 relative au droit des citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Héloïse Mathon, conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant pakistanais, a sollicité à trois reprises la délivrance d'un titre de séjour en tant que membre de famille d'un citoyen de l'Union européenne exerçant une activité professionnelle en France, sur le fondement des articles L. 233-1 et L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par trois décisions du 26 janvier 2022,
du 31 janvier 2022 et du 15 mars 2022, dont M. B demande l'annulation, le préfet
de Seine-et-Marne a refusé d'enregistrer ses demandes de titre de séjour au motif qu'elles étaient incomplètes.
Sur la recevabilité des conclusions présentées contre le refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour :
2. Aux termes de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France () ". Aux termes de l'article L. 233-2 du même code : " Les ressortissants de pays tiers, membres de famille d'un citoyen de l'Union européenne satisfaisant aux conditions énoncées aux 1° ou 2° de l'article L. 233-1, ont le droit de séjourner sur le territoire français pour une durée supérieure à trois mois. ". Aux termes de l'article R. 233-15 du même code : " Les membres de famille ressortissants de pays tiers mentionnés à l'article L. 233-2 présentent dans les trois mois de leur entrée en France leur demande de titre de séjour avec leur passeport en cours de validité ainsi que les justificatifs établissant leur lien familial et garantissant le droit au séjour du citoyen de l'Union européenne accompagné ou rejoint. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : 1° Les documents justifiants de son état civil ; 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; 3° Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, à l'appui de ses trois demandes d'enregistrement, M. B a produit les documents justifiant de son état civil et de sa nationalité, de l'état civil et de la nationalité de sa conjointe, l'acte de mariage justifiant de leur lien familial et une attestation d'emploi de sa conjointe. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que le dossier qu'il a présenté afin d'obtenir la délivrance d'un titre de séjour " membre de la famille d'un citoyen de l'Union/EEE/Suisse " était complet et que c'est à tort que le préfet de Seine-et-Marne a classé sans suite ses demandes de titre de séjour.
4. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. B est fondé à demander l'annulation des trois décisions des 26 janvier, 31 janvier et 15 mars 2022 par lesquelles le préfet de Seine-et-Marne a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. En raison du motif qui la fonde, l'annulation des décisions attaquées implique nécessairement que le préfet enregistre la demande de titre de séjour de M. B. Il y a lieu par suite d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de procéder à cet enregistrement dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, compte tenu du motif de sa demande, de délivrer au requérant un récépissé qui l'autorise à travailler.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les trois décisions du préfet de Seine-et-Marne des 26 janvier, 31 janvier et 15 mars 2022 refusant d'enregistrer la demande de M. B tendant à la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " membre de la famille d'un citoyen de l'Union/EEE/Suisse " sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Seine-et-Marne d'enregistrer la demande de M. B tendant à la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " membre de la famille d'un citoyen de l'Union/ EEE/ Suisse " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans cette attente, un récépissé qui l'autorise à travailler.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 200 euros au titre de de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de Seine-et-Marne.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Marine Robin, conseillère,
Mme Héloïse Mathon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
La rapporteure,
H. Mathon
Le président,
T. GallaudLa greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026