mardi 19 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2203161 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | BOUGASSAS OLIVIER |
Vu les procédures suivantes :
I. Sous le n° 2201107, par une requête et des mémoires, enregistrés les 3 février 2022, 14 février 2022, 3 octobre 2022 et 9 février 2023, Mme K A et M. G E, représentés par la Selarl Concept avocats, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 décembre 2021 par lequel le maire de Villejuif a délivré à la SCCV 15 Bizet un permis de construire deux bâtiments à usage d'habitation comprenant sept logements sur un terrain situé 15 rue Bizet ainsi que la décision du maire de Villejuif du 27 janvier 2022 rejetant leur recours gracieux ;
2°) d'annuler l'arrêté du 29 juillet 2022 par lequel le maire de Villejuif a délivré à la SCCV 15 Bizet un permis de construire modificatif ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Villejuif une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur intérêt à agir n'est pas contestable eu égard à leur situation de voisin immédiat du terrain d'assiette et dès lors que le projet en litige est de nature à leur apporter des troubles de jouissance ;
- le mémoire en défense de la commune de Villejuif est irrecevable dès lors qu'il n'est pas établi que le maire a délégation du conseil municipal pour agir en justice.
En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'arrêté du 8 décembre 2021 délivrant le permis de construire initial :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente, faute pour l'administration d'établir que l'auteur de l'acte en litige a obtenu une délégation de signature régulièrement publiée ;
- le dossier de demande de permis de construire est insuffisant dès lors qu'il ne comprend pas les plans des façades Ouest et Est de l'immeuble collectif, que le document d'insertion ne permet pas de situer le projet dans son environnement, et qu'il n'apporte pas la preuve que l'étude préalable prévue par l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme a bien été réalisée ;
- les articles UC 1 et UC 2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune relatifs aux occupations et utilisations du sol au sein des cœurs d'ilots sont méconnus en tant que le projet prévoit la réalisation de clôtures ;
- l'article UC3.1 du même règlement relatif aux accès au terrain d'assiette est méconnu ;
- le permis de construire méconnaît les règles d'implantation par rapport aux limites séparatives prévues à l'article UC7 de ce règlement ;
- l'article UC10 du même règlement est méconnu dès lors que la hauteur du projet en litige est supérieure à celle autorisée par les dispositions de cet article ;
- l'article UC11 de ce règlement relatif au traitement des pignons est également méconnu ;
- le projet en litige n'est pas conforme aux dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors qu'il porte atteinte à la sécurité publique eu égard à l'insuffisante largeur de la voie d'accès permettant le passage des véhicules sous le porche de l'immeuble, ce qui fait courir un risque en matière de sécurité routière.
En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'arrêté du 29 juillet 2022 délivrant un permis de construire modificatif :
- la décision a été prise par une autorité incompétente, faute pour l'administration d'établir que l'auteur de l'acte en litige a obtenu une délégation de signature régulièrement publiée ;
- le dossier de demande de permis de construire modificatif est insuffisant dès lors qu'il ne précise pas la localisation des terrains en cause, ne comprend pas de plan de situation, ne comprend pas la notice d'insertion paysagère ni les documents graphiques prévus aux articles R. 431-8 et 431-10 du code de l'urbanisme et n'apporte pas la preuve que l'étude préalable prévue par l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme a bien été réalisée ;
- l'article UC10 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune est méconnu dès lors que la construction projetée comporte trois étages et ne comporte pas de toiture à deux pans ou d'attique en retrait de la façade sur rue.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 janvier 2023, la commune de Villejuif, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la SCCV 15 Bizet qui n'a pas produit de mémoire en défense.
II. Sous le n° 2203161, par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 mars 2022 et 3 mars 2023, M. D H et Mme B H demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 décembre 2021 par lequel le maire de Villejuif a délivré à la SCCV 15 Bizet un permis de construire deux bâtiments à usage d'habitation comprenant sept logements sur un terrain situé 15 rue Bizet ainsi que la décision du maire de Villejuif du 11 mars 2022 rejetant leur recours gracieux ;
2°) d'annuler l'arrêté du 29 juillet 2022 par lequel le maire de Villejuif a délivré à la SCCV 15 Bizet un permis de construire modificatif ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Villejuif une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- Ils disposent d'un intérêt à agir compte tenu de leur situation de voisin immédiat du terrain d'assiette du projet, lequel est de nature à leur apporter des troubles de jouissance dans l'occupation de leur bien ;
- les dossiers des demandes de permis de construire initial et modificatif présentent des incohérences en termes de surface des constructions projetées ;
- les arrêtés en litige méconnaissent les dispositions de l'article L. 123-1-5 du code de l'urbanisme dans sa rédaction alors applicable, le décret du 17 septembre 2019 adaptant les orientations nationales pour la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques, le rapport de présentation, le projet d'aménagement et de développement durable, et les orientations d'aménagement et de programmation du plan local d'urbanisme dès lors que le projet de construction est implanté sur le périmètre d'une trame verte identifiée par le plan local d'urbanisme ;
- ils sont entachés d'une erreur d'appréciation dès lors que le projet de construction est implanté au sein de la zone UC dans laquelle la préservation des caractéristiques du secteur pavillonnaire est prescrite par le rapport de présentation et le projet d'aménagement et de développement durable du plan local d'urbanisme en vigueur ;
- le dossier de demande de permis de construire n'est pas conforme à l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme qui exige la production d'une note architecturale justifiant l'intégration du projet dans son environnement ; le projet ne s'insère pas dans l'environnement pavillonnaire du quartier ;
- les articles UC 1 et UC 2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune, relatifs aux occupations et utilisations du sol au sein des cœurs d'ilots sont méconnus ;
- le permis de construire méconnaît les règles d'implantation par rapport aux limites séparatives prévues à l'article UC 7 de ce règlement.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 janvier 2023, la commune de Villejuif, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que, d'une part, M. et Mme H n'établissent pas avoir notifié par lettre recommandée avec accusé de réception leur recours contentieux au titulaire de l'autorisation et à l'auteur de la décision attaquée et que, d'autre part, ils ne disposent pas d'un intérêt à agir contre cette décision, ceux-ci n'apportant pas la preuve de l'atteinte portée à leurs conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la SCCV 15 Bizet qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret du 17 septembre 2019 adaptant les orientations nationales pour la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Duhamel,
- les conclusions de M. Grand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 8 décembre 2021, le maire de Villejuif a, au nom de la commune, délivré à la SCCV 15 Bizet un permis de construire deux bâtiments à usage d'habitation comprenant sept logements sur les parcelles cadastrées section R nos 329 et 330, situées au 15 rue Bizet et classées en zone UC dans le plan local d'urbanisme de la commune. Par un courrier du 22 décembre 2021, Mme A et M. E ont sollicité du maire le retrait de cet arrêté. Leur recours gracieux a été rejeté par une décision du 27 janvier 2022. Par un courrier du 11 janvier 2022, M. et Mme H ont également sollicité du maire le retrait de cet arrêté. Leur recours gracieux a été rejeté par une décision du 11 mars 2022. Un permis de construire modificatif a été délivré par le maire de Villejuif le 29 juillet 2022. Par les requêtes susvisées, Mme A, M. E, d'une part, et M. et Mme H, d'autre part, demandent au tribunal d'annuler les arrêtés du maire de Villejuif des 8 décembre 2021 et 29 juillet 2022 ainsi que les décisions du maire de Villejuif rejetant leur recours gracieux.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2201107 et 2203161 ont le même objet et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la recevabilité du mémoire en défense de la commune de Villejuif :
3. Aux termes de l'article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales dans sa rédaction alors applicable : " Le maire peut, en outre, par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie, et pour la durée de son mandat : () / 16° D'intenter au nom de la commune les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle () ".
4. Eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaitre le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier.
5. Par une délibération du conseil municipal de Villejuif du 2 février 2021, publiée sur le site internet de la commune, le maire a reçu délégation du conseil municipal aux fins " d'intenter, de manière générale et en toutes matières au nom de la commune, les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle ". Par suite, le mémoire en défense de la commune de Villejuif est recevable.
Sur les fins de non-recevoir opposées par la commune de Villejuif :
6. D'une part, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. / () ". En vertu de l'article L. 600-1-3 du même code de l'urbanisme : " Sauf pour le requérant à justifier de circonstances particulières, l'intérêt pour agir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager s'apprécie à la date d'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire ".
7. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction. Par ailleurs, sauf circonstances particulières, l'intérêt pour agir d'un requérant contre un permis de construire s'apprécie au vu des circonstances de droit et de fait à la date d'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire, sans qu'il y ait lieu de tenir compte de circonstances postérieures, qu'elles aient pour effet de créer, d'augmenter, de réduire ou de supprimer les incidences de la construction, de l'aménagement ou du projet autorisé sur les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance mentionnées à l'article L. 600-1-2. A ce titre, il y a lieu de procéder à cette appréciation au vu des constructions environnantes dans leur état à cette date.
8. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme H sont propriétaires d'un immeuble à usage d'habitation mitoyen du terrain d'assiette du projet litigieux, de sorte qu'ils ont la qualité de voisins immédiats de ce dernier. Alors que la parcelle qui constitue le terrain d'assiette du projet est un terrain vierge de toute construction hormis un garage, le projet consiste en l'édification de deux bâtiments d'habitation de type R+2 dont l'un est un immeuble collectif et l'autre deux maisons mitoyennes, et doivent comprendre sept logements. Dans ces conditions, ce projet est de nature à modifier les conditions de vue sur leurs propriétés et à générer des troubles de jouissance. Il suit de là que les requérants justifient d'une qualité leur donnant intérêt pour agir contre ces arrêtés.
9. D'autre part, aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours () ".
10. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme H justifient avoir notifié leur recours au maire de Villejuif, auteur des décisions attaquées et à la SCCV 15 Bizet, titulaire de l'autorisation, par lettre recommandée avec accusé de réception du 30 mars 2022, notifiée au demeurant le 1er avril 2022, soit dans un délai de quinze jours francs à compter de l'enregistrement de leur requête.
11. Il résulte de ce qui précède que les fins de non-recevoir opposées par la commune de Villejuif doivent être écartées.
Sur l'étendue du litige :
12. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.
13. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 29 juillet 2022, soit postérieurement à l'introduction de la requête, le maire de Villejuif a accordé à la SCCV 15 Bizet un permis de construire modificatif en vue de modifier la surface de plancher et la façade Est du bâtiment sur rue.
Sur les conclusions aux fin d'annulation :
14. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Aux termes de l'article L. 2122-17 du code général des collectivités territoriales : " En cas d'absence, de suspension, de révocation ou de tout autre empêchement, le maire est provisoirement remplacé, dans la plénitude de ses fonctions, par un adjoint, dans l'ordre des nominations et, à défaut d'adjoint, par un conseiller municipal désigné par le conseil ou, à défaut, pris dans l'ordre du tableau. ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du même code : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et, en l'absence ou en cas d'empêchement des adjoints ou dès lors que ceux-ci sont tous titulaires d'une délégation, à des membres du conseil municipal. / () ". Aux termes de l'article L. 2131-1 de ce dernier code dans sa rédaction alors applicable : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. Pour les décisions individuelles, cette transmission intervient dans un délai de quinze jours à compter de leur signature. / Cette transmission peut s'effectuer par voie électronique, selon des modalités fixées par décret en Conseil d'Etat. () / La preuve de la réception des actes par le représentant de l'Etat dans le département ou son délégué dans l'arrondissement peut être apportée par tout moyen. L'accusé de réception, qui est immédiatement délivré, peut être utilisé à cet effet mais n'est pas une condition du caractère exécutoire des actes. () ". Selon l'article R. 2122-7 de ce code : " La publication des arrêtés du maire peut être constatée par une déclaration certifiée du maire. () ".
15. D'une part, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 8 février 2021 régulièrement transmis en préfecture à la même date, le maire de Villejuif, commune couverte par un plan local d'urbanisme, a donné délégation " de signature et de fonctions " à M. F C, auteur de l'arrêté en litige, notamment dans les domaines de l'urbanisme. Cet arrêté comporte l'accusé de réception du service de l'Etat chargé du contrôle de légalité duquel il résulte qu'il a été transmis et reçu le 8 février 2021. De plus, le maire de Villejuif a attesté de la régularité de la publication de l'arrêté du 8 février 2021 par voie d'affichage en mairie le 8 février 2021 pour une durée de quinze jours. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 8 décembre 2021 doit être écarté comme manquant en fait.
16. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 8 juillet 2022 régulièrement transmis en préfecture à la même date, le maire de Villejuif, commune couverte par un plan local d'urbanisme, a donné délégation temporaire de signature à M. I J, deuxième adjoint au maire et auteur de l'arrêté du 29 juillet 2022 pour assurer, durant une période de deux semaines du 15 juillet au 31 juillet 2022, la continuité de la gestion des affaires communales pendant les absences du maire. Cet arrêté comporte l'accusé de réception de la préfecture duquel il résulte qu'il a été transmis et reçu le 8 juillet 2022. En l'espèce, dès lors que la délégation ainsi consentie confiait à M. J une mission d'intérim et lui donnait délégation pour la signature de tous actes et documents concernant les affaires de la commune, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté de délégation serait, en raison de sa portée trop générale, irrégulier. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 29 juillet 2022 doit donc être écarté comme manquant en fait.
17. En deuxième lieu, et d'une part, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ". Aux termes de l'article R. 431-2 du même code :" Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Selon l'article R. 431-16 du même code dans sa rédaction alors applicable : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : / () f) Lorsque la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou un plan de prévention des risques miniers approuvés, ou rendus immédiatement opposables en application de l'article L. 562-2 du code de l'environnement, ou par un plan de prévention des risques technologiques approuvé, à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation, une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception ; () "
18. La circonstance que le dossier de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
19. Il ressort de la demande de permis de construire initial qu'elle contient, en pièce PC1, un plan de situation, en pièce PC3, un document graphique d'insertion du projet dans son environnement, en pièce PC7-8, deux photographies du terrain dans l'environnement, et en pièce PD3 des photographies des bâtiments à démolir. Dans ces conditions, la circonstance que la notice descriptive serait insuffisante quant à sa description des abords du projet n'a pas été de nature à fausser, sur ce point, l'appréciation du service instructeur. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme doit être écarté.
20. D'autre part, il ressort également des mêmes pièces du dossier que l'architecte du projet a attesté de la réalisation de l'étude préalable du plan de prévention des risques naturels conformément aux dispositions précitées du f) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté comme manquant en fait.
21. Enfin, les requérants ne peuvent utilement alléguer que le dossier de demande de permis de construire modificatif ne précisait pas la localisation du terrain d'assiette et ne comportait pas la notice descriptive prévue à l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme dès lors que ces informations figuraient déjà dans le dossier de permis de construire initial et n'avaient pas à être reprises intégralement dans le dossier de demande de permis de construire modificatif.
22. En troisième lieu, il ressort du dossier de demande de permis de construire modificatif, notamment du formulaire CERFA dans sa rubrique 9 intitulée " destination, sous-destination des constructions et tableau des surfaces " que la surface de plancher des nouvelles constructions sera de 556 m². Si les requérants soutiennent que cette surface serait en réalité de 976 m², ils n'apportent au soutien de leur allégation aucun élément permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'inexactitude matérielle des faits ne peut qu'être écarté.
23. En quatrième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 123-1-5 du code de l'urbanisme dans sa rédaction alors applicable relatives aux " trames vertes ", du décret du 17 septembre 2019 adaptant les orientations nationales pour la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques, des orientations d'aménagement et de programmation (OAP) du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune, du projet d'aménagement et de développement durable (PADD) et du rapport de présentation du PLU n'est assorti d'aucune précision permettant au juge d'en apprécier le bien-fondé et ne peut, en conséquence, qu'être écarté.
24. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 151-2 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme comprend : / 1° Un rapport de présentation ; / 2° Un projet d'aménagement et de développement durables ; / 3° Des orientations d'aménagement et de programmation ; / 4° Un règlement ; / 5° Des annexes () ". Aux termes de l'article L. 152-1 du même code : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation ". Il résulte de ces dispositions que le projet d'aménagement et de développement durables et le rapport de présentation ne sont pas, par eux-mêmes, opposables pour la délivrance d'une autorisation d'urbanisme.
25. Les requérants se prévalent de certains objectifs du projet d'aménagement et de développement durables et du rapport de présentation du plan local d'urbanisme de la commune de Villejuif pour soutenir que le projet ne serait pas conforme aux objectifs de préservation du caractère pavillonnaire du quartier sur lequel il est implanté. De tels documents n'étant pas directement opposables aux autorisations d'urbanisme, ce moyen, qui est inopérant, ne peut dès lors qu'être écarté.
26. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " le projet architectural comprend une notice précisant () / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages () ".
27. Il ressort de la notice de présentation du projet contenue dans la demande de permis de construire initial qu'elle fait état des constructions existantes et des partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement. Si les requérants entendent soutenir que le projet ne s'insère pas dans l'environnement, ils ne peuvent se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme, ces dernières ayant seulement vocation à indiquer les éléments qui doivent être précisés par la notice du projet architectural. Par suite, le moyen tiré du défaut d'insertion du projet dans son environnement en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.
28. En septième lieu, aux termes de l'article UC1.2 du règlement du plan local d'urbanisme : " toutes les occupations et utilisations du sol sont interdites au sein des cœurs d'îlots () à l'exception de celles soumises à des conditions particulières à l'article UC2.2 ". Aux termes de l'article UC2.2 du même règlement : " au sein des cœurs d'îlots identifiés aux documents graphiques au titre de l'article L. 123-1-5 du code de l'urbanisme, sont admises () les installations et aménagements nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif ". Enfin, aux termes du lexique du règlement du plan local d'urbanisme : " les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif, au sens du présent règlement, comprennent les installations et constructions qui permettent de répondre aux besoins de la population : équipements d'infrastructures (réseaux et aménagements du sol ou du sous-sol), ou ouvrages et locaux techniques liés au fonctionnement des réseaux, ou bâtiments à usage collectif (scolaires, sportifs, culturels, administratifs) ".
29. D'une part, il ressort des pièces du dossier et en particulier du plan de masse projet, dont les énonciations ne sont pas sérieusement contestées par les requérants, que les constructions projetées ne se situent pas en " cœur d'îlot " mais seulement en limite de cette zone. Par suite, la première branche du moyen tirée de la méconnaissance de l'article UC1.2 doit être écartée.
30. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que deux types d'équipements doivent être installés au sein de la zone " cœur d'îlot " du terrain d'assiette afin de séparer les jardins privatifs des logements à construire à l'aide de " clôtures en ganivelle en bois " d'une hauteur de 1,2 mètres et d'encercler la noue paysagère avec une clôture en grillage à mailles soudées d'une hauteur de 1,2 à 1,5 mètres. Si la clôture en grillage à mailles soudées encerclant la noue paysagère n'est pas mise en cause par les requérants, la constitution de jardins privatifs encerclés de clôtures en ganivelle relève bien d'une utilisation du sol ne pouvant être qualifiée d'installation nécessaire aux services publics ou d'intérêt collectif au sens du lexique du règlement du plan local d'urbanisme. Ces aménagements du sol par des équipements intitulés " clôtures en ganivelle en bois " sont donc proscrits par les dispositions précitées de ce même règlement. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que les arrêtés en litige ont été pris en méconnaissance des dispositions des articles UC1.2 et UC2.2 du règlement du plan local d'urbanisme.
31. En huitième lieu, aux termes de l'article UC3.1 du règlement du plan local d'urbanisme : " les accès doivent être adaptés à l'opération. Ils doivent présenter des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité, de la défense contre l'incendie et de la protection civile. L'accès doit se faire directement par une façade sur rue, ou par l'intermédiaire d'un passage privé ou par une servitude de passage suffisante. Dans tous les cas, l'accès privé d'un terrain ne pourra avoir une largeur inférieure à 3,50 mètres ". Selon le lexique de ce même règlement, l'accès est défini comme un " linéaire de façade du terrain (portail) ou du bâtiment (porche) ou espace (servitude de passage, bande de terrain) par lequel les véhicules pénètrent sur le terrain, depuis la voie ouverte à la circulation publique ".
32. D'une part, selon le plan de masse projet contenu dans le dossier de demande de permis de construire modificatif, le projet prévoit l'installation d'un portail métallique d'une largeur de 3,50 mètres en limite séparative du terrain d'assiette avec la voie publique, donnant accès à la voie privée intérieure. La circonstance que le pétitionnaire a positionné un " cheminement handicapés " sur cette voie privée est sans incidence pour apprécier la largeur de cet accès. Au surplus, la brigade de sapeurs-pompiers de Paris a rendu un avis favorable au projet le 16 septembre 2021 en ce qui concerne les conditions de desserte des engins de lutte contre l'incendie et la défense extérieure contre l'incendie.
33. D'autre part, il ressort du document d'insertion du projet dans son environnement du permis de construire modificatif qu'il n'est pas prévu de réaliser des plantations sur la voie d'accès contrairement à ce que soutiennent les requérants.
34. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC3.1 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté en toutes ses branches.
35. En neuvième lieu, aux termes de l'article UC 7.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme : " les constructions doivent être implantées sur une ou plusieurs limites séparatives latérales ou en retrait des limites séparatives latérales dans une bande de 20 mètres depuis les voies et emprises publiques, en retrait des limites séparatives latérales au-delà d'une bande de 20 mètres depuis les voies et emprises publiques, et en retrait des limites séparatives de fond de parcelle. Les façades implantées en limite séparative ne doivent pas comporter de vues directes (). Toute construction ou partie des constructions en retrait des limites séparatives doit respecter les modalités de calcul définies à l'article UC 7.1.2 ". Aux termes de l'article UC7.1.2 du même règlement : " Toute façade ou partie de façade de constructions en retrait des limites séparatives doit être implantée : lorsqu'elle comporte une vue directe, avec un retrait de 6 mètres minimum de la limite séparative, lorsqu'elle ne comporte pas de vue directe, avec un retrait de 2.50 mètres minimum de la limite séparative ". Enfin, selon la définition des vues directes figurant au lexique de ce même règlement, " ne sont pas considérées comme créant des vues directes : () les châssis fixes équipés de panneaux opaques ou translucides ".
36. D'une part, en ce qui concerne le bâtiment collectif prévu par le projet et donnant sur la rue Bizet, il ressort des pièces du dossier, notamment de la pièce PCM 2 " plan de masse du projet permis modificatif ", que les façades Nord et Sud, qui doivent être construites en limites séparatives, ne comportent aucune fenêtre et, par suite, aucune vue directe. Quant à ses façades Est et Ouest, elles doivent être respectivement implantées à 2,50 mètres et 57,03 mètres des limites séparatives. La façade Ouest doit, en outre, être distante de la façade des maisons mitoyennes prévues par le même projet en litige. La circonstance que la construction du bâtiment collectif ne soit pas parfaitement perpendiculaire à la limite séparative Sud est sans incidence sur la conformité des distances aux limites séparatives.
37. D'autre part, en ce qui concerne les maisons mitoyennes, celles-ci sont implantées en retrait des limites séparatives soit à 2,66 mètres des limites Nord et Sud dont les façades, dépourvues de fenêtres, ne disposent d'aucune vue directe. Si les façades Est sont distantes de 5,87 mètres de la limite séparative et comportent une fenêtre, ces dernières ont été modifiées pour être remplacées, ainsi qu'il résulte de la pièce PCM 5 contenue dans la demande de permis de construire modificatif, par des " châssis fixes translucides " qui ne créent pas de vue directe au sens de la définition figurant au lexique du règlement du plan local d'urbanisme.
38. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles UC7 1.1 et UC7 1.2 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
39. En dixième lieu, aux termes de l'article UC 10.1 du règlement du plan local d'urbanisme : " la hauteur maximale des constructions se mesure : à partir du sol naturel existant avant les travaux, jusqu'au point le plus haut de la construction ". Aux termes de l'article UC 10.2 du même règlement : " La hauteur maximale des constructions ne doit pas excéder 10 mètres, édicules techniques et acrotère compris. Si un deuxième niveau est réalisé, celui-ci doit être atténué soit par une toiture à deux pentes, soit par un attique présentant un retrait par rapport à la façade sur rue de 2 mètres ".
40. D'une part, il ressort des pièces du dossier, en particulier du plan en coupe du terrain et des constructions du projet de permis modificatif, que, selon la cote mesurant la hauteur du point médian de la construction à partir de la surface naturelle du sol, le point le plus haut de la construction se situe à 9,95 mètres du sol naturel, soit une hauteur inférieure aux dix mètres maximum fixés par les dispositions précitées.
41. D'autre part, les requérants soutiennent que les constructions projetées méconnaissent l'article UC 10 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'elles ne comportent pas, dès leur deuxième niveau, de toiture à deux pentes ou d'attique. Le règlement du plan local d'urbanisme ne comportant aucune définition du terme " niveau " et alors que les auteurs du plan local d'urbanisme ont entendu fixer à dix mètres la hauteur maximale des constructions, les niveaux doivent être regardés, pour l'application des dispositions précitées, comme ceux situés au-dessus du rez-de-chaussée. En l'espèce, un attique est prévu au deuxième niveau correspondant au deuxième étage.
42. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC 10 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté en toutes ses branches.
43. En onzième lieu, aux termes de l'article UC 11.1 du règlement du plan local d'urbanisme : " () Tout pignon doit faire l'objet d'un traitement soigné ; celui-ci peut notamment se traduire par une végétalisation ou une diversité de matériaux (). Aux termes de l'article UC 11.3.2 du même règlement : " La hauteur des clôtures en limites séparatives est limitée à 2,10 mètres, en dehors des constructions et installations nécessaires au service public ou d'intérêt collectif, où la hauteur est portée à 2,50 m. Les clôtures en limites séparatives doivent être constituées d'une semelle maçonnée ou en béton. Les clôtures végétales doivent être privilégiées. La conception des clôtures doit prendre en compte la nécessité d'assurer une connexion écologique entre chaque îlot, de ce fait les clôtures végétales doivent être privilégiées. Afin de permettre le maximum de perméabilité, lorsque les haies sont combinées à une clôture, palissade ou mur, ceux-ci doivent être conçus de manière à permettre les déplacements de la faune. Les clôtures associées devront être principalement constituées de grillage à larges mailles (15 x 15 cm minimum). Dans le cas de clôtures maçonnées et palissades, celles-ci devront disposer d'ouvertures non grillagées de 15 cm x 15 cm réalisées au niveau du sol, tous les 5 mètres. Les haies doivent être composées d'un mélange 3 essences minimum caduques et persistantes. On s'orientera préférentiellement vers des essences indigènes et dont le pouvoir allergène est limité ".
44. D'une part, il ressort des pièces du dossier, notamment de la notice de présentation et du plan de masse du projet de permis modificatif que les bâtiments doivent être réalisés en ossature bois et que leurs façades seront traitées en bardage bois. Si les requérants soutiennent que le bardage bois ne serait pas de nature à assurer un traitement soigné des pignons, ils n'apportent, au soutien de leur allégation, aucun élément pour permettre d'en apprécier le bien-fondé.
45. D'autre part, il ressort de ces mêmes pièces que des clôtures doivent être installées en limites séparatives de l'ensemble du site, constituées, en front de rue, par des " lattes de bois à claire-voie sur un mur bahut maçonné à la finition enduit gratté beige d'une hauteur d'1,20 mètres " et sur les autres limites séparatives par des panneaux grillagés à mailles soudées de 15 centimètres sur 15 centimètres. Il ne ressort pas de ces pièces que les clôtures en limites séparatives hors celle séparant le terrain de la rue Bizet ne seraient pas constituées d'une semelle maçonnée ou en bêton.
46. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC 11 doit être écarté en toutes ses branches.
47. En douzième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
48. Il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de masse projet modificatif, que si les véhicules automobiles ne peuvent effectivement se croiser sous le porche de l'immeuble collectif sur une longueur de 13,25 mètres, il est prévu, dans le prolongement de la zone parking, un espace intérieur d'une largeur de 5,78 mètres permettant les manœuvres et le croisement des véhicules. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que les manœuvres des véhicules ne pouvant se croiser sous le porche seraient de nature à porter atteinte à la sécurité publique. Il suit de là que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet aurait dû être refusé ou accepté sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.
Sur la mise en œuvre de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :
49. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. ".
50. En l'espèce, il résulte de tout ce qui précède, que l'arrêté du 8 décembre 2021 par lequel le maire de Villejuif a délivré à la SCCV 15 Bizet un permis de construire et l'arrêté du 29 juillet 2022 par lequel il lui a délivré un permis de construire modificatif ne sont entachés d'illégalité qu'en tant qu'ils prévoient, ainsi qu'il a été dit au point 30, l'installation de " clôtures en ganivelle en bois " en méconnaissance des dispositions des articles UC 1.2 et UC 2.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villejuif. Eu égard à l'illégalité retenue, dont la régularisation n'apporterait pas un bouleversement tel à l'économie générale du projet qu'il en modifierait la nature, il y a lieu d'annuler la décision attaquée seulement dans cette mesure
Sur les frais liés au litige :
51. Pour l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Villejuif la somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et M. E et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces mêmes dispositions et de mettre à la charge de la commune de Villejuif la somme demandée au même titre par M. et Mme H qui ne justifient pas de frais qu'ils auraient exposés à l'occasion de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 8 décembre 2021 du maire de Villejuif délivrant à la SCCV 15 Bizet un permis de construire et l'arrêté du 29 juillet 2022 du maire de Villejuif délivrant à la SCCV 15 Bizet un permis de construire modificatif sont annulés en tant que le projet prévoit l'installation de " clôtures en ganivelle en bois " en méconnaissance des dispositions des articles UC 1.2 et UC 2.2 du règlement du plan local d'urbanisme.
Article 2 : La commune de Villejuif versera une somme globale de 1 500 euros à Mme A et à M. E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme K A, à M. G E, à M. D H, à Mme B H, à la SCCV 15 Bizet et au maire de la commune de Villejuif.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2023 à laquelle siégeaient :
M. L , président,
M. Duhamel, premier conseiller,
M. Cabal, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2023.
Le rapporteur,
B. DUHAMEL
Le président,
M. LLa greffière,
M.NODIN
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°s 2201107, 2203161
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026