mardi 19 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2204358 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | TEN FRANCE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 2 mai 2022, le 25 septembre 2022 et le 14 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Durif Jonsson, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 février 2022 par laquelle l'inspectrice du travail a autorisé la société FSB Service à le licencier pour inaptitude physique ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat et de la société FSB Service la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité territorialement incompétente ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- cette décision a été prise à l'issue d'une procédure qui n'a pas été contradictoire ;
- son ancien mandat de représentant de la section syndicale de la CGT pour lequel il bénéficiait encore d'une protection à la date de la décision attaquée n'a pas été portée à la connaissance de l'administration ;
- la décision en litige est entachée d'un défaut d'examen, l'inspectrice du travail n'ayant pas vérifié les obligations relatives au transfert de son contrat de travail à la société Excess Baggage Compagny qui a repris le marché perdu par son employeur ;
- c'est à tort que l'inspectrice du travail a estimé que son employeur avait respecté son obligation de reclassement ;
- c'est à tort que l'inspectrice du travail a considéré que la demande de licenciement était dépourvue de lien avec son mandat ;
- l'inspectrice du travail a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en ne retenant pas le motif d'intérêt général pour refuser son licenciement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2023, le directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Île-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par des mémoires, enregistrés le 11 août 2022 et le 9 octobre 2023, la société FSB Service, représentée par Me Gallet, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de M. A la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est tardive ;
- les autres moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Félicie Bouchet, première conseillère,
- les conclusions de M. Cyril Dayon, rapporteur public ;
- les observations de Me Durif Jonsonn, avocat de M. A,
- et les observations de Me Gallet, avocate de la société FSB Service.
Considérant ce qui suit :
1. Le 31 décembre 2021, la société FSB Service a sollicité auprès de l'administration l'autorisation de licencier pour inaptitude physique M. A, salarié protégé. Par une décision du 28 février 2022 dont M. A demande l'annulation, l'inspectrice du travail a autorisé le licenciement de ce dernier.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ", et aux termes de l'article R. 421-5 de ce même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision de l'inspectrice du travail du 28 février 2022 a été adressée par courrier à M. A le 1er mars 2022 et que dernier a déposé sa requête le 2 mai 2022. Dans ces conditions, alors que la notification de la décision est intervenue au plus tôt le 1er mars 2022, M. A a saisi le tribunal dans le délai prévu par l'article R. 421-1 du code de justice administratif. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la société FSB Services et tirée de la tardiveté de la requête doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En vertu du code du travail, les salariés protégés bénéficient, dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, d'une protection exceptionnelle. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par l'inaptitude du salarié, il appartient à l'administration de rechercher si cette inaptitude est telle qu'elle justifie le licenciement envisagé, compte tenu des caractéristiques de l'emploi exercé à la date à laquelle elle est constatée, de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé, des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi et de la possibilité d'assurer son reclassement dans l'entreprise, et non de rechercher la cause de cette inaptitude. Toutefois, il appartient en toutes circonstances à l'autorité administrative de faire obstacle à un licenciement en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées par un salarié ou avec son appartenance syndicale. Pour opérer les contrôles auxquels elle est tenue de procéder lorsqu'elle statue sur une demande d'autorisation de licenciement, l'autorité administrative doit prendre en compte chacune des fonctions représentatives du salarié. Par suite, il appartient à l'employeur de porter à sa connaissance l'ensemble des mandats détenus par l'intéressé et lui conférant la protection exceptionnelle mentionnée ci-dessus.
5. Il ressort des pièces du dossier que, d'une part, en adressant le 31 décembre 2021, à l'administration sa demande d'autorisation de licenciement de M. A, la société FSB Service n'a pas mentionné que M. A avait été titulaire d'un mandat de représentant d'une section syndicale jusqu'au 1er juillet 2021, au titre duquel, en application des dispositions des articles L. 2142-1-2 et L. 2411-3 du code du travail, il bénéficiait d'une protection jusqu'au 2 juillet 2022, et que, d'autre part, il n'apparaît pas que l'inspectrice du travail, qui n'a pas visé le mandat de représentant d'une section syndicale dans sa décision autorisant le licenciement, ait eu connaissance de son existence. Dans ces conditions, l'inspectrice du travail n'a pas été mise à même de procéder aux contrôles qu'elle était tenue d'exercer compte tenu des exigences propres au mandat de représentant d'une section syndicale, notamment les contrôles relatifs à l'accès non discriminatoire aux mesures de reclassement.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 28 février 2022 par laquelle l'inspectrice du travail a autorisé son licenciement.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la société FSB Service demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat la somme que M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société FSB Service une somme de 1 500 euros à ce titre.
D E C I D E:
Article 1er : La décision de l'inspectrice du travail du 28 février 2022 est annulée.
Article 2 : La société FSB Service versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et à la société F.S.B Service.
Copie en sera transmise au directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Île-de-France
Délibéré après l'audience du 1er mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère,
M. Dominique Binet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 mars 2024.
La rapporteure,
F.BouchetLe président,
T. GallaudLa greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026