mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2203588 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL HOURCABIE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 11 avril 2022, 7 octobre 2022 et 30 mai 2023, M. A C, représenté par Me Chevalier, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 octobre 2021 par lequel le maire de Saint-Maur-des-Fossés ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par Mme B D le 26 mai 2021 en vue de réaliser une surélévation d'une maison individuelle et une modification de ses façades sur un terrain situé 54 avenue de la Révolution française ainsi que la décision implicite du maire de Saint-Maur-des-Fossés rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Maur-des-Fossés une somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'il dispose notamment de la qualité et d'un intérêt à agir en tant que propriétaire de la parcelle contiguë au terrain d'assiette du projet contesté et dès lors que celui-ci est susceptible d'affecter les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de son bien ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence dès lors qu'il n'est pas établi que son signataire disposait d'une délégation de signature ;
- le dossier de déclaration préalable est insuffisant dès lors qu'il ne comprend pas le plan de la façade Nord-Est et que le document d'insertion ne permet pas de situer le projet dans son environnement ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article U3-7 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'il n'est pas établi que la façade Nord-Est du projet, implantée en limite séparative latérale, est aveugle ;
- il méconnaît les dispositions de l'article U3-10-2 de ce même règlement, le projet comprenant une attique en façade Nord-Est alors que celle-ci est implantée en limite séparative latérale ;
- l'arrêté de non-opposition à déclaration préalable a été obtenu par fraude dès lors que les plans du dossier de déclaration préalable présentent de manière erronée l'emplacement de la limite séparative latérale séparant le terrain d'assiette de la parcelle mitoyenne.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 août 2022, Mme B D, représentée par la Selarl Hourcabie avocats conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête. Elle demande en outre qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que M. C ne dispose pas d'un intérêt pour agir, celui-ci, bien que voisin immédiat du terrain d'assiette, n'apportant pas la preuve que les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de son bien seront affectées par le projet contesté;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 mai 2023, la commune de Saint-Maur-des-Fossés, représentée par son maire en exercice, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que M. C ne dispose pas d'un intérêt pour agir, celui-ci, bien que voisin immédiat du terrain d'assiette, n'apportant pas la preuve que les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de son bien seront affectées par le projet en litige;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un courrier du 27 août 2024, les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de faire application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et de surseoir à statuer sur la requête de M. A C dans l'attente de la régularisation de l'illégalité tenant à la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme dès lors que le dossier de déclaration préalable ne comprend pas le plan de la façade Nord-Est permettant au service instructeur d'apprécier la conformité du projet avec la règlementation applicable et notamment l'article U3-7-6 du règlement du plan local d'urbanisme alors applicable qui proscrit les façades aveugles.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Duhamel,
- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,
- les observations de Me Chevalier, représentant M. C,
- et les observations de Me Rouikha, représentant Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 13 octobre 2021, le maire Saint-Maur-des-Fossés ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée le 26 mai 2021 par Mme D en vue de surélever une maison individuelle existante et de modifier ses façades, sur une parcelle cadastrée section BV n° 221 située 54, avenue de la Révolution française. Par un courrier reçu le 13 décembre 2021, M. C a sollicité du maire de Saint-Maur-des-Fossés le retrait de cet arrêté. M. C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du maire de Saint-Maur-des-Fossés du 13 octobre 2021 ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les fins de non-recevoir opposées par Mme D et la commune de Saint-Maur-des-Fossés :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. / () ". En vertu de l'article L. 600-1-3 du même code de l'urbanisme : " Sauf pour le requérant à justifier de circonstances particulières, l'intérêt pour agir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager s'apprécie à la date d'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction. Par ailleurs, sauf circonstances particulières, l'intérêt pour agir d'un requérant contre un permis de construire s'apprécie au vu des circonstances de droit et de fait à la date d'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire, sans qu'il y ait lieu de tenir compte de circonstances postérieures, qu'elles aient pour effet de créer, d'augmenter, de réduire ou de supprimer les incidences de la construction, de l'aménagement ou du projet autorisé sur les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance mentionnées à l'article L. 600-1-2. A ce titre, il y a lieu de procéder à cette appréciation au vu des constructions environnantes dans leur état à cette date.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. C est propriétaire d'une maison d'habitation située 52, avenue de la Révolution française à Saint-Maur-des-Fossés et que cette maison est implantée sur une parcelle mitoyenne du terrain d'assiette du projet litigieux, de sorte qu'il a la qualité de voisin immédiat de ce dernier. Alors que la parcelle qui constitue le terrain d'assiette du projet comporte actuellement une maison individuelle de niveau R+1, le projet, qui consiste en la surélévation en attique de cette maison implantée sur le pignon de celle de M. C est de nature à créer des vues sur sa parcelle et à modifier les conditions de luminosité et d'ensoleillement sur sa propriété et à générer ainsi des troubles de jouissance. Dans ces conditions, le requérant justifie d'une qualité lui donnant intérêt pour agir contre cet arrêté. Par suite, les fins de non-recevoir opposées par la commune de Saint-Maur-des-Fossés et Mme D doivent être écartées.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 10 juillet 2020, régulièrement publié et transmis au contrôle de la légalité à cette même date, le maire de Saint-Maur-des-Fossés a donné délégation à M. F E, maire adjoint de la commune et signataire de l'arrêté du 13 octobre 2021, aux fins de signer tous documents relatifs à l'urbanisme et aux autorisations relatives aux permissions liées aux permis de construire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme dans sa rédaction alors applicable : " Le dossier joint à la déclaration comprend : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; / c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci ; / () / Il est complété, s'il y a lieu, par les documents mentionnés aux a et b de l'article R. 431-10 (). / Ces pièces sont fournies sous l'entière responsabilité des demandeurs. Lorsque la déclaration porte sur un projet de création ou de modification d'une construction et que ce projet est visible depuis l'espace public () le dossier comprend également les documents mentionnés aux c et d de l'article R. 431-10. / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ". L'article R. 431-10 du même code précise que : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
7. La circonstance que le dossier de déclaration préalable ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité l'autorisation d'urbanisme qui a été accordée que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
8. M. C soutient que le dossier de déclaration préalable déposé par Mme D était incomplet de sorte que le service instructeur n'a pas été en mesure d'apprécier la réalité des travaux envisagés.
9. D'une part, il ressort du dossier de déclaration préalable qu'il contient, en pièce DP6 un document intitulé " insertion du projet " qui représente graphiquement le projet de construction et en pièce DP7-DP8, quatre photographies du terrain dans l'environnement.
10. D'autre part, si Mme D et la commune de Saint-Maur-des-Fossés ne contestent pas que le dossier de déclaration préalable ne contient pas le plan de façade Nord-Est du projet de construction en litige, ils font valoir que cette façade étant aveugle, le service instructeur était en mesure d'apprécier la conformité du projet à la règlementation applicable malgré cette omission. Toutefois, il ne ressort d'aucune pièce du dossier, en particulier du dossier de déclaration préalable que cette façade Nord-Est serait effectivement aveugle. Dans ces conditions, l'absence de production du plan de la façade Nord-Est a été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Il suit de là que M. C est fondé à soutenir que le dossier de demande d'autorisation était incomplet sur ce point et que cette insuffisance a été de nature à fausser l'appréciation su service instructeur.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article U3-7-6 du règlement du plan local d'urbanisme alors applicable : " Pour l'application de l'article 7, les façades des constructions implantées en limites séparatives doivent obligatoirement être aveugles. Elles ne doivent comporter ni baie, ni pavé de verre, ni jour de souffrance, ni châssis, fixe ou non, translucide ou non. ".
12. L'incomplétude, relevée au point 10 du présent jugement, du dossier de demande de permis de construire, en l'absence du plan de façade Nord-Est joint au dossier de déclaration préalable, ne permet pas au tribunal d'apprécier la conformité du projet aux dispositions du plan local d'urbanisme alors applicables relatives à la hauteur des constructions. Les pièces versées aux débats ne suffisent pas à combler cette lacune, dès lors qu'elles n'établissent pas que cette façade est aveugle au sens des dispositions précitées. Il s'ensuit que dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de réserver l'examen de ce moyen.
13. En quatrième lieu, aux termes de l'article U3-10-2 du règlement du plan local d'urbanisme alors applicable : " " La hauteur de façade des constructions ne peut dépasser 7 mètres. / Au-dessus de 7 m de hauteur de façade comptés depuis le niveau du terrain naturel avant travaux, le traitement en comble ou en attique est obligatoire. / Le retrait en attique est alors de 1,50 minimum. / Pour rappel, en attique le retrait s'effectue à minima sur la rue et en façade arrière ; il est possible en façades latérales en cas de retrait de la construction en limites séparatives, mais interdit en façades latérales en cas d'implantation en limites séparatives de la construction. ". Aux termes du lexique de ce règlement, l'attique est défini comme la " Partie supérieure de la construction qui constitue le dernier étage et est disposée en retrait du reste de la façade. Ce retrait s'effectue à minima en façade sur la rue et en façade arrière. En cas d'implantation en limites séparatives latérales, l'attique ne s'applique pas en façades latérales. ()".
14. Si le requérant soutient que l'attique ne peut s'appliquer en façade latérale Nord-Est, cette façade étant implantée en limite séparative, il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de toiture intitulé DP4 figurant au dossier de demande de permis de construire que le retrait en attique est prévu sur la rue, sur la façade arrière et la façade Nord-Ouest mais que le projet ne prévoit aucun retrait avec la limite séparative située au droit de la façade latérale Nord-Est, seule façade implantée en limite séparative. Par suite, le moyen doit être écarté comme manquant en fait.
15. En dernier lieu, si M. C soutient que la décision attaquée a été obtenue par fraude au motif que la pétitionnaire aurait sciemment donné des informations erronées quant à l'implantation de la limite de propriété entre le terrain d'assiette du projet et celui dont il est propriétaire en faisant valoir que sur le plan de façade Sud-Est, la limite séparative a été matérialisée comme longeant le mur mitoyen, alors qu'en réalité, cette limite sépare ce mur en deux parties égales, les autorisations d'urbanisme sont délivrées sous réserve du droit des tiers. En tout état de cause, le requérant ne démontre pas en quoi cette prétendue fraude aurait permis à la pétitionnaire d'échapper à l'application des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives. Par suite, le moyen ne pourra qu'être écarté.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
16. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".
17. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
18. Le vice mentionné au point 10 tiré de ce que l'arrêté contesté méconnaît les dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme dès lors que le dossier de déclaration préalable ne comprend pas le plan de la façade Nord-Est permettant au service instructeur d'apprécier la conformité du projet avec la règlementation applicable est susceptible d'être régularisé. Il y a lieu, dès lors, de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et d'impartir à Mme D et au maire de Saint-Maur-des-Fossés un délai de quatre mois, à compter de la notification du présent jugement, aux fins de notifier au tribunal la mesure de régularisation nécessaire.
D E C I D E:
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la demande de M. C jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois, à compter de la notification du présent jugement, imparti à Mme D et à la commune de Saint-Maur-des-Fossés pour notifier au tribunal une autorisation régularisant le vice tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme.
Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la commune de Saint-Maur-des-Fossés et à Mme B D.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gougot, présidente,
M. Duhamel, premier conseiller,
M. Combier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
Le rapporteur,
B. DUHAMEL
La présidente,
I. GOUGOTLa greffière,
M.NODIN
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026