vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2203984 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ASSOUS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 avril 2022, la société Toyota Material Handling France, représentée par Me Guillouet, demande au tribunal d'annuler la décision du 4 octobre 2021 par laquelle l'inspectrice du travail a refusé sa demande d'autorisation de licenciement de M. B A, ainsi que la décision implicite de rejet née du silence gardé par la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion sur le recours hiérarchique qu'elle a formé le 21 octobre 2021.
Elle soutient que :
- la décision de la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion n'est pas motivée ;
- c'est à tort que la ministre a considéré que le délai de cinq jours, prévu par l'article L. 1243-2 du code du travail, n'avait pas été respecté ;
- c'est à tort que la ministre a considéré que les faits reprochés n'étaient pas suffisamment graves pour justifier le licenciement de M. A.
Par des mémoires en défense enregistrés le 27 mai 2022 et le 15 juillet 2024, M. A, représenté par Me Assous, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société la somme de 2 000 euros au titre de de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante à l'encontre de la décision de la ministre ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 4 juillet 2024, la société Toyota Material Handling France déclare se désister de sa requête.
Par des mémoires, enregistrés le 15 juillet 2024 et le 2 août 2024, la société Toyota Material Handling France déclare qu'elle retire son désistement.
La requête a été communiquée à la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Héloïse Mathon, conseillère,
- les conclusions de Mme Félicie Bouchet, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Toyota Material Handling France a présenté le 26 juillet 2021 une demande d'autorisation de licencier M. A, salarié protégé, pour motif disciplinaire. Par une décision du 4 octobre 2021, l'inspectrice du travail a refusé d'accorder cette autorisation. Ladite société a formé le 21 octobre 2021 un recours hiérarchique contre la décision de l'inspectrice du travail. Du silence gardé par la ministre pendant plus de quatre mois sur ce recours est née, en application de l'article R. 2422-1 du code du travail, une décision implicite de rejet. Par une décision explicite du 5 mai 2022, la ministre a confirmé la décision du 4 octobre 2021. La société Toyota Material Handling France doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir la décision de l'inspectrice du travail, ainsi que la décision explicite de la ministre du 5 mai 2022, qui s'est substituée à la décision implicite de rejet née antérieurement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe de la décision de la ministre :
2. La société requérante ne peut utilement se prévaloir des vices propres de la décision de la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, qui se borne à confirmer la décision du 4 octobre 2021. En tout état de cause, la décision du 5 mai 2022 vise les dispositions applicables du code du travail, fait mention de la décision initiale de l'inspectrice du travail
du 4 octobre 2021, de la décision implicite de rejet du recours hiérarchique et énonce de façon précise le motif pour lequel la ministre estime que l'autorisation sollicitée par la société Toyota Material Handling France devait être refusée, tiré de ce que le délai de cinq jours ouvrables, prévu par l'article L. 1232-2 du code du travail, entre la convocation du salarié à un entretien en vue de son licenciement et cet entretien, n'a pas été respecté. Par suite, la décision du 5 mai 2022 de la ministre est suffisamment motivée au regard des exigences de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
En ce qui concerne la légalité interne des décisions attaquées :
3. Aux termes de l'article L. 1232-2 du code du travail : " L'employeur qui envisage de licencier un salarié le convoque, avant toute décision, à un entretien préalable. / La convocation est effectuée par lettre recommandée ou par lettre remise en main propre contre décharge. Cette lettre indique l'objet de la convocation. / L'entretien préalable ne peut avoir lieu moins de cinq jours ouvrables après la présentation de la lettre recommandée ou la remise en main propre de la lettre de convocation ".
4. D'une part, le délai minimal de cinq jours entre la convocation à l'entretien préalable de licenciement et la tenue de cet entretien constitue une formalité substantielle dont la méconnaissance vicie la procédure de licenciement. D'autre part, les dispositions de
l'article L. 1232-2 du code du travail n'excluent pas que les modalités de convocation qu'elles prévoient puissent être remplacées par une modalité offrant des garanties équivalentes, permettant notamment de s'assurer de l'absence de toute ambiguïté quant à la date de remise effective de la convocation au salarié.
5. Il ressort des pièces du dossier que le pli recommandé contenant la lettre convoquant M. A à un entretien préalable de licenciement le vendredi 9 juillet 2021 a été reçu par l'intéressé le samedi 3 juillet 2021, soit seulement quatre jours ouvrables avant le 9 juillet 2021. Si la société soutient que ce pli recommandé a été doublé d'un envoi de la convocation par courrier électronique le 2 juillet 2021, M. A n'a pas accusé réception de ce courriel et n'était pas tenu de le consulter dès lors qu'il était en arrêt de maladie à cette date. En outre, si la société soutient qu'une publication sur un réseau social, émanant selon elle de M. A, permet d'établir que celui-ci a eu connaissance du courriel le 2 juillet 2021, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'identité de l'auteur de cette publication soit certaine. En toute hypothèse, cette modalité de communication ne permettait pas de s'assurer de l'absence de toute ambiguïté quant à la date de remise effective de la convocation au salarié et ne pouvait donc être considérée comme offrant des garanties équivalentes aux modalités prévues par l'article L. 1232-2 du code du travail. Dans ces conditions, il n'est pas établi que le délai de cinq jours ouvrables prévu par les dispositions précitées de l'article L. 1232-2 du code du travail ait été respecté.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la société Toyota Material Handling France doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Toyota Material Handling France une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de la société Toyota Material Handling France est rejetée.
Article 2 : La société Toyota Material Handling France versera à M. A une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions présentées par M. A est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Toyota Material Handling France, à la ministre du travail et de l'emploi et à M. B A.
Copie pour information en sera transmise au directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Marine Robin, conseillère,
Mme Héloïse Mathon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.
La rapporteure,
H. Mathon
Le président,
T. Gallaud
La greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026