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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2204504

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2204504

mardi 27 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2204504
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème chambre
Avocat requérantMOROSOLI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 mai 2022, M. A G, représenté par Me Morosoli, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 mars 2022 par lequel la préfète du Val-de-Marne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit ;

2°) d'enjoindre, en cas de jugement impliquant nécessairement une mesure d'exécution dans un sens déterminé, au préfet du département de résidence du requérant de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trente jours suivant la notification du jugement à intervenir ou, en cas de jugement impliquant que soit prise une nouvelle décision après instruction, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;

3°) d'enjoindre au préfet du département de résidence du requérant en cas d'annulation de l'obligation de quitter le territoire dans le délai de trente jours et/ ou de la décision fixant le pays de renvoi de le munir d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait de nouveau statué sur sa situation, dans le délai de huit jours suivant la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1200 euros, à payer à Me Morosoli, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

M. G soutient que :

La décision de refus de titre de séjour :

- est entachée d'incompétence ;

- est entachée d'un vice de procédure résultant de la méconnaissance des dispositions des articles R. 425-11 à R.425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les articles 3, 5 et 6 de l'arrêté interministériel du 27 décembre 2016 dès lors qu'il n'est pas établi que l'avis du collège de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) comprenait trois médecins instructeurs nommément et spécifiquement désignés par le directeur de l'OFII et distincts du médecin ayant établi le rapport, que l'avis médical du collège a été rédigé sur la base d'un rapport médical dressé par un médecin nommément et spécifiquement désigné par le directeur général de l'OFII et dressé conformément aux modèles figurant à l'annexe B de l'arrêté ministériel du 27 décembre 2016 et que l'avis du collège des médecins de l'OFII précise si l'état de santé de l'intéressé nécessite ou non une prise en charge médicale, si le défaut de prise en charge risque d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, si eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il pourrait ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié, la durée prévisible du traitement, si son état lui permet de voyager sans risque et les différents éléments de procédure,

- méconnaît l'article L.425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne peut bénéficier de soins appropriés dans son pays d'origine.

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;

- méconnaît le 9° de l'article 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La décision fixant le pays de destination :

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

La préfète du Val-de-Marne, à qui la présente procédure a été communiquée, n'a pas présenté d'observation, mais a produit des pièces le 7 juin 2022.

Par ordonnance du 6 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 6 mars 2023 à midi.

M. G a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 avril 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2019 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés par le code de l'entrée et du séjour ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Bourdin.

Considérant ce qui suit :

1. M. A G, ressortissant congolais né le 2 juillet 1980 à Kinshasa (République démocratique du Congo), entré irrégulièrement en France selon ses déclarations le 31 mars 2018, a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par une décision du directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 19 juillet 2018, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile le 28 mars 2019. Par un arrêté du 8 août 2019, le préfet du Val-de-Marne a fait obligation à l'intéressé de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit. Le 25 novembre 2021, M. G a sollicité la délivrance d'un titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 10 mars 2022, la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai 30 jours et a fixé le pays de destination.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, aux termes des dispositions du premier alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ".

3. Par un arrêté n° 2021/656 du 1er mars 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-de-Marne du même jour, au demeurant visé dans l'arrêté contesté, la préfète du Val-de-Marne a donné délégation à Mme E C, signataire des décisions contestées, en sa qualité de secrétaire générale de la préfecture, pour signer " tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances, requêtes juridictionnelles, décisions engageant les crédits de l'État et documents relevant des attributions de l'État dans le département du Val-de-Marne " à l'exclusion de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions contenues dans l'arrêté attaqué. En outre, le requérant ne saurait utilement soutenir que l'arrêté du 1er mars 2021 serait entaché d'un vice de forme tiré du défaut de signature de son auteur dès lors qu'un tel vice ne peut être utilement invoqué que dans le cadre du recours pour excès de pouvoir dirigé contre l'acte réglementaire lui-même et introduit avant l'expiration du délai de recours contentieux. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté contesté, qui manque en fait, doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé () ". En application de l'article R. 425-12 de ce même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre (). Il transmet son rapport médical au collège de médecins. Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical () ". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article () ". Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 27 décembre 2016 susvisé : " Au vu du certificat médical et des pièces qui l'accompagnent ainsi que des éléments qu'il a recueillis au cours de son examen éventuel, le médecin de l'office établit un rapport médical, conformément au modèle figurant à l'annexe B du présent arrêté ". Aux termes de l'article 6 du même arrêté : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; d) la durée prévisible du traitement. Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. Cet avis mentionne les éléments de procédure () ".

5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des pièces transmises par la préfecture du Val-de-Marne, parmi lesquelles figure l'avis rendu le 19 janvier 2022 par le collège de médecins de l'OFII, conformément à l'annexe C de l'arrêté du 27 décembre 2016, qu'un rapport médical a été établi le 12 janvier 2022 par le docteur H D, et que ce rapport a été transmis le jour même au collège de médecins. Si M. G entend soutenir que ce rapport n'a pas été établi conformément à l'annexe B de l'arrêté du 27 décembre 2016, le moyen est dépourvu de toute portée, la préfète n'ayant connaissance que de l'avis rendu par le collège et non de ce rapport, couvert par le secret médical, et directement transmis au collège de médecins sans que l'autorité administrative en soit destinataire ou en prenne connaissance.

6. Par ailleurs, l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 susvisé indique que l'avis mentionne " les éléments de procédure ", mention qui renvoie, ainsi qu'il résulte du modèle d'avis figurant à l'annexe C de l'arrêté, rendu obligatoire par cet article 6, à l'indication que l'étranger a été, ou non, convoqué par le médecin ou par le collège, à celle que des examens complémentaires ont été, ou non, demandés et à celle que l'étranger a été conduit, ou non, à justifier de son identité. L'avis du collège du 19 janvier 2022 rappelle les différentes phases de la procédure, le fait que les cases relatives à l'élaboration de l'avis ne soient pas cochées signifie uniquement que l'intéressé n'a pas été convoqué à ce stade, le requérant l'ayant en revanche été au stade de l'élaboration du rapport. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que le fait que ces cases ne soient pas cochées constitue un vice de procédure, ni par voie de conséquence qu'il a été privé d'une garantie.

7. En outre, il ressort de l'avis émis par le collège des médecins le 19 janvier 2022 qu'il a été signé par les docteurs Edith Levy-Attias, Frédéric Triebsch et Frédérique Leclerc. Or, par une décision du 7 juin 2021 n° NOR : INTV2119114S portant désignation au sein du collège de médecins à compétence nationale de l'OFII, régulièrement publiée sur le site de l'OFII, le directeur général de l'OFII a inscrit les docteurs Levy-Attias, Leclerc et Triebsch sur la liste des médecins désignés pour participer au collège à compétence nationale. Par ailleurs, si le caractère contradictoire de la procédure fait en principe obstacle à ce que le juge se fonde sur des pièces qui n'auraient pas été préalablement communiquées à chacune des parties, le tribunal peut toutefois en l'espèce se fonder régulièrement sur la décision du 7 juin 2021, bien qu'il n'ait été ni produit par la défense, ni communiqué aux parties, dès lors qu'il s'agit d'un acte réglementaire, régulièrement publié sur le site internet de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et qu'il est librement accessible et consultable. Ainsi, les membres du collège qui ont statué sur la situation du requérant étaient régulièrement désignés. En outre, l'avis ainsi que le bordereau de transmission mentionne que le rapport médical a été établi par le docteur D, sans que le requérant, suite à la transmission de ce rapport, ne remette en cause son appartenance à l'OFII. Par suite, l'avis du collège et le rapport ont été établis par les médecins compétents.

8. De surcroît, il ressort de l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII que le docteur H D n'était pas membre du collège de médecins ayant statué sur le dossier du requérant et n'a pas siégé avec ce collège. Par suite, le collège de médecins était régulièrement constitué et a pu prendre connaissance du rapport du docteur D avant de statuer sur la situation de santé du requérant.

9. Enfin, l'avis comporte les mentions visées à l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016, à l'exception de la mention de la durée prévisible du traitement. Or cette mention a pour seul objectif et intérêt de permettre à la préfète de connaître la durée prévisible de traitement en France, n'a d'utilité que lorsque le traitement nécessaire à l'état de santé du demandeur n'est pas disponible dans son pays d'origine. La circonstance que l'avis médical émis le 19 janvier 2022 ne mentionne pas la durée prévisible du traitement requis est en l'espèce sans incidence sur la régularité de la procédure dès lors qu'il conclut que M. G peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié en République démocratique du Congo.

10. Il résulte de ce qui a été dit aux points 4 à 9 que M. G n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière.

11. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ".

12. Pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité, la préfète du Val-de-Marne a estimé au vu de l'avis émis le 19 janvier 2022 par le collège des médecins de l'OFII que si l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut toutefois eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire bénéficier effectivement d'un traitement approprié et peut voyager sans risque vers son pays d'origine. M. G fait valoir qu'il ne peut bénéficier d'un traitement approprié dans son pays pour les pathologies dont il souffre.

13. Il ressort, d'une part, des pièces du dossier que le requérant est suivi en consultation à l'hôpital Henri Mondor pour un état de stress post traumatique compliqué par une dépression sévère et des céphalées. Le docteur B, psychiatre mentionne dans ses certificats médicaux établis les 25 octobre 2021 et 6 juin 2022 que la pathologie du requérant est la conséquence des sévices subis dans son pays, que son état de santé reste instable, nécessite une prise en charge médico-psychologique, et que tout retour dans son pays est proscrit. Dans un dernier certificat du 11 mai 2022 du même médecin, qui bien que postérieur rend compte de l'état de santé du requérant à la date de la décision attaquée, ajoute aux précédents certificats que " tout retour dans son pays d'origine est proscrit car risque de décompensation psychiatrique avec risque de passage à l'acte suicidaire ". Il ressort de ces certificats médicaux que l'intéressé a d'abord suivi un traitement à base de Séreplex et de Temesta avant de se voir prescrire du Norset. Toutefois, il ne ressort pas des certificats médicaux du docteur B le caractère indispensable du traitement médicamenteux prescrit, ni même son indisponibilité dans le pays d'origine du requérant ou encore l'impossibilité de s'y procurer des molécules de substitution. De même la référence à des liens vers un site internet dont les adresses ne sont pas accessibles n'est pas de nature à établir l'indisponibilité des soins en République démocratique du Congo. Si en revanche, les certificats médicaux produits font état d'un stress post traumatique en lien avec ses sévices subis dans le pays d'origine du requérant et qui seraient la cause de l'impossibilité d'un retour dans ce pays, force est de constater que le requérant ne produit aucun élément de nature à établir la réalité de ces sévices et qu'il ressort des pièces du dossier que sa demande d'asile a été rejetée.

14. D'autre part, il ressort des certificats établis les 23 mars et 10 mai 2022 par le docteur F, cardiologue, que le requérant est atteint d'hypertension artérielle sévère sous trithérapie avec hypotrophie ventriculaire gauche, qui bien que postérieurs à la date de la décision attaquée, rendent compte de l'état de santé antérieur du requérant dès lors que ce médecin indique l'avoir examiné le 10 novembre 2021. Dans ces deux certificats, le cardiologue indique que l'état de santé du patient n'autorise pas son retour dans son pays d'origine et précise dans le dernier certificat que le traitement cardio-vasculaire n'est pas disponible et que, par ailleurs, la prise en charge cardio-vasculaire est insuffisante en République démocratique du Congo. Le requérant produit également une ordonnance établie le 25 mars 2022 par ce médecin prescrivant de l'Exforge, du Fludex et du Kaleorid. Toutefois, s'agissant de la pathologie cardiaque du requérant, les certificats médicaux se montrent imprécis quant aux soins nécessaires au patient et quand à l'insuffisance alléguée de la prise en charge cardio-vasculaire dans le pays d'origine du requérant au regard de la pathologie dont souffre M. G. En outre, il n'apporte aucune précision sur l'impossibilité de se procurer en République démocratique du Congo des molécules de substitution au traitement prescrit et la seule référence à un site internet, dont il est n'est pas établi qu'il recense de manière exhaustive l'ensemble des produits médicamenteux disponibles en République démocratique du Congo, est insuffisant pour établir l'indisponibilité des soins.

15. Il résulte de ce qui est dit aux points 12 à 14 que les éléments produits par M. G sont trop imprécis pour remettre en cause l'appréciation de l'avis collège de l'OFII. Par suite, le requérant n'établit pas que la décision attaquée méconnaître l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. G tendant à l'annulation de la décision de refus de titre de séjour doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

17. En premier lieu, la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas annulée, le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français par voie de conséquence de l'annulation de cette première décision.

18. En second lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié.() ".

19. Il résulte de ce qui a été dit aux points 11 à 15 que la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas établie.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

20. La décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas annulée, M. G n'est pas fondé à invoquer l'annulation de la décision fixant le pays de destination par voie de conséquence de l'annulation de cette première décision.

21. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. G doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 .

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. G est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A G et à la préfète du Val-de-Marne.

Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Dewailly, président,

Mme Bourdin, première conseillère,

M. Lacote, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.

Le rapporteur,

S. BOURDIN

Le président,

S. DEWAILLY La greffière,

Y. SADLI

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme,

La greffière,

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