mardi 27 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2204422 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | BERTAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 mai 2022, M. C B, représenté par Me Bertaux, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 mars 2022 par lequel la préfète du Val-de-Marne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ou à défaut de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. B soutient que :
La décision de refus de titre de séjour :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un vice de procédure dès lors l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, ainsi que les informations sur lesquelles ce collège s'est fondé pour prendre son avis, ne lui ont pas été communiquées, qu'il n'est pas établi que les médecins se sont renseignés sur le système de santé de son pays d'origine, ni que l'avis comportait toutes les mentions de l'article 4 de l'arrêté ministériel du " 9 novembre 2011 " et qu'il n'est pas possible d'identifier les auteurs de cet avis ;
- est entachée d'une erreur de droit, la préfète s'étant crue en situation de compétence liée par rapport à l'avis des médecins du collège de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- méconnaît l'article L.425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale sur les droits de l'enfant ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- est entachée d'une erreur de droit dès lors que la préfète s'est crue en situation de compétence liée et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- méconnaît l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de son état de santé.
La décision fixant le délai de départ volontaire :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre et de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de son état de santé.
La décision fixant le pays de destination :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre et de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
La procédure a été communiquée à lapréfète du Val-de-Marne, qui n'a pas produit de mémoire en défense, mais a transmis des pièces.
Par ordonnance du 6 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 6 mars 2023 à midi.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté du 27 décembre 2019 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés par le code de l'entrée et du séjour ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Mme Bourdin, conseiller rapporteur, a été entendue en son rapport au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant guinéen, né le 1er février 1995, à Conakry (Guinée), entré en France selon ses déclarations le 15 février 2016, a demandé l'asile le 24 mai 2017, qui lui a été refusé en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile par décision du 31 décembre 2018, notifiée le 17 janvier 2019. M. B a fait l'objet d'une décision de refus de titre de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire le 20 février 2019. Le 7 septembre 2021, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 7 mars 2022, le préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai 30 jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. M. B soutient que l'arrêté litigieux ne mentionne ni sa pathologie, ni les traitements nécessaires à son état de santé, ni les raisons pour lesquelles il peut voyager sans risque vers l'Etat dont il a la nationalité. Il invoque également la circonstance que la préfète ne fait pas référence à sa situation familiale et ne vise pas les dispositions de l'article 3-1 de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant. Toutefois, l'arrêté attaqué vise notamment les dispositions de l'article L 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dispositions sur lesquelles le requérant a fondé sa demande de titre de séjour ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. La préfète rappelle en outre la nationalité, la procédure de demande d'asile préalablement engagée par l'intéressé ainsi que la précédente décision de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet, sa résidence habituelle en France, le sens de l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration dont il estime, après un examen approfondi, qu'aucun élément du dossier ni aucune circonstance particulière ne justifient de s'écarter de celui-ci et rappelle la situation personnelle et familiale déclarée par le requérant. Ainsi, la décision portant refus de titre de séjour comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, sans que la préfète ait à faire mention de l'ensemble des éléments de fait ou de droit sur lesquels il n'entend pas fonder sa décision. Il sera relevé, au surplus. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. (). / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. ". Ces conditions sont définies aux articles R. 425-11 à R. 425-13 du même code et précisées par un arrêté du 27 décembre 2016, qui a remplacé à compter du 1er janvier 2017 l'arrêté du 9 novembre 2011.
5. Il ressort des pièces du dossier que la préfète du Val-de-Marne s'est prononcée au vu d'un avis émis le 29 novembre 2021 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qu'aucune disposition législative ou réglementaire n'imposait de communiquer à M. B, pas plus que les informations à partir desquelles ces médecins se sont prononcés. L'avis a été signé par les trois médecins ayant siégé au sein de ce collège dont les noms sont mentionnés, et comporte les mentions visées à l'article 4 de l'arrêté du 9 novembre 2011 et désormais reprises à l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016, à l'exception de celle relatives à la durée prévisible du traitement qui n'était pas exigée dès lors qu'elle ne concerne que le cas où l'étranger doit être pris en charge en France. De même, le fait que l'avis ne mentionne pas si l'intéressé peut bénéficier de soins appropriés dans son pays d'origine est sans incidence sur la légalité de la décision dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que l'interruption des soins pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Enfin, il n'appartient ni à la préfète du Val-de-Marne, ni au juge administratif, de vérifier la connaissance que les médecins du collège de l'Office français de l'immigration et de l'intégration pouvaient avoir du système de santé de Guinée. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
6. En troisième lieu, il ne résulte ni des termes de la décision, ni des éléments du dossier que la préfète se soit crue en situation de compétence liée par rapport à l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Par suite, l'erreur de droit invoquée sur ce fondement n'est pas établie.
7. En quatrième lieu, pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité, la préfète du Val-de-Marne a estimé, au vu de l'avis émis le 29 novembre 2021 par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que si son état de santé nécessite une prise en charge médicale, le défaut d'une telle prise en charge ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que son état de santé lui permettait de voyager sans risque vers son pays d'origine. M. B fait valoir que sa prothèse de hanche nécessite une surveillance régulière et qu'il est atteint d'une hépatite B chronique nécessitant un traitement par prescription d'Entecavir et qu'il ne pourrait bénéficier d'un traitement médical approprié en Guinée. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a subi une intervention chirurgicale consistant en la pose d'une prothèse de la hanche droite le 6 janvier 2017, sans que les deux certificats relatifs à cette intervention fassent référence à la nécessité de soins de suite ni à une hépatite B, que si l'intéressé produit des ordonnances en date du 3 janvier 2022 prescrivant un suivi échographique hépatique ainsi que VHB et prescrit de l'Entecavir, ces ordonnances ne se prononcent ni sur le degré d'atteinte par l'hépatite B du requérant, ni sur la nécessité des traitements prescrits, ni sur leur disponibilité ou la disponibilité de traitements équivalents dans son pays d'origine. De même, le certificat médical, établi le 5 avril 2022, par le docteur A, médecin généraliste, mentionnant que l'état de santé du requérant nécessite une prolongation de son séjour en France pour des raisons médicales et qu'une absence de surveillance ou un arrêt des traitements pourraient avoir des graves conséquences sur son état de santé, est beaucoup trop imprécis pour pouvoir remettre en cause l'avis des médecins du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. En effet, celui-ci ne précise pas la ou les pathologies dont serait atteint le requérant et dont l'arrêt des soins pourrait avoir de graves conséquences, de sorte qu'il n'est pas établi que ce certificat, en outre postérieur à la décision attaquée, rende compte de son état de santé à la date de celle-ci. De plus, il n'apporte aucune précision concernant le type de traitement qui seraient indispensables à l'état de santé du requérant. Les publications auxquelles il est fait référence sur le système de soins en Guinée sont beaucoup trop générales et en tout état cause sans influence dès lors qu'il ressort des éléments du dossier qu'un arrêt des soins n'est pas susceptible d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, le préfet du Val-de-Marne n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En cinquième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". M. B invoque entretenir une relation amoureuse avec Mme D B depuis plusieurs années et que de cette union sont nés deux enfants, respectivement les 9 décembre 2020 et 1er février 2022. Toutefois, M. B se borne à produire les actes de naissance des enfants concernés, sans pour autant justifier, d'une part, d'un quelconque lien avec celle dont il dit qu'elle est sa compagne, lien qui, bien qu'évoqué dans la décision attaquée, n'est pas allégué dans ses écritures, ni, d'autre part, de la réalité de la communauté de vie avec la mère de ses enfants, la seule mention d'une adresse commune sur l'acte de naissance du cadet de leurs enfants est insuffisante pour en tenir lieu. De même, il n'est produit aucun élément sur les liens entretenus par le requérant avec ses deux fils, ni sur sa contribution à leur entretien et sa participation à leur éducation. Surtout, la préfète mentionne, sans être contredit, que Mme B est en situation irrégulière et il ressort des pièces du dossier que celle-ci est née en Guinée, de sorte qu'il n'est pas établi que la cellule familiale ne pourrait se reconstituer dans leur pays d'origine. Dans ces conditions, alors que M. B n'établit ni même n'allègue être dépourvu d'attaches familiales à l'étranger, la préfète du Val-de-Marne n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris la décision attaquée et n'a, dès lors, pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. En sixième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
10. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que les enfants du requérant étaient âgés à la date de la décision attaquée, respectivement d'un an et demi et d'un mois. En outre, ainsi qu'évoqué au point 8, le requérant ne produit aucun élément de nature à établir qu'il contribue effectivement à leur entretien et participe à leur éducation et en tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que la cellule familiale, si elle existe, ne pourrait se reconstituer en Guinée. Par suite, la décision querellée ne méconnaît pas l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
11. En septième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 7 à 10, que la décision de refus de titre de séjour n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
12. Il résulte de tout ce qui précèdent que les conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de titre de séjour doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas annulée, M. B n'est pas fondé à invoquer l'annulation de la décision d'obligation de quitter le territoire français par voie de conséquence de l'annulation de la première décision.
14. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni du dossier que la préfète du Val-de-Marne se soit crue en compétence liée par rapport à la décision de refus de titre de séjour ou qu'elle n'ait pas procédé à un examen sérieux de la situation du requérant, étant relevé qu'il n'est pas établi, à supposer même que cette circonstance postérieure à la décision attaquée ait une incidence, que le requérant ait avisé la préfète de la naissance de son second enfant le 1er février 2022.
15. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié.() ".
16. Il résulte de ce qui a été dit au point 7 que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard de son état de santé, peuvent être écartés.
17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
18. En premier lieu, les décisions de refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire n'étant pas annulées, M. B n'est pas fondé à invoquer l'annulation de la décision fixant le délai de départ volontaire par voie de conséquence de l'annulation de ses deux décisions.
19. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ".
20. Dès lors, que le délai de trente jours accordé, comme en l'espèce, à un étranger pour exécuter une obligation de quitter le territoire français constitue le délai de départ volontaire de droit commun, l'absence de prolongation de ce délai n'a pas à faire l'objet d'une motivation spécifique, à moins que l'étranger ait expressément demandé le bénéfice d'une telle prolongation ou qu'il ait fait valoir des éléments justifiant que ce délai soit prolongé. Le requérant n'alléguant pas avoir formulé une telle demande et l'état de santé du patient ne nécessitant pas la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne peut utilement soutenir que la décision lui accordant un délai de départ volontaire de trente jours serait insuffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision litigieuse serait insuffisamment motivée doit être écarté.
21. En troisième lieu, si M. B soutient que la préfète du Val-de-Marne a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de son état de santé et des soins qu'il nécessite, il ressort toutefois de ce qui a été dit au point 7 que le requérant n'établit pas que l'arrêt des traitements pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ni au demeurant qu'il ne pourrait bénéficier de soins appropriés dans son pays d'origine. En outre, il n'établit pas avoir sollicité un délai de départ volontaire supérieur à trente jours avant l'édiction de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste doit être écarté.
22. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le délai de départ volontaire doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
23. Les décisions de refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas annulées, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination par voie de conséquence de l'annulation de ses deux premières décisions.
24. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la préfète du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dewailly, président,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Lacote, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.
La rapporteure,
S. BOURDIN
Le président,
S. DEWAILLY La greffière,
Y. SADLI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026