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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2204534

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2204534

vendredi 9 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2204534
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantMOROSOLI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 mai 2022 et le 19 mai 2022, M. B A, représenté par Me Morosoli, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 mai 2022 par lequel la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son égard une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement,

3°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour pendant ce réexamen, ou à défaut d'enjoindre à la préfète de le munir d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jour à compter de la notification du présent jugement ;

4°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de saisir sans délai les services ayant procédé au signalement de son interdiction de retour sur le territoire français ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- l'auteur de cette décision n'a pas justifié de sa compétence ; en outre, la décision relevait du préfet de Seine-et-Marne compétent pour le centre pénitentiaire du Sud Francilien à Réau en application des dispositions de l'article R. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure tiré du défaut de consultation de la commission prévue par les dispositions de l'article L. 432-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est insuffisamment motivée en droit et en fait ;

- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen complet de la situation personnelle et familiale de l'intéressé, dès lors que le fondement de sa demande a été mal analysée (admission exceptionnelle au séjour et non délivrance d'un titre de séjour de plein droit, L. 421-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non L. 421-21 de ce code) ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne pour la sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est entaché d'un défaut de base légale, dès lors que la décision portant refus de titre de séjour est illégale ;

- elle méconnaît les dispositions du 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant refus de départ volontaire :

- la décision attaquée est entaché d'un défaut de base légale, dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 612-1 et du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard du risque de soustraction à l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays d'éloignement :

- la décision attaquée est entaché d'un défaut de base légale, dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale ;

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision attaquée est entaché d'un défaut de base légale, dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, et elle est entachée d'erreur d'appréciation.

La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne, représentée par le cabinet Actis avocat, qui n'a pas présenté de mémoire en défense ni communiqué de pièces.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné M. Delmas pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Delmas ;

- et les observations de Me Morosoli, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et soutient, en outre, que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les dispositions du 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son client est présent en France depuis l'âge de 11 ans et qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public ;

- M. A, indique qu'il travaille dans plusieurs secteurs de l'économie informelle, notamment sur les marchés alimentaires et dans le bâtiment et les travaux publics ;

La préfète du Val-de-Marne n'était ni présente ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant congolais né le 18 septembre 1994 à Bando (République du Congo), est entré sur le territoire français, selon ses déclarations, en mars 2006. Après y avoir été scolarisé, M. A a bénéficié de mesures éducatives prescrites par le juge des enfants, avant d'être placé en détention. Alors qu'il était détenu au centre pénitentiaire du Sud Francilien, M. A a sollicité un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 5 mai 2022, la préfète du Val-de-Marne a refusé de délivrer à M. A un titre de séjour. Par ce même arrêté, la préfète lui a fait obligation de quitter le territoire français sur le fondement des dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant refus de séjour et à l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire :

2. M. A demande l'annulation de la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne lui a refusé le séjour, décision contenue dans le même arrêté que celui contenant la décision portant obligation de quitter le territoire français contestée, et demande qu'il soit enjoint à la préfète de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et en particulier des énonciations de l'arrêté en litige, que la décision portant obligation de quitter le territoire français a pour motif l'entrée irrégulière de M. A sur le territoire français et a pour fondement les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En revanche, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette décision serait la conséquence du refus de la délivrance d'un titre de séjour et qu'elle aurait pour fondement les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du même code. Ainsi, il appartient au président du tribunal administratif ou au magistrat qu'il a désigné de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation de cette décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que sur celles dirigées contre la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français. En revanche, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision de refus de séjour et celles tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de délivrer une carte de séjour temporaire à M. A relèvent de la compétence de formation collégiale du Tribunal. Par suite, les conclusions de la requête de M. A présentées aux fins d'annulation de la décision, figurant dans l'arrêté du 5 mai 2022, par laquelle la préfète du Val-de-Marne lui a refusé le séjour, ainsi que les conclusions à fin d'injonction tendant à la délivrance d'une carte de séjour temporaire, doivent être renvoyées devant la formation collégiale du Tribunal.

Sur le surplus des conclusions :

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation dirigée contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, fixation d'un pays de renvoi et portant interdiction de retour sur le territoire français :

3. D'une part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ". D'autre part, le 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français " l'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ; ".

4. Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu protéger de l'éloignement les étrangers qui sont en France depuis l'enfance, à raison de leur âge d'entrée et d'établissement sur le territoire. Dans ce cadre, les éventuelles périodes d'incarcération en France, si elles ne peuvent être prises en compte dans le calcul d'une durée de résidence, ne sont pas de nature à remettre en cause la continuité de la résidence habituelle en France depuis au plus l'âge de treize ans, alors même qu'elles emportent, pour une partie de la période de présence sur le territoire, une obligation de résidence, pour l'intéressé, ne résultant pas d'un choix délibéré de sa part.

5. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir de former sa conviction sur les points en litige au vu des éléments versés au dossier par les parties. S'il peut écarter des allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées, il ne saurait exiger de l'auteur du recours que ce dernier apporte la preuve des faits qu'il avance. Le cas échéant, il revient au juge, avant de se prononcer sur une requête assortie d'allégations sérieuses non démenties par les éléments produits par l'administration en défense, de mettre en œuvre ses pouvoirs généraux d'instruction des requêtes et de prendre toutes mesures propres à lui procurer, par les voies de droit, les éléments de nature à lui permettre de former sa conviction, en particulier en exigeant de l'administration compétente la production de tout document susceptible de permettre de vérifier les allégations du demandeur.

6. M. A apporte pour l'année 2006 un certificat de scolarité en date du 28 février 2014 attestant qu'il était inscrit au cour moyen deuxième année à l'école élémentaire Pierre Philippeaux au Mans, ce qui justifie la présence du bénéficiaire eu égard à leurs conditions d'établissement de mars à juin 2006. Pour les années 2006 à 2007, le requérant ajoute des certificats de scolarité établis le 26 janvier 2007 et le 5 octobre 2007 par le principal du collège Pablo Neruda à Grigny qui précisent que M. A a été inscrit sur les registres de l'établissement en qualité de demi-pensionnaire et a fréquenté régulièrement les enseignements des classes de 6ème et de 5ème. Quant aux années 2008 à 2009, la présence de l'intéressé y est justifiée par le certificat de scolarité établis le 16 mars 2009 par le principal du collège Le Breil à Nantes indiquant que l'intéressé est inscrit sur les registres de l'établissement en classe de 4ème et y suit avec régularité les enseignements de l'année scolaire 2008-2009. De même, il ressort du certificat de scolarité établi le 22 octobre 2021 par la proviseure du lycée professionnel Gaston Bachelard à Paris que le requérant était scolarisé dans cet établissement en classe de 3ème. S'agissant des années 2012 à 2015, M. A verse aux débats une attestation établie le 10 juillet 2015 par le directeur départemental de la protection judiciaire de la jeunesse des Hauts-de-Seine selon laquelle l'intéressé a fait l'objet de mesures éducatives prescrites par le juge des enfants sur le fondement de l'ordonnance du 2 février 1945 relative à l'enfance délinquante confiant son suivi à l'unité éducative en milieu ouvert de Bourg-la-Reine du 7 février 2011 au 10 novembre 2011, puis à celle de Paris du 23 novembre 2011 au 16 janvier 2013, et à nouveau à celle de Bourg-la-Reine du 17 janvier 2013 au 30 juin 2015. De même, le requérant produit une attestation du responsable de l'unité éducative pour des activités de jour de Malakoff selon laquelle l'intéressé a suivi une formation en enseignement général et des activités diversifiées organisées pour l'année scolaire 2014-2015 au sein de cette unité. Concernant les années 2016 à 2022, M. A produit un certificat de présence établi le 5 mai 2022 par le chef du centre pénitentiaire du Sud Francilien qui atteste que l'intéressé a été emprisonné dans un autre établissement pénitentiaire à compter du 30 mars 2018, et qu'il est affecté dans son établissement depuis le 15 juin 2021. Il ressort en particulier de l'attestation établie le 3 novembre 2020 par une éducatrice spécialisée que le requérant est reçu en entretien dans le cadre de la préparation à la sortie et à la continuité des soins depuis le 13 janvier 2020 au centre d'information et de consultation en alcoologie et toxicomanie du Courday et il ressort de l'attestation établie le 3 février 2022 par une psychologue de l'administration pénitentiaire qu'il fait l'objet d'un parcours d'exécution des peines engagé à sa demande depuis le 29 juillet 2021. De plus, l'intéressé a obtenu le 19 décembre 2019 un certificat de formation générale, délivré par la rectrice de l'académie d'Orléans-Tours, régi par les articles D. 332-23 à D. 332-29 du code de l'éducation et l'arrêté du 19 juillet 2016 relatif aux conditions de délivrance du certificat de formation générale, dont il ressort que son obtention est effectué sur la base d'un contrôle continu et d'épreuves orales. Enfin, il ressort de l'attestation de fin de formation et de l'attestation de compétence établies par le formateur de l'institut Gepsa à Châteaudun que M. A a suivi une formation au titre professionnel d'électricien d'équipement du bâtiment pour une durée totale de 1 100 heures du 21 janvier 2020 au 16 décembre 2020 et qu'il y a acquis des compétences en matière de réalisation et de mise en sécurité d'installations de réseaux d'énergie en courants forts et d'équipements électriques dans la partie intérieure des bâtiments d'habitation. De plus, il ressort de l'attestation de la directrice du pôle recherche formation action éducative qu'il a acquis un niveau de maîtrise concernant les compétences associées au titre professionnel de serveur en restauration à la suite d'une formation suivie du 5 octobre 2021 au 22 avril 2022. Ainsi, il ressort de l'ensemble de ces pièces qu'elles montrent une résidence habituelle de M. A sur le territoire français depuis 2006, depuis l'âge de onze ans, sans que sa période d'incarcération ne puisse, à cet égard, lui être opposée (CE, 8 avril 2021, n° 446427, A). Dans ces conditions, et alors que l'intéressé bénéficie d'une protection contre l'éloignement, la préfète du Val-de-Marne a, en prenant à son encontre une obligation de quitter le territoire français, méconnu les dispositions précitées du 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 5 mai 2022 par lequel la préfète du Val-de-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français ainsi que, par voie de conséquence, l'annulation des autres décisions attaquées, privées de base légale, par lesquelles cette autorité lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'injonction :

8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. ". Il appartient au juge, saisi de conclusions sur le fondement des dispositions précitées, de statuer sur ces conclusions, en tenant compte, le cas échéant après une mesure d'instruction, de la situation de droit et de fait existant à la date de sa décision.

9. Eu égard aux motifs du présent jugement, l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français contestée implique que la préfète du Val-de-Marne réexamine la situation de M. A et qu'elle lui délivre une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'elle ait à nouveau statué sur son cas, autorisation provisoire de séjour autorisant à travaillant dès lors qu'il justifie, et confirme à l'audience, être dans une démarche de recherche active d'emploi à la date du présent jugement. Ainsi, il y a lieu de prescrire à cette autorité, ou à tout autre préfet territorialement compétent, d'y procéder dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

10. En second lieu, aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. (). ".

11. Le présent jugement, qui annule l'interdiction de retour sur le territoire français prise à l'encontre de M. A, implique nécessairement que l'administration efface le signalement dont il fait l'objet dans le système d'information Schengen aux fins de non-admission. Il y a donc lieu d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de prendre toute mesure propre à mettre fin à ce signalement.

En ce qui concerne les frais d'instance :

12. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat qui est, dans la présente instance, la partie perdante, la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.

D E C I D E

Article 1er : Les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de la décision du 5 mai 2022 portant refus de délivrance d'un titre de séjour et tendant à l'injonction de la délivrance d'une carte de séjour temporaire sont renvoyées en formation collégiale.

Article 2 : Les décisions du 5 mai 2022, par lesquelles la préfète du Val-de-Marne a obligé M. A à quitter le territoire français, a refusé de de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, sont annulées.

Article 3 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de réexaminer la situation de M. A dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour autorisant à travailler.

Article 4 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de prendre toute mesure propre à mettre fin au signalement de M. A dans le système d'informations Schengen procédant de l'interdiction de retour du 5 mai 2022 ci-dessus annulée.

Article 5 : L'État (préfète du Val-de-Marne) versera à M. A une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Val-de-Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juin 2023.

Le magistrat désigné,

Signé : S. DELMASLa greffière,

Signé : L. DARNAL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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