vendredi 10 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2203867 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | HOCQUARD ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 19 avril 2022, le 7 août 2022, le 29 septembre 2022 et le 10 octobre 2022, M. et Mme F C, M. et Mme J I, M. et Mme E O, M. et Mme A M, M. et Mme T N G, M. T Q, Mme P R, Mme D K, M. et Mme S B, et M. et Mme L H, représentés par Me Güner, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2021 par lequel le maire de Dammartin-en-Goële a accordé à la société Paméo un permis d'aménager, ensemble la décision du 3 février 2022 du maire de la commune rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Dammartin-en-Goële une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de rejeter les conclusions présentées par l'association des propriétaires du lotissement " chemin du Bois de Jarre " au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme ;
4°) de rejeter les conclusions présentées par la société Paméo au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme ;
5°) de rejeter les conclusions présentées par la commune de Dammartin-en-Goële au titre de l'article R. 741-12 du code de justice administrative ;
6°) d'ordonner, en application de l'article L. 741-2 du code de justice administrative, la suppression des propos injurieux ou diffamatoires contenus dans les écritures de la commune de Dammartin-en-Goële ;
7°) de condamner la commune de Dammartin-en-Goële à verser aux exposants la somme d'un euro chacun à titre de dommages et intérêts en raison des propos diffamatoires émis à leur encontre ;
8°) de condamner la commune de Dammartin-en-Goële à verser à M. C une somme de 1 500 euros à titre de dommages et intérêts en raison des propos diffamatoires émis à son encontre.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable dès lors qu'ils ont notifié leur recours gracieux et leur recours contentieux à la commune de Dammartin-en-Goële et à la société Paméo ;
- la requête est recevable eu égard à leur intérêt à agir à l'encontre de cet arrêté dès lors qu'ils sont voisins immédiats du projet, que le projet entraînera une densification significative, une circulation massive, ainsi que des nuisances visuelles et sonores supplémentaires ;
- la requête est recevable dès lors que la décision de rejet de leur recours gracieux leur a été notifiée le 15 février 2022 et que leur requête a été introduite le 19 avril 2022, le lundi 18 avril 2022 étant un jour férié ;
- la requête est recevable dès lors que les actes de propriété des requérants sont produits en application de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- les conclusions de l'association des propriétaires du lotissement chemin du Bois de Jarre présentées au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme sont irrecevables ; elle ne démontre pas sa qualité à agir lui donnant intérêt à agir et n'est pas le bénéficiaire de l'autorisation d'urbanisme attaquée ;
- les conclusions de la commune de Dammartin-en-Goële présentées au titre de l'article R. 741-12 du code de justice administrative sont irrecevables ;
- l'arrêté attaqué est illégal dès lors que le dossier de demande du permis d'aménager comporte des omissions et inexactitudes ; en premier lieu, le formulaire ne comporte ni la signature du pétitionnaire, ni les signature et cachet de l'architecte en méconnaissance de l'article L. 441-4 du code de l'urbanisme ; en deuxième lieu, le nombre de places de stationnement créées mentionné est erroné dès lors que 8 places de stationnement visiteurs seront créées et 32 places de stationnement seront attachées aux lots à bâtir et l'absence d'indication du nombre de places exactes créées dans le cadre du projet est de nature à avoir induit le service instructeur en erreur dans la mesure où, au regard du nombre de places créées et de leur localisation, elles peuvent avoir une incidence sur la sécurité de l'accès au terrain d'assiette et aux lots, ainsi que sur la circulation dans l'avenue des Sablons ; en troisième lieu, la description faite du projet qui porte sur les lots créés et la voirie est insuffisante ; en quatrième lieu, le dossier ne comporte pas le plan de situation exigé par l'article R. 441-2 du code de l'urbanisme ; en cinquième lieu, le dossier ne comporte pas de photographies permettant d'apprécier le terrain d'assiette dans son environnement lointain en méconnaissance de l'article R. 442-5 du code de l'urbanisme ; en sixième lieu, la notice architecturale du projet est insuffisante en méconnaissance de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme ;
- il est illégal dès lors qu'il ne comporte pas la puissance de raccordement autorisée pour le projet ;
- il est illégal dès lors que la commune a procédé indument à la modification du permis d'aménager sans transmettre l'arrêté rectifié au contrôle de légalité tel que le prévoit le 6° de l'article L. 2131-2 du code général des collectivités territoriales et a entaché l'arrêté attaqué d'un détournement de procédure ;
- il est illégal dès lors que le projet autorisé n'est pas conforme, et a fortiori, pas compatible avec l'emplacement réservé n° 22 dès lors qu'il n'est pas démontré que le projet est conforme avec cet emplacement réservé n° 22, qu'aucune pièce du dossier de demande ne justifie que l'emplacement réservé ne serait pas opposable à la société Paméo, qu'une partie de la future voie aura son assiette sur l'unité foncière de sorte qu'elle vient grever le projet tant dans son aménagement, que dans le nombre de lots à réaliser et qu'une servitude de cheminement piéton/vélo à créer semble grever en partie aussi le terrain d'assiette ;
- il méconnaît l'article UC 3 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que, d'une part, les plans du projet ne font pas état de la largeur de la chaussée au droit du chemin des Petits Eboulis donnant accès au terrain d'assiette, de sorte qu'il n'est pas possible de s'assurer que ce chemin satisfait aux exigences de la sécurité et de la défense contre les incendies, que, d'autre part, l'accès du projet donnant sur l'avenue des Sablons présente un danger pour les usagers du lotissement mais aussi de la route, qu'en outre, les accès aux emplacements de stationnement de sept lots prévus directement sur l'avenue des Sablons présentent un danger au regard de la sécurité et des conditions de circulation et, qu'enfin, le chemin des Petits Eboulis ne constitue pas une voie à double sens où les véhicules peuvent se croiser dès lors que le stationnement s'effectue à cheval sur le trottoir et sur la chaussée ;
- il méconnaît l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le terrain d'assiette du projet présente une déclivité importante vers l'avenue des Sablons ; le projet devrait prévoir la réalisation d'un bassin d'infiltration à l'air libre, ce qui oblige le pétitionnaire à revoir le projet ;
- il méconnaît les articles UC 5 et UF 5 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que les lots créés sont tous inférieurs à 500 m² de superficie et que les lots n° 8 à n° 13, situés en zone UF, ne respectent pas l'exigence de largeur au droit de la construction au moins égale à 15 mètres ;
- il méconnaît les articles UC 9 et UF 9 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que les plans ne permettent pas de justifier du respect de ces coefficients notamment en zone UF ; les bases de calcul proposées par la commune sont erronées dès lors que l'emprise au sol des aires de stationnement est exclue ;
- il méconnaît les articles UC 12 et UF 12 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que, d'une part, le nombre de places réalisées en fonction du nombre de lots ou sur la voirie interne est insuffisant, d'autre part, il n'est pas démontré que ces places respectent les caractéristiques prévues par le règlement à ce titre et, enfin, il n'est pas créé trois places de stationnement pour les constructions d'habitations individuelles contrairement à ce que prévoit le règlement de la zone UF et il n'a pas été réalisé un nombre d'emplacements supplémentaires égal à 30 % du nombre de lots contrairement à ce que prévoit le règlement de la zone UC ; aucune des pièces du dossier ne fait état, pour chaque lot, d'un stationnement à l'air libre et d'un stationnement au sein d'un garage fermé ; le nombre de places de stationnement supplémentaires à créer en zone UC doit être calculé sur la base des 26 lots compris dans cette zone, et non pas 20 lots ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il a pour effet d'imperméabiliser un terrain d'environ 8 000 m² qui constitue une continuité écologique avec le bois de la Mare, classé en espace boisé classé et qualifié d'espace naturel sensible par le département de Seine-et-Marne et qu'il est contraire aux objectifs du projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme qui limite l'imperméabilisation des sols et leur artificialisation et cherche à conserver un habitat composé de pavillons peu denses ;
- il est illégal par voie d'exception de l'illégalité du règlement du plan local d'urbanisme des zones UC et UF qui est incohérent avec le projet d'aménagement et de développement durables.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 juin 2022, le 23 septembre 2022 et le 24 octobre 2022, la commune de Dammartin-en-Goële, représentée par Me Mattiussi-Poux, conclut dans le dernier état de ses écritures :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à la condamnation des requérants à verser chacun une amende pour recours abusif d'un montant de 4 000 euros en application de l'article R. 741-12 du code de justice administrative ;
3°) à ce que les entiers dépens soient mis à la charge des requérants en application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
5°) au rejet de la demande des requérants tendant au retrait de propos diffamatoires dans son deuxième mémoire en défense et de leur demande de condamnation à leur verser un euro, et de la demande de M. C de condamnation de la somme de 1 500 euros, au titre de dommages et intérêts en raison de propos diffamatoires.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que les requérants n'établissent pas leur qualité donnant intérêt à agir en méconnaissance de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne produisent pas les titres de propriétés ou d'occupation en méconnaissance de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- le moyen tiré de l'incomplétude et de l'insuffisance du dossier de demande de permis d'aménager doit être écarté ; la signature du pétitionnaire figure à la page huit du formulaire ; l'architecte auquel a eu recours la société Paméo est identifiable ; l'ensemble des pièces du dossier sont concordantes quant au nombre de places de stationnement prévues dans le projet ; à supposer que les éléments du formulaire Cerfa concernant la description du projet soient trop succincts sur la description du projet, la notice descriptive du projet vient utilement compléter ces éléments et décrit les lots à créer et les voiries internes, le traitement des voies et espaces publics collectifs, la description de la desserte par rapport à la voie publique, le nombre de stationnements, le traitement des clôtures ; le plan de situation du terrain figure dans le dossier de demande de permis d'aménager ; la seule mention erronée dans l'adresse du terrain constitue une erreur matérielle sans incidence sur la légalité de l'arrêté ; deux photographies situent le projet dans son environnement lointain ;
- le moyen tiré de la méconnaissance des prescriptions imposées par Enedis doit être écarté dès lors que l'absence de mention dans l'arrêté attaqué de la puissance de raccordement autorisée est sans incidence sur la légalité de cet arrêté ;
- le moyen relatif aux conditions de transmission de la nouvelle version de l'arrêté au contrôle de légalité et à la fraude alléguée est inopérant à l'encontre de l'arrêté attaqué ;
- le moyen tiré du détournement de procédure doit être écarté dès lors que l'adoption d'un nouvel arrêté rectificatif par le maire de la commune ne caractérise pas un tel détournement ;
- le moyen tiré de l'incompatibilité du projet avec l'emplacement réservé n° 22 doit être écarté dès lors que cet emplacement réservé est dédié à des " aménagements de voirie / espaces verts (chemin piéton du Bois de Jarre) " et que le plan de voirie prévoit bien l'emprise de l'emplacement réservé sur le terrain d'assiette du projet ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC 3 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté dès lors que, d'une part, la largeur de la voirie est de 4,5 mètres et est suffisante pour permettre le croisement de deux véhicules, d'autre part, un panneau et un marquage au sol " stop " seront prévus devant le chemin des Petits Eboulis afin de laisser la priorité aux véhicules venant de ce chemin et la vitesse de circulation à cet endroit du chemin sera limitée à 30 km/heure, et enfin, la déclivité du terrain n'est pas telle qu'elle présenterait un danger pour la sortie des véhicules du lotissement ni même pour manœuvrer à l'intérieur de celui-ci ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté dès lors que l'ensemble des eaux pluviales seront infiltrées sur le terrain du projet ; le maire de la commune a inscrit dans son arrêté une prescription spéciale portant sur l'aménagement d'un bassin de rétention ;
- le moyen tiré de la méconnaissance des articles UC 5 et UF 5 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté dès lors que les règles relatives à la superficie minimale pour la constructibilité des terrains doivent être écartées systématiquement ; la règle relative à la largeur minimale du terrain au droit de la construction doit également être écarté ;
- le moyen tiré de la méconnaissance des articles UC 9 et UF 9 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté dès lors que les lots situés exclusivement en zone UCa comprendront des maisons avec des emprises au sol comprises entre 24 % et 38 % ; les aires de stationnement qui ne dépassent pas le niveau du sol ne peuvent être incluses dans le calcul de l'emprise au sol ;
- le moyen tiré de la méconnaissance des articles UC 12 et UF 12 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté dès lors que le service instructeur a décompté deux places de stationnement pour chacun des lots n° 1 à 7 et 14 à 26 situés en zone UCa, six places supplémentaires de stationnement visiteurs pour la partie du terrain située en zone UCa, ce qui correspond à 30 % des 20 lots qui s'y trouvent, trois places de stationnement pour chacun des lots n° 8 et 13 situés en zone UF, et deux places supplémentaires de stationnement visiteurs en zone UF ;
- le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation entachant la légalité de l'arrêté attaqué doit être écarté dès lors que le bois de la Mare se trouve à une certaine distance du terrain d'assiette du projet, qui ne fait pas l'objet d'une protection spécifique, et que ce terrain est à proximité de nombreux pavillons existants, et que le projet d'aménagement et de développement durables n'est pas opposable aux demandes d'autorisations d'urbanisme ;
- le moyen, soulevé par la voie de l'exception, tiré de l'illégalité du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 juillet 2022, la société Paméo, représentée par Me Hocquard, conclut au rejet de la requête et à ce que chacun des requérants lui verse la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en application de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir en application de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- le moyen tiré de l'incomplétude et de l'insuffisance du dossier de demande de permis d'aménager doit être écarté ; la société pétitionnaire a bien signé le formulaire Cerfa ; l'article L. 441-4 du code de l'urbanisme n'exige pas que le formulaire Cerfa comporte la signature d'un architecte et les mentions de ce formulaire justifient du recours à un architecte ; le formulaire Cerfa précise le nombre de lots, leur superficie, les aires de stationnement, les accès aux lots non clos, les aires de stationnement visiteurs, les arbres à planter, le périmètre du terrain, les parties du lotissement à rétrocéder, les cotes altimétriques des terrains, les cotes et dimensions de chaque parcelle et les indications nécessaires au calcul des servitudes de recul prévues dans le plan local d'urbanisme pour chaque parcelle ; un plan de situation est produit conformément au a) de l'article R. 441-2 du code de l'urbanisme ; deux photographies montrent l'environnement lointain du projet conformément au a) de l'article R. 442-5 du code de l'urbanisme ; la notice architecturale est suffisante ;
- le moyen tiré du non-respect de l'avis d'Enedis doit être écarté ;
- le moyen tiré du détournement de procédure doit être écarté.
Par un mémoire distinct enregistré le 5 juillet 2022, la société Paméo, représentée par Me Hocquard, demande au tribunal de condamner les requérants à lui verser la somme de 1 073 755 euros sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de chacun des requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en intervention volontaire enregistré le 2 septembre 2022, l'association des propriétaires du lotissement " chemin du Bois de Jarre ", représentée par Me Hocquard, demande au tribunal de condamner les requérants à lui verser la somme de 1 006 041 euros sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de chacun des requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
En application des dispositions de l'article R. 613-2 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Blanc, conseillère,
- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,
- et les observations de Me Güner, représentant les requérants, de Me Mattiussi Poux, représentant la commune de Dammartin-en-Goële et Me Bernardin-Hocquard, représentant la société Paméo.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 5 octobre 2021, le maire de Dammartin-en-Goële a délivré à la société Paméo un permis d'aménager pour la création d'un lotissement de 26 lots à bâtir sur la parcelle cadastrée section ZE n° 270 d'une superficie de 7 911 m² située à Dammartin-en-Goële. Par un courrier du 2 décembre 2021, les requérants ont formé à l'encontre de cet arrêté un recours gracieux, qui a été rejeté par une décision du 3 février 2022. Par la présente requête, M. et Mme C, M. et Mme I, M. et Mme O, M. et Mme M, M. et Mme N G, M. Q, Mme R, Mme K, M. et Mme B, et M. et Mme H demandent l'annulation de cet arrêté et de cette décision.
Sur l'intervention de l'association des propriétaires du lotissement " chemin du Bois de Jarre " :
2. Aux termes de l'article R. 632-1 du code de justice administrative : " L'intervention est formée par mémoire distinct. / () ".
3. L'association des propriétaires du lotissement " chemin du Bois de Jarre " a intérêt au rejet de la requête. Ainsi, son intervention est recevable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. A titre préliminaire, il résulte des dispositions du code de l'urbanisme que les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité ou de s'opposer à la déclaration préalable notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
5. En premier lieu, la circonstance que l'arrêté attaqué ne mentionne pas la puissance de raccordement, contrairement à ce qu'a mentionné Enedis dans son avis du 29 juillet 2021, est sans incidence sur la légalité de l'autorisation en litige. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que cet avis qui mentionne une puissance de raccordement globale du projet de 144 kVA triphasé a été annexé à l'arrêté attaqué.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 441-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis d'aménager concernant un lotissement ne peut être instruite que si la personne qui désire entreprendre des travaux soumis à une autorisation a fait appel aux compétences nécessaires en matière d'architecture, d'urbanisme et de paysage pour établir le projet architectural, paysager et environnemental dont, pour les lotissements de surface de terrain à aménager supérieure à un seuil fixé par décret en Conseil d'État, celles d'un architecte au sens de l'article 9 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture ou celles d'un paysagiste concepteur au sens de l'article 174 de la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages ". Aux termes de l'article R. 441-1 du même code : " La demande de permis d'aménager précise : / a) L'identité du ou des demandeurs, qui comprend son numéro SIRET lorsqu'il s'agit d'une personne morale en bénéficiant et sa date de naissance lorsqu'il s'agit d'une personne physique ; / b) La localisation et la superficie du ou des terrains à aménager ; / c) La nature des travaux ; / d) Les éléments, fixés par arrêté, nécessaires au calcul des impositions ; / () ". Aux termes de l'article R. 441-2 de ce code : " Sont joints à la demande de permis d'aménager : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Le projet d'aménagement comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 441-3 et R. 441-4 ". Aux termes de l'article R. 441-3 de ce code : " Le projet d'aménagement comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords et indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) La composition et l'organisation du projet, la prise en compte des constructions ou paysages avoisinants, le traitement minéral et végétal des voies et espaces publics et collectifs et les solutions retenues pour le stationnement des véhicules ; / c) L'organisation et l'aménagement des accès au projet ; / d) Le traitement des parties du terrain situées en limite du projet ; / e) Les équipements à usage collectif et notamment ceux liés à la collecte des déchets ". Aux termes de l'article R. 441-4 de ce code : " Le projet d'aménagement comprend également : / 1° Un plan de l'état actuel du terrain à aménager et de ses abords faisant apparaître les constructions et les plantations existantes, les équipements publics qui desservent le terrain, ainsi que, dans le cas où la demande ne concerne pas la totalité de l'unité foncière, la partie de celle-ci qui n'est pas incluse dans le projet d'aménagement ; / 2° Un plan coté dans les trois dimensions faisant apparaître la composition d'ensemble du projet et les plantations à conserver ou à créer ". Aux termes de l'article R. 442-5 de ce code : " Un projet architectural, paysager et environnemental est joint à la demande. Il tient lieu du projet d'aménagement mentionné au b de l'article R*441-2. / Il comporte, outre les pièces mentionnées aux articles R*441-2 à R*441-8 : / a) Deux vues et coupes faisant apparaître la situation du projet dans le profil du terrain naturel ; / b) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ; / c) Le programme et les plans des travaux d'aménagement indiquant les caractéristiques des ouvrages à réaliser, le tracé des voies, l'emplacement des réseaux et les modalités de raccordement aux bâtiments qui seront édifiés par les acquéreurs de lots ainsi que les dispositions prises pour la collecte des déchets ; / d) Un document graphique faisant apparaître une ou plusieurs hypothèses d'implantation des bâtiments ".
7. La circonstance que le dossier de demande de permis d'aménager ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis d'aménager qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
8. Tout d'abord, s'il est constant que le formulaire Cerfa ne comporte pas la signature du demandeur ni la signature et le cachet de la ou des personnes sollicitées à la page 9 de ce document, il ressort des pièces du dossier que sur cette page sont toutefois précisés le nom, les adresses postale et électronique, le numéro de téléphone et le numéro d'inscription sur le tableau de l'ordre de l'architecte du projet et que les pièces du dossier de permis d'aménager comportent le cachet de cet architecte. En outre, le formulaire Cerfa comporte la signature du demandeur, tel qu'identifié dans le formulaire Cerfa. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette omission a été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Par suite, la première branche du moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis d'aménager doit être écartée.
9. Ensuite, il ressort des pièces du dossier de permis d'aménager que, tant le formulaire Cerfa que les plans et notamment la pièce " PA4 ", ainsi que de la notice du projet d'aménagement indiquent que 8 places de stationnement pour les visiteurs seront aménagées dans le cadre du permis d'aménager. Si la notice du projet d'aménagement fait apparaître, conformément aux dispositions précitées de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme, les solutions retenues pour le stationnement des véhicules au sein des futurs lots, cette circonstance est sans influence sur la complétude du dossier dès lors que la création de ces places ne se fera que dans le cadre du ou des permis de construire à venir et que, contrairement à ce que soutiennent les requérants, aucune disposition du code de l'urbanisme n'impose à l'aménageur de déterminer d'emblée le nombre de places qui seront créées sur l'ensemble du terrain. Par suite, la deuxième branche du moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis d'aménager doit être écartée.
10. En outre, si les requérants soutiennent que la seule mention des lots créés et de la voirie dans le formulaire Cerfa est manifestement insuffisante, il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande de permis d'aménager comporte, conformément à l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme, une notice décrivant précisément le projet en cause. Par suite, la troisième branche du moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis d'aménager doit être écartée.
11. Par ailleurs, si les requérants soutiennent que la notice du projet est insuffisante, il ressort des pièces du dossier que cette notice décrit, d'une part, l'état initial du terrain et de ses abords rappelant ainsi les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants et, d'autre part, l'aménagement prévu du terrain, la composition et l'organisation du projet, la prise en compte des constructions ou paysages avoisinants, le traitement minéral et végétal des voies et espaces publics et collectifs, les solutions retenues pour le stationnement des véhicules, l'organisation et l'aménagement des accès au projet, le traitement des parties du terrain situées en limite du projet, et les équipements à usage collectif et notamment ceux liés à la collecte des déchets conformément à l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme. Par suite, la quatrième branche du moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis d'aménager doit être écartée.
12. Enfin, si les requérants soutiennent que le dossier ne comporte pas le plan de situation exigé par l'article R. 441-2 du code de l'urbanisme ni les photographies permettant d'apprécier le terrain d'assiette dans son environnement lointain en méconnaissance de l'article R. 442-5 du code de l'urbanisme, il ressort de ses écritures postérieures qu'ils se sont désistés de ce moyen.
13. Il résulte de ce qui a été dit du point 6 au point 12 du présent jugement, que le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis d'aménager doit être écarté dans toutes ses branches.
14. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'État dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. Pour les décisions individuelles, cette transmission intervient dans un délai de quinze jours à compter de leur signature. / () ". Aux termes de l'article L. 2131-2 du code général des collectivités territoriales : " Sont soumis aux dispositions de l'article L. 2131-1 les actes suivants : / () / 6° Le permis de construire et les autres autorisations d'utilisation du sol et le certificat d'urbanisme délivrés par le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale, lorsqu'il a reçu compétence dans les conditions prévues aux articles L. 422-1 et L. 422-3 du code de l'urbanisme ; / () ".
15. Il ressort des pièces du dossier que le maire de Dammartin-en-Goële a pris, le 5 octobre 2021, un arrêté rectificatif afin d'accorder à la société Paméo le permis d'aménager " sur un terrain situé " LE BOIS DU JARRE " à Dammartin-en-Goële " afin de réaliser un lotissement de 26 lots à bâtir sur un terrain d'une superficie de 7 911 m². La circonstance alléguée par les requérants de ce que cet arrêté n'ait pas fait l'objet d'une transmission au représentant de l'État dans le département conformément aux dispositions de l'article L. 2131-1 et L. 2131-2 du code général des collectivités territoriales est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué, alors qu'au surplus, ainsi que le fait valoir la commune, il s'agit d'une simple erreur matérielle qui a été rectifiée par un arrêté du même jour du maire de Dammartin-en-Goële, et qui concerne uniquement les motifs de l'arrêté initial alors que le chemin du Bois de Jarre est mentionné dans la désignation du bien ainsi que dans les visas de l'arrêté initial attaqué.
16. En quatrième lieu, si les requérants soutiennent qu'en prenant un tel arrêté le maire de Dammartin-en-Goële a entaché l'arrêté du 5 octobre 2021 d'un détournement de procédure, il ressort des pièces du dossier que cet arrêté a eu pour effet de rectifier l'erreur matérielle contenue dans l'arrêté initial qui mentionne à tort dans ses motifs que le terrain est situé " Le Gué Douy III ". Par suite, le moyen tiré du détournement de procédure doit être écarté.
17. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués : / 1° Des emplacements réservés aux voies et ouvrages publics dont il précise la localisation et les caractéristiques ; / () / 3° Des emplacements réservés aux espaces verts à créer ou à modifier ou aux espaces nécessaires aux continuités écologiques ; / () ".
18. Il résulte de ces dispositions que l'autorité administrative chargée de délivrer le permis d'aménager est tenue de refuser toute demande, même émanant de la personne bénéficiaire de la réserve, dont l'objet ne serait pas conforme à la destination de l'emplacement réservé, tant qu'aucune modification du plan local d'urbanisme emportant changement de la destination n'est intervenue. En revanche, un permis d'aménager portant à la fois sur l'opération en vue de laquelle l'emplacement a été réservé et sur un autre projet peut être légalement délivré, dès lors que ce dernier projet est compatible avec la destination assignée à l'emplacement réservé.
19. Les requérants soutiennent que l'arrêté attaqué méconnaît l'emplacement réservé n° 22 aux motifs que, d'une part, une partie de certains lots réservés à l'habitation empiète sur l'emplacement réservé et que, d'autre part, l'organisation des lots ne permet pas la réalisation d'une voie piétonne. D'une part, il ressort des pièces du dossier que cet emplacement réservé porte, sans autre précision, sur " l'aménagement de voirie/espaces verts (chemin piéton du Bois de Jarre) " au bénéfice de la commune sur une superficie de 818 m². Il résulte, ainsi que le soutient la commune, que l'emplacement réservé n'implique pas la création d'une voirie et d'un espace vert et n'oblige pas la commune à ne créer qu'une voie piétonne et cycliste. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit à l'endroit de l'emplacement réservé une voie réservée à la circulation des véhicules avec un accotement permettant la circulation des piétons, ainsi qu'une place de stationnement " visiteur ", le tout devant être rétrocédé à la commune à l'issue des travaux. Dans ces conditions, le permis d'aménager est compatible avec la destination assignée à l'emplacement réservé n° 22. Par suite, ce moyen doit être écarté.
20. En sixième lieu, aux termes de l'article UC 3 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées et d'accès aux voies ouvertes au public accès et voirie : " Pour être constructible, un terrain doit avoir un accès à une voie existante ou à créer, publique ou privée ouverte à la circulation automobile et en état de viabilité. Les caractéristiques des accès doivent permettre de satisfaire aux exigences de la sécurité, de la défense contre l'incendie et de la protection civile. / Les dispositions des accès doivent assurer la sécurité des usagers et leurs abords doivent être dégagés de façon à assurer la visibilité. Les accès doivent être situés en des points les plus éloignés possible des carrefours existants, des virages et autres endroits à la visibilité est mauvaise. / Aucune nouvelle voie privée ou appendice d'accès, à l'exception de celles situées dans les opérations de constructions groupées, ou lotissements, ne sera autorisée. En cas de création d'une ou plusieurs voies de desserte publiques ou privées, dans le cas d'opérations de constructions groupées ou lotissement, celles-ci devront être aménagées si elles se terminent en impasse, de telle sorte que les véhicules puissent tourner. / Des conditions particulières pourront toutefois être imposées en matière de tracé, de largeur ou de modalités d'exécution dans l'intérêt de la circulation et de l'utilisation de certains terrains riverains ou avoisinants, ou en vue de leur intégration dans la voirie publique communale ".
21. Tout d'abord, et contrairement à ce que soutiennent les requérants, la seule circonstance que les plans du projet ne mentionnent pas la largeur de la chaussée au droit du chemin des Petits Eboulis n'est pas de nature à établir que ce chemin ne satisfait pas aux exigences de la sécurité et de la défense contre les incendies, alors qu'il ressort des pièces du dossier que le chemin des Petits Eboulis a le caractère d'une route qui permet la circulation simultanée dans les deux sens de circulation, ainsi que l'approche des véhicules de lutte contre l'incendie et de secours. De même, la seule circonstance, au demeurant non établie, que le stationnement s'effectue à cheval sur le trottoir et sur la chaussée n'est pas de nature à établir que le chemin des Petits Eboulis ne constitue pas une voie existante publique ouverte à la circulation automobile et, en état de viabilité, qui ne permettrait pas de garantir les exigences de sécurité. Ensuite, les requérants soutiennent que l'accès donnant sur le chemin des Petits Eboulis présente un danger au motif qu'il se situe en virage au droit d'un carrefour entre l'avenue des Sablons et du chemin des Petits Eboulis et qu'il présente une pente de 12 % par rapport à l'avenue des Sablons. S'il est constant que cet accès se situe à proximité d'un embranchement entre le chemin des Petits Eboulis et l'avenue des Sablons et qu'il présente une pente de 12 %, il ne ressort pas des pièces du dossier que cela compromette la visibilité des personnes qui emprunteront cet accès et ces routes et rende ce carrefour dangereux. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'un aménagement des accès différent de celui qui a été prévu est possible. Enfin, la circonstance qu'un accès aux places de stationnement est prévu directement depuis l'avenue des Sablons n'est pas de nature à entacher d'illégalité l'arrêté attaqué dès lors que, conformément aux dispositions de l'article UC 3 du règlement du plan local d'urbanisme, pour être constructible, un terrain doit avoir un accès à une voie existante ou à créer, publique ou privée ouverte à la circulation automobile et en état de viabilité, ce qui correspond aux caractéristiques de l'avenue des Sablons et n'est pas contesté par les requérants. Par suite, ce moyen doit être écarté en toutes ses branches.
22. En septième lieu, aux termes de l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux conditions de desserte des terrains par les réseaux publics d'eau, d'électricité et d'assainissement collectif ou individuel : " () /Assainissement : - Eaux usées : Le branchement à un réseau collectif d'assainissement de caractéristiques appropriées est obligatoire pour toute construction ou installation engendrant des eaux usées. Toute évacuation des eaux ménagères ou des effluents non traités dans les fossés, cours d'eau et égouts pluviaux est interdite. Le rejet éventuellement autorisé dans le réseau collectif ou dans le milieu naturel des eaux résiduaires d'activités pourra être soumis à un prétraitement. L'évacuation des eaux de piscines se fera dans le réseau d'eaux usées. / - Eaux pluviales : Les aménagements réalisés sur un terrain ne doivent pas faire obstacle au libre écoulement des eaux pluviales (article 640 et 641 du code civil). Le rejet de ces eaux en rivière doit faire l'objet de l'autorisation des services compétents. Lorsqu'il existe un réseau collectif apte à recueillir les eaux pluviales, les aménagements sur le terrain devront garantir leur évacuation sur ledit réseau. / () ".
23. Les requérants soutiennent que ces dispositions sont méconnues dès lors que le terrain d'assiette du projet présente une déclivité importante vers l'avenue des Sablons et que le projet devrait prévoir la réalisation d'un bassin d'infiltration à l'air libre, ce qui oblige le pétitionnaire à revoir le projet. Toutefois, la seule circonstance invoquée par les requérants que le terrain présente une déclivité importante n'est pas de nature à établir que ces dispositions sont méconnues alors qu'il ressort des pièces du dossier que les aménagements réalisés sur chaque lot ne feront pas obstacle à l'écoulement des eaux pluviales et qu'elles seront infiltrées sur la parcelle, et que les eaux de ruissellement seront récupérées par les bouches d'égout en chaussée, lesquelles seront raccordées à une tranchée drainante permettant l'infiltration de ces eaux. En outre, il ressort des pièces du dossier que conformément à l'avis de la communauté d'agglomération Roissy Pays de France, annexé à l'arrêté attaqué, le maire de Dammartin-en-Goële a notamment prescrit au pétitionnaire de mettre en place un bassin d'infiltration afin de gérer les eaux de pluies du lotissement qui doit être dimensionné sur la base d'une étude de sol, pour une pluie de retour vicennal avec un temps de vidange du bassin inférieur à 48 heures et qui doit être visitable et hydro curable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
24. En huitième lieu, aux termes de l'article UC 5 du règlement du plan local d'urbanisme : " Pour être constructible un terrain doit présenter une superficie au moins égale à 500 m². / () ". Aux termes de l'article UF 5 du règlement du plan local d'urbanisme : " Pour être constructible un terrain doit présenter une superficie au moins égale à 1000 m² et une largeur au droit de la construction au moins égale à 15 mètres. / () ". Toutefois, l'article 157 de la loi du 24 mars 2014, modifiant l'article L. 123-1-5 du code de l'urbanisme relatif au contenu du règlement des plans locaux d'urbanisme, a supprimé la possibilité de fixer, dans ce règlement, une superficie minimale des terrains constructibles. Cet article a ainsi eu pour effet de rendre la superficie minimale des terrains constructibles inopposable aux autorisations d'urbanisme déposées après son entrée en vigueur.
25. Il s'ensuit que le maire de Dammartin-en-Goële, qui était tenu de ne pas opposer à la société pétitionnaire les dispositions des articles UC 5 et UF 5 du règlement du plan local d'urbanisme devenues illégales depuis l'entrée en vigueur de la loi du 24 mars 2014 dont l'article 157 a supprimé la possibilité pour les règlements locaux d'urbanisme de prévoir une superficie minimale de terrain constructible, n'a pas entaché sa décision d'illégalité en autorisant le projet contesté.
26. En neuvième lieu, d'une part, aux termes de l'article UC 9 du règlement du plan local d'urbanisme : " L'emprise au sol des constructions de toute nature ne peut excéder 48 % de la superficie de la propriété. / () ". Aux termes de l'article UF 9 du règlement du plan local d'urbanisme : " L'emprise au sol des constructions de toute nature ne peut excéder 25 % de la superficie de la propriété. / () ". Par ailleurs, le lexique du règlement du plan local d'urbanisme définit l'emprise au sol comme : " la superficie du sol qu'occupe la base de ce bâtiment. Tout bâtiment a une emprise au sol, elle est constituée de la surface de plancher du niveau édifié sur le sol ".
27. D'autre part, aux termes de l'article R. 151-21 du code de l'urbanisme : " () / Dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, l'ensemble du projet est apprécié au regard de la totalité des règles édictées par le plan local d'urbanisme, sauf si le règlement de ce plan s'y oppose ".
28. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, les aires de stationnement non clos qui n'emportent ni construction, ni volume n'ont pas à être incluses dans les bases de calcul de l'emprise au sol. En outre, si les requérants soutiennent que les plans ne permettent pas de justifier du respect de ces coefficients notamment en zone UF, ils n'apportent aucun élément de nature à établir que les caractéristiques du projet, telles qu'elles ressortent des pièces du dossier, ne permettront pas d'assurer ultérieurement la compatibilité du projet de lotissement avec les règles d'urbanisme, alors que la commune défenderesse produit un tableau attestant de ce que l'emprise au sol propre à chaque lot ne dépasse pas les seuils fixés par les dispositions des articles UC 9 et UF 9 du règlement du plan local d'urbanisme. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le coefficient d'emprise au sol, qui doit être apprécié zone par zone, est dépassé à l'échelle de l'ensemble du lotissement. Par suite, et en application du principe rappelé au point 4, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles UC 9 et UF 9 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
29. En dixième lieu, d'une part, aux termes de l'article UC 12 du règlement du plan local d'urbanisme : " () / Constructions à usage d'habitation : Il doit être créé deux places de stationnement par logement dont une au moins sera couverte. Dans les ensembles comportant plus de 10 habitations, il sera réalisé un nombre d'emplacements supplémentaires égal à 30 % du nombre de logements (au moins). Ces emplacements seront banalisés sans pouvoir être affectés à usage privatif. / () ". Aux termes de l'article UF 12 du règlement du plan local d'urbanisme : " () / 2 - Nombre d'emplacement : () / Constructions à usage d'habitation : Il doit être créé trois places de stationnement par logement dont une au moins sera couverte. Dans les ensembles comportant plus de 20 habitations, il sera réalisé un nombre d'emplacements supplémentaires égal à 10 % du nombre de logements (au moins). Ces emplacements seront banalisés sans pouvoir être affectés à usage privatif ".
30. D'autre part, le règlement du permis d'aménager prévoit en matière de stationnement que : " Dispositions du PLU UCa pour les lots A à 7 et 13 à 26 : Il doit être créé deux places de stationnement par logement dont une au moins sera couverte. / Dispositions du PLU UF pour les lots 8 à 13 : Il doit être créé trois places de stationnement par logement dont une au moins sera couverte. / Il est précisé que chaque lot comportera, conformément au plan de composition (PA4), un ou deux emplacements non clos permettant le stationnement d'un véhicule ".
31. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des plans précisant les hypothèses d'implantation, que le projet d'aménagement comporte 8 places de stationnement visiteurs et 32 places de stationnement donnant un accès privilégié au lot. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ne ressort pas des pièces du dossier que les places de stationnement seront exclusivement non couvertes, contrairement à ce que prévoient les dispositions des articles UC 12 et UF 12 du règlement du plan local d'urbanisme. En outre, conformément à ces dispositions, il ne ressort pas des pièces du dossier que les logements situés en zone UC ne comporteront pas deux places de stationnement. Enfin, il ressort des pièces du dossier que 20 habitations ont vocation à être créées en zone UC et que 6 habitations ont vocation à être créées en zone UF. Dans ces conditions, seule la majoration prévue à l'article UC 12 du règlement du plan local d'urbanisme a vocation à s'appliquer eu égard au nombre d'habitations dans cet ensemble. Les dispositions de l'article UC 12 du règlement du plan local d'urbanisme exige donc que six places de stationnement visiteurs soient créées. Conformément au principe rappelé au point 4 du présent jugement, il ne ressort pas des pièces du dossier que les caractéristiques du projet, telles qu'elles ressortent des pièces du dossier, ne permettront pas d'assurer ultérieurement la compatibilité du projet de lotissement avec ces règles d'urbanisme, Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
32. En onzième lieu, si les requérants soutiennent que le projet attaqué a pour effet d'imperméabiliser un terrain d'environ 8 000 m² qui constitue une continuité écologique avec le bois de la Mare à Salé, classé en espace boisé classé et qualifié d'espace naturel sensible par le département de Seine-et-Marne, il n'invoque aucune disposition d'urbanisme au soutien de cette allégation.
33. En douzième lieu, contrairement à ce que soutiennent les requérants, le projet d'aménagement et de développement durables n'est pas opposable à une autorisation d'urbanisme et impose seulement un rapport de cohérence avec le règlement. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
34. En treizième lieu, lorsqu'un motif d'illégalité non étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet est susceptible de conduire à remettre en vigueur tout ou partie du document local d'urbanisme immédiatement antérieur, le moyen tiré de l'exception d'illégalité du document local d'urbanisme à l'appui d'un recours en annulation d'une autorisation ne peut être utilement soulevé que si le requérant soutient également que cette autorisation méconnaît les dispositions pertinentes ainsi remises en vigueur.
35. A supposer que les requérants soutiennent que l'arrêté attaqué est illégal par voie d'exception de l'illégalité du règlement applicable aux zones UC et UF du plan local d'urbanisme, faute pour eux de soutenir que le permis d'aménager attaqué méconnaîtrait les dispositions remises en vigueur par l'effet de la déclaration d'illégalité du plan local d'urbanisme, ce moyen doit être écarté comme inopérant.
36. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par les requérants doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 741-2 du code de justice administrative :
37. En vertu des dispositions de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881 reproduites à l'article L. 741-2 du code de justice administrative, les tribunaux administratifs peuvent, dans les causes dont ils sont saisis, prononcer, même d'office, la suppression des écrits injurieux, outrageants ou diffamatoires.
38. Le passage dont la suppression est demandée par les requérants n'excède pas le droit à la libre discussion et ne présente pas un caractère injurieux, outrageant ou diffamatoire. Les conclusions tendant à sa suppression doivent par suite être rejetées. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions en dommages-intérêts formulées au titre de l'article L. 741-2.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :
39. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire () est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. () ".
40. D'une part, il ne résulte pas de l'instruction que le droit des requérants d'exercer un recours pour excès de pouvoir contre le permis d'aménager attaqué aurait été mis en œuvre dans des conditions traduisant un comportement abusif de leur part. Par suite, les conclusions présentées par la société pétitionnaire sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme doivent être rejetées.
41. D'autre part, les dispositions précitées de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme ne s'appliquent qu'au seul bénéficiaire du permis et pas à l'intervenant en défense. Par suite, les conclusions présentées par l'association des propriétaires du lotissement " chemin du Bois de Jarre " sur ce fondement doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article R. 741-12 du code de justice administrative :
42. La faculté prévue par ces dispositions constitue un pouvoir propre du juge. En tout état de cause, il ne résulte pas de l'instruction que le recours des requérants, bien qu'infondé, puisse être regardé comme abusif. Il en résulte que les conclusions présentées par la commune de Dammartin-en-Goële à ce titre doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
43. D'une part, la commune de Dammartin-en-Goële ne fait état d'aucuns frais correspondant à ceux mentionnés à l'article R. 761-1 du code de justice administrative qu'elle aurait engagé dans le cadre de la présente instance et qui seraient restés à sa charge. Les conclusions tendant à ce que les requérants soient condamnés à supporter les dépens doivent, dès lors, être rejetées.
44. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Dammartin-en-Goële, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
45. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge solidaire des requérants la somme de 750 euros à verser à la commune de Dammartin-en-Goële et la somme de 750 euros à verser à la société Paméo au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
46. Enfin, l'association des propriétaires du lotissement " chemin du Bois de Jarre ", intervenante au mémoire en défense de la société Paméo, n'étant pas partie à cette instance, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants la somme qu'elle réclame en sa qualité d'intervenante au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de l'association des propriétaires du lotissement " chemin du Bois de Jarre " est admise.
Article 2 : La requête des requérants est rejetée.
Article 3 : Les conclusions reconventionnelles présentées par la société Paméo au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme sont rejetées.
Article 4 : Les conclusions reconventionnelles présentées par l'association des propriétaires du lotissement " chemin du Bois de Jarre " au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme sont rejetées.
Article 5 : Les conclusions de la commune de Dammartin-en-Goële tendant à l'application des dispositions de l'article R. 741-12 du code de justice administrative à l'encontre des requérants sont rejetées.
Article 6 : Les conclusions de la commune de Dammartin-en-Goële présentées sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 7 : Les requérants verseront solidairement à la commune de Dammartin-en-Goële une somme de 750 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 8 : Les requérants verseront solidairement à la société Paméo une somme de 750 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 9 : Les conclusions de l'association des propriétaires du lotissement " chemin du Bois de Jarre " présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 10 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme F C, à M. et Mme J I, à M. et Mme E O, à M. et Mme A M, à M. et Mme T N G, à M. T Q, à Mme P R, à Mme D K, à M. et Mme S B, à M. et Mme L H, à la commune de Dammartin-en-Goële, à la société Pameo et à l'association des propriétaires du lotissement " chemin du Bois de Jarre ".
Délibéré après l'audience du 20 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Jeannot, première conseillère,
Mme Blanc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 février 2023.
La rapporteure,
T. BLANCLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026