mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2204593 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | CUJAS RAYMOND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrés le 9 mai 2022, M. A C, représenté par Me Cujas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er avril 2022 par lequel la préfète de Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre, au préfet de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou subsidiairement de l''enjoindre à réexaminer sa demande dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour a été prise en méconnaissance des dispositions des article L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile compte tenu de la durée de son séjour en France, de ses attaches familiales qu'il y a conservées et de ses ressources ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il est retenu qu'il constituerait une menace pour l'ordre public ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention internationale de New-York du 26 janvier 1990 relative aux droits de l'enfant eu égard à la présence de ses trois enfants nés en France dont l'aîné est scolarisé alors que la cellule familiale ne peut se reconstituer dans son pays d'origine ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La préfète de Val-de-Marne, à qui la requête a été communiquée, n'a pas produit de mémoire en défense avant la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention internationale de New-York du 26 janvier 1990 relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Cujas, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, né le 28 janvier 1985 et de nationalité serbe, déclare être entré en France en 2009. Il a sollicité un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 1er avril 2022 dont il demande l'annulation, la préfète de Val-de-Marne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
3. Par ailleurs, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. Pour refuser à M. C, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la délivrance du titre de séjour qu'il sollicitait, la préfète de Val-de-Marne s'est fondée sur le motif tiré de la menace que l'intéressé constitue pour l'ordre public dès lors qu'il avait été condamné le 2 septembre 2019 par le tribunal correctionnel de Bobigny à un an et deux mois d'emprisonnement pour des faits de violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours.
5. Compte tenu de ce que la décision contestée de refus de délivrance d'un titre de séjour n'a pas pour effet d'obliger l'intéressé de quitter le territoire français et, par suite, de le séparer de sa famille vivant en France, M. C ne saurait utilement, pour contester cette décision, se prévaloir de sa présence ancienne en France, ainsi que de celle de ses trois enfants et de sa concubine et de la circonstance qu'il travaille. En tout état de cause, si le requérant fait valoir qu'il est entré en France en 2009, il ressort des pièces du dossier qu'il s'y est maintenu irrégulièrement en l'absence d'avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par ailleurs, son épouse, également de nationalité serbe, ne disposait, à la date de la décision contestée, d'aucun titre de séjour. L'intéressé, alors même que leurs trois enfants sont nés en France en 2014, 2019 et 2022, n'invoque aucune circonstance particulière qui s'opposerait à la reconstitution de la cellule familiale dans son pays d'origine et à ce que l'aîné de ses enfants, compte tenu de son jeune âge, puisse y poursuivre sa scolarité. Enfin, ainsi qu'il résulte des énonciations de l'arrêté attaqué et qui ne sont pas utilement contestées, M. C n'est pas dépourvu de toute attache avec son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 26 ans et où résident, notamment ses parents, un frère et une sœur. En revanche, eu égard à la lourde condamnation dont il a fait l'objet pour les faits rappelés au point précédent, la préfète du Val-de-Marne a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, refuser de lui délivrer le titre de séjour qu'il sollicitait faute de répondre à des considérations humanitaires ou de justifier de motifs exceptionnels. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige aurait été pris en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni qu'il méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En deuxième lieu, aux termes du premier paragraphe de l'article 3 de la convention des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
7. Ainsi qu'il a été dit au point 5, M. C n'invoque aucune circonstance qui s'opposerait à la reconstitution de la cellule familiale dans son pays d'origine et à ce que l'aîné de ses enfants, compte tenu de son jeune âge, puisse y poursuivre sa scolarité. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision contestée porterait atteinte à l'intérêt supérieur des enfants du fait de la séparation d'avec leur père doit être écarté.
8. En troisième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. Par suite, et alors que la décision contestée n'a pas été prise sur ce fondement, le moyen tiré de ce que la décision de refus de titre de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté comme inopérant.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'articles L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la préfète du Val-de-Marne.
Copie en sera adressée pour son information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 25 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. D, président,
Mme Morisset, conseillère,
M. Cabal , conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.
La rapporteure,
A. B
Le président,
M. DLa greffière,
L. DARNAL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026