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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2203614

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2203614

vendredi 25 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2203614
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantCHATIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I - Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 octobre 2021 et le 23 décembre 2021 sous le n° 2109807, M. L et Mme P H, représentés par Me Chatin, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 mai 2021 par lequel le maire de Gretz-Armainvilliers a délivré un permis d'aménager en vue de créer un lotissement de 9 lots et d'aménager 25 places de stationnement extérieurs sur un terrain situé 128 boulevard Victor Hugo à Gretz-Armainvilliers, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Gretz-Armainvilliers une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils ont un intérêt à agir contre cet arrêté en qualité de voisins immédiats du projet qui se trouve sur la parcelle contigüe de celle dont ils sont propriétaires ; ce projet va conduire à une perte de leur qualité de vie et à des risques accrus en matière de sécurité des habitants du quartier ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure en l'absence de consultation du président du conseil départemental ;

- il est entaché d'un vice de procédure en l'absence de consultation du service départemental d'incendie et de secours au titre de la sécurité incendie ;

- il est entaché d'un vice de procédure au regard de l'avis insuffisant de la compagnie SUEZ ;

- le dossier de permis d'aménager est incomplet quant à l'autorisation de division cadastrale à venir ;

- le dossier de permis d'aménager est incomplet quant à l'aménagement du bateau à créer pour assurer l'accès du lotissement depuis le boulevard Victor Hugo ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article UB-UBF 3 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que, d'une part, en fin d'impasse créée pour desservir le lotissement, la voie est d'une largueur inférieure aux huit mètres requis alors que la voie fait plus de 25 mètres de long et que le nombre de logements desservis par cette voie est supérieur à quatre logements et que, d'autre part, la partie terminale de la voie en impasse n'est pas dimensionnée ce qui n'a pas permis au service instructeur de s'assurer que l'aire de manœuvre soit suffisante pour répondre aux normes propres à assurer la sécurité incendie du lotissement ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UB-UBF 4 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'aucune mention n'est faite ni dans le plan des réseaux, ni dans la notice du projet de ce qu'il existe une servitude d'eaux pluviales que doit le fonds servant constitué par le 128 boulevard Victor Hugo au fonds dominant, le 130 boulevard Victor Hugo ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UB-UBF 7 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le respect des règles d'implantation par rapport aux voies et par rapport aux limites séparatives n'est pas établi dans le cadre de la nouvelle division de la surface totale du terrain en neuf lots ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UB-UBF 9 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que, compte tenu de l'indétermination de la division cadastrale à venir, il est impossible de vérifier que la règle d'un maximum de 40 % d'emprise au sol des constructions sur chaque parcelle est bien respectée ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UB-UBF 11 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que les règles relatives aux matériaux, aux couleurs, aux façades, aux toitures, aux clôtures, aux bâtiments repérés sur les documents graphiques, aux bâtiments annexes et à l'implantation des dispositifs techniques sont détaillées de manière particulièrement sommaire ; la création d'un lotissement de neuf maisons va porter atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants, aux paysages et à la conservation des perspectives de la ville ; ce projet va conduire à une perte d'intimité, de tranquillité et de qualité de vie pour les voisins ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UB-UBF 12 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le projet devrait comporter 29 à 30 places de stationnement au regard de la surface de plancher de 1 770 m² ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UB-UBF 13 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la surface de la végétation est indéterminée dans le projet, que les arbres existants vont être supprimés sans remplacement prévu, que la superficie des haies n'est pas déterminée dans le projet ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UB-UBF 15 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'il est uniquement précisé dans la notice descriptive que s'agissant du stockage des déchets, un local de stockage des déchets d'une dimension de 13 m² est prévu dans le projet, sans indiquer si cela va permettre de recueillir et de manipuler sans difficulté les récipients nécessaires à la collecte sélective des déchets générés par les neufs maisons du lotissement à venir, ou de respecter le règlement sanitaire de Seine-et-Marne.

La requête a été communiquée à la commune de Gretz-Armainvilliers qui n'a pas produit de mémoire en défense.

La requête a été communiquée à la SAS MVICS qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une lettre du 15 juillet 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 10 septembre 2022 sans information préalable.

Une ordonnance portant clôture immédiate de l'instruction a été émise le 14 septembre 2022.

Les parties ont été informées, le 12 octobre 2022, qu'en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, le tribunal est susceptible de surseoir à statuer sur la demande tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué pour le motif tenant au vice de procédure entachant l'arrêté en l'absence de consultation de l'autorité gestionnaire de la voie en méconnaissance de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme.

II - Par une requête enregistrée le 8 avril 2022 sous le n° 2203614, M. L et Mme P H, Mme J G, Mme F D, M. C et Mme O N, M. L et Mme K D, M. I et Mme E B, représentés par Me Chatin, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 février 2022 par lequel le maire de Gretz-Armainvilliers a délivré un permis d'aménager modificatif en vue de la création d'un lotissement et la réduction du nombre de lots de 9 à 8 sur un terrain situé 128 boulevard Victor Hugo à Gretz-Armainvilliers ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Gretz-Armainvilliers une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils ont un intérêt à agir contre cet arrêté en qualité de voisins immédiats du projet qui se trouve sur la parcelle contigüe de celle dont ils sont propriétaires ; ce projet va conduire à une perte de leur qualité de vie et à des risques accrus en matière de sécurité des habitants du quartier ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure en l'absence de consultation du président du conseil départemental ;

- il est entaché d'un vice de procédure en l'absence de consultation du service départemental d'incendie et de secours au titre de la sécurité incendie ;

- il est entaché d'un vice de procédure au regard de l'avis insuffisant de la compagnie SUEZ ;

- le dossier de permis d'aménager est incomplet quant à l'autorisation de division cadastrale à venir ;

- le dossier de permis d'aménager est incomplet quant à l'aménagement du bateau à créer pour assurer l'accès du lotissement depuis le boulevard Victor Hugo ;

- le dossier de permis d'aménager est incomplet quant aux précisions des insertions du projet dans l'environnement proche et lointain ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article UB-UBF 3 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que, d'une part, en fin d'impasse créée pour desservir le lotissement, la voie est d'une largueur inférieure aux huit mètres requis alors que la voie fait plus de 25 mètres de long et que le nombre de logements desservis par cette voie est supérieur à quatre logements et que, d'autre part, la partie terminale de la voie en impasse n'est pas dimensionnée ce qui n'a pas permis au service instructeur de s'assurer que l'aire de manœuvre soit suffisante pour répondre aux normes propres à assurer la sécurité incendie du lotissement ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UB-UBF 4 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'aucune mention n'est faite ni dans le plan des réseaux ni dans la notice du projet de ce qu'il existe une servitude d'eaux pluviales que doit le fonds servant constitué par le 128 boulevard Victor Hugo au fonds dominant, le 130 boulevard Victor Hugo ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UB-UBF 7 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le respect des règles d'implantation par rapport aux voies et par rapport aux limites séparatives n'est pas établi dans le cadre de la nouvelle division de la surface totale du terrain en neuf lots ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UB-UBF 9 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que, compte tenu de l'indétermination de la division cadastrale à venir, il est impossible de vérifier que la règle d'un maximum de 40 % d'emprise au sol des constructions sur chaque parcelle est bien respectée ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UB-UBF 11 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que les règles relatives aux matériaux, aux couleurs, aux façades, aux toitures, aux clôtures, aux bâtiments repérés sur les documents graphiques, aux bâtiments annexes et à l'implantation des dispositifs techniques sont détaillées de manière particulièrement sommaire ; la création d'un lotissement de neuf maisons va porter atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants, aux paysages et à la conservation des perspectives de la ville ; ce projet va conduire à une perte d'intimité, de tranquillité et de qualité de vie pour les voisins ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UB-UBF 12 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le projet devrait comporter 29 à 30 places de stationnement au regard de la surface de plancher de 1 770 m² ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UB-UBF 13 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la surface de la végétation est indéterminée dans le projet, que les arbres existants vont être supprimés sans remplacement prévu, que la superficie des haies n'est pas déterminée dans le projet ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UB-UBF 15 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'il est uniquement précisé dans la notice descriptive que s'agissant du stockage des déchets, un local de stockage des déchets d'une dimension de 13 m² est prévu dans le projet, sans indiquer si cela va permettre de recueillir et de manipuler sans difficulté les récipients nécessaires à la collecte sélective des déchets générés par les neufs maisons du lotissement à venir, ou de respecter le règlement sanitaire de Seine-et-Marne.

La requête a été communiquée à la commune de Gretz-Armainvilliers qui n'a pas produit de mémoire en défense.

La requête a été communiquée à la SAS MVICS qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Les parties ont été informées, le 12 octobre 2022, qu'en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, le tribunal est susceptible de surseoir à statuer sur la demande tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué pour le motif tenant au vice de procédure entachant l'arrêté en l'absence de consultation de l'autorité gestionnaire de la voie en méconnaissance de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Blanc, conseillère,

- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,

- et les observations de M. M, pour la SAS MVICS.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 17 mai 2021, le maire de Gretz-Armainvilliers a délivré à la SAS MVICS un permis d'aménager en vue de la création d'un lotissement de 9 lots et l'aménagement de 25 places de stationnement extérieures (18 privatives et 7 visiteurs) sur les parcelles cadastrées section D n° 1958, 1960, 1962, 1959, 1955, 1964, 894 et 1961 situées au 128 boulevard Victor Hugo à Gretz-Armainvilliers. Par un courrier du 30 juin 2021, M. et Mme H ont formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté, qui a été implicitement rejeté par le maire de Gretz-Armainvilliers. Par l'instance n° 2109807, M. et Mme H demandent l'annulation de ces décisions. Par un arrêté du 8 février 2022, le maire de Gretz-Armainvilliers a délivré à la société pétitionnaire un permis d'aménager modificatif en vue de la création d'un lotissement et de la réduction du nombre de lots de 9 à 8 sur les parcelles cadastrées section D n° 1958, 1960, 1962, 1959, 1955, 1964, 894 et 1961 situées au 128 boulevard Victor Hugo à Gretz-Armainvilliers. Par l'instance n° 2203614, M. et Mme H, A G, A D, M. et Mme N, M. et Mme D, M. et Mme B demandent l'annulation de cet arrêté.

2. Les requêtes susvisées n° 2109807 et n° 2203614, présentées par M. et Mme H, A G, A D, M. et Mme N, M. et Mme D, M. et Mme B présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre le permis d'aménager délivré le 17 mai 2021 :

En ce qui concerne la légalité externe :

3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet aurait pour effet la création ou la modification d'un accès à une voie publique dont la gestion ne relève pas de l'autorité compétente pour délivrer le permis, celle-ci consulte l'autorité ou le service gestionnaire de cette voie, sauf lorsque le plan local d'urbanisme ou le document d'urbanisme en tenant lieu réglemente de façon particulière les conditions d'accès à ladite voie ". Par création d'un accès à une voie publique au sens de cette disposition, il faut entendre tout changement dans la configuration matérielle des lieux ou dans l'usage qui en est fait permettant à un riverain d'utiliser cette voie avec un véhicule.

4. Ainsi que le soutiennent les requérants, il ressort des pièces du dossier que le projet, qui nécessite la création d'un bateau, modifie l'accès à la voie publique et la configuration matérielle des lieux. Le permis d'aménager attaqué a ainsi pour effet de créer un nouvel accès au sens de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme, sur le boulevard Victor Hugo, voie départementale. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que, lors de son instruction, la demande de permis de construire ait donné lieu à un avis du département de Seine-et-Marne. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le plan local d'urbanisme de Gretz-Armainvilliers règlemente de façon particulière les conditions d'accès au boulevard Victor Hugo. En l'absence d'une telle consultation, dont le défaut est susceptible d'avoir exercé une influence sur le sens de l'arrêté attaqué, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme doit être accueilli.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur ".

6. Aucune disposition législative ou réglementaire n'impose que le projet en litige soit soumis au service d'incendie et de secours pour avis préalablement à la délivrance du permis d'aménager sollicité.

7. En troisième lieu, si les requérants soutiennent que l'avis de Suez est insuffisant en ce qu'il ne contient pas d'éléments relatifs à la servitude d'eaux pluviales qui existe entre les fonds situés au 128 et 130 boulevard Victor Hugo, ils ne se prévalent d'aucune disposition qui imposerait ces éléments. En outre, à supposer que l'avis de la société Suez ait été irrégulier, eu égard au fait que le maire de Gretz-Armainvilliers n'était pas lié par cet avis simple, une telle irrégularité n'aurait pas été de nature à priver les personnes intéressées d'une garantie ou à exercer une influence sur le sens de la décision prise par le maire sur la demande de permis d'aménager dont il était saisi.

En ce qui concerne la légalité interne :

8. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la demande de permis d'aménager comporte un plan de masse indiquant avec précision le plan de division du terrain, l'autorisation d'urbanisme ainsi délivrée devant permettre l'attribution de numéros au titre du cadastre. Par suite, le moyen tiré de ce que la division en lots du terrain ne serait pas précisée doit être écarté.

9. En deuxième lieu, si les requérants se prévalent de ce qu'aucune indication n'est reportée dans le projet quant à l'aménagement du bateau à créer pour assurer l'accès au bâtiment depuis le boulevard Victor Hugo, les requérants ne se prévalent d'aucune disposition qui imposerait ces éléments. Ce faisant, ils ne mettent pas le tribunal à même d'apprécier le bien-fondé de leur moyen. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que la description du projet indique qu'" un bateau sera à créer au niveau du boulevard Victor Hugo. Le bateau sera réalisé en enrobés ". Par suite, ce moyen doit être écarté comme manquant en fait.

10. En troisième lieu, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la société pétitionnaire n'avait pas à justifier de la servitude d'écoulement des eaux pluviales à partir des propriétés voisines dès lors qu'un permis d'aménager est délivré sous réserve des droits des tiers. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.

11. Aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique. / () ". Il résulte des dispositions du code de l'urbanisme que les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité ou de s'opposer à la déclaration préalable notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme : " () / Les voies, les voies d'accès au terrain et les voies de circulation internes doivent répondre à l'importance de la destination de la ou des constructions à édifier et présentant des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité de la circulation et de l'accès, de la protection civile et des moyens d'approche permettant une lutte efficace contre l'incendie. / Pour permettre une défense incendie optimale, toute construction devra être desservie par une voie répondant aux normes de largueur définies dans le tableau ci-dessous : () / Largueur des voies : / Nombre de logements desservis : () Supérieur à 4 logements / Longueur des voies : () supérieur à 25 mètres / Largeur des voies : () 8 mètres / (). Les voies en impasse doivent être aménagées dans leur partie terminale afin de permettre à tous les véhicules de faire aisément demi-tour. Les caractéristiques des aires de retournement seront conformes aux normes en vigueur notamment celles relatives à la sauvegarde des personnes et à la lutte contre l'incendie (voir schéma du SDIS en annexe du présent règlement) / () ".

13. Il ressort des pièces du dossier que la voie d'accès au terrain est de 9 mètres de large sur environ 34 mètres puis de 5 mètres de large lorsque la voie d'accès devient l'aire de retournement, conformément à ce qu'exige le règlement du plan local d'urbanisme concernant cette voie qui doit posséder une largeur minimale de 8 mètres. En tout état de cause, il résulte de la demande de permis de construire modificatif que la voie d'accès a été portée à 8 mètres sur la totalité de sa longueur. En outre, contrairement à ce qu'affirment les requérants, il ressort du plan de masse, d'une part, que les dimensions de l'aire de retournement sont indiquées ce qui a permis au service instructeur de s'assurer que l'aire de retournement est suffisante pour répondre aux normes propres à assurer la sécurité incendie du lotissement et, d'autre part, que ces dimensions sont conformes aux dimensions mentionnées par le schéma du service départemental d'incendie et de secours en annexe du règlement. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que ce projet est de nature à permettre l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les dispositions de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

14. En cinquième lieu, aux termes de l'article UB 4 du règlement du plan local d'urbanisme : " () / Eaux pluviales / Les eaux pluviales collectées, y compris sur les balcons, à partir des constructions et aménagements nouveaux, ne peuvent être rejetées sur la voie publique. / Les eaux pluviales doivent être infiltrées sur le terrain par un dispositif approprié et proportionné en fonction de l'opération projetée et du terrain et permettant l'évacuation, soit directement, soit après prétraitement ou après stockage préalable. / Toutefois, lorsque la nature du sol ou l'implantation des constructions ne permet pas cette infiltration, les eaux pluviales peuvent être : soit raccordées au réseau public s'il existe et s'il est destiné à recevoir des eaux pluviales ; - soit rejetées à un émissaire naturel. / Il conviendra à ce sujet de se reporter à l'annexe 4 : gestion à la parcelle des eaux pluviales. / () ".

15. La société pétitionnaire n'avait pas à justifier d'une servitude d'écoulement des eaux pluviales à partir des propriétés voisines dès lors qu'un permis d'aménager est délivré sous réserve des droits des tiers, comme le prévoit l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB 4 du règlement du plan local d'urbanisme pour ce motif doit être écarté comme inopérant.

16. En sixième lieu, aux termes de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les distances fixées dans le présent règlement s'imposent et doivent être respectées nonobstant toute convention ayant pour objet de constituer une servitude de cour commune ou une servitude de vue notamment. / Les constructions peuvent s'implanter sur, au plus, l'une des deux limites séparatives latérales. / Les constructions ou parties de constructions qui ne sont pas en limite séparative doivent respecter un retrait minimal de : 8 mètres des limites séparatives face à une baie (cas 1), 3 mètres des limites séparatives (cas 2). / () ".

17. Il ressort des pièces du dossier que les hypothèses d'implantation des constructions dans le plan de masse sont sur une des deux limites séparatives latérales en respectant un retrait de 8 mètres lorsque les façades des constructions font face à une baie et un retrait de 3 mètres lorsque les façades des constructions sont aveugles, conformément à ce que prévoient les dispositions de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que ce projet est de nature à permettre l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les dispositions de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

18. En septième lieu, aux termes de l'article UB 9 du règlement du plan local d'urbanisme : " L'emprise au sol des constructions principales et annexes ne peut dépasser 40% de la superficie du terrain. / () ".

19. Si les requérants soutiennent que les documents joints au dossier de demande de permis d'aménager ne permettent pas de vérifier que l'emprise au sol des futures constructions et de leurs annexes n'excédera pas 40 % de la surface totale de l'unité foncière, conformément aux dispositions de l'article UB 9 du plan, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier qu'en ne mentionnant pas cette information, le permis d'aménager ferait obstacle au respect de cette règle lors de la délivrance des autorisations de construire ultérieures. Par suite, eu égard au principe mentionné au point 11, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

20. En huitième lieu, aux termes de l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme : " Généralité : En fonction de leur architecture, de leurs dimensions ou de leur aspect extérieur, les constructions, les extensions de bâtiments ainsi que les réalisations d'ouvrages et de clôtures ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages, ainsi qu'à la conservation des perspectives de la ville. / Les constructions doivent avoir une volumétrie et un aspect s'harmonisant avec l'ensemble du bâti avoisinant. / Matériaux et couleurs : / Les matériaux et les couleurs employés pour les constructions doivent être choisis dans le souci de s'intégrer et de mettre en valeur les paysages urbains. Les couleurs autorisées pour les enduits de façade sont de couleur claire. Les matériaux tels que carreaux de plâtre, briques creuses, parpaings, destinés à être recouverts d'un parement ou d'un enduit, ne peuvent être laissés apparents sur les parements extérieurs des constructions, ni sur les clôtures. Les matériaux tels que bardages métalliques, en fibrociment ou en PVC en façade et les enduits à gros grains projetés ou non sont proscrits. / () / Façade : Il convient de traiter avec un soin particulier le dimensionnement et le rythme des ouvertes ainsi que les matériaux et les couleurs des enduits et des huisseries. / Les façades latérales et postérieures des constructions doivent être traitées avec le même soin que les façades principales et être en harmonie avec elles. / Toitures : () L'utilisation de matériaux, pour la réalisation des couvertures, dont la qualité et l'aspect extérieur seraient de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains, peut être interdite. Les matériaux de couverture doivent avoir l'aspect et la couleur de la tuile vieille ou de l'ardoise. En revanche, sont interdites les couvertures apparentes en tôle ondulée, fibrociment, papier goudronné. / () ".

21. Si les requérants soutiennent que les documents joints au dossier de demande de permis d'aménager ne permettent pas de vérifier que ces dispositions sont respectées, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en mentionnant que les constructions seront en béton enduit et les toitures en tuile, le permis d'aménager ferait obstacle au respect de cette règle lors de la délivrance des autorisations de construire ultérieures. Par suite, eu égard au principe mentionné au point 11, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

22. En neuvième lieu, aux termes de l'article UB 12 du règlement du plan local d'urbanisme : " () / Pour les constructions à destination d'habitation : une place de stationnement par tranche entamée de 60 m² de surface de plancher, avec un minimum de 2 places par logement. Toutefois, il ne sera pas exigé plus de 4 places par logement ".

23. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le règlement du plan local d'urbanisme de Gretz-Armainvilliers prévoit que les règles édictées par ce règlement sont applicables à chaque lot en application des dispositions de l'article R. 123-10-1 du code de l'urbanisme, aujourd'hui reprises à l'article R. 151-21 de ce code. D'autre part, si les requérants soutiennent que le permis d'aménager devrait prévoir entre 29 et 30 places de stationnement en application de ces dispositions eu égard à la surface de plancher de 1 770 m², il ressort des pièces du dossier qu'il s'agit uniquement de la surface de plancher maximale autorisée et que les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme font obstacle à ce que la surface de plancher maximale autorisée soit prise en compte au niveau du lotissement. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prévoyant 18 places de stationnement, soit deux places de stationnement pour chacune des maisons, ainsi que 7 places visiteurs, le permis d'aménager ferait obstacle au respect de cette règle lors de la délivrance des autorisations de construire ultérieures. Par suite, eu égard au principe mentionné au point 11, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

24. En dixième lieu, aux termes de l'article UB 13 du règlement du plan local d'urbanisme : " () / Dans le reste de la zone : 40 % au moins de la superficie du terrain doit être traité en espaces verts en pleine terre. Les surfaces dédiées au stationnement et à la circulation des véhicules ne sont pas prises en compte dans le calcul de ces surfaces d'espaces verts. Les plantations existantes doivent être maintenues ou remplacées par des plantations en nombre équivalent. L'espace libre créé par le retrait d'implantation de la construction doit être obligatoirement planté, sauf aux emplacements de stationnement ou d'accès aux constructions ".

25. Si les requérants se prévalent de ce que les arbres existants vont être supprimés sans remplacement prévu, que la superficie des haies et la surface de la végétation ne sont pas déterminées, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en ne mentionnant pas ces éléments, le permis d'aménager ferait obstacle au respect de cette règle lors de la délivrance des autorisations de construire ultérieures. Par suite, eu égard au principe mentionné au point 11, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

26. En onzième lieu, aux termes de l'article UB 15 du règlement du plan local d'urbanisme : " () / Stockage des déchets : Les constructions doivent comporter des locaux de stockage des déchets dimensionnés de manière à recevoir et permettre de manipuler sans difficulté tous les récipients nécessaires à la collecte sélective des déchets qu'ils génèrent ".

27. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prévoyant que chaque lot aura des containers sur sa parcelle et qu'une zone de stockage temporaire des containers des ordures ménagères se trouve devant le portail d'entrée du lotissement afin de regrouper les containers la veille au soir du jour du ramassage, le permis d'aménager ferait obstacle au respect de cette règle lors de la délivrance des autorisations de construire ultérieures. Par suite, eu égard au principe mentionné au point 11, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre le permis d'aménager modificatif délivré le 8 février 2022 :

En ce qui concerne la légalité externe :

28. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet aurait pour effet la création ou la modification d'un accès à une voie publique dont la gestion ne relève pas de l'autorité compétente pour délivrer le permis, celle-ci consulte l'autorité ou le service gestionnaire de cette voie, sauf lorsque le plan local d'urbanisme ou le document d'urbanisme en tenant lieu réglemente de façon particulière les conditions d'accès à ladite voie ". Par création d'un accès à une voie publique au sens de cette disposition, il faut entendre tout changement dans la configuration matérielle des lieux ou dans l'usage qui en est fait permettant à un riverain d'utiliser cette voie avec un véhicule.

29. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le projet tel qu'il ressort du dossier de permis d'aménager modificatif, nécessite la création d'un bateau et modifie ainsi l'accès à la voie publique et la configuration matérielle des lieux. Le permis d'aménager modificatif attaqué a ainsi pour effet de créer un nouvel accès au sens de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme, sur le boulevard Victor Hugo, voie départementale. Toutefois, les défendeurs ne produisent à l'instance aucun document de nature à établir que le projet a donné lieu à un avis du département de Seine-et-Marne. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le plan local d'urbanisme de Gretz-Armainvilliers règlemente de façon particulière les conditions d'accès au boulevard Victor Hugo. En l'absence d'une telle consultation, dont le défaut est susceptible d'avoir exercé une influence sur le sens de l'arrêté attaqué, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme doit être accueilli.

30. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs qu'énoncés au point 6 du présent jugement, le moyen tiré de l'absence de consultation du service départemental d'incendie et de secours au titre de la sécurité incendie doit être écarté.

31. En troisième lieu, pour les mêmes motifs qu'énoncés au point 7 du présent jugement, le moyen tiré de l'insuffisance de l'avis de la compagnie SUEZ doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité interne :

32. En premier lieu, aux termes de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement comprend une notice précisant : () / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / () / b) La composition et l'organisation du projet, la prise en compte des constructions ou paysages avoisinants () ". Aux termes de l'article R. 441-4 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement comprend également : / 1° Un plan de l'état actuel du terrain à aménager et de ses abords faisant apparaître les constructions et les plantations existantes, les équipements publics qui desservent le terrain, ainsi que, dans le cas où la demande ne concerne pas la totalité de l'unité foncière, la partie de celle-ci qui n'est pas incluse dans le projet d'aménagement ; / 2° Un plan coté dans les trois dimensions faisant apparaître la composition d'ensemble du projet et les plantations à conserver ou à créer ".

33. Il ressort des pièces du dossier que le dossier du permis d'aménager modificatif comporte une notice qui indique notamment la composition et l'organisation du projet ainsi que la prise en compte des constructions ou paysages avoisinants ainsi que des photographies de l'environnement proche du terrain d'assiette du projet en litige conformément aux dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis d'aménager modificatif quant aux précisions des insertions du projet dans l'environnement proche et lointain doit être écarté.

34. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs qu'énoncés au point 8 du présent jugement, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis d'aménager modificatif quant à l'autorisation de division cadastrale doit être écarté.

35. En troisième lieu, pour les mêmes motifs qu'énoncés au point 9 du présent jugement, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis d'aménager modificatif quant à l'aménagement du bateau doit être écarté.

36. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs qu'énoncés au point 10 du présent jugement, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis d'aménager modificatif quant à la servitude d'écoulement des eaux pluviales doit être écarté.

37. En cinquième lieu, aux termes de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme : " () / Les voies, les voies d'accès au terrain et les voies de circulation internes doivent répondre à l'importance de la destination de la ou des constructions à édifier et présentant des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité de la circulation et de l'accès, de la protection civile et des moyens d'approche permettant une lutte efficace contre l'incendie. / Pour permettre une défense incendie optimale, toute construction devra être desservie par une voie répondant aux normes de largueur définies dans le tableau ci-dessous : () / Largueur des voies : / Nombre de logements desservis : () Supérieur à 4 logements / Longueur des voies : () supérieur à 25 mètres / Largeur des voies : () 8 mètres / (). Les voies en impasse doivent être aménagées dans leur partie terminale afin de permettre à tous les véhicules de faire aisément demi-tour. Les caractéristiques des aires de retournement seront conformes aux normes en vigueur notamment celles relatives à la sauvegarde des personnes et à la lutte contre l'incendie (voir schéma du SDIS en annexe du présent règlement) / () ".

38. Il ressort des pièces du dossier que la voie d'accès au terrain dans le dossier de demande de permis d'aménager modificatif est de 8 mètres de large sur toute sa longueur, conformément à ce qu'exige le règlement du plan local d'urbanisme. En outre, contrairement à ce qu'affirment les requérants, il ressort du plan de masse modificatif, d'une part, que les dimensions de l'aire de retournement sont indiquées, ce qui a permis au service instructeur de s'assurer que l'aire de retournement est suffisante pour répondre aux normes propres à assurer la sécurité incendie du lotissement et, d'autre part, que ces dimensions sont conformes aux dimensions mentionnées par le schéma du service départemental d'incendie et de secours en annexe du règlement. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que ce projet est de nature à permettre l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les dispositions de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

39. En sixième lieu, aux termes de l'article UB 4 du règlement du plan local d'urbanisme : " () / Eaux pluviales / Les eaux pluviales collectées, y compris sur les balcons, à partir des constructions et aménagements nouveaux, ne peuvent être rejetées sur la voie publique. / Les eaux pluviales doivent être infiltrées sur le terrain par un dispositif approprié et proportionné en fonction de l'opération projetée et du terrain et permettant l'évacuation, soit directement, soit après prétraitement ou après stockage préalable. / Toutefois, lorsque la nature du sol ou l'implantation des constructions ne permet pas cette infiltration, les eaux pluviales peuvent être : soit raccordées au réseau public s'il existe et s'il est destiné à recevoir des eaux pluviales ; - soit rejetées à un émissaire naturel. / Il conviendra à ce sujet de se reporter à l'annexe 4 : gestion à la parcelle des eaux pluviales. / () ".

40. La société pétitionnaire n'avait pas à justifier d'une servitude d'écoulement des eaux pluviales à partir des propriétés voisines dès lors qu'un permis d'aménager est délivré sous réserve des droits des tiers, comme le prévoit l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB 4 du règlement du plan local d'urbanisme pour ce motif doit être écarté comme inopérant.

41. En septième lieu, aux termes de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les distances fixées dans le présent règlement s'imposent et doivent être respectées nonobstant toute convention ayant pour objet de constituer une servitude de cour commune ou une servitude de vue notamment. / Les constructions peuvent s'implanter sur, au plus, l'une des deux limites séparatives latérales. / Les constructions ou parties de constructions qui ne sont pas en limite séparative doivent respecter un retrait minimal de : 8 mètres des limites séparatives face à une baie (cas 1), 3 mètres des limites séparatives (cas 2). / () ".

42. Il ressort des pièces du dossier que les hypothèses d'implantation des constructions dans le plan de masse du permis d'aménager modificatif sont sur une des deux limites séparatives latérales en respectant un retrait de 8 mètres lorsque les façades des constructions font face à une baie et un retrait de 3 mètres lorsque les façades des constructions sont aveugles conformément à ce que prévoient les dispositions de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que ce projet est de nature à permettre l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les dispositions de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

43. En huitième lieu, aux termes de l'article UB 9 du règlement du plan local d'urbanisme : " L'emprise au sol des constructions principales et annexes ne peut dépasser 40 % de la superficie du terrain. / () ".

44. Si les requérants soutiennent que les documents joints au dossier de demande de permis d'aménager modificatif ne permettent pas de vérifier que l'emprise au sol des futures constructions et de leurs annexes n'excédera pas 40 % de la surface totale de l'unité foncière, conformément aux dispositions de l'article UB 9 du plan, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier qu'en ne mentionnant pas cette information, le permis d'aménager modificatif ferait obstacle au respect de cette règle lors de la délivrance des autorisations de construire ultérieures. Par suite, eu égard au principe mentionné au point 11, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

45. En neuvième lieu, aux termes de l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme : " Généralité : En fonction de leur architecture, de leurs dimensions ou de leur aspect extérieur, les constructions, les extensions de bâtiments ainsi que les réalisations d'ouvrages et de clôtures ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages, ainsi qu'à la conservation des perspectives de la ville. / Les constructions doivent avoir une volumétrie et un aspect s'harmonisant avec l'ensemble du bâti avoisinant. / Matériaux et couleurs : / Les matériaux et les couleurs employés pour les constructions doivent être choisis dans le souci de s'intégrer et de mettre en valeur les paysages urbains. Les couleurs autorisées pour les enduits de façade sont de couleur claire. Les matériaux tels que carreaux de plâtre, briques creuses, parpaings, destinés à être recouverts d'un parement ou d'un enduit, ne peuvent être laissés apparents sur les parements extérieurs des constructions, ni sur les clôtures. Les matériaux tels que bardages métalliques, en fibrociment ou en PVC en façade et les enduits à gros grains projetés ou non sont proscrits. / () / Façade : Il convient de traiter avec un soin particulier le dimensionnement et le rythme des ouvertes ainsi que les matériaux et les couleurs des enduits et des huisseries. / Les façades latérales et postérieures des constructions doivent être traitées avec le même soin que les façades principales et être en harmonie avec elles. / Toitures : () L'utilisation de matériaux, pour la réalisation des couvertures, dont la qualité et l'aspect extérieur seraient de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains, peut être interdite. Les matériaux de couverture doivent avoir l'aspect et la couleur de la tuile vieille ou de l'ardoise. En revanche, sont interdites les couvertures apparentes en tôle ondulée, fibrociment, papier goudronné. / () ".

46. Si les requérants soutiennent que les documents joints au dossier de demande de permis d'aménager modificatif ne permettent pas de vérifier que ces dispositions sont respectées, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en mentionnant que les constructions seront en béton enduit et les toitures en tuile, le permis d'aménager modificatif ferait obstacle au respect de cette règle lors de la délivrance des autorisations de construire ultérieures. Par suite, eu égard au principe mentionné au point 11, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

47. En dixième lieu, aux termes de l'article UB 12 du règlement du plan local d'urbanisme : " () / Pour les constructions à destination d'habitation : une place de stationnement par tranche entamée de 60 m² de surface de plancher, avec un minimum de 2 places par logement. Toutefois, il ne sera pas exigé plus de 4 places par logement. / () / Stationnement des vélos : Un espace réservé aux vélos doit être intégré au bâtiment ou constituera une entité indépendante aménagée située à moins de 20 mètres de la ou des constructions principales selon les dispositions suivantes : - l'espace nécessaire au stationnement vélo doit être clos, couvert et sécurisé, il peut cependant être non étanche à l'air (claustra) mais doit être protégé des intempéries ; - des prises électriques pour les vélos à assistance électrique peuvent être réservées dans les locaux de stationnement de vélo ; - le local vélo doit comporter des dispositifs fixés permettant de stabiliser et d'attacher les vélos. Un espace devra être réservé et aménagé pour le stationnement des cycles selon les normes suivantes : habitat collectif : au minimum 0,75 m² par logement pour les logements jusqu'à deux pièces principales et 1,5 m² par logement dans les autres cas, avec une superficie minimale de 3 m² ; () ".

48. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le règlement du plan local d'urbanisme de Gretz-Armainvilliers prévoit que les règles édictées par ce règlement sont applicables à chaque lot en application des dispositions de l'article R. 123-10-1 du code de l'urbanisme, aujourd'hui reprises à l'article R. 151-21 de ce code. D'autre part, si les requérants soutiennent que le permis d'aménager modificatif devrait prévoit entre 29 et 30 places de stationnement en application de ces dispositions eu égard à la surface de plancher de 1 770 m², il ressort des pièces du dossier qu'il s'agit uniquement de la surface de plancher maximale autorisée et que les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme font obstacle à ce que la surface de plancher maximale autorisée soit prise en compte au niveau du lotissement. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prévoyant 16 places de stationnement, soit deux places de stationnement pour chacune des maisons, ainsi que 7 places visiteurs, le permis d'aménager modificatif ferait obstacle au respect de cette règle lors de la délivrance des autorisations de construire ultérieures.

49. Par ailleurs, si les requérants soutiennent que le projet ne comporte pas d'espaces réservé aux vélos, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet de lotissement permette l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.

50. Par suite, eu égard au principe mentionné au point 11, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté en ses deux branches.

51. En onzième lieu, aux termes de l'article UB 13 du règlement du plan local d'urbanisme : " () / Dans le reste de la zone : 40 % au moins de la superficie du terrain doit être traité en espaces verts en pleine terre. Les surfaces dédiées au stationnement et à la circulation des véhicules ne sont pas prises en compte dans le calcul de ces surfaces d'espaces verts. Les plantations existantes doivent être maintenues ou remplacées par des plantations en nombre équivalent. L'espace libre créé par le retrait d'implantation de la construction doit être obligatoirement planté, sauf aux emplacements de stationnement ou d'accès aux constructions ".

52. En se prévalant de ce que les arbres existants vont être supprimés sans remplacement prévu, que la superficie des haies et la surface de la végétation ne sont pas déterminées, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en ne mentionnant pas ces éléments, le permis d'aménager modificatif ferait obstacle au respect de cette règle lors de la délivrance des autorisations de construire ultérieures. Par suite, eu égard au principe mentionné au point 11, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

53. En douzième lieu, aux termes de l'article UB 15 du règlement du plan local d'urbanisme : " () / Stockage des déchets : Les constructions doivent comporter des locaux de stockage des déchets dimensionnés de manière à recevoir et permettre de manipuler sans difficulté tous les récipients nécessaires à la collecte sélective des déchets qu'ils génèrent ".

54. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prévoyant que chaque lot aura des containers sur sa parcelle et qu'une zone de stockage temporaire des containers des ordures ménagères se trouve devant le portail d'entrée du lotissement afin de regrouper les containers la veille au soir du jour du ramassage, le permis d'aménager modificatif ferait obstacle au respect de cette règle lors de la délivrance des autorisations de construire ultérieures. Par suite, eu égard au principe mentionné au point 11, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

55. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".

56. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont seulement fondés à soutenir que les deux dossiers de demande de permis d'aménager sont incomplets au regard des dispositions de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme. Les parties ayant été informées de ce que le tribunal était susceptible de surseoir à statuer en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, il y a lieu de surseoir à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, dans l'attente de la notification au tribunal d'un permis de construire modificatif délivré à la société MVICS par le maire de Gretz-Armainvilliers régularisant le vice précité. Il y a lieu de réserver tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'a pas été expressément statué par ce jugement, jusqu'à la fin des deux instances.

D E C I D E :

Article 1er : Avant de statuer sur les conclusions des requérants tendant à l'annulation des arrêtés du 17 mai 2021 et du 8 février 2022 portant respectivement permis d'aménager et permis d'aménager modificatif délivrés à la société MVICS, il est sursis à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois dans les deux instances à compter de la notification du présent jugement, dans l'attente de la notification au tribunal d'un permis d'aménager modificatif délivré à la société MVCIS par le maire de Gretz-Armainvilliers régularisant le vice tenant à la méconnaissance des dispositions de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme.

Article 2 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. L et Mme P H, à Mme J G, à Mme F D, à M. C et Mme O N, à M. L et Mme K D, à M. I et Mme E B, à la commune de Gretz-Armainvilliers et à la société MVICS.

Délibéré après l'audience du 4 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Mullié, président,

Mme Jeannot, première conseillère,

Mme Blanc, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 novembre 2022.

La rapporteure,

T. BLANCLa présidente,

N. MULLIE

La greffière,

C. ROUILLARD

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

Nos 2109807

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