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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2203956

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2203956

vendredi 2 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2203956
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre
Avocat requérantDMOTENG KOUAM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 avril 2022, M. C B, représenté par Me Dmoteng Kouam, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 25 mars 2022 en tant que le préfet de Seine-et-Marne lui a retiré sa carte de résident ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est disproportionnée et méconnaît les dispositions de l'article L. 432-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

La requête a été communiquée au préfet de Seine-et-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une lettre du 4 juillet 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 1er août 2022 sans information préalable.

Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 16 novembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Dutour a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant marocain, était titulaire d'une carte de résident valable du 19 mai 2018 au 18 mai 2028. Par une décision du 25 mars 2022 prise sur le fondement des dispositions de l'article L. 432-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de Seine-et-Marne lui a retiré sa carte de résident et lui a délivré un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". M. B demande au tribunal d'annuler la décision portant retrait de sa carte de résident.

2. Aux termes de l'article L. 432-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout employeur titulaire d'une carte de résident peut se la voir retirer s'il a occupé un travailleur étranger en violation des dispositions de l'article L. 8251-1 du code du travail ". Aux termes de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France () ".

3. La mesure de retrait de la carte de résident, telle que prévue par les dispositions précitées de l'article L. 432-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, revêt le caractère d'une sanction dont la contestation conduit le juge à vérifier la proportionnalité à la gravité des faits reprochés.

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / () 2° Infligent une sanction () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

5. L'arrêté attaqué mentionne, d'une part, l'article L. 432-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application et indique, d'autre part, que M. B a employé M. A B, ressortissant marocain dépourvu de titre de séjour et d'autorisation de travail depuis le 1er septembre 2016. De plus, il précise que l'intéressé, en raison des éléments apportés, se voit délivrer une carte de séjour temporaire " vie privée et familiale ". Par suite, cette décision, qui comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait sur lesquels elle se fonde, est suffisamment motivée.

6. En second lieu, le requérant soutient qu'en sa qualité de gérant de la société " Votre marché ", il a engagé M. A B, son frère cadet, le 1er septembre 2016 comme employé polyvalent, que ce recrutement était justifié par l'indisponibilité de son épouse, alors enceinte, et par les difficultés de son frère à trouver un travail. Il fait valoir que son frère était en possession d'un titre de séjour espagnol portant la mention " résident longue durée UE ", qu'il a demandé à la préfecture les conditions de son embauche sans recevoir de réponse, qu'il n'a depuis eu de cesse de solliciter la régularisation de son salarié et qu'il s'acquitte des cotisations salariales et patronales. Toutefois, il ne produit aucune pièce au soutien de ses allégations. Enfin, il résulte de la décision attaquée que le requérant s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire " vie privée et familiale ". Par suite, les moyens tirés du caractère disproportionné de la décision attaquée et de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 432-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 12 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Mullié, présidente,

Mme Blanc, conseillère,

Mme Dutour, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2024.

La rapporteure,

L. DUTOURLa présidente,

N. MULLIE

La greffière,

C. ROUILLARD

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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