jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2203320 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | RIQUELME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 avril 2022 et le 25 septembre 2022, la société Roissy formation, représentée par Me Riquelme, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née le 9 février 2022 du silence gardé par le directeur régional interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités sur son recours gracieux contre une décision en date du 4 octobre 2021 relative à un trop-perçu d'activité partielle pour un montant de 16 262,19 euros ;
2°) d'annuler la décision en date du 4 octobre 2021 prise par la responsable du dispositif d'activité partielle ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été signée par un auteur incompétent ;
- elle est entachée d'illégalité au motif du défaut de signature valable apposée au sein de cette décision ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit résultant d'une absence de fondement juridique ;
- elle est entachée d'une erreur de droit résultant d'une erreur dans l'application des dispositions réglementaires ;
- elle est entachée d'erreurs de fait résultant du constat matériellement erroné tiré du recours " massif et ininterrompu " à l'activité partielle, du constat matériellement erroné de la " faible baisse du chiffre d'affaires ", et du défaut de prise en compte de ce qu'une partie du recours à l'activité partielle résultait de la nécessité dans laquelle se trouvaient plusieurs salariés de garder un enfant de moins de 16 ans ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- est entachée d'une erreur de droit s'agissant de la situation de M. B A ;
- en se fondant sur le taux horaire réduit à 70 %, le différentiel des allocations d'activité partielle qui auraient dû lui être versées, par rapport à celles qui ont été effectivement perçues, est tout à fait réduit. Ces erreurs ponctuelles, au mois d'avril 2020, résultent de difficultés de compréhension du dispositif de l'activité partielle, qui venait d'être instauré pour les salariés soumis à une convention individuelle de forfait annuel en jours ; elle prend acte de ce qu'elle est redevable d'une somme de 857,78 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2022, le directeur régional interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société Roissy formation ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2020-325 du 25 mars 2020 ;
- l'ordonnance n° 2020-346 du 27 mars 2020 ;
- le décret n° 2020-435 du 16 avril 2020 ;
- l'ordonnance n° 2020-386 du 1er avril 2020 ;
- l'ordonnance n° 2020-428 du 15 avril 2020 ;
- l'ordonnance n° 2020-460 du 22 avril 2020 ;
- la loi n° 2020-473 du 25 avril 2020 ;
- le décret n° 2020-521 du 5 mai 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pradalié,
- les conclusions de M. Allègre, rapporteur public,
- les observations de Me Bouquet, représentant la société Roissy formation.
Considérant ce qui suit :
1. La société Roissy formation exerce une activité de formation en transport, logistique et sécurité routière, notamment dans le cadre d'une auto-école. Par une décision en date du
4 octobre 2021, le directeur régional interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS) d'Ile-de-France a rejeté les demandes d'indemnisation de la société Roissy formation pour une somme de 16 262,19 euros. La société Roissy formation demande l'annulation de cette décision et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux notifié le 9 décembre 2021.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 4 octobre 2021 et de la décision implicite de rejet du recours gracieux :
2. Aux termes de l'article L. 5122-1 du code du travail : " I. - Les salariés sont placés en position d'activité partielle, après autorisation expresse ou implicite de l'autorité administrative, s'ils subissent une perte de rémunération imputable : - soit à la fermeture temporaire de leur établissement ou partie d'établissement ; - soit à la réduction de l'horaire de travail pratiqué dans l'établissement ou partie d'établissement en deçà de la durée légale de travail. En cas de réduction collective de l'horaire de travail, les salariés peuvent être placés en position d'activité partielle individuellement et alternativement. II. - Les salariés reçoivent une indemnité horaire, versée par leur employeur, correspondant à une part de leur rémunération antérieure dont le pourcentage est fixé par décret en Conseil d'Etat. L'employeur perçoit une allocation financée conjointement par l'Etat et l'organisme gestionnaire du régime d'assurance chômage. Une convention conclue entre l'Etat et cet organisme détermine les modalités de financement de cette allocation. Le contrat de travail des salariés placés en activité partielle est suspendu pendant les périodes où ils ne sont pas en activité. () ". Aux termes de l'article R. 5122-1 du même code, dans sa version applicable à la date de la décision contestée : " L'employeur peut placer ses salariés en position d'activité partielle lorsque l'entreprise est contrainte de réduire ou de suspendre temporairement son activité pour l'un des motifs suivants : () 5° Toute autre circonstance de caractère exceptionnel. ".
3. En premier lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que l'administration a considéré que la société requérante a eu recours de manière massive et ininterrompue au dispositif d'activité partielle de manière injustifiée aux mois de juin 2020, juillet 2020, septembre 2020, novembre 2020, décembre 2020 et avril 2021 et a décidé pour ce motif de " retirer les heures demandées au titre de l'activité partielle par votre établissement au cours de ces mois ". L'administration indique dans ce cadre : " votre établissement pouvait recevoir du public à partir du deuxième confinement, ce qui explique en l'occurrence la faible baisse de votre chiffre d'affaires de 2020 par rapport à 2019 si elle est rapportée à la durée effective d'activité de votre établissement, soit 1,35 % ". Toutefois, ni la décision attaquée ni aucun des échanges précédents entre l'administration et la société requérante ne permettent d'identifier le mode de calcul et les éléments sur lesquels le service s'est fondé pour aboutir à cette conclusion. Si le DRIEETS d'Ile-de-France expose en défense une partie de son mode de calcul, il n'explique pas de façon complète son mode de calcul ni l'origine de l'ensemble des données utilisées, et les éléments produits sont insuffisants à expliquer comment l'administration a identifié pour chacun des mois litigieux une perte de chiffre d'affaires insuffisante pour justifier une réduction de l'horaire de travail pratiqué dans l'établissement au sens des dispositions de l'article L. 5122-1 du code du travail. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être accueilli.
4. En second lieu, eu égard aux termes de l'article 35 du décret n° 2020-1310 du
29 octobre 2020 dans sa version alors en vigueur, selon lesquels : " les établissements mentionnés au livre II du code de la route peuvent accueillir des candidats pour les besoins des épreuves du permis de conduire ", la société requérante est fondée à relever que ces dispositions, qui dans leur version en vigueur ne permettaient alors pas aux établissements concernés d'accueillir des candidats pour les besoins de l'apprentissage de la conduite, l'ont nécessairement contrainte à ne pas pouvoir exercer durant la période du 29 octobre 2020 au 27 novembre suivant l'une de ses principales activités.
5. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la société Roissy formation est fondée à demander l'annulation de la décision attaquée, et de la décision implicite rejetant son recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de l'Etat au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision en date du 4 octobre 2021 du directeur régional interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France, ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux de la société Roissy formation, sont annulées.
Article 2 : L'Etat versera à la société Roissy formation la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la société Roissy formation est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Roissy formation et au directeur régional interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
M. Dumas, premier conseiller,
M. Pradalié, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 11 juillet 2024.
Le rapporteur,
G. PRADALIELe président,
D. LALANDE
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026